‹ La medecine anecdotique, historique, litteraireChapitre 21 sur 122 · OS · texte numérisé non relu

OS

Question d'Anatomie comparée

Dieu créa l'homme du limon de la terre... Il le fit à son ima^e..

Pendant son sommeil il lui enleva une côte et fit la femme.

{Extrait de la Genèse).

Après avoir créé le Monde,

Fatigue, le Bon Dieu pensa,

En sa Sagesse profonde,

Qu'il faudrait gouverner cela.

A qui donner ce beau Domaine

Qu'il vient de fonder prestement ?...

Il ne fut pas longtemps en peine

Et créa ï Homme en un moment.

L' (( Histoire Sainte » nous dit comme

Après Adam, Evr survint :

D'un peu d'Argile fut fait l'Homme

D'un seul os la Femme provint.

Ici, nous trouble la Genèse

En manquant d'explication,

"Voilà pourquoi, ne vous déplaise

Je veux poser ma question,

« Sans offusquer la Bienséance,

Donc : Honni soit qui mal y pense ».

Adam avait-il un Nombril '??...

Alors désignez-moi l'attache

De son « Cordon ». — Ce cas subtil

N'est pas défini, que je sache.

Fabriqué par le Haut Caprice

De Jéhovah, le Créateur,

Il ne connut pas la Malrice

Depuis, le seul générateur.

Or tout être porte la trace

De l'ancien placentaire appui

Après les neuf mois qu'il y passe,

Adam n'en pouvait avoir, lui.

Pour Eve, à propos d' « Ombilic »

La question aussi se pose :

Elle aussi fut faite de « Chic »

C'est tout à fait la même chose.

Au point de vue anatomique,

Ces deux cas sont embarrassants ;

Je ne crois pas qu'on les explique.

Pourtant, cherchez je vous attends !...

Ces trois pièces inédites sont dues k la plume alerte de notre collaborateur D"" Gornard.

Petites anecdotes

Extraction sans douleur. — Bien avant l'application à l'art dentaire, du chloroforme, un dentiste aiinonrait qu'il pratiquait l'extraction des (ienly sans douleur.

Un client se présente et aussitôt le praticien se met en devoir d'opérer.

Le client pousse un cri de douleur, et le dentiste retire son davier.

— Je croyais que vous opériez sans douleur, gémit le patient.

— Sans doute, réplique le dentiste, et il n'y en a pas non plus par mon I>rocédé ; celui que je viens devons appliquer est celui de l'Anglais Cartwright; oui, c'est ainsi qu'il s'y prenait.

Sur ces mots, nouvel effort de l'opérateur, cris redoublés du patient.

— Ali ! maintenant, ceci est la manière du Français Dumerge. .le comprends qu'elle ne vous plaise pas plus que l'autre.

Un troisième lourde poignet, hurlements répétés delà part de l'opéré.

— Ceci est le procédé de Parkinson, aussi douloureux que les deux précédents, observe le dentiste.

Après ces trois violentes secousses, la dent, fortement ébranlée ne tenait pour ainsi dire plus.

— Et voici, s'écrie d un ton triomphant le charlatan eu exhibant aux yeux de sa victime une molaire énorme, voici ma méthode à moi !

Double pénis. M. Keppel, dans le Nexv Y vrk médical Joui-nal, relaie un cas curieux de double pénis intéressant, non seulement par la malformation, mais surtout par les réflexions de l'auleui'.

M. Keppel eut un jour à donner ses soins à une jeune fille de 33 ans, de conqjlexion amoureuse. Comme elle était sur le point d'accoucher, M. Keppel lui demanda, en plaisantant, quel élail le pore de l'enfant qui allait naître. La malade répondit qu'elle n'en savait trop rien, qu'elle avait eu des relations avec deux jeunes gens (pi'elle aim.iit beaucoup ; mais cet amour se balançait si bien qu'elle ne pouvait se résoudre à choisir celui qui l'épouserait. Quelques jours après, cette jeune fille accouchait d'un enfant pesant neuf livres, très bien conformé, sauf qu'il avait deux pénis distincts et très bien développés. I/enfant a maintenant douze ans. Il a toujours ses deux pénis. Le droit seiluniqiiument à l'émission de l'urine.

Le gauche est le seul capable d'érection, après excitation.

L'auteur se demande anxieusement ce qui serait arrivé si la mère avait eu trois amants au lieu de deux..., et si l'enfant avait eu trois pénis, à quoi aurait bien pu servir le troisième ?. . .

Le singe et l'officier. — On commente beaucoup à Munich un incident qui se serait passé à l'université. Voici d'après les Derjn'ères Nouvelles de Munich, de quoi il s'agit.

