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LE PROFESSEUR PIORRY EN

La note publiée dans ce fascicule (voyez page 99) sur les professeurs Portai et Piorry me reporte aux souvenirs do ma jeunesse. Le nombre des médecins qui furent mes compagnons d'études est aujourd'hui bien restreint ; il en est peut-être une dizaine à Paris, et parmi eux quelques-uns sans doute se rappellent leurs souvenirs de 1848, A cette époque, moins qu'aujourd'hui cependant, où nous comptons 42 médecins sénateurs et 53 députés, non compris ceux qui furent ou sont ministres, le micrococcus politic.us commençait à envahir le cerveau de nos confrères. Les professeurs Trousseau, Bouillaud, Gerdy, Malgaigne, occupèrent des sièges législatifs ; Paris eut encore Trélat, Recurt, Bûchez parmi ses législateurs, sans compter les médecins envoyés par la province. Le professeur Rostan se présenta dans le Var et échoua ; il en fut de même pour Piorry à Paris.

Le dimanche 26 mars 1848, sept a huit cents médecins de Paris étaient réunis dans la salle Montesquieu, aujourd'hui établissement de bouillon Duval, sous la présidence du docteur Mêlier, membre de l'Académie de Médecine.

Etudiant de quatrième année et profitant de mon dimanche, je pus m'y glisser. Plusieurs médecins y proposèrent leur candidature à TAssemblée nationale. Piorry était du nombre. Voici textuellement ses paroles : « Dans les conditions de toute ma vie, j'ai toujours considéré la République comme indispensable, surtout actuellement. La République !... mais j'ai en cette pensée avec la vie. Je suis né lorsque mon père subissait dans les cachots les conséquences de ses idées républicaines, lorsque la têlede Piorry, le conventionnel, mon parent, était menacée. La Marseillaise a été le premier air que j'ai chanté.... « Quatre grandes choses, ajoutait-il, doivent occuper l'esprit de celui qui aspire à représenter la nation ; c'étaient la question humanitaire,la question nationale, etc.

Piorry ne fut pas très heureux dans cette séance confraternelle. Le D"" Jules Guyot lui succéda à la tribune.

Piorry fît imprimer une profession de foi, dont il fit une large distribution. Il disait : « La République que je veux est grande : elle tient à sa main droite un glaive, à sa main gauche, une balance,etc.... » Sa petite brochure avait pour titre La République du mérite. Il voulait le concours pour tous les emplois. Pas d'avancement sans concours ; pas d'avancement sans épreuves. Il était

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