‹ La medecine anecdotique, historique, litteraireChapitre 52 sur 122 · I. Anatomie artificielle · texte numérisé non relu

I. Anatomie artificielle

Le public est averti que l'on fera voir une anatomie arlifîcielle sur un corps tronqué aux extrémités, avec le développement des

(1) Ce premier article a paru dans le Journal de médecine de Paris (1001, p. 322, et dans la Médecine anecdotique (1901, p. 1G5).

(2) Celte erreur m'a été indiquée par mon ami, le D' I^dmoiul Bonnet.

(3j BARBEU-DuiiOUPvG {Le Botaniste français, t. II, p. 48(j, Paris, 17G7) décrit ainsi le champignon dénommé par lui « Bilieron » :

« Chapeau orbiculaire. concave en-dessus, convexe en-dessous. La concavité doublée de lames convergentes. La convexité revôtue d"ane pellicule un peu coloncuse. et froncée à son centre, pour former une sorte de polit pivot. 1. Bilieron simple, à chapeau blanc, lames vermeilles. N. Trouvé en quantité dans un chantier de bois blanc, le 16 octobre 1766, par Mlle Biberon, a. Groupé. N. — N. B. C'est certainement la même espèce que le Giidin. L'un est uncAviriété accidentelle de l'autre. »

Le Giidin est un champi!:»-non ainsi dénommé par Barbeu-Dubourg, parce qu'il fut « trouvé en quantité dans le chantier de MM. Gudin en 1766 ».

(4) L.OiGa:{ettc d'Epidaure, fondée en 1761 par Barbeu-Dubourg, ne vécut que trois ans. 11 en a clé donné des extraits dans le Journal de médecine de Paris (1902, p. 127, et dans la Médecine anecdotique (1002, p. 113).

(5) Extrait du numéro du mercredi 13 mai 1761 de la Ga-ette d'Ecidanre ft. I,p. 1-12).

i^s— LES FEMMES-MÉDECISS AU XV II F SIECLE

viscères contenus dans les trois ventres. Voici les diflérences essentielles de cette pièce, d'avec celles de feu Desnoiies (1), qu'on a vues autrefois à Paris.

1» Ce qui avait été fait jusqu'ici on ce genre-là ne présentait que des blocs de cire, qui expriment mal les parties minces, et dont les reliefs et les couleurs faisaient le seul mérite. Le corps même était fait de cire, dont la surface extérieure se jaunit à la longue, et ne représente point du tout la peau : les viscères faits de cire sont sujets à se casser au plus petit accident, ou par l'effet de la grande sécheresse. Le corps que l'on fera voir est recouvert d'une vraie peau, qui imite l'enveloppe extérieure et générale, et qui permet le transport de la pièce entière, facilement et sans danger.

2" On a copié les membranes naturelles d'une manière à tromper les yeux des spectateurs ; ce qui est particulièrement remarquable dans le péritoine, lépiploon, la plèvre, etc.

3° Les viscères creux et membraneux, tels que l'estomac et les intestins, sont rendus artificiellement, avec la consistance, la souplesse et la légèreté des viscères naturels. L'on souTAe l'estomac, et même les poulmons.

4° Les proportions naturelles de toutes les parties, leurs rapports entr'elles, leurs couleurs, leurs positions exactes, tout y est observé au point que la nature est copiée dans la plus grande précision, et avec une vérité qui étonne. On espère que l'ouvrage qui la représente si bien méritera les suffrages du public.

11 a déjà obtenu ceux de l'Académie royale des sciences, de la Faculté de médecine, et de l'Académie royale de chirurgie.

L'on verra cette anatomie tous les jours, hors les fêles et dimanches, depuis onze heures du matin jusqu'à une heure après midi, et depuis quatre heures du soir jusqu'à six, chez la Demoiselle BiHKKON, qui l'a exécutée, et qui demeure sur hi vieille Estrapade, au coin de la rite des Poules.

Ceux qui seront curieux de voir un développement plus détaillé des viscères contenus dans chacun des trois ventres, et en plusieurs jours, prendront des arrangements particuliers.

Cette anatomie sera exposée le mercredi 13 may 17G1.

Page 1