‹ La médecine chez les ChinoisChapitre 94 sur 103 · DES BÊTES A LAI.VE E\ CHI.VE · texte numérisé non relu

DES BÊTES A LAI.VE E\ CHI.VE

bois. Messieurs les lettrés, qui la préfèrent , comme la plus ancienne, ne manquent pas de soutenir qu’elle est plus naturelle et ne fatigue pas le troupeau d'une allée et d'un retour aussi malsains qu'inutiles.

Ce. qui réussit dans un endroit ne conclut rien pour un autre. On doit SC conformer au climat de chaque pays, et comme les climats varient beaucoup, cette diversité prouve très-invinciblement qu'il n’y a pas de règle générale à cet égard , et qu'elle serait fausse et défectueuse par sa généralité.

\oiis changerons bien de langage sur la manière de mener paitre un troupeau et de le ramener à la bergerie. Nous trouvons prescrit et recommandé dans tous les livres, coniuic un pSiiit de très-grande conséquence, de le conduire lentement, au petit pas et en l’arrêtant plutdt que de le presser. Outre la raison générale des petits ménagements qu'il faut avoir pour les vieilles brebis, pour celles qui sont pleines dans la saison et pour leurs agneaux qui les suivent; dans une autre, on allègue encore les inconvénients inévitables et toujours funestes d’une marche trop hltée. u Un troupeau, dit Kia-tsong, qui arrive au pâtun rage fatigué et hors d'haleine, ne paîtra qu’avec peine et ce qu’il n mangera ne lui profitera pas; mais s’il rentre ainsi dans l'étable, il n en souffrira encore plus, fût-elle moins fraîche qu'elle ne l’est ordinain renient. Qu’on en juge par ce qui arrive au voyageur et à son cheval.

<1 Les anciens, dont les attentions étaient si sages et si réfléchies, avaient I) un endroit près de 1a bergerie, pour y amuser le troupeau et le reti poser avant de l’y enfermer. » Le même Kia-tsong dit ailleurs que dans les pâturages aussi le berger doit avoir grand soin que son troupeau n’nille pas courant, quelque peu abondantes et semées çà et là que soient les herbes.

La tonte de la laine occasionnera encore plus sûrement et plus promptement des maladies dans le troupeau , si elle n’est pas faite dans sa saison et avec les soins convenables. Pour la saison , elle varie suivant les pays et l’année. Dans les provinces méridionales, où les beaux jours du printemps commencent plus lot, on fait la tonte dès la seconde lune : au lieu que dans celles du \ord on la diffère jusqu’au commencement de la quatrième , quelquefois même plus tard , lorsque l’hiver a été long et lorsque les vents du nord soufflent encore. Ia?s anciens séparaient les agneaux et les brebis faibles avant la tonte, faisaient baigner au grand midi , dans une eau claire et courante , le reste dn troupeau , et ils avaient leurs signes pour distinguer combien de jours le bain devait durer; mais ils avaient l'attention d’y préparer leurs

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brebis et leurs moutons par une nourriture choisie qu’ils leur donnaient à l’étable. Il paraît que quelques-uns faisaient la torite à plusieurs reprises et réservaient pour les derniers jours celle du ventre et de tout le bas do corps. .Ifais, comme dit le livre Tsi-min-yao , une avariée slupide ne Jil jamaU alort un supplier de la Ionie pour les Iroupeaux, et les plus pauvres auraieul rougi de les tondre jusqu’à la nudité. La remarque suivante ajoute que, toute autre considération à part, il faut laisser assez de laine aux brebis qu’on tond, pour que leur pean en suit couverte et cachée , sous peine de les voir devenir maladives ou même qaleuses , comme il arrive souvent. La nature ellemême nous a appris eeltPallention , en ne faisant tomber la vieille laine que lorsque la nouvelle a eommeneé à poindre.

Il nous est souvent venu en pensée qu’on rendrait un vrai service à nos pauvres colons, si on leur apprenait à préparer aussi facilement et aussi bien que ceux de Chine leurs peaux de brebis, de moiilous et d’agneaux. Plus on irait, plus on verrait combien elles sont d’un iisn.qc sain et commode pour ceux qui sont en plein hiver dans les champs. Peut-être même que la préparation chinoise, qui ôte toute mauvaise odeur, serait bien accueillie dans les villes. Les provinces Chen-si et Cbam-si font aussi de grands et magnifiques lapis avec leurs laines ; mais le prix en augmente beaucoup avec la grandeur, et, quand ils ont vingtcinq à trente pieds en carré, ils ne coûtent guère moins que nos hauteslisses, soit à cause de leur velouté et de l’éclat durable de leurs couleurs, soit à cause de l’agrément du dessin et de la bordure dans laquelle il est enfermé. En revanche , on y fait à bon marché d’autres lapis en feutre et presque aussi grands que les premiers. Mous ne nous souvenons pas d’avoir vu rien de pareil en France. Il s’ en fait une consommation prodigieuse , parce que , jusque dans les villages , on s'en sert en guise de tapis pour les kams ou estrades échauffées par un fourneau, sur lesquelles on s'assied et on se couche en hiver. I,es Chinois sont venus à bout de les teindre par empreinte, de manière à former un dessin agréable, ordinairement d’ime seule couleur, mais quelquefois aussi de plusieurs, et cette teinture dure autant qne le feutre. Comme ces feutres sont employés à une infinité d’usages, on en fait de quinze, vingt pieds de long et même davanla,ge , sur deux pieds , deux pieds et demi de large. I,e pavé de notre église en est couvert d’espace en espace pour que les chrétiens puissent se mettre i genoux et s’asseoir pendant le sermon. Ils ont tous environ deux Ugnes d’épaisseur au moins et sont fort compactes ; les fins , qui sont faits de laines choisies

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