II. BOUTONS, PUSTULES ET GALE
I". — Tchong-kiai (boulons produits par un insecte, gale).
Les malades commencent par ressentir en certaines parties du corps, et principalement dans rintervalle des doigts et au poignet, un prurit incommode, qui deux on trois jours après, suivant la température ou le régime de l'individu , donnera naissance cà de petites saillies pointues, ronges. Les vésicules ne tardent pas à se propager aux autres parties du corps, en plus grand nombre aux fesses, aux pieds, et ensuite aux mains. La peau ne change pas de couleur. Le malade en se grattant déchire ces vésicules , d’où coule un liquide blanc-jaunâtre; le déchirement de ces petites tumeurs n'est pas douloureux. Entre les tumeurs ou distingue aisément une ligne tortueuse, qui n'est autre que le chemin parcouru par l'insecte.
BOUTOXS, POSTULES ET GALE,
Trailpinent : Lieoii-koiiaHf/-piiit/. — Soufre (305,08); réduire en poudre, avec un peu d’eau eu former une pâle, melire celle pâle sur le fond d’une lasse relourncc, y ajoulcr un peu d’armoise, mellrc le feu , laisser dé;[a,'jer une parlie deS' gaz , faire sécher, pulvériser le loul cl niclire sur les vésicules.
Aulre remède : Sif-ijeou-lieoii-oufin. — Tchuen-hie (7 *,30), fiin-fen (sublimé) (7», 30), tc/ioiiÿ-loii (7>,30), biong-houang (7*, 30), (7*, 30), rhoui-gn (mercure) (7*, 30), Ui-fong-Ixee
(100*); réduire le loul en poudre el mélanger avec l’huile qu’on relirera de ta-fong-lsee ; haHcr les vésicules.
.Aulre remède : Oii-lrboii-gii-itfni . — Chniii-trhe {knn) (I I»), alun (7*, 30), ou-trbou-yu (7*, 30), hoiiang-jir (3*, 08), rhuharhe (3*, 08), soufre (3*, 08), kin-frn (3*, 08), Irbong-loii (l*,80), ping-lang (3*, 08); pulvériser, ajoulcr un peu d’huile et frollcr.
Autre remède : Teon-Hao-hj-siao-san . — Kin-fen, he-fnn, hounngpe, soufre (1 l*,0i chacun); pulvériser, et avec un peu d’huile en faire un onguent; frollcr.
.Autre remède : Chaux , soufre , eau ; laver.
Aulre remède : Graisse de porc avec soufre pulvérisé ; frotter.
Aulre remède ; Graisse de porc avec suhiime de mercure ; frotter.
Kan-kûii. — Roulons rosés proveuaiil d’une innauunation du sang, au début apparaissant aux extrémités des membres et se fixant quelquefois sur certaines parties du corps; prurit léger; le déchirement des vésicules fait qu’il en sort un liquide jauniUre.
Traitement : Si le malade ne jouit pas d’un tempérament robuste et si le pouls est faible, lui Animer kin-faiig-pe-lon-.tdn. — Kin-kiai, tsiang-ko, lou-ko, txicii-hoii, Isag-hoii, foug-fong, kie-keng, Irhueii-hwiig, tsee-kiao, jin-seng, fou-ling, kan-lsao (3*, 08 chacun), gingembre; faire bouillir.
Si le malade est robuste, constipé, avec le pouls élevé, lui donner fang-fong-tong-rhang-san. — Rhubarl>e (ll*,0i), mang- $iao (7*, 30), kin-kiiii (11», 04), ma-hounng (7», 30), houei-lche (11»), Ir/ie-cbo (7*, 30), lien-kio (II*, 04), lang-liouci (7*, 36), tchuen-hiong (7», 30), menthe (15*), cbe-kno (7», 30), hoa-rhe
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(5«), houang-kin (7», 30), pe-tchou (l«), kan-Uao (5*); faire bouillir.
C.he-kiai. — Difffcre <lii précédent par la couleur blanche des vésicules et par un prurit très-incommode; leur déchirement laisse échapper un liquide jaune noirâtre , avec enflure des parties avoisinantes et douleurs très-vives.
Mêmes remèdes que pour les cas précédents.
Celte maladie est rréquenlc au printemps, surtout au conimenccmeiit de l'aulomne.
Clifi-kitit. — Doutons plus petits que les précédents, (rès-nombrcux cl rouqes; prurit sans douleur; lorsque les boutons sont déchirés, écoulement de liquide jaunâtre.
Mêmes remèdes que précédemment.
Hong-kiai. — Pustules très-larges et en petit nombre; prurit au moment de l'émission de l'urine ou après une selle ; leur déchirement a lieu sans douleur; écoulement de liquide blanc.
Mêmes remèdes que pour les cas précédents.
tj II. — Td-ma-fong (lèpre).
