DÉPARTEMENT DU PUI-DE-DOME
Vu la lettre écrite par Tadm**». municipale du canton 5 Vic-sur-Allier, par laquelle elle prévient Tadm^". intrale qu'une grande partie des habitans du villag-e 5 Buron, commune dTronde, est affectée d'une malaie vénérienne dont la communication s'est faite par un ifant qui en était attaqué. Ce nourrisson Ta d'abord )mmuniquée à sa mère -nourrice, et comme par maulise habitude les nourrices sont en usage d'alléter lutuellement leurs enfants, bientôt le mal s'est comluniqué à plusieurs femmes, lesquelles l'ont translise à leurs enfants et à leur mary.
Elle joint à la lettre un mémoire du citoyen Mombur, Fficier de santé, constatant l'origine et la cause du lal et invite l'adm"». à faire recevoir les malheureux ïectés de cette maladie dans Thôspice de Clermont 3ur y être traités ; ou à indiquer tel autre moyen l'elle croira propre pour détruire le mal.
Les administrateurs ,du département du Puy-de- >ôme,
Ouï le conseiller du directoire exécutif,
Considérant, que s'il est du devoir de l'adnio". d'ein-
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ployer tous les moyens qui sout en elle pour arrêter le cours et la propagation de toute espèce de maladie conta^euse, elle doit aussi, surtout dans Tespèce de celle dont est question, cherchera découvrir et à connaître d'où en proviennent les causes;
Arrêtent qu'il sera fait choix d'un officier de santé accrédité et réunissant à de ^ands talents un attachement soutenu à ses devoirs et un grand désir de se rendre utile à rhumanité souffrante, lequel s'adjoindra au citoyen Mombur, officier à Vic-sur-AUier, pour visiter toutes les personnes attaquées de cette maladie, indiquer quel est le nombre qui en est atteint en désignant celui des hommes, des femmes et des enfans. Ils feront un rapport sur l'origine et les causes de cette maladie ; indiqueront les remèdes qu'ils croiront convenables pour la prompte guérison des individus attaqués de la maladie.
Nomment à cet effet le c®". Monestier, officier de santé à Clermont, avec invitation de se rendre de suite sur les lieux et de se concerter avec le c®". Mombur pour la visite des malades.
Invitent également le citoyen Mombur à concourir avec le citoyen Monestier par ses lumières et ses connaissances locales à la découverte des causes de cette maladie et aux moyens d'en arrêter les progrès.
Chargent l'adm*"*. municipale du canton de Vic-sur- Allier et particulièrement l'agent et l'adjoint de la commune d'Yronde, de fournir aux deux citoyens cy-dessus dénommés tous les renseignemens dont ils pourront avoir besoin et de rendre compte exactement des suites de cette maladie.
Fait au dép*. à Glermont-Ferrand le 24 ventôse an VII de la République française une et indivisible.
GoDiVEL. Peribe.
Ghollet,
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Il fut décidé en outre que deux lettres seraient adresiées: Tune au citoyen Monestier pour lui annoncer la nission qui lui était confiée, l'autre à l'administration nunicipale de Vic-le-Gomte pour la prévenir de la )rochaine arrivée de ce praticien et l'inviter à lui faciiter, autant que possible, l'accomplissement de sa nission.
Lettre des administrateurs du Puy-de-Dôme au citoyen Monestier.
^4 ventôse an Vil, Au citoyen Monestier, médecin à Glermont.
Citoyen,
Le devoir le plus important que nous ayons à remplir st celui de secourir les citoyens dans la souffrance et e malheur. Le recours aux hommes de l'art est notre ►remière ressource lorsqu'il se manifeste un mal qui ►araît avoir des caractères contagieux. Telle est citoyen, a triste situation d'une grande partie des habitans du illag-e de Buron, commune d'Yronde. Vous verrez par arrêté cy-joint que plusieurs de ces malheureux sont ttaqués d'une maladie vénérienne dont la communiation s'est faite par un jeune enfant atteint de cette aaladie.
