‹ La médecine chez les ChinoisChapitre 93 sur 103 · MÉMOIRE SIR LES CHEVAUX · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SIR LES CHEVAUX

et sécher la chair qu’ils rédui.seni après en une espère de farine qui se gâte très-difGcileinenl. Xous indiquons exprès celte farine, parce qu'elle est le grand approvisionnement des armées qui doivent tenter au loin une expédition et la faire réussir par des marches forcées et des surprises. Chaque cavalier peut porter ainsi ses provisions pour plus d’un mois ; car cette farine de viande , délayée dans de l’eau bouillante en assez petite quantité, est très- substantielle , dit-on, et fort nourrissante.

Avant de parler des Chinois, qui voient tout cela comme le virent leurs ancêtres , il faut avoir la bonne fui de faire observer que les chevaux des pays d’au delà de la grande muraille élaut nourris dans de vrais pâturages et les Tartares les laissant assez dans la manière de vivre que leur inspire la nature , il ne serait pas surprenant que leur chair et tout ce qui vient d’eux fût meilleur que dans les chevaux de la Chine , qui vivent dans des climats si différents et sont si différemment gouvernés , lorsqu’ils en sortent. Les livres chinois , anciens et nouveaux, n’ont qu’une même doctrine et enseignent que la chair de cheval est malsaine pour l'ordinaire , ne doit être employée que dans un grand besoin, demande à être lavée bien des fois avant d’être préparée, et doit être jetée d’abord dans l’eau bouillante et enGn être très-cuite pour ne pas nuire. Puis ils ajoutent que tout ce qui est couvert par la selle dans les chevaux qui ont servi ne doit pas être mangé , et que la bigarrure du poil n’indique pas moins une mauvaise chair que les plaies et les ulcères. Cette doctrine , au reste , a beau être réimprimée de nouveau, elle reste dans les livres depuis que les accroissements prodigieux de la population ont réduit Ja police à fermer les yeux sur une inGniié de choses et a laisser manger tout ce qui est viande. Ceux qui parlent tant de population en Europe ont encore bien des réflexions à faire avant d’avoir compris comment et jusqu’où elle devient le plus terrible des fléaux. Comment ceux qui se piquent de science et d’érudition ne se souviennent-ils plus que tandis qu’il fallait faire parler les lois contre le célibat philosophique, tandis qu’une grande nation s’éteignait dans un pays de délices , les peuples dn \ord croissaient , se multipliaient à étonner dans leurs déserts, et préparaient ces inondations qui firent écrouler l’empire romain dans le temps marqué par la Providence? Comment n’observent -ils pas de quelle façon périssent, s’éteignent et sèchent jusqu’à la racine tant de familles à qui la génération précédente promettait une si belle postérité ; tandis que d’autres s’étendent, se propagent et deviennent de jour en jour plus nombreuses avec une rapidité

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à laquelle rien n'avait préparé et que rien n’explique ? Les lettrés chinois ont bien remarqué tout cela, et conviennent qu'on n'y saurait méconnaître la providence du Chang-ti. .Mais revenons à ce que les Chinois ont écrit sur la viande du cheval.

