‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religion (volume 2)Chapitre 30 sur 96 · partie de la vertu qui se rapporte à la société · texte numérisé non relu

partie de la vertu qui se rapporte à la société

210 TRAITEMENT DES TASSIONS.

savoir: la justice. Mais si Tony manquera seconde loi de l’ordre est d’expier sa faute, et on ne l’expie que par la punition. C’est un fait incontestable qu’à la suite de tout acte injuste l’homme pense, et ne peut pas ne pas penser qu’il a démérité, c’est-à-dire mérité une punition. Dans l’intelligence, à l’idée d’injustice correspond celle de peine, et quand l’injustice a lieu dans la sphère sociale, la punition doit être infligée par la société. La société ne le peut que parce qu’elle le doit. Le droit, ici, n’a d’autre source que le devoir, le devoir le plus étroit, le plus évident et le plus sacré; sans quoi ce prétendu droit ne serait que celui de la force, e’est-à-dire une atroce injustice , quand même elle tournerait au profit moral de celui qui la subit, et en un spectacle salutaire pour le peuple... La peine n’est donc pas juste parce qu’elle est utile préventivement ou correctivement ; mais elle est utile de l'une et de l’autre manière, parce quelle est juste. Cette théorie de la pénalité, en démontrant la fausseté , le caractère incomplet et exclusif des deux théories qui partagent les publicistes, les achève, les explique, et leur donne à toutes deux un centre commun et une hase légitime. » En prenant le devoir pour fondement de la pénalité, le législateur prouvera qu’il comprend toute la sainteté de sa mission ; toutefois, il ne devra pas perdre de vue qu’il n’a reçu de Dieu que le droit de foire respecter cette partie de la morale qui concerne les relations des hommes entre eux, et que les peines réservées aux infracteurs de la religion ne sont ni de son domaine ni de ce monde.

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