DANS LES POÈTES LATINS
Quel élait le caractère de cette médecine domestique, et pendant combien de temps exerça-i-elle son empire exclusif? Il n'est pas inutile de le dire en peu de mots. L'empirisme et la superstition n'oni pas besoin d'une culture étrangère pour germer et pour grandir; il paraît cependant certain que même l'empirisme et la superstition romaine ne sont pas autochthones; les Étrusques envoyèrent à Rome leur déesse Sains et des charlatans de toute espèce ; les Marses et lesSabins se dessaisirent en sa faveur de quelques-uns de ces enchanteurs si renommés qui avaient le pouvoir de bouleverser ou de rappeler la raison.
Vincor ut credam miser,
Sabella pectus iDcrepare carmina Caputque Marsa dissilire nenia ^
Cette médecine primitive profita si bien sur le sol romain, qu'elle finit par avoir un législateur et un historien. Le législateur , c'est le farouche Caton , cet esprit étroit et routinier, Romain du vieux parti, ennemi acharné des Grecs, et qui aurait tant applaudi à ce vers célèbre :
Quidquid id est, timeo Danaos et doua fcrentcs *.
n poursuivait de sa haine les médecins parce qu'ils étaient Grecs, et les Grecs parce qu'ils ne manqueraient pas d'amener avec eux des médecins. Après Garthage, Rome, suivant lui , n'avait pas d'ennemis plus redoutables que les médecins. « Les Grecs, écrivait Caton à son fils Marcus, les Grecs sont une race