Selon eux, le foie de cheval, surtout celui de selle et de bât, est un aliment funeste; le sanj; et la sueur de tous les chevaux sans exception ont un venin dangereux qui irrite les plaies et les fait tomber en gangrène, si l’on ne se hâte d’y porter remède. Ces remarques, ainsi que celles qui suivent, sont de purs narrés de ce que nous trouvons dans les livres ; aussi n' osons-nous pas demander qu’on y fasse attention. La médecine fait usage de la chair, du cœur, du foie , des poumons , des reins , de la cervelle , des dents , des os , du sabot , du poil, du crin, du sang et de l’iirine du cheval, de la matrice et du lait de la jument et des enveloppes de son poulain; mois il y a des précautions à prendre et un choix à faire. Toute discussion cessant, il ne faut se servir que de chevaux blancs pour les remèdes et les tuer bien portants. .4insi on ne peut pas se faire des remèdes avec des chevaux fatigués on qui ont des ulcères, ou qui sont de différentes couleurs, etc. Le bouillon de viande de cheval diminue l’ardeur du sang dans les pleurésies et les flèvres malignes. On en lave utilement les ulcères de la tète. Bien préparé et bien cuit, il peut rendre les forces aux malades affaiblis et dégoûtés; mais il vaut mieux se servir des nerfs pour ce dernier usage. C’est dans les reins du cheval qu’on trouve une espèce de bézoard qui a plus de vertu que celui du fiel de bœuf. Un peut en faire usage avec plus de confiance, mais on ne doit s’en servir qu’avec précaution, comme les anciens. Les dents brûlées, réduites en cendres, puis mises en boue avec la salive de l’enfant et ainsi étendues sur ses gencives , en apaisent la douleur et aident ses dents à percer. Les os réduits aussi en cendres et délayés avec de fort vinaigre , sont très-bons pour les ulcères do la tète et du reste du corps des enfants. Le sabot est trèsefScace contre les maladies du sexe, et réduit en cendres, il est un excellent préservatif contre la peste. L'urine, prise toute chaude, arrête les convulsions d’estomac et tue les vers. On la recommande dans les maux de reins, les crachements de sang, les hémorrhagies de nez, et avec les cendres de la fiente, dans les dyssenteries et lienteries désespérées. Le lait de la cavale blanche , de bon âge et bien nourrie , est , dit-on , un remède éprouvé et sût pour guérir la phthisie, la pulinonic, les ardeurs violentes d’un sang échauffé et toutes les incommodités qui en proviennent. I.a matrice delà cavale, blanche encore, tuée bien portante.

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an prinlnnps , après qnVIle a élc au virt quelques semaines et divisée, aree un rouleau de cuivre , en plusieurs morceaux , après qu’elle a été séchée pendant cent jours, cuite ensuite pendant un demi-jour à la vapeur du sang frais d’agneau , puis nettoyée avec iin<‘ forte brosse de son gros épiderme, séchée et conservée en poudre avec le sang d’agneau, est vantée comme un spécifique singulier pour ranimer un pleurétique , fortifier un homme épuisé , rappeler l’embonpoint et surtout assurer la fécondité des femmes. Quant aux enveloppes du poulain , il parait qu’on leur attribue une vertu bien présente pour adoucir les écrouelles et les guérir dans leur commencement, ainsi que pour les maladies du sexe, après qu’on les a réduites en consistance de colle-forte , qu’on fait prendre délayée dans du vin avec un peu de musc.

Le L’Ai-tiiiÿ est plein de beaux vers sur le cheval ; il y a même des odes entières à sa louange. Ce grand exemple a été imité sans cesse depuis plus de deux mille ans. Les recueils de vers des plus petites dynasties contiennent , je crois , plus de pièces de vers sur cet utile et beau quadrupède que tous les nôtres. Mais cela doit peu surprendre, parce que la louange et la satire , l’histoire naturelle et la philosophie , la morale et le patriotisme en sont le fond. Xous avions eu la pensée il’en donner quelque idée par des traductions, mais l'épuisement de nos forces et de notre santé nous force à renvoyer ce travail à un temps plus heureux , si nous vivons assez pour le voir.

DKS bAtks a lai.nr rv ciiinr.

I.CS bêtes à laine , le bélier et la brebis , l’agneau et le mouton , s’appellent yang en chinois, dans le langage ancien comme dans le nouveau, dans relui des livres comme dans celui du peuple; mois le nom général et commun se particularise dans le discours par un additif, quand on veut désigner spécialement le bélier ou la brebis , l’agneau ou le mouton , additif qui se fond dans le caractère de yamg pour l'écriture, et parle aux yeux L'immortel auteur du Choue-ouen observe que Confucius a indiqué le caractère yang comme faisant image, et représentant ce qu’il signifie.