Le professeur Ranke traitait dans son cours de la différence entre le singe et l'homme. A ce propos, il ajouta que beaucoup de dames et aussi certains officiers exagèrent souvent trop cette différence en amincissant leur taille plus que de raison.

Or, après le cours, le prince Georges, qui suit assidûment les leçons du professeur Ranke, se rendit auprès de lui et lui demanda, eniermes du reste fort corrects, si, en faisant la remarque précitée, il avait songé que le prince est officier et s'il ne croyait pas qu'une assertion semblable pût être considérée comme une insulte à l'adresse du corps des officiers.

Le professeur répofidit que certainement il ne le croyait pas, mais qu'en tous les cas il était prêt à donner satisfaction au prince, ets'adressant à ses auditeurs, il les assura qu'il n'avait naturellement pas eu l'idée d'offenser le corps des officiers.

Alors, ce sont les femmes qui sont offensées ?

Le bon remède. — Alors, docteur, cette injection va me rendre mes forces ?

— Oui, madame, vous n'allez pas tarder à vous sentir une vigueur nouvelle.

— Pendant que vous y êtes, docteur, vous devriez bien aussi piquer mon mari. . ,

Le Pape et la bactériologie. —

Le D' Lapponi, médecin du pape, est entré, récemment, avec une cassette mystérieuse et quelques appareils dans Pappartement particulier du jpape. Certains dignitaires s'en étaient émus, croyant qu'il .-'agissait d'une nouvelle opération.

Leur alarme était sans fondemefit.

Sur le désir du pape, le [)■" Lapponi avait apporté un microscope et une petite collection de cultures de mi-

VARIETES

croorgaiiismes. II a montré an papo plusieurs bactéries, telles que le pneumocoque, agent de la pneumonie ; les liémosporides de la malaria, les bacilles de la diplliérie, de la tuberculose, etc.

Le pape a suivi avec beaucoup d'intérêt les démonstrations bactériologiques de son médecin. On dit qu'il a envoyé sa bénédiction à l'Institut Pasteur de Paris.

Le vin. — JJ Illustration vient de faire une enquête parmi les médecins sur la question suivante :

Doit-on boire du vin ?

Cent soixante-deux médecins ont fait connaître leur réponse.

Cent déclarent favorable à la santé l'usage modéré lin \in naturel.

Dix-huit le déclarent nuisible.

Quarante-quatre le déclarent indifférent ou hé'^itent à se prononcer catégoriquement.

Que pensent les 18.000 médecins qui n'ont rien dit ?

Prophylaxie anti-tuberculeuse.

—Un brave clergyman de Liberty, Etat de New- York, avait eu l'idée de recueillir les restes de repas pro-

venant d'un sanatorium pour phtisiques et d'en nourir ses cochons.

Dénonié par le Conseil de santé du village, il fut condamné à la prison par le grand Jury pour avoir enfreint d'une façon gfrave les règlements d'hygiène du village.

Voyez-vous pareilles mesures prises en France ?

La sérumthérapie en Italie. —

Un correspondant de Home écrit :

A peine mise en pratique, la cure de Baccelli contre l'aphte é])izooliqae des bestiaux, est en butte à de vives attaques. Les journaux annoncent que deux vétérinaires de Verceil, ayant pratiqué sur des animaux atteints les injections selon la formule, ont dû constater l'empoisonnement de la plupart des animaux inoculés avec des sjmptonies et des caractères en général assez graves.

En conséquence, plusieurs vêlérinaires considèrent ces injections comme très dangereuses et ajoutent que i'épizootie aphteuse qui règne dans la région est de caractère absolument bénin et peut se guérir même sans cure.

Vamétés

Doctoresses en beauté. — C'est une nouvelle carrière ouverte au féminisme. Nous connaissons à Paris plusieurs dames s'intitulant doctoresses en beauté et qui ont pour spécialité de redresser les torts de la nature chez les femmes âgées ou disgraciées.

Mais ce qui est intéressant, c'est que cette industrie ait été adoptée par des membres de la famille royale anglaise.

On lit dans le Cri de Paris :

Il y a quelques jours, s'est ouvert, dans Mayfair, le quartier aristocratique par excellence de Londres, un nouveau « Temple of Beauty », unde ces établissements où les dames de la haute société vont chercher conseil et aide pratique quand « des ans l'irréparable outrage » se fait sentir.

Ces instituts de réparation foisonnent à Londres. Mais ce qui donne à celui qui vient de faire son ouverture dans Brook street. un caractère particulièrement intéressant.

c'est qu'il est dirigé par la bru et la petite-fille du duc de Cambridge, oncle de S. M. le roi de Grande-Bretagne et d'Irlande.

