‹ La médecine;Chapitre 49 sur 125 · Dedogm. hipp. et Plat,, v, 5, l. V, p · texte numérisé non relu

Dedogm. hipp. et Plat,, v, 5, l. V, p

88 DE GAUEN

CepcDdant ceci ne dous semble pas résoudre la difllculté ; car, selon Galien, ce ne sont pas seulement les deux âmes irrationnelles , mais aussi Tâme rationnelle qui suit le tempérament du corps ^

Il s*éloigne encore de Platon en distinguant ce les erreurs qui viennent d'un jugement faux et les passions produites, au contraire, par une faculté irrationnelle qui est en nous et qui désobéit à la raison ; » car pour Platon (voyez le Ménon et particulièrement la conclusion) la vertu n'est pas une science, elle ne s'enseigne pas; ce n'est ni un fruit de l'éducation, ni un don de la nature, mais un don de Dieu. Galien admet que quelques vertus s'apprennent, celles de l'âme rationnelle, et que d'autres s'acquièrent par l'exercice ou l'habitude, celles des âmes irrationnelles ; c'est au moins le sens que nous trouvons dans un passage Des Opinions dEippocrate et de Platon * :

« J'ai déjà montré que, le plus souvent, la diversité d'opinions vient de ce qu'on ne sait pas distinguer le particulier du général ; c'est la source du désaccord entre les médecins sur l'usage de la décoction d'orge et des autres choses qu'on donne aux malades ; c'est aussi la source des dissentiments qui existent entre les philosophes sur les vertus de Tâme. Quelques-uns croient qu'elles s'apprennent, d'autres qu'elles sont naturelles, ou qu'elles s'acquièrent par l'habitude ou par l'exercice; mais s'ils avaient distingué les espèces d'âme, ils auraient reconnu clairement qu'il y a une espèce ra-

1. Quod auhni mores, lemp. scq., cap. 4, f. IV, p. 782. V. ix, C, t. V, p. 775, 770.

lionnelle el une espèce inralionnelle, et que celle dernière se divise de nouveau en deux parties; ils n'auraient pas ôté la science à Tâme rationnelle pas plus qu'ils n'y auraient fait participer les âmes irrationnelles. » Un peu plus loin il ajoute : « Celui qui sait que nous n'avons pas une forme simple et unique d'âme, comme les plantes qui n'ont que Tâme concupiscente, ou comme les dieux qui n'ont que l'âme rationnelle , mais que l'homme a toutes les deux, et de plus encore l'âme courageuse, celui-là connaît en môme temps le nombre, la force des vertus et la manière de les acquérir. »

Cette doctrine est conforme à celle d'Aristote \ suivant qui les vertus morales s'acquièrent par l'exercice ; le médecin de Pergame est encore aristotélicien lorsqu'il soutient ^ que la mesure est ce qu'il y a de meilleur, et que rien d'immodéré n'est bien ; pour Aristote, toutes les vertus consistent également en un certain juste milieu entre les passions opposées^. Enfin Galion* admettait, avec le philosophe de Stagire ^ qu'on ne saurait être heureux sans les biens extérieurs; opinion qui a été, de la part des stoïciens, la source d'une longue et vive controverse contre Aristote.

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