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LES RASSE DES NEUX, MAITRES CHIRURGIENS DE PARIS

Par le D' Paul Dorveaux.

BiblioUiécairo de l'Ecole supérieure de piiarmacie de l'Université de Paris.

La famille Rasse Des Neux ne figure ni dans les Dir.lionnnires encyclopédiques, ni dans les Recueils de biographies ; cependant elle a produit, au XVI" siècle, quelques chirurgiens qui ont eu un certain mérite.

Le premier qui soit mentionné par les historiens de la chirurgie (1) était, si nous en croyons Fauteur de l'Index faner eus chirurgorum Parisiensium (i?), » parisien chirurgien du roi (il vécut sous François I'"' et Henri II), et très expert dans son art. Il mourut

(1) Plusieurs auteurs se sont occupés de l'histoire de la chirurgie en France : Jérôme Delanoue, Jean Devaux, François Ques^nay, J.-F. Malgaigne, E. Nicaise.etc.

Rien de l'œuvre de .Jérôme Delanoue n'a été publié ; il en reste deux volumes in-folio, appartenant à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris ; l'un reliéenveau et l'autreen parchemin. Comme ils ont tous deux la même cote : Mss. 89, je désigne dans les notes qui suivent, le premier par Ms. 89 a, et le second par Ms. b. Les Rasse Des Neux y sont plusieurs fois mentionnés.

.Jean Devaix est l'auteur d'un petit livre anonyme intitulé : Index funereiis chiriirgorum Parisieyisium ab anno 1315 ad anrtiim 1714 ,'Trévoux et Paris ; Estienne Ganneau, 1714. in-13), lequel est un véritable historique delà chirurgie à Paris de 131.5 à 1714. Cet index a été réimprimé en 1744 par François Quesnay.

François Qlesnay a publié, sous le voile de l'anonymat, ses Reclierdies critiques et historiques sur l'origine, sur les divers états et sur les progrès de la chiruri^ie en France. (Paris, Charles Osmont, 1794, 1 vol. in-4° ; autre édition en 2 vol. in-12). ouvrage dont un certain nombre d'exemplaires, par suite d'une supercherie familière aux libraires, portent le titre suivant : Histoire de V origine et des progrès de la chirurgie en France (Paris, Ganeau, 1749, 1 vol. in-4°. Paris, Brocas, 1749, 2 vol. in-12).

L'Index funereus de Jean Devaux y occupe, dans l'édition in-4°, les pactes .''>25 à 624, et dans l'édition in-12, la fin du second volume. Les Rasse Des Neux sont mentionnés dans les Recherches critiques aux pages 89, 198, 293. 388, 389, 421, .547 et 548 de l'édition in-4».

Malgaione a donné, en tête de son édition des Œuvres complètes d'Ambroise Paré, un historique de la chirurgie dans lequel figure Rasse des Neux, à la page GGLXI (t. I, Paris. 1840).

Quant àNicAiSE qui fut un des premiers collaborateurs daJanus tout le monde connaît ses rééditions des traités de chirurgie de Guy de Cliauliac, de Henri de .Mondeville et de Pierre Franco.

(2) Index funereus par JeanDEVAUX, Trévoux et Paris, 1714, p. 23. — Recherches critiquespur François Qlesnay, éd. 10-4", p. 547.

— ::0o- MAITRES DE LA CHIRURGIE

le 14 janvier 1552, laissant deux fils également chirurgiens àParis, P'rancois et Nicolas.

L'ainé, François Rasse Des Neux (appelé François Des-Noeux par Jean Devaux, et François Desneux par Jérôme Delanoue), fut en relation avec Jacques Gohory, qui. dans son Inslniclion sur l'herbe peiiim 1 1), le déclare personnage très expert en son art » . Il fut aussi dans les meilleurs termes avec Adrien Le Tartier, car ce savant médecin champenois lui a dédié un chapitre de ses très curieuses Promenades printanièrcs [2], le quarante-troisième, intitulé « d'où vient que la seule langue es plus aagez et usez resent moins de faiblesse et diminution de ses actions, que les autres parties ».

De son temps, les deux chirurgiens jurés du roi au Châtelet présidaient les examens des candidats à la maîtrise de chirurgie et avaient seuls le droit de conférer la licence et de donner le bonnet, signe de cette maîtrise. En 1552, ces deux chirurgiens étaient Sébastien Danisy et Estienne de La Rivière, et celui-ci fit à François Rasse Des Neux linsigne honneur de le commettre, par acte notarié en date du 12 décembre, pour donnera sa place le bonnet magistral à un aspirant, dont Jérôme Delanoue. qui rehde ce fait, a négligé de nous transmettre le nom (3).

Néanmoins, François Rasse Des Neux est plus connu comme bibliophile que comme cîiirurgien. Dans son Traicté des plus belles bibliolhèqnes[\), le père Louis Jacob le qualifie d' «homme sçavant et curieux » et dit qu'il « laissa après sa mort une grande bibliothèque, remplie d'une infinité de bons livres en diverses sciences, qui fut vendue par son fils à David Douceur (5), libraire de Paris ».

(1) Ittslruction sur VHerbe Petiim ditte en France l'Herbe de la Royne ou Médicée : Et sur la racine Jlechiocan [sic] principalement (avec quelques autres simples rares et exquis) exemplaire à manier philosophiquement tous an autres Végétaux. Pari. G. P. (Jacques Gouory, Parisien;. A Paris, par Galiot du Pré, 1572, première partie, folio fi verso.

Ce pelil livre est longuement analysé dans nu mémoire intitulé : «Un précurseur de Guy de laBroase, Jai|ues Goiiory et lo Lycium philosophai de Sainl-Marceau-les-Paris (1571-157d), par M. F. -T. IIamy, professeur au Muséum d'iiistoire naturelle », et publié dans les Nouvelles Archives du Muséum {i' série, tome 1, Paris, 18i)il), dont il aétofait un tirage à part. 11 y est fait mention du « chirurgien liace {sic) le puîné », à la page 18 de ce tirage à pari.

{'2) Les pro)7ienades pri)itanicrcs deL.T. M. G. (Le T.xnTiER, médecin champenois). A Paris, Chez Guillaume Chaudière, 158Ô (in-lG), folio ll'.t verso. Le Tarlier donne à tort le titre de docteur-chirurgien à Franrois Rasse DesNeu.x qui n'avait droit qu'à celui de maitre-chirurgien.

(3) Manuscrit de Jérôme Delanoue, coté Ms. 80 A, folio 85.

(4) Traicté des plus belles bibliothèques publiques e^ particulières qui ont esté, et qui sont à présent dans le monde.. . par le P. Louys Jacob, Ghalonnois, Religieux Carme. A Paris, chez Rolet Je Duc, 1G44 (in-8°), p. S'.W.

(5) David Douceur fut établi libraire à Paris de 1580 à 1618. H édita, en Ic'UG, le Tlirésor de la langue Jrançoyse du fameux Jean NrcoT, le propagateur du tabac en France.

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