HÉMOIRB SUR LUS CHEVAUX
PAR LR PRRE CIBOT, UI3SIOMNAIRE.
A en croire le témoignage des caractères , le cheval a été connn à la Cliine dés la plus hante antiqnité. Le caractère de cheval, en effet, qui est sa vraie image dans les monuments qui remontent le plus haut , est du nombre de ceux qui sont regardés , universellement et sans contradiction, comme les plus anciens et les plus sûrement conservés.
Les naturalistes chinois ont posé en principe que la durée de la vie des animaux est proportionnée au temps qu’ils demeurent dans le sein de leur mère. Comme le cheval est un de ceux qui y restent le plus (car, selon eux, c’est prés de douze lunes) , ils en eoncluent que c’est un de ceux qui devraient vivre le plus longtemps. S’il vit moins , c’est qu’on attente à sa vie en le mettant trop tût au travail, en le soignant mal , et surtout en ne le ménageant pas assez , et en épuisant ses forces par des efforts trop violents , ou par des fatigues trop continuelles.
Les livres chinois entrent dans de fort longs détails sur la forme , la couleur, la taille , la proportion des membres , la conCguration de certaines parties du corps et les antres signes qui indiquent , selon eux , et auxquels on connaît sûrement les forces , les bonnes qualités et les défauts du cheval (1).
0 La petitesse des oreilles du cheval, selon un ancien mémoire, in- X dique celle du fuie, et dés là peu de fantaisies; la grandeur des X naseaux , celle des poumons , et dés là sa facilité à tenir au plus X grand galop; la grandeur des yeux, celle du coeur, cl dés là du cou- X rage et du feu ; un bas-ventre effilé et qui se perd sous les cuisses ; X un estomac peu dilaté , et dés là le non besoin de beaucoup de nour- X riture. x
Il faudrait s'entendre un peu en chevaux pour pouvoir dire en quoi, comment et jusqu’où les chevaux d’ici sont semblables aux nôtres , ou différent d’eux. Tout ce que nous nous hasarderons d’insinuer, c’est qu’à en juger par les chevaux que nous avons vus à la ville , à la cour et au palais , on trouve ici des chevaux de presque autant de couleurs que chez nous , mais qu’il y en a deux ou trois dominantes ; que presque tous ont les oreilles petites, les yeux grands et pleins de feu, la crinière
(I) K'ooi Qoas proposoni de publier ces délailf dans un supplémenl.