A s’ en fier anx livres chinois tant anciens que modernes, nos natn-

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ralistcs auraient <le< additions à faire aux leurs sur les bétes à laine , dont ils n'ont pas connu ou distingue toutes les espèces. Comme nous n'entendons ni la matière ni le langage dans lequel on en parle, nous nous bornerons à observer en général, qu’outre les trois espèces de béliers dont parle M. Linneus, ou distingue encore celui de Ma-mi, à queue de cheval , et celui à queue en éventail , dont on tire la graisse au printemps; celui des déserts de l’Occident, qui est grand comme un petit àne , et pèse jusqu’à quatre-vingts et cent livres , et celui qui a une bosse sur le dos comme le chameau. Quant aux différences du poil fin, long , soyeux on frisé ; des jambes extrêmement courtes ou fort hautes ; de la tète petite ou fort grosse ; de la couleur blanche , noire , jaunâtre, marron, couleur de biche; nous n’en parlons que pour indiquer qu’on y a égard, selon l’espèce, quand on en fait usage pour des remèdes. Les grands recueils parlent, sous leur année, de béliers présentés à l'empereur, qui n’avnicnt qu’une seule corne au milieu du front, qui en avaient trois, quatre, cinq, six et jusqu’à dix, et d’antres qui les avaient épineuses. Ils parlent aussi d’agneaux à plusieurs queues ou à plusieurs bouches, ou à pieds de cheval, et de monstres à une tète et deux corps, ou à deux tètes et un seul corps. Dans un, les tètes étaient opposées; un autre finissait aux reins, n’ayant point de cuisses ni de jambes de derrière ; un autre enfin avait la tète comme fondue à la naissance du cou , tant clic était aplatie et comme collée au poitrail.

Les naturalistes chinois sont forcés d’avouer que le bélier et la brebis perdent de leur intelligence et de leur courage à proportion que leur manière de vivre en troupeau est plus gênée , plus contrainte et plus dépendante. On s’aperçoit surtout de cette différence dans epux que les Tarlares laissent errer à leur gré au milieu des déserts des environs du Cha-mo, et ceux-ci encore sont fort au-dessous des petits troupeaux de béliers et de brebis sauvages qu’on y a trouvés quelquefois. Il faut convenir qu’ils étaient de l’espèce de ceux que nous avons dit être grands comme de petits ânes; mais aussi les Tartares les montaient et en faisaient usage pour leurs courses. L’empereur Vou-ty de la dynastie des Tsiii , et Ouen-ty de celle des Song , se promenaient dans leurs jardins sur de petits chars qui en étaient attelés. Cela a valu aux enfants de condition d’être promenés ainsi par des moutons et des brebis dans l’enceinte de la maison paternelle, et même dans les plus grandes rues de Pe-king. \ous en avons rencontré plusieurs fois assis sur de petites bergères à roulettes, et environnés d’un groupe

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de leurs gens; les moutons on les brebis sont dressés à cela, et guirlandes, selon la saison, de rubans ou de fleurs; ils tirent fort joliment et quelquefois assez vile la petite voilure, à trois ou quatre roues, qui est toujours d'une forme trés-élégante , mais peu élevée de terre. Les seigneurs tartares donnent une selle à un mouton choisi, bien dressé, et le font monter à leur enfant dès qu'il a quatre ou cinq ans, pour raccoiitiimer au cheval, exercice qui réussit toujours, parce qu’on gouverne le mouton a souhait, et qu’on soutient le petit cavalier des deux cdtés. S'il montre de l'adresse, du courage, et ne veut plus être soutenu , cela fait une nouvelle dans la famille , et son père a bien des louanges et des embrassades à lui donner.

L'ancienne glose du Tcheou-li range les bêles à laine sous l'élcmenl du feu. Les naturalistes chinois l'ont suivie; mais comme l'on n’a que faire en Europe de ce système, qui serait long à expliquer, parce qu’il embrasse tous les animaux, il siiflira d'observer que la coneliision pratique qu’on en tire, c’est que toute bête à laine est d'un tempérament qui souffre de l’humidité, et que les pays pleins d’eau ou maréca.geiix lui sont contraires, de façon qu’elle y souffre, y est maladive et y perd ses meilleures qualités, non-seulement pour sa toison, mais encore pour sa viande, et même pour son lait.

Les livres chinois érigent en principe que les bêles k laine demandent un pays élevé, un climat peu pluvieux, des pâturages secs et des pelouses nues. Aiicitn soin, disent-ils, ne saurait suppléer à cela. Ils allègnent pour preuve décisive de leur doctrine rexj)ériencc annuelle des moutons de quelques provinces du Xord , qui engraissent dans l'étable où l’on est obli.gé de les enfermer, parce qu’on les nourrit d’herbes sèches. Comme nous ne parlons qu’en historiens , nous ne prétendons rien garantir, et sommes les premiers à avouer que bien des choses peuvent changer en celle extrémité de l’.Asie. Nous ne dissimulons pas que soit déférence pour des traditions des premiers temps, soit continuité de système ou raison particulière de pays et de climat, tous les livres s’accordent à dire que les pâturages trop frais et trop gras sont malsains pour toutes les bêles à laine, que les berbes mouillées de la pluie et encore plus de la rosée leur sont très-nuisibles , et qu’on ne doit les laisser boire que de trois jours en trois jours, et tout au plus de deux jours l’un, même en été. Ils vont même jusqu’à assurer que si l’on néglige celte grande règle, les troupeaux seront exposés à diverses maladies, la propagation y sera moins sûre, moins abondante, et que leur laine sera moins fine, moins soyeuse, moins

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belle; à quoi il faut ajouter que la cliair «les moutons destinés à la boucherie perdra beaucoup de ses bonnes qualités et de sa saveur.

