DES DEVOIRS DU MEDECIN ET DE CEUX DU MALADE
J'abandonne la pathologie proprement dite pour arriver à des considérations plus générales sur le médecin et sur le malade. M. Chomel me fournit un thème excellent; il n'a pas dédaigné, à l'exemple d'Hippocrate, de donner de sages conseils aux élèves et à ses confrères, de retracer les devoirs d'une profession qui est un vrai sacerdoce, d'un art qui doit tout à la fois lutter, autant qu'il est en la puissance humaine, contre un mal universel, inévitable, la maladie, dont Hésiode
a dit « qu*il remplit la terre et la mer -, quil marche en silence, car le prudent Jupiter lui a ôté la voix, et qu'emporté par un mouvement spontané, il visite les hommes aussi bien la nuit que le jour, )> — et veiller au plus grand comme au plus cher des intérêts de ce monde : à la santé, qu'un Tieux poëte de Sicyone , AripbroD, a chantée en ces termes :
« Santé I la plus vénérable des dninités bienheureuses, puissé-Je avec toi passer le reste de ma vie t puisses-tu être pour moi une hôtesse bienveillante. S'il est en effet quelque charme dans la richesse, dans l'amour des enfants, dans la royauté que les hommes regardent comme le bonheur des dieux, dans les désirs que nous poursuivons avec les filets secrets de Vénus ; si la divinité nous accorde quelque autre joie, ou si elle donne quelque délassement à nos travaux, avec toi, santé bienheureuse, tout fleurit, tout brille au printemps des Grâces; sans toi il n*y a pas de bonheur! »
Il y a pour le médecin comme pour tout homme des devoirs généraux et des devoirs qui regardent plus particulièrement la profession. Des premiers je n'ai presque rien à dire : il est trop clair que le médecin ne doit être ni avare, ni gourmand, ni envieux, ni grossier dans son langage ; qu'il ne doit ni abuser de la confiance des familles, ni divulguer les secrets, ni empoisonner ses malades, ni se prêter à d'infâmes manœuvres, ni mentir à la justice, ni fuir devant les épidémies, pas plus que le soldat devant l'ennemi, lors même qu'il y serait, comme Galien, invité par un songe. Il est trop clair encore qu'il ne lui est permis ni de soustraire la bourse, la montre ou le gobelet de ses clients comme faisait un certain Hérodës dont parle Martial ,
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ni de s'insinuer trop avant dans les bonnes grâces de leurs femmes, de leurs filles, ou môme de leurs servantes. Cela se faisait peut-ôtre ainsi du temps du malin auteur des Épigrammes^ du moins il le dit; mais on aimerait à croire que cela ne se fait plus. — Toutes ces prescriptions ({u'Hippocratc ne craint pas de mettre sous les yeux du médecin (ce qui est un témoignage passablement accusateur pour les mœurs du temps) se résument dans ces belles et simples paroles du Serment : « Que le médecin conserve sa vie et sa profession saintes et pures de toute souillure, pour être honoré parmi les hommes et jouir sans remords des fruits de son art. »
A côté de rhonnéteté générale, il y a aussi Y honnêteté médicale^ dont M. Ghomel a rassemblé quelques traits^ et dont lui-même était le plus parfait modèle. On me permettra de compléter ce tableau en donnant un instant la parole au plus grand génie que la médecine ait jamais produit, à Hippocrate. Hippocrale a tout vu, tout prévu et tout dit avec une autorité que personne ne lui a jamais sérieusement disputée. A peine la médecine commence, que déjA pullulent les mauvais médecins, et qu'il faut leur opposer un code médical auquel nous n'avons presque • rien à ajouter ^ car l'antiquité ne nous a presque rien laissé à glaner sur les terres pourtant si fertiles au mal
1 . De tous les livres publiés en France sur ce sujet, je n'en connais aucun qui mérite plus d'être lu et médité, que le Traxlé de déontologie médicale, par M. Max. Simon. — A Oxford, le docteur Greenhill a publié une charmante et précieuse collection d'ouvrages anglais et américains sur le même sujet.
et du déshonneur. Heureusement, à côté de l'école du vice, nous trouvons une école de morale toujours florissante, toujours féconde, et que renseignement chrétien pouvait seul surpasser.
Ce qui distingue Hippocrate, c'est une haute idée de la médecine, de son étendue, de sa puissance, de ses difficultés, de son but ; un perpétuel souci de la dignité médicale ; un vif sentiment des devoirs de sa profession; une répulsion profonde pour ceux qui la compromettent et la rabaissent par leur charlatanisme et leurs mauvaises pratiques , ou par une recherche affectée du nouveau et du merveilleux ; enfin, une sollicitude continuelle et vraiment touchante pour la guérison ou du moins pour le soulagement des malades, — Il compare volontiers la médecine à la philosophie : toutes deux conduisent aux mêmes vertujs et font éviter les mômes écueils ; toutes deux inspirent le respect et la crainte de la Divinité ; les médecins reconnaissent que la toute-puissance ne réside pas dans la médecine elle-même; ils soignent beaucoup de malades, mais, grâce aux dieux, un grand nombre guérissent d'euxmêmes. (( Je le pansay, et Dieu le guarit , » a dit aussi notre immortel Ambroise Paré.