Prodromes ; lièvre, céphalalgie, abattement, prostration, visage très-rouge, douleur au bas des reins ; la peau du ventre se couvre ensuite de taches jaunes, rouges, plus ou moins larges; ces taches ne tardent pas à gagner les autres parties du corps, en commençant par la poitrine, les mains, les bras, gagnant peu à peu les autres membres cl finissant par la figure. Cénéralemcnt sensibles à la pression, elles occasionnent souvent, la nuit, un prurit cl une douleur insupportables. Ensuite près d'elles se forment des lii- ^meurs violacées, quelquefois rougeâtres, cl dont le volume est très-variable; quelque.s-imes sont grosses comme le fruit oti-meg, auquel elles ressemblent.
Les premières tumeurs apparaissent généralement sur la face et sur le ventre. Le liez devient alors très-gros, les oreilles sont affreusement déformées, les lèvres bouffies et pondantes, la peau prend une teinte livide et huileuse. Ces tumeurs peu à peu gagnent les autres parties du corps ; les mains sont tuméfiées et les doigts ne présentent plus qu'une masse de chair dégoûtante. Après
BOL’TOXS, PLSTLI.ES ET GALE.
un temps plus ou moins long, ces tumeurs s'ulcèrent; le malade ne ressent alors aucune douleur aux points attaques ; il perd peu à peu l'usage des principaux sens et Gnit par succomber.
La durée de la maladie est très-variable ; le malade peut vivre plusieurs années ou être enlevé après quelques mois.
Celte maladie est très-contagieuse et communicable surtout par le contact vénérien ; elle atteint plus particulièrement les femmes que les linmiues, et les adultes que les vieillards et les enfants. [<a classe pauvre y est plus sujette que la classe riebe. Elle se transmet souvent de famille en famille par le sang.
L'habitation dans des lieux humides, une mauvaise nourriture, des maladies vénériennes mal soignées, telles sont les principales causes de cette maladie, qui est très-grave. La mortalité est de sept sur dix.
Traitement : Prendre, le premier jour, ching-ytt^siao-fong-san . — Tchuen-txee, pe-Uee, jin-teng (3»,G8 chacun); pulvériser et prendre dans du vin.
Le deuxième jour ; Ic/ioui-Joiig-san. — Ta-hotiang (250 «), yukiu tsao-kio-tsee (i0>); pulvériser et en boire (20«) dans
huile de Ui-fong-lsee (1*,80), auquel on ajoutera salpêtre (4«) et du vin. \e manger que du miel; avoir soin de se coucher après avoir pris ce remède.
Le troisième jour : mo-fong-vuan. — Hy-htieti-lsao, nieou-pang- Uee, ma-houang, tchang-eul-lsee, sy-tin, Ichuen-hiong , Inng-kouei, kin-kiai, man-kiii-tsee, fang-fong, kbe-hiang-ttao, ouei-ling-$ieu, tien-ma, ho-cheou-ou, hiaiig-lio, Jbii-ko (36«,08 chacun); pulvériser, y ajouter un peu de vin et en faire des pilules très-petites; en prendre matin et soir soixante à soixante-dix. .Manger peu et seulement du riz.
Le quatrième jour reprendre la médecine du premier jour, le cinquième celle du deuxième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la guérison soit complète.
§ III. — l'u-ky-tchouang (ichtliy ose).
Cette maladie est caractérisée par les épaississements de la peau recouverte d'écaillcs dorées, grisâtres, ou nacrées, ou
MKDECI\E DES CHINOIS.
jaunes ou noires ; ces écailles sont appliquées les unes sur les autres coninic les écailles de poisson; d'autres fois lu peau est comme la |jeau de serpent. Quelquefois tout le corps présente ee phénomène extraordinaire. La peau , toujours sèche , n'est jamais le siège de la moindre transpiration , les écailles peuvent s’enlever sans douleur et donnent quelquefois issue à une matière liquide. Cette maladie est commune aux enfants et aux adultes. Lorsque l’enfant en est infecte en naissant, prendre nuj-lo-seng, pulvériser, mettre sur les parties attaquées pendant plusieurs jours ; les écailles disj)araitront. Si l’affection est accidentelle et locale, frotter avec tcliin-kiue-miao-la-san. — Kiao-mc (5 livres), siao-me (5 livres), soufre (10 livres); pulvériser, mettre la poudre dans l’eau, en faire un onguent et frotter; prendre en même temps nitei-pou-r/ir-siiien-snn . — Jin-seng , houang-tain , tang-kovei (73* chacun), kir-keng (36*), ho-po, tchuen-hiong, jK-tsee, joti-koueg, kiin-lsao (36* chacun) ; pulvériser, prendre 11* de cette poudre dans un peu de vin ou d’eau de mou-hiang. Continuer ce traitement pendant un mois. Guérison certaine.