‹ La médecine;Chapitre 26 sur 125 · MARTIAL · texte numérisé non relu

MARTIAL

Que n'a-t-on pas écrit sur Horace depuis le fameux Commentaire de Lambin jusqu'aux Études de Rigaull, de M. Patin ou de M. J. Janin? Comment, après ces recherches érudiles, après ces vues ingénieuses et élevées, venir porter une main médicale, une main indiscrète et barbare sur les pages d*un poëte qui, « depuis tantôt dix-huit cents ans, reçoit Thommage des esprits délicats du monde entier? » Comment arracher aux mains d'Horace cette coupe de vieux massique «qui fait oublier les soucis?» Comment eiïeuiller cette couronne de roses, troubler ces joies d'un banquet , et mettre Lydie en fuite pour présenter le triste spectacle des souffrances, de la maladie et de toutes les misères physiques dont Horace, hélas! ne fut point exempt? Mais le médecin impitoyable saisit son malade partout où il le trouve, surtout au milieu des festins, surtout après les enivrements de Tamour. Horace, ainsi surpris par Musa ou par Cratérus, reçoit docilement leurs avis, fait quelques pénibles retours sur une santé qui ne suffisait ni à Texcèsdu travail, ni aux entraînements du plaisir, met en vers harmonieux les consultations que lui donnent ses doctes médecins, et chante les bienfaits d'un repas frugal ou les dangers des orages du cœur.

Il n'est donc pas défendu de rechercher dans les œuvres d'Horace la trace des entretiens que notre

poêle a dû se ménager avec les grands docteurs de son temps. M. Ménière Ta fait avec une curiosité respectueuse, et à mon tour, négligeant tout ce qui est étranger à Horace lui-même, je veux rassembler ici les renseignements qui touchent à sa propre santé; elle nous intéresse comme celle d*un ami.

S'il est vrai que, sans mériter le reproche de matérialiste, on doive admettre avec Aristote, avec Galien, avec la plupart des grands philosophes, une liaison intime entre le caractère et le tempérament, nous trouverons dans certains traits du caractère d'Horace des signes non équivoques de son tempérament. J'en veux signaler deux principaux : Horace était à la fois timide et irritable. Son adieu au vaisseau qui emportait Virgile est une ode à la crainte, déguisée sous Tardeur des vœux qu'il forme pour son ami. Il redoute les flots agités, l'aquilon impétueux, les monstres marins et les rochers Acrocérauniens, fertiles en naufrages. Pour mieux marquer son émotion à la pensée des dangers que court Virgile en traversant l'Adriatique, il appelle mmc tous les progrés de la civilisation, et voudrait que les mers restassent une barrière infranchissable.

Impise

Non tangenda rates transiliunt vada.

Audax omnia perpeti Gens humana ruit per vetitum nefas.

Sur les champs de bataille de Philippes, il se laisse enlever tout tremblant (paventem) par le protecteur des poètes, par Mercure aux pieds légers, qui le dérobe au fer ennemi à travers un nuage épais ; même il

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abandonne 8on ami P. Yaras aax hasards du combat, et oublie son bouclier; cela lui donne bien quelque scrupule [relicta non bene parmulà) ; mais que faire quand tant de braves ont mordu la poussière, quand le courage lui-même est écrasé ?

Quum fracta yirtus, et minaces Turpe solum tetigere mento.

Peut-être aussi n*est-il point fâché qu'Auguste sache bien qu'il n*a pas voulu, Thouneur dût-il en souffrir, rester trop longtemps ûdèie au parti de Brutus e( de Cassius.

Ailleurs encore Horace rend grâce aux Muses d avoir échappé à ce désastre de Philippes, à la chute d'un arbre mauditi au promontoire de Palinure, trop célébra par ses tempêtes. Le bruit des armes, le fracas de cet arbre, le mugissement des vagues retentissent péniblement dans son imagination ébranlée, et Tharmonie imitative de ses vers ne montre que mieux le frémissement intérieur qu'il ne peut maîtriser. C'est du bout des lèvres qu'il jure à Mécène de le suivre d'un cœur ferme [forti pectore) sur le sommet des Alpes, sur ceux du Caucase et sur les citadelles flottantes d'Octave ; en même temps il a grand soin de se déclarer faible et peu propre aux combats [imbellis et firmus parum) , ce qui ne l'empêche pas d'engager les Romains à passer leur jeunesse au milieu des dangers, et à s'écrier qu'il est bon et doux de mourir pour la patrie !