Dans le traité De la Bienséance et dans celui Des Préceptes j il est recommandé au médecin de ne pas converser sans nécessité avec les gens du peuple ( ce qui ne contredit pas cette autre réflexion qu'on peut quelquefois tirer bon parti des conseils, des renseignements et de l'expérience du vulgaire quand on sait interroger avec discrétion); de se montrer simple, affable, d'humeur égale ; de faire les concessions, d'a-
voir les complaisances et les gracieusetés que la maladie peut autoriser; d'unir la fermeté à la douceur, de visiter souvent ses malades, sans y mettre cependant trop d'empressement , car cela peut déplaire ou même effrayer ; de les examiner avec une grande attention, et, s'il est possible, de laisser un aide auprès d'eux, afin de ne pas manquer l'occasion favorable pour agir ; de rechercher plutôt les pronostics certains que les pronostics brillants ; de ne précipiter ni ses jugements^ ni ses prescriptions, de peur qu'on ne soit obligé de changer d'opinion ou tenté de persister dans son premier avis pour sauver sa réputation ; d'avouer franchement ses erreurs et d'en indiquer la source, afin que les autres évitent d*y tomber; de peu se soucier de ce que pense le vulgaire ou les mauvais médecins, si l'on est assuré d'avoir la vérité de sou côté. Enfin, dans les consultations dont l'abus avait suivi de près Tusage, et qui déjà justifiaient ce mot d'un empereur romain : c< La multitude des médecins m'a perdu, » Hippocrate ne souffre ni harangues, ni intrigues, ni cabales ; il veut que chacun y prenne sa part de responsabilité, et il semble que le plus illustre des médecins se soit inspiré des paroles du plus vaillant des guerriers, de Diomède disant à Nestor : « Seul, quelque sage qu'on soit, l'esprit est moins prompt et le jugement moins sûr. »
Saisir le moment opportun est un précepte sur lequel Hippocrate revient sans cesse, et dont il n'est malheureusement que trop facile de comprendre l'importance, pour peu qu'on réfléchisse à tous les désastres qu'entraîne la négligence des malades ou celle
des médecins. Que de fois ne pourrail-on pas écarter les coups de la mort, que de fois du moins ne pourrait-on pas ajouter quelques heures à des jours fatalement comptés, en gravant dans sa mémoire les paroles d'Hippocratc ! Quelle cruelle responsabilité pour ceux qui assistent le malade, s'ils laissent passer le moment opportun ! Quels remords pour un médecin si, par sa faute, il arrive trop tard ! Quelle vanité condamnable de la part de ce même médecin s'il aime à se vanter d'avoir tant de malades qu'il ne sait comment courir aux plus pressés! Et combien est vraie cette parole de Gelse, que le meilleur praticien est celui qui ne perd jamais de vue ses clients !
« La vie est courte, l'art est long; l'occasion est prompte à s'échapper ; l'expérience est trompeuse, le raisonnement est difficile, n s'écrie Hippocrate au début de son livre immortel des Aphorismes. Qui ne croit lire (je cite M. Littré), dans cette sentence à moitié grecque, à moitié orientale, l'inscription monumentale au frontispice de la médecine, au moment où les portes en sont ouvertes par une main puissante? — Est-ce à son intelligence supérieure ou bien à des malheurs causés par d'irréparables hésitations qu'Hippocrate a dû de concevoir en médecine l'importance du temps et l'impérieuse urgence du moment qui s'enfuit? Toujours est-il qu'il débute par cet avertissement solennel , tant l'a frappé la responsabilité des heures perdues ! Si partout l'occasion s'échappe sans retour, nulle part elle n'est plus fugitive que dans les corps vivants livrés au mouvement rapide de la fièvre et de la maladie , et nulle part plus irrépa-
rable que dans ia pratique médicale, où la mort peut être le résultat de tergiversations intempestives.
