HOPITAUX
Voyez page 419.
L'Étude sur les hôpitaux se divise en deux parties. M. Husson traite dans la première partie, d'une façon générale, de
1 . Voy. Des trichines, ^ar le docteur R. Virchow, trad. par E. Onimus. Paris» 1864, in- 8, chez Germer-Baillière.
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la coDstruction des hôpitaux, de rinstallation des malades, des mesures réglementaires du personnel de service et du personnel médical, du régime alimentaire, enfin de la statistique médicale dans nos établissements de charité.
La seconde partie renferme d*abord une suite de notices extrêmement curieuses sur l'histoire et l'organisation des hôpitaux civils et militaires et des hospices de la ville de Paris, puis des recherches non moins instructives, quoique moins étendues, sur les principaux établissements (infirmeries, hospices, hôpitaux) consacrés chez nos voisins au traitement des malades ou des infirmes.
Deux faits sont mis en lumière par cette Étude. Le premier, c'est que les progrès accomplis dans l'organisation des hôpitaux depuis la réforme opérée par la Convention jusqu'à la présente année sont presque aussi considérables que ceux dont on doit en grande partie la réalisation aux instances des membres du Comité de Vintérieur. Il faut lire dans M. Husson VAppendice n° 6 sur les établissements de charité au moyen âge et en particulier sur l'Hôtel-Dieu de Paris, pour juger de l'état déplorable où se trouvaient ces établissements avant i789, et méditer la première partie de ces Études, pour apprécier tout ce que l'administration de l'assistance publique a fait, depuis la grande réforme des hôpitaux; c'est le vrai moyen d'arriver par voie de comparaison à une juste appréciation des efforts constants et des résultats soutenus. Certes personne n'osera contester que l'administration actuelle, si bien secondée par le gou« vernement, par les médecins et par les fonctionnaires de tout ordre, n'ait rendu les plus grands services à la cause des pauvres et des malades; — beaucoup d'améliorations sont encore à l'étude, plusieurs ont déjà porté leur fruit; nous signalerons entre autres les maisons de convalescence, les galeries de conversation et de nouvelles salles destinées aux femmes en couches. La Charité vient de prendre aussi des accroissements considérables, l'aménagement intérieur est en voie de transformation ; il ne resterait plus pour cet hôpital qu'à l'isoler entièrement.
Quant à rHôtel-Dieu , ce sera la gloire de M. Husson s'il parvient à le faire reconstruire dans un lieu plus salubre et sur de plus vastes terrains.
Le rapport de MM. Blondel et Ser a un caractère plus spécial que l'Étude de M. Husson; c'est un document où la controverse (une controverse très-légitime et fort impartiale, ce nous semble) a trop de part pour que nous puissions l'analyser et en apprécier les conclusions avec une compétence suffisante. MM Blondel et Ser pensent que nos hôpitaux ne sont en rien inférieurs à ceux de Londres, et que même par beaucoup de points ils leur sont supérieurs. J'ai beaucoup fréquenté les hôpitaux de Paris, mais je n*ai fait qu*entrevoir les hôpitaux de Londres; les observations personnelles me manquent par conséquent pour suivre et contrôler la comparaison. Quoi qu'il en soit, malgré rhabile direction et le zèle sans repos de M. Husson, malgré le concours empressé de ses collègues, il se passera encore bien des années et il se dépensera encore bien des millions avant que nos hôpitaux puissent offrir sinon toutes (cela est impossible), du moins la plupart des conditions qu'on doit chercher à réunir pour que le traitement des maladies dans nos établissements publics rappelle le traitement des maladies dans une maison particulière bien organisée : car c'est là le problème à résoudre.
Vm.— MÉDECINE MILITAIRE. — CAMPA&NE D'ITALIE.
Voyez page 420.
Nous reproduisons ici quelques pages que nous avons publiées dans le Journal des Débats au sujet d'un volume quia pour titre Campagne d'Italie de 1859, par le docteur Ber-
MÉDECINE HTUTATRE. 477
therand (Paris, J.-B. Baillière et fils). On y verra que nos médecins et nos sœurs n*ont rien à envier ni au docteur Smith , ni à miss Nightingale.
