ET LES MÉDECINS COMPILATEUAS
vent être levées à Taide du texte et des variantes que je soumets au public. »
Quant à moi, je suis, et par expérience, d*un avis tout opposé. A Paris nous avons, par exemple, plusieurs très-bons manuscrits de Galien et d*Âëtius, et Ton aurait pu se croire autorisé, vu la quantité d*excellentes leçons qu*ils fournissent, à négliger la collation des autres manuscrits; mais on céderait à une mauvaise inspiration , car on apprendrait à Vienne, à Rome, à Oxford, à Florence, à Venise, à Milan, que nous n'avons pas à Paris toutes les sources nécessaires à la correction du texte de ces auteurs, et qu'il existe à rétranger des familles de manuscrits qui ne sont pas représentées à Paris. Il manquerait beaucoup à Téditîon d'Oribase, que nous publions, M. Bussemaker et moi, si, aux variantes des manuscrits de Paris, nous n'avions pas ajouté celles des manuscrits de Rome , de Florence, de Munich, de Venise, d'Heidelberg, de TEscurial et de Leyde. Il m'eût été impossible de donner une édition de Rufus si je n'avais eu à ma disposition que les manuscrits de Paris. Pour Hippocrate, M. Littré a reconnu aussi, par les collations partielles qu'il a fait exécuter ou par celles que je lui ai rapportées de diverses bibliothèques d'Europe, qu'on ne doit jamais se déclarer satisfait tant qu'on n'a pas toutes les variantes sous les yeux.
Du reste, si, après la collation faite par M. Briau, il ne restait plus de diilicultés dans le texte du sixième livre de Paul d'Égine, je pourrais, à toute force, lui donner raison; mais malheureusement il n'en est pas ainsi, et plus d'un passage (notre savant confrère lui-
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même le reconnaît) réclame des améliorations qu'on ne demandera peut-être pas en vain aux nombreux manuscrits disséminés dans les bibliothèques de l'Europe. En négligeant systématiquement de comparer le texte d'Oribase avec celui de Paul, M. Briau s'est aussi privé d'un secours e£Scace pour la correction de plus d*un passage.
Ces observations, M. Briau les prendra, nous eu avons la confiance, comme un témoignage du prix que nous attachons à une publication importante, qui sera remarquée en France et à l'étranger, et qui est presque une bonne action, tant elle est méritoire. Quoique, sur plus d'un point, je me trouve en désaccord avec Thabile éditeur de Paul d'Ëgine , je me plais à reconnaître et à proclamer que M. Briau a pris une place honorable dans la phalange, hélas! trop peu nombreuse, des médecins qui ont à cœur de renouer le fil de la tradition; il s'est donné à lui-même un trèsbon modèle, et il donne à ses confrères un excellent exemple.