II. Talens récompensés
Mademoiselle BmERON vient de recevoir une gratification considérable du roi de Danemark, à qui elle avait eu l'honneur d'envoyer plusieurs pièces d'anatomie artificielle, et notamment : 1° Un cœur, avec différentes coupes du cœur, pour en faire voir la
(1) Guillaume Desnoues, cliirurgien français, déjà nicnlionné dans mon premier article.
(2) Extrait du numéro du samedi G février 1702 do lu Ga:^cttj d'Epidaiirc (t. III, p. 88).
LÈS FEMMES-MÉDECISS AUJlVJ/I.^ SIECLE - i4'l —
slriR-lure inlérieuio : J" Un c;iiuù Uioracliniue, avec le réservoir du chyle, dit réservoir de l'ecquel; :)'' et 4" Les parties de la génération ; 5» Une matrice élastique, pour faciliter les connaissances nécessaires à la pratique des accoucliemens ; G" Une vessie d'homme; l'aune vessie de femme ; S" Un cœcum, avec la valvule de Tulpius mise en évidence ; 'J" l^n rein; 10" Un foye ; 11° Une oreille ; 12° Un œil.
La première de ces pièces fut présentée ù Sa Majesté Danoise au mois de juin ITGl, et les dernières au mois de décembre, par M. le Président Ogier. ambassadeur de l'rance à Coppenhacrue.
Mademoiselle Biheroii ne fit pas que des anatomies artificielles : elle s'occupa aussi du modelag'e des champignons (1); de plus elle inventa un procé lé de conservation des fleurs naturelles, dont Barbeu-Dubourg (2) a parlé en ces termes : , « Mademoiselle Biheron, que ses anatomies artificielles ont rendue si célèbre dans toute l'Europe, réussit également bien à tout ce qu'elle entreprend. Nous avons actuellement sous les yeux des fleurs naturelles qu'elle a desséchées qui n'ont perdu que leur éclat sans rien perdre de la vérité de leurs couleurs ; entr'autres les renoncules et semidoubles, les géroflées et violiers, les scabieuses, les pieds d'alouettes, les soucys, les nigella, les pavots, etc.
Si ses autres occupations lui permettaient de faire un herbier complet dans ce goùt-là, ce serait assurément une chose incomparable ! »
D' P. DORVEAUX.
(1) D'après son « Projet d'un cours complet de botanique franraise » {Ga:^ette d'Epidaure du 17 octobre 17G1, t. II, p. 218), Barbeu-Dubourg se proposait de constituer « une collection do toutes les espèces de champignons connus, les uns conservés avec le plus grand soin, les autres imités en cire dans leur forme, grandeur et couleur naturelles... » H est probable que ces champignons devaient être imités en cire par Mlle Biheron, dont c'était encore une spécialité, au dire du D' Ed. Bonnet.
(2) Ga:[ette d'Epidaure du 23 décembre 1761 (t. II, p. 392).