Dulce et décorum est pro patria mori I

Mais lot poêles ne sont pas obligés de mettre daeeord

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leurs vers et leur conduite. Ou plutôt on doit se persuader, à la défense d'Horace, qu'il a dans Timagination tout ce qu'il faut pour applaudir et pour s'émouvoir au spectacle de l'audace des autres, et tout ce qu'il faut dans le tempérament pour trembler au seul souvenir de ses propres périls. On dirait un Romain de la vieille souche élevé au milieu des délices de la molle lonie ; admirateur passionné de la grandeur de Rome, il est fier de la gloire de ses soldats ; mais il préfère pour lui-même, aux chances prochaines de la guerre , les dangers plus éloignés d'une vie voluptueuse. Il y a dans son âme je ne sais quelle mâle inspiration stoïque mêlée aux accents langoureux et efféminés d'une muse épicurienne. Horace est trop Romain pour être lâche , trop lymphatique et trop nerveux pour n'être pas timide.

Cette timidité maladive d'Horace se révèle jusqu'au milieu de l'exaltation des passions. Quand Lydie vante le cou rose de Télèphe, l'esprit d'Horace s'égare, ses joues rougissent et pâlissent tour à tour, la sueur inonde son visage. Ce n'est pas comme il le dit par métaphore, une bile acre qui gonfle son foie :

Fervens diflieili bile tumet jeeur.

En de telles émotions, l'excilalion nerveuse a d'abord le dessus, puis elle est bientôt émoussée par un flot de pituite [pituita molesta) qui inonde les vaisseaux. A cette seule peinture, je puis déjà assurer que notre poëte n'a le tempérament ni bilieux, ni sanguin ; il a ce que nos anciens appelaient une constitution lympha-

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tico-nerveuse. Ce tempérament se trahit chezHorace par plus d*un phénomène physiologique qu'il n'est pas nécessaire de signaler ici, mais qui prouverait au besoin qu'il a la fibre molle et les actions vitales peu énergiques, comme dirait l'école de Montpellier. Cela est si vrai qu'Horace en ses satires ne prend pas même la peine de se fâcher contre les vices , et qu'en ses amours il n'a ni persistance ni emportement véritable. Horace a Thumeur inquiète, lesprit irritable des poètes {genus irritabile vatum)\ un rien l'agace et tout le lasse; il court après ce qui lui a nui et fuit ce qu'il sait lui être nécessaire.

Quœ nocuere sequar, fugiam quœ profère credam.

Et dans ce charmant dialogue entre Lydie et Horace, Lydie lui reproche d'être à la fois plus léger que le liège, plus prompt à s'irriter que les flots de l'Adriatique :

Tu leyior cortice et improbo

Iracundior Hadria.

Horace, enrôlé comme il le dit lui-même dans le troupeau d'Épicure , livré tout entier à l'ardeur fébrile de ses passions, augmente encore les mauvaises chances de son tempérament ; il voit de bonne heure son front se dégarnir; sa jeunesse, cette ardente jeunesse {calidus juventa) a des ailes rapides, et avant quarante ans la vieillesse est venue le surprendre. Aujourd'hui il vante son embonpoint et son visage fleuri, il chante les douceurs de l'ivresse, qui rend éloquent et donne du courage aux plus lâches (sans

doute il ne connaissait pas encore cette recette à Philippes) ; il invoque Vénus, et les Grâces, et Mercure, mais le lendemain il ne songe plus qu*à la retraite ; il vaBte les plaisirs des champs, gémit sur sa santé perdue, et voudrait réparer ses forces épuisées, non qu'il redoute la mort, mais parce qu'il aime la vie.

Quelques autres signes plus caractéristiques encore, s'il se peut, nous sont fournis sur le tempérament d'Horace : Horace redoute toutes les intempéries, et par-dessus tout le froid; il est petit et obèse, il le dit en plus de dix endroits ; Auguste plaisante sur son gros ventre et sa courte taille avec ce ton de familiarité que les souverains d'autrefois se permettaient assez volontiers. Horace se plaint incessamment de maux d'yeux ; il est lippus^ c'est-à-dire il est affecté d'une de ces ophthalmies catarrhales si bien décrites par Celse d'abord, puis par M. Siebel, et qui font le tourment des personnes constituées comme notre poète. Enfin Horace avait la podagre et peut-être la chiragre (nodosa chiragra) ; il parle de ces maladies comme ayant eu avec elles un commerce assez intime ; il nous dit luimême qu'il en était atteint dans ces vers de la quinzième Épttre du premier livre :

Sane murteta relinqui^

Dictaque cessantem nervis elidere morbum Sulfura contemni...

