Ghap. 3. t. I,p. U3 et
facultés; s'il n'y a rien de tout cela, il n'existera plus aucune des fonctions de l'âme, de sorte qu'il n'y aura pas d'âme non plus. »
Cependant, revenant à ses habitudes d'hésitation et de doute en matière philosophique, il ne se prononce pas aussi ouvertement dans le premier livre Sur les facultés naturelles * ; on serait même tenté de croire qu'il désapprouve la psychologie matérialiste. « Suivant les uns, dit-il , la nature existait avant le corps des plantes ou des animaux, elle les formait et les conservait après la formation ; suivant les autres (les épicuriens), tout cela est faux ; il n'y a pas non plus dès le commencement d'idées innées dans l'âme, ni celle de la conséquence, ni celle de la contradiction, ni celle de la distribution et de la combinaison, ni celle du juste et de l'injuste, ni celle du beau et du laid, mais ils disent que tout ce qui se fait en nous dérive de la sensation, et que les animaux sont gouvernés par certaines réminiscences et certaines perceptions. Quelques-uns d'entre eux disent même sans détour qu'il n'y a dans l'âme aucune faculté qui nous fait penser, mais que nous sommes à la merci des sensations comme des brutes sans pouvoir consentir et nous opposer à rien. »