Mis Fitzgeorge — c'est le nom de la cousine d'Edouard VII — et sa fille, toutes deux d'une beauté merveilleuse, ne se sont décidées à s'établir comme doctoresses ès-joliesses, que parce que la famille royale d'Angleterre refuse de leur assurer des revenus en rapport avec leur condition.

Edouard VII a naturellement tout fait pour les empêcher de n-ussir dans leur entreprise, en pure perte, d'ailleurs. Les cousines rovales font des affaires d'or.

Du temps de Henri VIII, il se serait débarrassé de ces encombrants parents en les faisant enfermer dans le « Tower ». Mais cela ne se fait plus.

Nous nous demandons simplement si ce nouvel exercice de la médecine plastique est susceptible de la patente.

VARIETES

Cataplasmes d'urine. — Dans la Sarlhe, nous raconte le D' Violette, il est de pratique courante d'employer des cataplasmes imbibés d'urine pour chasser le lait des femmes. Il m'est arrivé cent fois de soulever un cataplasme sentant le vieil urinoir. L'urine doit être employée aussi fraîche que possible, car, comme me le faisait observer sentencieusement une commère :

— C'est comme qui dirait censément pour lelait : il est bien meilleur quand qui sort du pis de la vache. »

— Mais dans le cas actuel, lui disje, comment procédez-vous pour humecter le cataplasme de votre fille ?

— Eh bien, m'sieu, pisque vous êtes cérurgien, j'peux ben vous où dire : sonhomme l'mouille ben chaud — l'as pas besoin l'oûter — vous comprenez.

Une bonne formule contre la neurasthémie. — Un de nos confrères reproduit une formule que nous avons déjà publiée et qui m'avait été transmise par notre distingué confrère Morel-Lavallée. Nous la publions de nouveau pour ceux de nos confrères qui auraient négligé de la transcrire sur leur carnet.

Aquasimplex CO gr.

Illa repelila 40 gr.

Kadem stillala 10 gr.

Hvdrogeni protoxvd.. . 0 gr. r50.

Nilaliud :...,, 1 gr. 25.

F. S. A. cinq gouttes avant chaque repas.

Nous n'avons pas besoin d'insister sur les avantages de cette formule qui s'emploie aujourd'hui avec succès contre la neurasthénie.

Mais ce que beaucoup ignorent c'est que, à la (in du second empire, un médecin très en vogue à la cour impériale, sir Joseph Ollife. l'avait prescrite avec succès contre l'impuissance chez les deux sexes, en y ajoutant de fortes pilules de cantharides pour compléter le traitcmcnl. Pendant longtemps les belles dames se transmettaient secrètement cette pré cieuse formule ; la mèche fut éventée et le médecin fut disgracié.

Le traitement de la tuberculose par l'automobile. — L'administration

aurait-elle tort de réglementerla vitesse des automobiles ?

Un confrère anglais préconise, dans le Times, les courses en auto comme une excellente manière de pratiquer l'aérothérapie dans le traitement de la tuberculose. 11 dit que les bienfaisants etïets obtenus par une promenade en auto à une vitesse de 48 à 50 kilomètres l'ont vivement frappé. En même temps qu'un sentiment de vive gaieté, un accroissement d'appétit et un meilleur sommeil, elle procure une auo^mentation de saine chaleur qui après un traitement de quelques jours, tend à devenir constante.

La tendance à la toux est de beaucoup diminuée.

Nous ne tarderons pas, si cette assertion est vérifiée, à voir les sanatoria vraiment modernes se compléter par l'installation d'un motodi-ome.

Ainsi seront conciliés les exigences de l'administration et les intérêts de la thérapeutique automobile..

Le droit de cracher. — L'ardeur

des hygiénistes américains à poursuivre et à faire condamner les gens qui crachent dans les endroits publics commence à soulever les protestalions de la presse.

Un journal réclame vivement contre cette atteinte à la liberté individuelle. 11 soutient que les contraventions aux règlements qui interdisent de cracher devraient être soumises au jury et non au tribunal de simple police, et que le délinquant ne devrait être condamné que « s'il était prouvé qu'il avait agi avec intention de nuire ».

Il est évident que ]iareille restriction rendrait l'intcrdition absolument illusoire. Il serait plus simple de l'abroger.

La morale de ceci, c'est qu'en matière (l'hygiène, il ne faut pas vouloir aller plus vite que les violons, c'està-dire que l'opinion publique. Quid leges sine rnoribits '! disaient les Latins.

Il faut faire l'éducation du public et lui apprendre la nécessité de ne pas cracher, avant de le menacer d'une amende s'il crache. Ce sera peutêtre long. mais il y a si longtemps que l'on crache !

Études histomques

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