Musa lui déclare que les vapeurs de Baïa sont jpour lui sans vertu, et qu'il faut changer l'eau chaude pour l'eau glacée [gelida perhior undà). M. Méniére voudrait retrouver dans cette maladie de nerfs , non pas la

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goutUf nais quelque affaiblmement dmsysUrmnerveu!K. le crois que celte manière de voir n*est pas fondée. Il faut d'abord se rappeler que par le mot nerf (nervus) les anciens entendaient aussi bien les tendons et tout le système fibreux que les nerfs proprement dits. Celse parle en plusieurs endroits des douleurs ou des contractions des nerfs (c'est-à-dire des tendons) dans la goutte; Galien dit que dans cette maladie tout le genre nerveux est affecté ; enfin Pline et aussi Gelse célébrant les eaux ou les bains de vapeur naturels de Baïa affirment qu*en général ils conviennent aux nerfs, aux pieds, aux banches, aux luxations^ aux fractures, en un mot à toutes les affections où le système/îér^uâr est compromis. Je vois aussi dans Suétone qu'Auguste se baignait pour ses nerfs dans la mer et dauâ les eaux d'Albula; et notez qu'Auguste avait la gravelle^ compagne assez assidue de la goutte. Les anciens n'avaient aucune notion de ce que nous appelons un affaiblissement du système nerveux, et l'on ne voit pas qu'Horace ait été atteint de quelque paralysie. Du reste, le traitement par les vapeurs sulfureuses de Baïa et par les eaux glacées de Chiusi ou de Gabies était fort recommandé, suivant les cas, pour la podagre et la chiragre. Si j'ajoute à ces raisons historiques et médicales que la goutte était pour ainsi dire endémique à Rome sous les premiers empereurs , qu'Horace était dans les meilleures conditions pour ne pas échapper à l'influence maligne, je croirai avoir démontré ma thèse. Et vraiment Horace n'a point à se plaindre ; il a le bon lot : la maladie des poëtes et des beaux esprits !

Tout le bourg de Baïa déplore la fuite d'Horace et le triste sort de ces malades qui vont mettre sous la douche froide leur tête ou leur estomac. Horace gémit plus que personne de quitter cette baie ravissante, mais la raison n'est pas tout à fait médicale ; Sénèque nous la donne en sa cinquante et unième épître, intitulée : Que le sage doit choisir un séjour conforme à

ses goûts, ce Quant à moi, il a fallu me contenter

de Baïa que j'ai dû quitter le lendemain de mon arrivée ; c'est un lieu qu'on doit éviter, malgré tout ce qu'il renferme d'agréments naturels, parce que la débauche en a fait son séjour favori... Baïa est le rendezvous des vices [diversorium vitiorum) \ les désordres y sont tels que la licence semble un tribut qu'on doit à ce lieu. » Si vous rapprochez de ce texte la 62* épigramme du I" livre de Martial, vous jugerez du plaisir qu'Horace trouvait à Baïa et des dangers que ces eaux perfides faisaient courir aux vertus les plus éprouvées. « On arrive Pénélope et l'on s'en va Hélène. »

Casta, nec antiquis cedens Lsevina Sabinis,

(ncidit in flammas, juvenemque secuta, relicto Conjuge, Pénélope venit; abit Hélène.

Après Plante et Horace, l'intérêt général qui s'attache aux études médicales sur les poètes latins disparaît à peu près complètement ; plus de sujet d'observation clinique aussi curieux qu'est l'ami de Mécène; plus de discussion à soutenir contre Plante; plus de lances à rompre avec Caton. Les médecins

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poU aient à Rome : il y en a, au dire de Martial et de Celse, poar toutes les parties du corps et pour tous , les genres de maladies ; il y a même des femmes médecins {feminœ medicœ^ qu'il ne faut pas confondre avec les sages-femmes) ; Martial en parle; les inscriptions donnent les noms de plusieurs de ces gracieuses auxiliaires, et Tinstitution s'en est perpétuée durant le moyen âge à Salerne et dans d'autres villes d Italie. Puisque M. Ménière, étudiant chaque poëte en particulier, n'a pas essayé de faire l'histoire de certains groupes pathologiques à l'aide des notions médicales éparses dans les divers auteurs , puisqu'il s'est également interdit de rechercher dans les médecins la source de ces notions, il ne me resterait qu'à le suivre à travers mille curieux détails ; mais je ne puis m'aventurer sur un pareil terrain, et je me contenterai de relever quelqaes-uns des traits les plus saillants dans la longue série des poètes que notre confrère passe en revue.

La poésie épique chez les Latins échappe, comme je l'ai déjà dit, à TobseiTalion médicale; les dieux y font aux médecins une trop redoutable concurrence; Y Enéide nous dépasse de toute la distance qui sépare le ciel de la terre ; d'ailleurs ce poëme est de beaucoup inférieur à V Iliade pour la partie chirurgicale ; lr<^ imitations mêmes manquent de couleur et d'exactitude; les Èglogues ne sont pas davantage de notre domaine, et je dois abandonner, bien à regret, je Tavoue, les Géorgiques à Thistoire naturelle et à la médecine vétérinaire. Dans les Carmina minora, nous ne trouverions qu'un magnifique éloge du médecin Musa, cé-

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lèbre pour avoir sauvé Auguste et tué Marcel! us par rhydrolhérapie.

