‹ La medecine anecdotique, historique, litteraireChapitre 116 sur 122 · ACTUALITÉS · texte numérisé non relu

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professeur de philosophie au collège, il a pu suivre comme externe les cours du collège sans bourse délier. Il a suivi son père agrégé de philosophie, au Ij'cée d'Orléans et c'est au lycée Saint-Louis, à Paris, qu'il a terminé ses études comme externe. Pendant tous ce temps, il ne coûtait à sa famille que sa nourriture au foyer domestique. Ses études classiques terminées, et ayant perdu son père, il se tourna du côté de la médecine et fut reçu interne des hôpitaux en 1859. Gomme tous ses collègues de l'Internat, il put jouir du bénéfice — bien modeste il est vrai — accordé aux internes. C'est déjà un grand soulagement pour les étudiants peu fortunés.

Mais, plus privilégié que beaucoup d'autres, il trouva au coUègo Sainte -Barbe la place de médecin interne, après Terrillon, place qui lui rapportait, outre un petit traitement, le logement au collège et la nourriture à la table des inspecteurs des études, Dubois, Lechoix, etc.

Jusque-là nous voyons difficilement une brèche auxôO.OUU francs que raconte la légende.

Enfin, le 14 janvier 1865, M. Brouardel soutint, sous la présidence de Gosselin, sa thèse de doctorat sur les tubercules des organes génitaux de la femme, sujet aussi intéressant que productif, car l'utérus est un Pactole et nous savons tous que le praticien le trouve généralement au fond de son spéculum.

Depuis, M. Brouardel a été nommé agrégé en I86D, médecin des hôpitaux en 18/3, professeur en 1879 et enfln doyen en 1887. Il serait trop long d'énumérer les multiples honneurs et emplois qui lui ont été conférés depuis.

Ici s'arrête mon rôle d'historiographe. Je ne franchirai pas le mur de la vie privée : je ne dirai pas par quels moyens M. Brouardel a atteint tous les honneurs qu'un médecin puisse ambitionner. Un seul manque à sa légitime ambition, c'est d'être le chef d'une dynastie : il laisse ce soin à son neveu qui passe pour un homme travailleur et ne manquera pas d'appui pour arriver. Noire ancien doyen se contente pour le moment de la belle fortune que lui a procurée une riche alliance et les nombreuses fonctions — une quarantaine, dit-on, — qui lui sont dévolues.

Il y après de quarante ans que nous connaissons M. Brouardel : nous avons assisté à son extraordinaire élévation, qui a surpris plus d'un de ses contemporains : nous connaissons l'homme intus et in cute^ et nous pouvons affirmer qu'il y a loin de la vérité à la somme formidable que lui attribue la légende. Si M. Brouardel a été bon fils, il est permis de ne pas avoir une aussi bonne opinion du rôle qu'il a joué dans la médecine administrative dans laquelle s'est écoulée la dernière partie de sa brillante carrière.

Un compatriote, confrère etcontemiwrain.

Yz.

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