‹ La Médecine dans Horace et dans VirgileChapitre 13 sur 18 · SUN · texte numérisé non relu

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de ce mal, et ne touchez pas les tissus empoisonnés faits avec cette laine ».

En effet,

« Si quis temptorat amictus

« Ardentes papulæ atque immundus olentia sudor »

« Membra sequebatur des papules cuisantes, douloureuses, accompagnées d'un suintement d’odeur repoussante s’attachent à ses membres, et, avant qu'il soit longtemps, l’érysipéle gangréneux « sacer ignis » rongera les membres

infectés.

Voici somme toute la description du charbon des ovides transmis à l’homme par la laine des moutons

malades dont on aurait fait des vêtements.

Rien n’est passé sous silence dans cette description :

« Ardentes papulæ », les pustules cuisantes, la

pustule maligne

« Immundus olentia sudor », suppuration sans doute, et transpiration due aux phénomènes ataxo-adinamiques.

Enfin «sacer ignis» que les commentateurs traduisent érysipèle gangréneux, les escarres et l'infection

secondaire.

Dans l'observation des blessures faites à ses héros, au cours des luttes fréquentes dans l’Enéide notons, par un ou deux exemples seulement que Virgile décrit, anatomiquement les blessures, en ce sens que l’on peut facilement se rendre compte des lésions qui ont

donné la mort.

Ascanius (L. IX) tue Remulus d’une flèche qui le frappe à la tête | © « et cava tempora ferro

. Trajicit ».

et traverse la tempe.

Pallas (L. X) est frappé d'une fléche en pleine poitrine.

Il arrache le fer de la blessure, mais en vain

Un flot de sang s’en échappe et

« Una eademque via sanguis animusque sequuntur ».

Le trait avait sûrement intéressé le cœur ou un gros vaisseau de la base.

La mort de la courageuse Camille, fille du roi des Volsques, est aussi intéressante à lire.

Frappée d’une flèche à la poitrine, « inter ossa » entre les os :

« Labitur exsanguis > Inanimée, exsangue, elle tombe, après avoir arraché le trait, ses yeux se ferment sous le froid de la mort « labuntur frigida leto lumina », et le rose de son teint abandonne son visage « purpureus quondam color ora reliquit ».

Après quelques mots d'adieux à sa sœur, elle lâche les rênes «linquebat habenas », son corps glisse à terre « fluens ad terram ». Peu à peu, elle se délivre des liens qui l’attachent à son corps, puis abandon-. nant ses armes, elle penche la tête, et son âme s'échappe dans un soupir, et fuit dans les enfers.

Donc blessure de la poitrine, le trait a pénétré profondëèment entre les os et aussitôt, elle tombe inanimée. Pas d'hémorragie externe. .

Mais on voit apparaître un à un, avec une réalité saisissante les signes de la mort.

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Voilà un passage qui indique la puissance d’observation de Virgile au point de vue médical.

Un autre passage intéressant est celui où le poète nous montre Tapis, chirurgien de l’armée, tentant d'entever le trait qui a blessé Enée à la cuisse.

Lisons ce compte rendu opératoire, Enée est debout, appuyé sur une lance « nixus in hastam ».

Tapis, « retorto amictu », ayant relevé ses manches, «in morem Pœonjum » comme Péon, essaie d'extraire le fer « manu medica » de sa main médicale, experte. Il n'y réussit pas, s'énerve «nequiquam trépidat » trépigne, comme un chirurgien qui trouve une difficulté dans un temps opératoire. Il essaie avéc une pince <«tenaci forcipe sollicitat prensatque ». Pas de résultat.

C'est alors que Vénus, touchée de la douleur imméritée subie par son fils va cueillir sur l’Ida une tige de dictame « flore comantem purpureo » à la fleur en grappe pourpre, la meten cachette dans l’eau dont lapis se sert pour bassiner la plaie ; elle y ajoute des sucs d'Ambroisie et de la panacée parfumée. |

A peine Iapis at-il fait usage de cet eau, le fer tombe de lui même, le sang s'arrête de couler, toute douleur cesse et les forces du blessé reviennent, semblables à ce qu'elles étaient avant.

lapis ne s’y trompe pas, et comme Ambroise Paré il dit : «ce n’est pas moi qui t'ai guéri, Enée, ce n’est pas mon art magistral, ni mes efforts humains qui ont délivré ton corps de ce fer ; un dieu est intervenu »,

« Major agit deus, atque oper ad majora remittit ».

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