Dans le poëme sublime de Lucrèce, dans ce vaste univers où il ne manque qu'un Dieu, la médecine proprement dite ne devait pas tenir beaucoup de place ; mais il y est parlé des rouages et des mouvements de la vie avec une grande majesté de langage. Si Lucrèce ne s'arrête pas à dt^crire les maladies, à en pénétrer la nature, il s'inquiète du moins de leurs causes, surtout des causes atmosphériques, avec une curiosité savante, de telle sorte que cette description classique de la peste, qui termine le sixième chant, est encore plus remarquable par la sûrelé dans la recherche des causes que par l'horrible magnificence du tableau des symptômes. N'est-ce pas Lucrèce que Virgile salue dans le second livre des Géoryiques par le vers fameux :

Fclix qui poluit rcium cognoscorc causas!

Et nedoit-on pas s'élonnerqueTinvesligaleur si éclairé et si profond des causes secondes se soit laissé accrocher par les atomes dans sa poursuite de la cause première? Aussi, pour l'honneur de Cicéron, je ne puis laisser croire, avec M. Méiiière, qu'il ait été sectateur d'Épicure et de Lucrèce. Je veux qu'il soit fait une réparation solennelle aux mânes du disciple de Plalon, à la mémoire du pieux auteur d'un traité classique Sur la nature des dieux.

Que puis-je chercher dans Lurain, sinon

De morts et de mourants cent montagnes plaintives? Quand je quitte la Pharsale^ il me semble que je sors

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de Clamart oa d^une salledu Val de-Grâce, après qaeU que sanglante journée. Mon cœur se soulève à ces scènes de carnage cl mon cspril se ré vol le aux accents dune Muse hors d'haleine qui a pris les allures et le lai'gage d'un boucher pour mieux m'émouvoir. Je n'ai pas une moindre répugnance pour la poésie anatomique de Sénèque, où la science et le sentiment de Tari font également défaut; je m'intéresse médiocrement à ces nécropsies fantastiques pratiquées par les augures sur les autels de quelque divinité implacable, à ces descriptions de viscères aussi obscures que les oracles fournis par les victimes mutilées.

Ovide a traité des sujets si divers pris pour la plupari dans la vie intime; ses passions indomptées et son triste exil lui ont donné si souvent l'occasion de faire un retour sur sa propre sauté, qu'il devrait fournir à nos études un ample chapitre et des plus curieux. Je voudrais donc parler d'Ovide à mes lecteurs. Malheureusement les circonstances où, dans ses poèmes, le médecin est appelé à jouer quelque rc^le important, ne sont pas toujours de celles qui se peuvent révéler au public.

M. Ménière, captivé par le charme d'un style facile et élégant, par la richesse des détails, par Tinlérèt des situations, a suivi notre poëte partout où il lui a plu de le conduire, aux cérémonies religieuses, au cirque, sous le ciel inclément de la Scythie et jusque dans la demeure radieuse des dieux. On pouri^ait même le surprendre assistant, aujourd'hui avec Ovide, demain avec Martial, à la toilette de quelque grande dame romaine sous prétexte d'étudier tantôt la cosmétique

ô^ DE LA MEDECINE A ROME

dans l'antiquité ( la cosmélique n'était pas alors netlement distinguée de la science d*Esculape), tantôt cet art merveilleux

De réparer des ans l'irrcparable outrage,

qui avait pris à Rome un tel développement, que Martial avait pu dire de Galla qu'elle ne dormait pas avec son visage, et qu'elle agaçait avec un sourcil emprunté.

Née tecum faciès tua dormiat; innuis illo Quod tibi prolatutn est uiane, supercilio K

Je ne saurais me permettre de telles excursions ni de telles indiscrétions, si bien motivées qu elles puissent être, et pour le reste je veux laisser au lecteur le plaisir de la surprise en le renvoyant aux Études médicales elles-mêmes. Seulement, puisque M. Ménière avait osé franchir le seuil du gynécée, il aurait bien dû ne pas dédaigner de se rendre à la cuisine, et nous donner l'histoire de l'hygiène d'après les poêles. Leurs œuvres abondent en recettes et en préceptes culinaires, et ce chapitre de la vie romaine est encore à faire par un médecin. On dit les médecins experts en bonne chère ; du moins M. Ménière est, je le sais, fort habile en hygiène.

Le chantre de Lesbie, l'amant plus volage des Délie, desSulpicia, desNéera, des Némésis, étaient de trop joyeux compagnons pour s'inquiéter beaucoup de la médecine et des médecins; c'est dans le temple de Vé-

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