POURQUOI LES ITALIENS SONT-ILS RÉGICIDES
Décidément, les Italiens se font une réputation dans la triste spécialité qui consiste à démolir les chefs d'Etats, qu'ils soient monarques ou Présidents de République. Après Gaserio, Luccheni ; après Luccheni, c'est sur leur propre souverain qu'opère Bresci ; enfin Rubino voulait faire un sort à cet excellent Léopold qui fait les délices des filles qui fréquentent nos stations thermales. J'en passe et des meilleurs.
Une telle série à la noire ayant toujours des Italiens pour auteurs devait nécessairement appeler l'attention sur l'état psychologique d'un peuple qui fournit tant d'hommes célèbres.
Un de nos confrères a eu l'idée de poser au professeur Sergi, directeur de l'institut anthropologique de Rome, la question que tout le monde se fait après les attentats de Caserio, Luccheni, Angiolitto, Bresci, Rubino e tutti quanti : « Pourquoi tant de régicides sont-ils Italiens ?
Le professeur Sergi a répondu par cette explication :
Nos émigrants vont par bandes, par essaims qui se concentrent d'autant plus, quils se sentent plus isolés dans un pays ; mais le malheureux solitaire ne tarde pas à tomber dans la misère la plus noire.
Combien de fuis n'ai-je pas douloureusement frissonné, dans mes voyages à Londres, à Paris, à Bruxelles, au spectacle de ces mendiants ilaliens pullulant dans les rues luxueuses de ces capitales ? Tous ces gens sont des malheureux, des désespérés par conséquent.
Ajoutez que le climat du Nord, déjà accablant pour les hommes qui y Pont nés, est presque insupportable pour des hommes du Midi, surtout lorsque ces hommes y doivent, traîner la misère. Et vous savez combien la tendance au suicide est générale dans le Nord. L'Italien misérable importé dans ces climats subit très vite cette influence morbide ; il y joint les défauts de son tempérament impulsif. Et alors que l'homme du Nord désespéré recherchera le suicide obscur, le Méridional désespéré recherchera plutôt le suicide bruyant.
— 'Vous assimileriez donc, en quelque sorte, à des suicides bruyants les tentatives de régicide faites par des désespérés ?
— Oui, à condition que vous ajoutiez au mot désespérés le qualificatif de dégénérés.
Placez un dégénéré dans les conditions de désespoir où je viens de vous dire que les émigrants italiens se trouvent si souvent :
ACTUALITES
vous avez aassilût un individu qui rêve d'en Unir avec sa vie mi^^ serable par un suicide retentissant. Et ce sera Caserio en France Luccheni en Suisse, Bresci en Italie, Hubino en Belgique
-Vous ne croyez pas, dès lors, aux déclarations anarchistes qu Ils font tous en pareil cas ?
- Certainomont, non, je ny crois pas. Les anarchistes ont des Idées, non des impulsions. Et les régicides que je viens de vous citer sont tous impulsifs évidents, des solitaires. Sans doute ils peuvent avoir subi dans une certaine mesure Tinfluence des publications anarchistes ou socialistes, mais celte influence n'est chez eux que secondaire. La véritable cause de leurs acteç est Ipur dégénérescence intellectuelle, accentuée par les conditions physiques misérables de leur existence.
Tenez. Quel a été le premier mot de Rubino lorsqu'on l'a arrêté ^ « Je suis si malheureux, a-t-il dit, et en voyant passer tant de ricnesses . . » L explication de son acte est là tout entière ; cet homme est un dégénéré impulsif qui, décidé à terminer son existence de misère, a voulu la sacrifier dans un coup d'éclat à sa façon.
Nous voulons bien admettre les explications que nous donne M. bergi, mais elles nous paraissent insuffisantes. Pourquoi convenir que le peuple italien est dune façon générale, plus impulsif, plus prompt à passer de la pensée à faction ? Pourquoi ne pas admettre que, semblable au Chinois, il a un plus grand mépris de la mort ? j^ o
La MtD. .WECnoTrcrË
lie Pair^nasse hippoet^atiqac
. Une cpigrnnimr de Viron sur les opolhicfiires.
Voici une curieuse épigramme de Piron sur Barolet, apothicaire à Beaunc ; elle a été publiée par ïlnlermàliairc, XXXVI-76o. — XXXVII — 10 mars 1898, p. 3G3. Dans un article intitulé : « Famille de Barolet de ryoWjmj))^ cette curieuse pièce était inédite.
Honneur à M. Barolet, Qui, dans son généreux délire A changé sa seringue en lyre Et sa canule en flageolet
Mentez-vous (/uehjuefois ?
(Menlhez-vous quelquefois V)
Oui, je prends la crème de menthe,
Bon excitant du crémasler,
Qui rend loquace mainte amante
Et bien mal nommé' : crème à s'tair !
Ephjramme sur le haron de Watteville.
De Watteville le baron Qui passait dedans l'escadron Pour le plus fameux volontaire, Au lieu de combattre en guerrier, Prit nos gens pour apothicaires En fuyant montra le derrier.
