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LA PROPIIYLAXU: PAU LES MAISONS DE TOLÉRANCE

L"arlicle publié par le D'' Robert Teutsch (de Cannes) dans la Mrdccinc anecdotiquc {n" 1) sur la prophylaxie des maladies vénériennes me semble reposer sur des moyens peu pratiques.

Tout a été dit pour et co?i/r(' les maisons de tolérance.

Lorsque je fus nommé médecin-adjoint du Dispensaire de salubrité (26 décembre 1872), après dix-huit ans d'attente, il y avait alors 142 maisons de tolérance et L12G pensionnaires : Comme llUes isolées ouencarte, '?.500à 3.000,en tout4.12(i environ. La prostitution libre, dont on ne peut fixer le chiffre, même approximatif, fournit le reste. Aujourd'hui, le nombre des maisons a diminué de plus de moitié ; le nombre de filles en carte a peu varié. Cette diminution ne prouve pas l'amélioration de nos mœurs ; la prostitution se déplace, voilà tout.

Le D'" Teutsch place à côté de « lamour idéal, sublime et sacré » ce besoin « brutal et grondant <) de l'organe tyrannique, il se demande pourquoi le nombre des maisons diminue : il l'attribue à l'enseigne trop indiscrète des maisons, au langage ordurier des filles, au peu de temps accordé au client pour satisfaire ses besoins, à l'insalubrité des femmes, etc. Ce ne sont pas ces raisons qui ont une influence sur le déclin des maisons cloîtrées.

Après onze ans de service, j'ai donné ma démission, et j'ai publié en 1887 un livre ayant pour titre : La Prostitution à Paris (l), dans lequel j'ai exposé l'état actuel de la question et les desiderata que je croyais utiles et dont quelques-uns ont été accordés.

M. Teutsch va plus loin que moi : il voudrait une visite quotidienne, la visite des hommes, celle des femmes ante coïtum, par un médecin spécial, etc. Mais quel médecin accepterait ce rôle, qui impliquerait une permanence ? Quant à la femme, elle peut être saine le matin, être infectée dans la journée et transmettre le virus le soir, si elle n'a pas eu soin de se laver abondamment et avec un liquide antiseptique. Il y a. me dira-t-on, le boyau préservatif. Toile d'araignée contre le danger, cuirasse contre le plaisir disait Ricord. J'avais jadis un clientqui,porteur d'accidents secondaires en voie de guérison et souffrant d'une continence qui avait duré trois mois, éprouva le besoin de sacrifier à Vénus. Homme prudent et honnête, il ne voulait pas s'exposer à contaminer une de ces conjointes de passage. Il alla dans une des maisons les

(1) Glie.'. Baillière, in-r2, p. llOetsuiv,

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