‹ La medecine anecdotique, historique, litteraireChapitre 25 sur 122 · REVUE CRITIQUE · texte numérisé non relu

REVUE CRITIQUE

Devant leurs yeux défilent des poulets et des pigeons diplUériques, des perroquets pncumoniques, des moustiques paludéens et éléphantiasiques, des rats pesteux, des mouches, des punaises, des vers de terre tuberculeux, des chevaux tétaniques.

Mais je m'arrête. Aussi bien ce n'est pas en un article forcément restreint, mais en un livre, que j'ai l'intention de dépeindre, pour l'édification de nos successeurs, cette lamentable époque de déchéance et cette invasiou.par les barbares pasteuriens, microbiens, bactériologues, de notre belle science médicale, de notre science sacrée.

Pour en revenir à mon sujet, je prends maintenant, les cas sporadiques. Cette fois, les foyers sont là, exposés à la lumière crue du plein jour, les microbes bien entendu à foison s'en échappent, mais, par bizarre antithèse, c'est l'épidémie qui n'apparaît pas.

Nous pouvons donc faire apparaître la valeur exacte de l'hypothèse de la contagion par le microbe, au moyen de cette formule suggestive: Chaque fois que l'on trouve l'épidémie, on ne trouve pas le foyer générateur, et chaque fois que l'on trouve le foyer générateur on ne trouve pas l'épidémie.

D'autre part.l'observation attentive des faits démontre que dans les casernes où le phénomène se peut étudier de façon parfaite, puisque le champ des investigations s'y trouve relativement restreint, il n'existe pas de suite dans les atteintes, pas de continuité dans l'apparition des cas. Ceux-ci éclatent de toutes parts, en des coins les plus éloignés des foyers primitifs des premiers cas. Et cependant l'idée de contagion comporte fatalement avec elle, l'idée de continuité, l'idée de contiguïté.

Il me serait loisible de cooclure déjà, mais pour parfaire ma démonstration et pour qu'aucun doute ne puisse plus subsister dans l'esprit de mes lecteurs, au sujet de la valeur de cette hypothèse, je veux leur remettre sous les yeux les enseignements de nos vieux maîtres, basés sur l'observation centenaire, millénaire et non pas sur une observation de trente années tout au plus.

A ce sujet, je dirai donc que la médecine traditionnelle expliquait par une grâce d'état cette immunité relative dont jouissaient les médecins, les infirmiers, les étudiants et en général tous ceux qui de par leur profession se trouvaient en contact obligé et journalier avec les malades et, pour appuyer cette affirmation de l'ancieniie médecine, je demande à tous les praticiens, à tous les médecins indépendants si vraiment aujourd'hui le nombre de nos confrères, des sœurs, des étudiants tombés victimes de leur dévouement en soignant des maladies dites contagieuses est suffisant à leurs yeux pour justifier l'hypothèse de cette formidable contagion microbienne 'i

C'est donc pour les besoins de leur cause et pour cela seulement que les microbiens ont transformé cette grâce en une noire disgrâce. C'est pour légitimer leurs microbes qu'ils ont gonflé les

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