PREMIÈRE PARTIE CHAPITRE PREMIER
« Epicuri de grege porcus »
Telle était la devise philosophique d’Horace, telle est celle qu’il professe dans la plus grande partie de son œuvre, bien que dans certains cas, il semble s’en éloigner. Nous pourrions appeler cela l'hygiène intellectuelle d'Horace :
Ne pas se compliquer l'existence par. des choses inutiles.
Le sage, qui veut éviter le noir souci, «atca cura », ennemi de l'équilibre parfait de notre être doit ambitionner seulement « nil amplius oro » de vivre à la campagne, loin des affaires, tirant sa subsistance des terres héritées des aïeux.
« Beatus ille qui procul negotiis « Ut prisca gens mortalium
« Paterna rura bobus exerat suis « Solutus omni fœnore »,
loin de la politique et des demeures altières des puissants
« Forumque vitat et superba civium « Potentiorum limina ».
À quoi bon, de même s'occuper de métaphysique, se fatiguer l’entendement à chercher le pourquoi des choses, cet entendement qui est « minor » trop faible pour comprendre ?
Ne s’occuper que du présent qui vaut la peine d’être
vêci
« Lœtus in prœscus animus ; quod ultra est oderit [« curare »...
Dans le malheur, comme dans les grandes joies, garder son égalité d'humeur
« Aquam memento rebus in arduis
« Servare mentem, non secus in bonis + « Ab insolenti temperatum
« Lætitia
En somme pratiquer l'indifférence complète vis-à-vis de tout ce qui arrive, et surtout ne pas se créer de soucis imaginaires.
« Et puis laissons les dieux déchainer la tempête, « qui enfle les flots de la mer et fait courber la tête aux « ormes et aux cyprès ».
Et si on voulait continuer ces citations nous en aurions tout un volume dans le même esprit.
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