Quoique nous en ayons fait la remarque ailleurs, nous la répéterons ici , sinon à cause de son importance , du moins à cause de sa sin,qularité : l'ancienne poUce de la Cliine fermait la boucherie aux moutous pendant tout l’été, sous prétexte que leur viande était désagréable et malsaine pendant les grandes chaleurs. Comme les Tartares du \ord et de l'Occident suivent assez cette règle dans leurs déserts, il pourrait se faire qu'elle eût quelque fondement pour certains pays, vu surtout que la viande du mouton, qui est si bonne à Pe-king dans les autres saisons, est à peine mangeable pendant les mois de juin, juillet et août, dont les grandes chaleurs pourraient bien l’altérer par ce que les anciens appelaient sueurt d'urine et fonte de tttif.

Après les grands principes du choix du pays et des pâturages établis, les livres chinois viennent aux règles particulières et aux détails. I,es anciens, disent-ils, avaient fait leurs expériences, et en avaient conclu que les meilleures bétes à laine pour chaque pays sont celles qui y sont nées. Elles sont trop faibles et d’une vie trop courte pour ne pas souffrir d’un changement de climat; car pour les moutons qu'il contribue à engraisser, on ne peut en rien conclure, puisqu’il n’a lieu que dans la plus belle saison des pâturages et ne doit durer que quelques mois. Les plus nombreux troupeaux des anciens n’étaient que de trois cents ; et malgré la liberté des pâturages , ils ne mettaient jamais plus de mille bétes à laine ensemble. Autant elles gagnent, selon eux, à être réunies en certain nombre, autant elles se nuisent quand ce nombre est trop grand ; les grandes maladies sont alors plus communes et font plus lie ravages.

L’étable qu’on destine aux bétes â laine doit être dans le voisinage des maisons , tournée au midi , ouverte au nord par une fenêtre qui y entretienne la fraîcheur en été et aide à renouveler l’air dans toutes les saisons. Plus le toit en sera haut, plus elle sera saine; mais il est essentiel et indispensable que le sol en soit élevé de terre de deux pieds' et demi à trois pieds, et aille assez en pente pour que l’eau s'écoule et ne puisse pas croupir, même sur le fumier, qu’on ne doit pas laisser au delà de deux ou trois jours. Toutes les étables doivent avoir leurs râteliers. Il y en a qui les mettent le long des murailles, d’autres les élèvent au milieu de l’étable, et c’est le mieux lorsqu’elle estasses grande. Ces râteliers ont le Imn effet d’exciter, de modérer l’appétit des bétes à laine, et d’empêcher qu’elles ne dégradent et ne salissent les

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herbes sèches qu’on leur donne en plus on en moins grande qiianlilé , selon In saison. On dit en gciiéral que pour un tronpeaii de trois cents tètes il faut ensemencer trente arpents de bonne terre en luzerne, pois et diverses sortes de grains, qu'on coupe en foin à plusieurs reprises, pour être la ressource de l'hiver, avec l’armoise, l’aurone et quelques feuilles d’arbres qu’on a soin de cueillir et de faire sécher en leur temps. Du reste, chaque province a sa pratique, selon lu durée de son hiver et le cours qu’y prennent ou la pluie, ou la neige et les vents; mais toutes sont très-fidèles observatrices de la très-ancienne pratique de suspendre deux ou trois morceaux de sel dans chaque grande étable. Comme, grAce au beau plan d’administration de la dynastie régnante, le sel est à très-bas prix dans toutes les provinces, ceux qui ont des troupeaux en font fondre dix à douze livres pour en former des pains, tels qu’il les leur faut pour être suspendus dans une étable cl présentés à leurs bêles B laine , de manière à les fortifier et a les mettre en appétit , sans les exposer à en trop manger. Outre cela, ceux qui ont soin du troupeau les retirent parfois, et ont leurs règles, ou plutêt leur coup d’oeil pour cela.

