MALADIES VERMINEUSES
poisson contribue à développer les vers. Le ténia natt sous l'influence de toute espèce de régime ; il n*y a que l'usage de la viande crue qui paraisse avoir une action marquée sur sa production ; mais ce régime n'est guère à l'usage que des carnivores, et je ne sache pas qu'on ait remarqué chez les quelques malades traités par les côtelettes et les biftecks crus une plus grande fréquence du ténia que chez les individus soumis au régime ordinaire. — L'embryon dans le sein de sa mère n'est pas exempt de vers, quoique en général la première enfance, comme la vieillesse, soient les deux âges où on les observe le plus rarement. Certaines espèces de vers ont aussi une préférence marquée pour certains âges : aux enfants, les ascarides; le ténia à un âge plus avancé. — Les femmes sont affectées du ténia dans une proportion de 2 à 3 par rapport aux hommes.
Longtemps on a cru à la génération spontanée des enlozoaires, et en conséquence on avait admis un état helminthiasique propre à certains individus; maïs il est reconnu maintenant que dans le plus grand nombre de cas la présence des vers est accidentelle comme celle des parasites dans nos téguments ; bien plus, les entozoaires sont pour la plupart incapables de se propager dans notre organisme. On a des vers lorsqu'on est exposé à leur invasion par des boissons, par des aliments qui nous apportent leurs larves, par des conditions extérieures qui permettent l'introduction de ces larves à travers la peau ; cela est nettement prouvé pour le ténia, pour l'ascaride lombricoïde et pour la filaire; seul Vascaride vermiculaire, une fois introduit, se multiplie en vertu de dispositions spéciales de la part de l'individu affecté ; c'est le seul cas où il soit permis d'employer l'expression d'helminthiase ou maladie vermineuse constitutionnelle.
Chez les animaux, la présence des vers est dans beaucoup de cas compatible avec l'intégrité des organes : l'innocuité est presque constante chez les poissons où les vers semblent vivre avec leurs hôtes en communauté d'existence ; chez les oiseaux et les mammifères, les entozoaires sont beaucoup
plas nuisibles, non pas toujours par eux-mômeSy mais par les tumeurs quelquefois volumineuses auxquelles ils donnent naissance ; chez Thomme où les sympathies organiques sont plus développées, les vers deviennent souvent la cause d'accidents formidables, et ce sont surtout les bydatides, en se développant dans la profondeur des tissus, qui causent les plus grands ravages. On a vu aussi l'existence de vers intestinaux produire la folie, les manies, des affections fort voisines de la rage, le tétanos, le coma, les convulsions, la chorée, et donner lieu à des attaques épileptiformes, à des accidents fébriles ou nerveux intermittents, à la surdité, à des palpitations violentes, enfin aux perversions les plus singulières des sens; par exemple, voir tout en jaune, être pris d'un rire inextinguible, ne pouvoir supporter la musique, être en proie à une véritable faim canine, etc., etc. — Heureusement tous ces phénomènes redoutables sont l'exception et non pas la règle.
Depuis quelque temps on parle beaucoup de certains vers microscopiques (M'cJEttngs) familiers aux cochons et qui passent dans notre corps avec la chair de ces animaux; la question vaut la peine qu'on l'étudié et qu'on ne la laisse pas livrée à l'exagération ou à l'ignorance des journaux populaires ^
Vn. — NUSSON, BLONDEL ET SER. — ÉTUDES SUR LES