Il était donc instant de connaître la nature et les auses de cette maladie: c'est à cet efifet que nous vous vons nommé. Nous attendons de votre zèle et votre ttachement pour l'humanité soufiFrante que vous vouez bien remplir cette commission et vous conformer ux dispositions de notre arrêté.
S. fté.
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Lettre des administrateurs dn Pny-de-Dôme à la municipalité de Vic-le-Comte.
2i ventôse an VIL A Tadm^*^. municipale du canton deVic-sur-Allier.
Citoyens,
La maladie funeste dont sont attaqués plusieurs habitaos du yillag'e de Buron aurait sans doute des suites dang^éreuses, si Ton ne s*empressait d'en connaître la nature et d*en détruire les causes. Au reçu de votre lettre, nous avons de suite fait choix d'un officier de santé accrédité qui est chargé de faire la visite des malades. Vous verrez par l'arrêté cy-joint que le citoyen Monestier a été nommé à cet effet. Les talents que possède ce citoyen dans l'art médicinal, joints aux principes d'humanité et de charité qui le caractérisent, nous assurent d'avance le plus heureux succès dans sa mission.
Veuillez en prévenir le citoyen Mombur et l'inviter à se concerter avec Ip citoyen Monestier pour la visite des malades.
Nous vous recommandons d'ailleurs de leur procurer tous les renseignements dont ils pourrons avoir besoin.
S. fié .
Rapport du Citoyen Monestier.
Liberté . Ega lité .
Clermont Fd. g Jloréal an VII de la République fr, une et indivisible.
Monestier, médecin de la commune de Glermont- Ferrand.
Aux administrateurs du dép. du Pui-de-Dôme.
Citoiens, Conformément au vœu exprimé par votre arrêté du
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4 ventôse an 7, je me suis rendu le 26 même mois à ^ic-sur- Allier, je me suis assisté de mon confrère lombur, habitant de cette commune pour aller le lenemain au village de Buron, commune d'Ironde, canton e Vic-sur-AUier, pour prendre des renseignements sur 3S causes de la contagion du virus vénérien, nous vous en présence des citoiens Jacques Chabriat, d'Ionde, agent municipal et François Ribraud, adjoint, Qterrogé plusieurs des individus infecté du virus vélérien, ainsi que la citoienne femme B... (i) qui, après voir perdu son enfant, en allaitait un d'une commune oisloe qui, sur la description attestée par tous les habimls de Buron, était affecté du vice vénérien et auquel n rapportait la source de la contagion, nous avons té instruits que cette femme avait été bien décidément ntachée de virus vénérien par le nourrisson; mais tous n'avons pas vu aussi clairement que ce soit elle ui a infecté d'autres enfants puisqu'elle n'a été tettée [u'imparfaitement par un autre enfant qui ne pût, près les faibles tentatives que lui permettait une mauaise constitution, tirée du lait; devant l'inutilité des fforts de ce enfant, elle ne hasarda plus de lui présenr le tetton, cet enfant est mort quinze jours après, vec soupçon non vérifié de vice vénérien qu'il n'a pu ommuniquer à d'autres nourrices.
Une autre femme de ce village a été aussi souponnée d'avoir inoculé le virus vénérien à un nourison; mais elle et son mari nous aiant dit que jamais lie n'avait été infecté de vice vénérien, il nous a été mpossible de constater s'il y a eu ou non calomnie sur on compte ; examinée par le citoyen Mombur et noi elle nous a paru saine. A travers quelques véités, nous avons aperçus quelques mensonges et voyant
{1)146 Nom existe en entiep sur la pièce originale.
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qu'il était inutile de sçavoir bien précisément quelle e; la cause de la contagion du vice vénérien qui a infed plusieurs individus de cette commune, d'autant pli que grâces aux sollicitations du cit. Mombur, dont 1< lumières ég-alent le zèle, tous les individus infectés soi venus se faire traiter à l'Hospice d'Humanité Souffrani de cette commune, où le cit. Bonnet, officier de santi chirurgien en chef de l'hospice, les a recueilli . Je rc gardais d'après cela comme inutile de vous rendi compte de cette mission ; mais je regarde comme m cessaire de vous prouver que j'ay répondu avec emprej sèment à votre confiance.
Salut-respect.