(( Il importe, dit Hippocrate dans ce même Aphorisme^ non-seulement que le médecin fasse lui-môme ce qui convient, mais qu'il soit encore secondé par le malade et par ceux qui Tentourent. n Comme il faut peu compter sur la reconnaissance, et que la pratique désintéressée du bien est une vertu prescrite par la philosophie comme par TÉvangile , le médecin doit réduire tous les devoirs du malade à un seul, à l'obéissance, à cette parfaite docilité, à cette confiance^ à cette droiture que saint François de Sales recommandait à Philotée dans Texercice de la dévotion: c( Traitez avec le directeur (je veux dire avec le médecin), à cœur ouvert, en toute sincérité et fidélité, lui manifestant clairement vostre bien et vostre mal sans feintise ny dissimulation^ -et par ce moyen vostre bien sera examiné et plus asseuré, et vostre mal sera corrigé et remédié. » Aux assistants, à la famille, aux amis, aux serviteurs que faut-il aussi demander? L'obéissance, toujours l'obéissance, et s'il se peut l'intelligence suffisante pour administrer une potion, des pilules et le reste. Ne croyez pas que ce degré d'intelligence médicale soit très-commun ni chez les petits, ni chez les grands, ni chez les simples, ni chez les lettrés; du moins l'obéissance suppléerait en plus d'une occasion à l'intelligence; mais il faut bien reconnaître que rintelligence est encore plus facile à rencontrer que l'obéissance, tant est vrai ce mot dupoëte :
Nititnur in vetitum semper, cupimusque negata*
« 11 est plus ordinaire aux malades, dit Hippocrate *, de violer les ordonnances, qu'aux médecins de prescrire de mauvais traitements. Le médecin est sain de corps et d'esprit lorsqu'il entreprend une cure... Les malades, au contraire, ne connaissant ni la nature ni les causes de leur mal, ignorant quelles en seront les conséquences et ce qui peut arriver à la suite de cas analogues, souffrant dans le présent, effrayés de l'avenir, remplis de leurs maux, vides de nourriture, désirent plutôt ce qui est propre à entretenir la maladie que ce qui en peut amener la guérison, redoutent la mort, mais ne peuvent supporter courageusement leur mal... En se montrant désobéissants ou négligents, ils courent à leur perte, catastrophe dont les mauvais raisonneurs ne manquent pas de faire retomber la cause sur ceux qui en sont innocents, pour en décharger les véritables coupables. »
Ainsi que le remarque très-bien M. Chomel, les malades les plus intelligents ne sont ni les plus dociles dI les plus faciles à interroger. Comme chacun a son petit système et ses idées préconçues qu'il veut faire prévaloir, chacun cherche aussi par mille subterfuges à échapper aux questions positives, et à dérouler le médecin dans Texamen qu'il s'efforce, s'il ne perd patience, de poursuivre au travers des voies détournées qu'on ouvre sans cesse devant lui.
Les malades (et ils sont nombreux) qui veulent tout expliquer me rappellent ces philosophes anciens, ces sages en bonne santé, Pythagore, Platon, Aristote, que Fontenelle fait assister à une représentation de l'opéra où Phaéton est enlevé par les vents :
« L'un d'eux disoit : « C'est une certaine vertu secrète qui enlève Phaéton; » l'autre: « Phaéton est composé de cer-
1 . DeVArt, § 7, édit. Littrd, 1. 1, p. Il , et dans mon édit., p. 32.
tains nombres qui le font monter ; » Tautre : o Phaéton a une certaine amitié pour le haut du théâtre ; il n'est point à son aise quand il n*y est pas; » Tautre: «Phaéton n'ëtoit pas fait pour voler; mais il aime mieux voler que de laisser le haut du théâtre vuide; » et cent autres rêveries que je m'étonne qui n'aient perdu de réputation toute l'antiquité. A la fin, Descartes et quelques autres modernes sont venus, qui ont dit : « Phaéton monte parce qu'il est tiré par des cordes et qu'un poids plus pesant que lui descend. »
Un médecin qui prendraitla peine d'intervenir comme Descaries pour donner des explications véritables (le public en est toujours avide; heureux quand il tombe sur les bonnes ! ) et pour rectifier les points de vue, trouverait, j'en ai la conviction, des auditeurs attentifs et se rendrait-il à lui-môme un grand service en se préparant un point d'appui auprès du malade et de ceux qui l'assistent. Sans doute, je neveux point que le malade sache assez de médecine pour comprendre immédiatement toute la gravité du mal dont il est atteint: le médecin malade est un trop triste exemple de préoccuppations fâcheuses qui peuvent troubler un esprit habituellement maître de lui-môme ; je veux encore moins qu'il en sache assez pour avoir envie de se traiter luimême : Medice^ cura te ipsum, « médecin guéris-toi toi-même,» est un aphorisme détestable, dans quelque sens qu'on le prenne, car il n'y a personne, comme le dit Montaigne, qui se médecine plus mal qu'un médecin, personne qui soit plus propre à rendre, du moins pour lui-même, la santé malade. Ce que je souhaite, c'est que précisément le malade soit assez instruit des difficultés de la médecine, du danger des maladies, du
danger pins grand encore qu'il court en secondant aux ignorants, aux charlatans, aux bonnes femmes, aux empiriques, aux somnambules, à certains spécialistes (Hippocrate les détestait), et surtout à ses propres inspirations; c'est qu'il soit assez au courant des faits médicaux pour comprendre et exécuter rigoureusement les prescriptions qui lui sont faites, sans y rien ajouter et sans en rien retrancher. Il n'importe pas moins que ceux qui l'assistent se pénètrent comme lui de l'importance de ces vérités, et qu'ils suppléent, au besoin, à la défaillance de son esprit, au trouble de sa raison, aux appétits déréglés de la fièvre. Je ne crois pas qu'il y ait nécessité ou utilité à tenir la médecine cachée dans un sanctuaire, à l'envelopper de mystères; je ne crois pas non plus qu'il soit impossible d'initier le public à quelques-uns des secrets de l'analomie, de la physiologie et de la pathologie, puisqu'on a pu l'intéresser aux merveilles de la physique, de la chimie, de l'astronomie et de l'histoire naturelle. Par une telle éducation, le public perdrait beaucoup de préjugés, abandonnerait beaucoup de fausses opinions (elles deviennent si vite dangereuses quand il s'agit de la santé), et le patient gagnerait dans le médecin cette confiance et dans la médecine cette soumission éclairées qui enlèvent à la maladie une partie de son empire.