Chansons de l'Escalade, Genève 1602. //. Fezy : I a guerre du pays de Gex et l'occupation genevoise (15891001). Genève, 1897.
Le Remède (Bouts Rlmés).
Le Docteur Coqueret, sans y mettre mystère
Montre une demoiselle enfilant un clystère
C'est un petit tableau joli comme un amour
Que dans son cabinet il expose au grand jour.
La donzelle n'est pas plate comme une planche
Elle a de beaux contours, sa peau doit être blanche
Si du berger Paris, elle eût brigué la voix
La belle eût mis Vénus et consorts aux abois
Ces bouts rimes inédits sont attribués au D- Coqueret, ancien médecin de la Comédie-Française.
Vamétés
Les affiches des Vespasiennes et les magnétiseurs. — Le professeur Augagneur, maire socialiste de Lyon, a déjà débarrassé les vespasiennes publiques des aH'iches où s'étalentles promesses les plus belles, et aussi, la plupart du temps, les plus trompeuses sur la guérison des maladies spéciliques.
Il continue aujourd'hui cette œuvre d'assainissement par l'arrêté suivant, qui vise la suppression des autorisations d'éeussons, d'enseignes ou d'attributs placés sur la voie publique par les masseurs, les magnétiseurs, les somnambules, etc. ;
Vu la loi du 5 avril 1884 ; considérant que certains écussons, enseignes, affiches, attributs, etc., en saillie sur le domaine public, et, par suite, ne pouvant exister qu'avec l'autorisation de l'autorité municipale, servent à des industries s'exerçant en violation de la loi ou constituant de véritables entreprises d'escroquerie.
Considérant que la commune ne peut, sans être taxée d'immoralité, tolérer ces installations et encore moins en tirer un revenu par la perception de droits de voirie.
Arrête :
Article unique. Sont retirées toutes autorisations, déjà accordées ; seront refusées toutes autorisations pour l'avenir, d'établir, en saillie sur la voie publique, les écussons, enseignes, affiches, attributs, etc., à l'usage des rhabilleurs,rhabilleurs-masseurs, magnétiseurs, somnambules, cartomanciennes, chiromanciennes, etc.
Peut-être serait-il à souhaiter que la préfecture de police et la préfecture de la Seine suivissent cet exeinttle en débarrassant tout au moins es édicules publics de Paris de ces annonces mensongères qui trompent, sciemment presque toujours, un grand nombre de malades trop crédules et blessent cyniquement tout au moins les yeux du public et des enfants.
Pièces râpes. — Lettre de Rivarol à l'abbé de Villefort, beaii-frèrc de la marquise de Villejurt, sous-gouvernante des enfants de France, et depuis chanoine du chapitre royal de Sai)it-Denis, auteur de plusieurs oraisons funèbres.
Nous reproduisons cette curieuse
lettre datée de Hambourg en 1800 dans laquelle célèbre pamphlétaire fait connaître son opinion sur cette ville qui compte plus d'apothicaires que de boulangers.
« Votre lettre, adressée à Londres mon cher abbé, m'est parvenue à Hambourg. J'ai quitté l'Angleterre pour deux raisons; c'est que d'abord le climat ne me convient pas, et qu'ensuite j'ai besoin d'être sur le continent pour mon dictionnaire de la langue. D'ailleurs, je n'aime pas un pars oii il y aplus d'apothicaires que de boulangers, el où l'on ne trouve de fruits mûrs que les pommes cuites. Les Anglaises scmt belles, mais elles ont deux bras gauches ;
Et la grâce, plus belle encor que la beauté,
a dit notre Lafontaine qui a dit tant de choses ; les Frauf^aises doivent trouver ce vers charmant. Paris est mon élément, mon cher Villefort »
Le Pater de Louis XIV (1709). —
Notre Père, qui &.es à Versailles, Votre nom n'est plus glorifié, votre royaume n'est plus si grand, votre volonté n'est plus faite sur la terre, ni sur l'onde. Donnez -nous notre pain qui nous manque de tous côtés.
Pardonnez à nos ennemis qui nous ont battus, et non à nos généraux qui les ont laissés faire. Ne succombez pas à toutes les tentations de la Maintenon: mais délivrez-nous de Ghamillard ! Amen (Pièces manuscrites concernant l'histoire de France, t. 11, p. 27, n" 151, Biblioth. de l'Arsenal.)
La durée de la vie d'après Voltaire. — La nature a donné à 1 homme environ vingt-deux ans de vie l'un portant l'autre.c'est-à-dire que de mille enfants nés dans un mois, les uns étant morts au berceau, les autres ayant vécu jusqu'à trente ans, d'autres jusqu'à cinquante, quelques-uns jusqu'à quatre-vingts, faites ensuite une règle de compagnie, vous trouverez environ vingt-deux ans pour chacun (Voltaire, Dictionn.philosoph.)
Le serment des pharmaciens. —
L'Union pharmaceutique, syndicat professionnel des pharmaciens de la Seine, poursuivait aujourd'hui devant la 10" chambre correctionnelle.
— 3bo-