Sur le champ de hataille, la mission du médecin militaire n'est ni la moins brillante ni la moins glorieuse ; c'est, en tout cas, la plus utile ; elle n'est pas non plus exempte de ces périls qui animent le soldat et excitent l'enthousiasme du narrateur ; les balles ennemies n'épargnent pas toujours le médecin qu'elles trouvent armé seulement de son bistouri, et l'on ne sait pas assez de quel sang-froid et de quel dévouement il faut être doué pour braver les dangers du champ de bataille, sans prendre part à l'action qui exalte l'esprit, ou pour passer son temps dans les ambulances, attiré tantôt d'un côté et tantôt d'un autre par des gémissements étouffés, occupé sans cesse à faire tomber des membres ou à panser de vastes et horribles plaies. Est-ce encore un courage si vulgaire que d'affronter la mort au milieu des épidémies les plus meurtrières : le typhus, la pourriture d'hôpital ou le choléra? Le médecin d'armée est oublié du public, qui ne l'associe presque jamais à nos gloires militaires; on compte plutôt les victimes qu'on ne songe à tous ces malheureux que la science a sauvés et que les Invalides recueillent; le médecin militaire est peu favorisé (du moins il l'était peu jusqu'à ces derniers temps) par l'administration, toute soucieuse qu'elle se montre de la santé et de la vie des soldats. Ce sont autant de raisons qui doivent engager la presse à payer un juste tribut d'hommages au dévouement et au savoir des officiers de santé.
Mais tout n'est point affligeant à l'intérieur des ambulances, et rien, ce semble, ne procure à l'âme de plus doux sentiments que cette fraternité touchante que créent les blessures et les maladies : alliés et ennemis de la veille, vainqueurs et prisonniers du lendemain. Italiens, Français et Autrichiens ne sont plus que des. malades que la charité visite et que la science soulage. Les bonnes sœurs de Saint- Vincent, les aumôniers, les médecins confondent leurs soins et leurs consolations ! On relève avec empressement le
Français qui appelle à son secours ; on cherche atee soUi* citude rAutrichiea à qui la terreur (bien injuste sans doute) fait taire la douleur et la faim.
M. le baron Larrey, le digne fils de Vhonnéte homme et de l'habile chirurgien , dirigeait le service de santé pendant la campagne d*Italie ; c*est assez dire que le zèle et le savoir ont eu une part égale dans cette difficile organisation des hôpitaux, des ambulances et des dépôts. Tous les progrès de rhygiène, de la médecine et de la chirurgie avaient été mis à contribution, et jamais sur un champ de bataille la main secourable du médecin ne s'est montrée à la fois plus prompte et plus intelligente.
A ses heures de loisir (elles sont rares, courtes, et fort traversées sur un champ de bataille) , M. Bertherand , homme d'étude autant que d'action, raconte simplement et non sans émotion les faits dont iV a été témoin ; il n'oublie pas non plus de mêler la description des lieux au récit des blessures et des opérations.
Pour donner une idée exacte de l'incroyable activité déployée dans ces jours mémorables par les officiers de santé de l'armée alliée, il suffira de rappeler qu'en moins de vingt-quatre heures plus de 1,400 blessés furent évacués de la gare de San-Martino sur Novare, nonobstant un grand nombre d'amputations et d'autres opérations pratiquées d'urgence à Tambulance et jusque dans le parcours du trajet. M. Bertherand rapporte plusieurs de ces opérations qu'il a faites lui-même sur les instances des patients dont les douleurs étaient devenues intolérables. Dans cette chirurgie militante, dans cette clinique au pas de charge, c'est tantôt une attaque qui interrompt l'opération et tantôt une marche forcée qui ne permet pas môme au chirurgien d'achever son pansement ; il commence la rédaction d'une observation à une ambulance, et il la termine à dix lieues de là I S'il fallait aussi démontrer la supériorité de la chirurgie militaire moderne sur la chirurgie militaire du commencement de ce siècle, il suffirait de rappeler avec M. Bertherand qu'après la bataille de Solferino, sur 34,000 blés-