Mais si le médecin veut mériter la confiance du public, s'il veut tenir dans la société le rang que doit lui assurer une profession aussi noble et y exercer l'influence que donne naturellement un art aussi utile, s'il veut qu'on retrouve l'homme derrière le praticien, s'il veut surtout pour lui-même se ménager des jouis-
sances pures et que personne ne pourra lui enlever, je le conjure de redevenir ce qu'il était autrefois, Thomme le plus savant, le plus lettré de son temps ; je le conjure de se mettre en pleine possession de ces litterœ humaniores qui établissent dans un commerce de respectueuse familiarité avec les plus grands esprits de Tantiquité, qui donnent vue à la pensée sur tant de questions élevées, qui ouvrent tant et de si belles perspectives, qui assouplissent les mœurs, remplissent toutes les lacunes de la vie, en adoucissent toutes les aspérités, en font oublier tous les mécomptes. Que dire aussi d'un médecin qui ne comprend ni la langue d'Hippocrate ni lalanguedeCelse, qui ne saitpas le vrai sens des mots qu'il emploie chaque jour, qui ne pourrait pas, au besoin, redresser un apothicaire dans l'explication du Codex ou dans la lecture de ses étiquettes?
a Élien raconte en ses Histoires variées (j'emprunte ce trait à Guy-Patin, maître homme dans l'art de savourer le nectar qui s^échappe de la plume des anciens] que Socrate et un autre philosophe se consolaient en pensant qu'ils verraient en l'autre monde d'hounétes gens, des philosophes, despoëtes et des médecins. » — Des honnêtes gens, ou en trouverait encore et beaucoup; des philosophes, quelques-uns ; des poètes, il semble que tous soient allés depuis longtemps dans l'autre monde \ mais des médecins avec qui Socrate aurait du plaisir à converser, à moins que ce ne soit sur sa santé, je n'en connais guère.
Le vieillard de Gos a tout réglé, jusqu'au vêtement qui aura une élégante simplicité et qui ne laissera découverte aucune partie du corps; jusqu'aux ongles qu'il
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ue faul laiiler ni trop courts ni trop longs, aGo qu*iis servent dans les opérations et qu'ils ne gênent pas pour tâter le pouls ; jusqu'à la barbe enfin et aux cheveux qu'on peignera avec soin. Il n'oublie ni les odeurs que le médecin doit rechercher, ni celles qu'il doit fuir ou combattre, soit qu'elles lui viennent du parfumeur, soitqu une nature peu bienveillante l'en ait gratifié, — ni l'orientation et la décoration de son cabinet et de son officine *, — ni la forme et le degré de propreté de ses meubles ou ustensiles; ni enfin la manière de se présenter et de tenir conversation. II lui interdit également l'air sombre ou affairé, les façons bruyantes ou affectées, le ton humble ou arrogant, les paroles rudes ou facétieuses; le tout, bien entendu, en vue du bien des malades et de la dignité de l'art. Un poëte, je veux dire un versificateur du moyen âge ^, ajoute quelques détails : il veut que le médecin laisse briller une belle bague à son doigt et qu'il enfourche une monture de grand prix:
Clemens accédât medicus cum veste polita; Luceat in digitis splendida gemma suis; Si fieri valeat^ quadrupes sibi sit pretiosus.
Mais moins désintéressé qu'Hippocrate, il affirme que plus le médecin affichera de luxe, plus le client sera généreux :
Splendidus ornatus plurima dona dabit; Viliter indutus munus sibi vile parabit; Nam pauper medicus vilia dona capit.