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LA TUBERCULOSE BOVINE EST-ELLE TRANSMISSIBLE

A L'HOiMME?

Malgré l'interview des deux maîtres bactériologues publiée dans les journaux politiques, et surtout à cause de cette interview, qui ne pouvait rien nous apprendre et ne nous a rien appris, j'ose prendre la liberté grande d'exprimer, après ces maîtres, mon opinion sur ce sujet et de tirer de cette courageuse expérience les conclusions scientihques basées absolument sur les données de la médecine rationnelle, positive et tradiditionnelle.

Et tout d'abord je dirai que, pour savoir si la tuberculose bovine est transmissible à l'homme, il conviendrait de définir ce qu'est la tuberculose ; c'est-à-dire d'en énoncer la cause

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et d'en exprimer la nature, car de suite on fait apparaître d'indiscutable façon l'inanité de l'hypothèse et la valeur toute relative que présentent en cette question les expériences.

Je définis donc la tuberculose : « La complète expression de la déchéance vitale et fonctionnelle de la cellule organique vivante, laquelle, en cet état, remplace sa sécrétion normale par des productions dites tuberculeuses». Et dès lors, puisque les tubercules, les produits tuberculeux, sont dus non pas à des sécrétions microbiennes, mais bien àla sécrétion cellulaire, il s'ensuit fatalement que les causes de la tuberculose sont intrinsèques et non pas extrinsèques, jamais extrinsèques. J'entends bien que l'on va m'objecter le phénomène de la contagion, auquel les bactériologues ont donné, pour les besoins de leur cause, un caractère de généralité qu'il ne possède aucunement. Mais, en réalité, les faits de contagion sont rares, on ne les observe que dans certains cas de cohabitation, de contact de longue, très longue durée, et dans ces conditions les sujets contagionnés ne peuvent être considérés que comme des prédisposés. Le contact morbide, c'est-à-dire la cause extrinsèque ne peut donc jamais être considérée comme une cause primordiale, comme un principe morbide, mais simplement comme un agent occasionnel ayant fait jouer le déclic que d'autres agents occasionnels extrinsèques ou intrinsèques, vicissitudes atmosphériques, fatigues, surmenuge, etc., auront pu, dans la suite, à un moment ou à un autre, mettre en mouvement.

En nos époques de déchéance médicale, alors que toutes les données véritables ont été faussées par la douloureuse inaptitude d'un chimiste, il devient nécessaire d'appuyer par des exemples les axiomes les plus simples de notre science. J'appellerai donc, pour témoigner de la légitimité de ma thèse, un maître, un vrai maître, Laënnec, qui voudra bien ici répéter ces paroles : « Il ne m'apparaît pas que la tuberculose soit contagieuse «. Je rappellerai ensuite à ceux qui eurent le bonheur d'observer avant Pasteur, au temps de la bonne médecine qui consolait et qui soignait, je rappellerai que les tuberculeux se trouvaient en nos hôpitaux mêlés aux autres malades sans que personne d'entre nous ait jamais pu constater la moindre contagion du mal.

Donc, à proprement parler, la tuberculose n'est pas contagieuse.

Parla même raison, c'est-à-dire puisque la cause de lamala-

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die est purement intrinsèque, nous en concluons également quela tuberculose, dans aucune condition naturelle, n'est transmissible ; c'est-à-dire qu'un animal sain, vivant de la vie ordinaire, circulant, mangeant tantôt des viandes tuberculeuses, des produits tuberculeux, mais tantôt n'en mangeant pas, ne deviendra jamais tuberculeux, par suite de cette alimentation par intervalle défectueuse, et je citerai à l'appui de mon dire les expériences de Colin, de Ghatin, de Nocard, de Sommer, etc.

Je me résumerai en posant comme vérité médicale la proposition suivante :

« Dans la nature, la tuberculose, expression de la déchéance vitale de l'être, n'est et ne peut être ni contagieuse, ni transmissible. »

Autre chose est la tuberculose dans les laboratoires, ou la tuberculose expérimentale, car l'immixtion d'un chimiste inconscient de la biologie dans notre science médicale a précisément eu pour conséquence légitime de donner aux affections fabriquées dans les officines bactériogiques des allures antinaturelles correspondant, bien entendu, aux conditions antinaturelles en lesquelles se placent les expérimentateurs.

Dans les laboratoires, l'animal dont on se sert est presque toujours un miséreux depuis longtemps ; pour l'expérience ,il est mis en cage et dans le cas spécial qui nous occupe on le nourrit exclusivement de produits tuberculeux ; dans l'intervalle on lui projette des poussières tuberculeuses, et ainsi privé de mouvement, privé de grand air et d'aliments convenables, il arrive au bout d'un temps plus ou moins long, en vertu des lois naturelles à cet état de déchéance vitale dont l'expression obligée s'appelle la tuberculose. On en conclut néanmoins à la contagion et l'on formule sur ces données fantastiques des lois hygiéniques, on formule des prohibitions, on établit des sanctions. Sur d'autres animaux placés en les mêmes conditions, on fait des greffes tuberculeuses, c'est-à-dire que l'on détermine en un point de l'organisme un foyer d'infection, lequel complète chez ces êtres, les uns prédisposés, les autres affaiblis déjà, la déchéance de l'organisme d'où naît la tuberculose et l'on conclut de ces expériences antinaturelles àlatransmissibilité delà maladie. Ceci cependant est démontré faux par toute la série des animaux non prédisposés, c'est-à-dire non déjà tuberculeux, chez lesquels les greffes ne réussissent pas.

Nous en arrivons enfin, et pour terminer, à un troisième mode d'opération usité en les laboratoires plus extravagants,

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plus insensés, plus infranaturels encore que tous les autres. Il consiste à inoculer sous la peau ou dans ^e système circulatoire même, des liquides en état do fermentation en lesquels ont été cultivés des éléments tirés de foyers morbides, de foyers tuberculeux.

Au contact de ces liquides virulents, les économies réadmissent violemment et différemment. En toutes, l'état infectieux aig'u se révèle faisant vivement apparaître les tares originelles qui jusque-là sommeillaient, révélant les lieux de moindre résistance par les localisations morbides différentes suivant chacun des individus. Aussi, chez le tuberculeux en puissance, la granulie s'éveille ; chezles rhumatisants, arthritiques, etc., les articulations suppurent ; chez l'être dontles reins, le poumon ou les plèvres sont affaiblis pour une cause ou pour une autre, c'est la néphrite amaigrie, la pneumonie infectieuse, etc., qui apparaissent, sans que le caractère tuberculeux dans ces lésions soit en quoi que ce soit obligatoire, puisqu'un liquide infectieux quelconque aurait déterminé chez les mêmes individus les mêmes lésions, les mêmes localisations.

Dans ces conditions, je conclus que la tapageuse expérience qui a occupé la presse politique ne peut rien prouver.

D. H. Boucher.

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