Le docteur Lan-tchao , de la dernière dynastie , a fait un ample recueil des principes et des maximes des anciens sur les attentions, les .soins et les précautions que demande le choix d’un pasteur. Tout U reste ne pourant réussir que par lui, dit l’ancienne glose du Tcheou-ly, on risque tout à le prendre à l'arenture. D’après le résultat des discussions chinoises, on ne doit pas confier un grand troupeau ni il des jeunes gens ni à des paresseux , ou à des caractères vifs et emportés. Un pasteur doit être dans la maturité de l'Âge, ami du travail, instruit par ses expériences , affectionné à son troupeau , attentif à tout , moiléré et débonnaire ; le docteur I.an-tchao en allègue et en détaille plusieurs bonnes raisons qu’il appuie d’exemples.

Selon que l’on s’avance vers le nord ou vers le midi , vers l'orient ou vers l'occident, selon que le pays est bas ou élevé, exposé à certains vents ou à certains brouillards, sujet à des révolutions subites dans l’air et à des inconstances de saisons , il faut y suivre des règles particulières, sons peine d’exposer ses bêtes à laine à des maladies générales et même épub-miques qui y feront de grands ravages. \os Chinois qui ont réeu avec les Tartares, dit Man-ouei, ont appris d’eux que les herbes des pâturages mouillés par eertains brouillards d'automne ou du printemps causent des maladies, sinon aux brebis et aux béliers un peu vieux, du moins à tout ce qui est jeune dans le troupeau. Cela n’était pas inconnu aux Cliinois des premières dynasties , puisqu’ils avaient

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rtabli comme une règle générale que , dans tous les pays où il y a des brouillards le matin, soit au printemps, soit en automne, ou même une forte rosée , on ne conduirait les troupeaiiï aux pâturages que lorsque le soleil les aurait dissipés. Il paraît encore qu'on avait la même attention après la pluie , surtout dans des endroits ou peu aérés, ou bas et liiimides. Pour tout dire, autant les anciens cherchaient de gras pâturages pour les bonifs et les rhevaux, autant ils les évitaient pour les bêtes à laine, non-seulement à cause de leur tempérament, ainsi qu’il a été dit plus haut, mais aussi pour ne pas les exposer à l’insalubrité des lierbcs trop pleines de suc et d’humidité : insaluhrité qui croît, selon le livre Tsiuen-nong , par la manière même dont les bêtes à laine paissent , trop prompte pour être saine et réglée sur leurs besoins. L’attention paraîtra ridicule , cependant nous la trouvons indiquée par des écrivains trop sensés pour oser l’omettre. Dans la province du Cban-toiig et dans celles du Chen-si, du Scc-tchouen , quand les pluies annuelles ont couvert les grands pâturages d’une berbe fraîche, tendre et abondante , on la laisse croître , monter, grainer et se sécher à demi avant d’y conduire les grands troupeaux : ou si on les conduit dans ces pâturages si verdoyants , ce n’est que par intervalles et en les y préparant par d’autres, où les rochers et le sable laissent croître avec peine quelques plantes parfumées à la vérité et odorantes , mais un peu ligneuses et presque sans suc.

I,es anciens ouvraient les portes et les fenêtres de la bergerie avant de conduire leur troupeau dans la campagne, et nous trouvons cet article fort recommandé pour toutes les saisons , mais surtout en hiver. Comme la raison qu’en allèguent les livres a plus de trois mille ans , il ne serait pas honnête de la copier, \oiis trouvons dans presque tous, que quand l’hiver est ou pluvieux ou trop froid , il vaut mieux garder son troupeau dans la bergerie que de l’en faire sortir, si ce n’est autant de temps qu’il faut pour la nettoyer, l’aérer et en dter le fumier. Dons les cantons où l’biver a scs beaux Jours, on ne risque rien de le mener au pâturage quand le soleil est un peu haut ; mais il est essentiel qu’il en revienne avant que le soleil se couche. Ce qui regarde le printemps et l’aiitomue a été dit. Pour l’été, il y a deux pratiques qui reviennent au fond à la même, puisqu’on fait également sortir le troupeau au soleil levant et qu’on le ramène au soleil couchant ; mais selon la première on le reconduit à l’étable vers neuf heures, et .ou l’en fait sortir vers les trois heures; au lieu que selon la seconde on se contente de le mener se reposer pendant le temps à l’ombre d’un vallon ou d’un

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