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facile à découvrir : c’est que l’amour est aveugle quand il arrive, et trop clairvoyant quand il s’enfuit. 1
La passion n’a-t-elle jamais été satisfaite, l’absence, une infirmité survenue, l’inconstance naturelle au cœur humain , ou bien d’amères déceptions, viennent souvent éteindre une flamme que n’entretenait pas un aliment assez pur. Dans le cas où l’amour est porté à son plus haut degré d’intensité, et où les malheureux qui sont atteints de cette fièvre dévorante ne conservent aucun espoir de bonheur, on en volt un grand nombre traîner péniblement une existence minée par la nostalgie, les affections chroniques du cœur et du poumon, ou bien abréger par le suicide une vie devenue insupportable, et quelquefois déjà souillée par le meurtre.
Outre le désespoir et le délire aigu qu’on remarque ordinairement dans ces circonstances, la fougue de la passion fait naître des lésions intellectuelles plus permanentes , mieux caractérisées, et qui conservent, en général, le type de leur origine. C’est ainsi que la mélancolie suicide et la mono manie ambitieuse surviennent aux amants chez lesquels l’affection ou des idées de grandeur Fem-
ouvriers de toute espèce. La profession de 309 demandeurs est restée inconnue.
^ur ies 2,222 demandes en séparation, 1,618 ont été accueillies, 174 ont été rejetées, 430 avaient été retirées avant jugement. ( V oir le Compte général de ï administration de la justice civile et commerciale en France , publié en mai 1841.)
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portaient sur îa sensualité , tandis que la faveur génitale persiste chez ceux qui n’étaient dominés que par le besoin physique. La jalousie vient-elle compliquer l’amour, îa folie est ordinairement furieuse, et se rapproche davantage de la manie , qui se termine elle-même par la démence , après avoir été accompagnée d’ hallucinations et illusions plus ou moins bizarres.
A une époque avancée de îa vie ( on peut aimer atout âge) , l’amour n’a pas habituellement d’aussi funestes terminaisons : c’est qu’alors il subit une entière métamorphose due à deux nouvelles passions qui viennent surgir dans le cœur de l’homme, l’ambition dans l’âge mûr, et l’avarice dans la vieillesse.
Quant aux femmes dont le cœur est en proie à un amour malheureux , on en voit un grand nombre trouver dans la religion une diversion, une consolation d’autant plus douce, qu’en aimant Dieu, elles aiment encore. On connaît ce mot de sainte Thérèse : «L’enfer est un lieu où l’on n’aime plus. »
— Si maintenant nous recherchons dans les statistiques le nombre approximatif des attentats, des cas d’aliénation mentale, et des suicides déterminés parla passion de l’amour, nous trouvons que, sur 1,000 crimes, 64 sont dus à l’adultère, 53 au concubinage ou à la séduction, 20 à des refus de mariage, et 16 à la jalousie.
Pendant la seule année 1838, les cours d’assises du royaume ont eu à juger quatre-vingt-dix accu-
de l’amour. 529
sations de crimes reconnaissant pour cause les
passions amoureuses, savoir:
Empoisonnements s 8
Incendies 14
Assassinats 4 5
Meurtres 19
Homicides involontaires ... 4
Sur ces 90 affaires criminelles , 31 étaient dues à l’adultère, 21 à l’amour contrarié, à la jalousie, 38 au concubinage ou à la débauche.
En 1839, sur 101 affaires criminelles reconnaissant pour cause les mêmes passions , 43 étaient dues à l’adultère, 20 à Famour contrarié, à la jalousie, et 38 au concubinage ou à la débauche.
Sur 5,333 suicides constatés en France pendant les deux années 1838 et 1839, on trouve que les passions amoureuses ont amené 254 fois cette lin tragique.
Enfin, il résulte du dernier rapport publié en 1835 par M. l’administrateur Desportes, que sur 8,272 aliénés admis tant à Bicêtre qu’à la Salpêtrière, pendant l’espace de neuf années, 114 individus ont été conduits dans ces établissements par suite d’amour contrarié (1).
Les cas nombreux de médecine légale pour les-
U) Sous le climat chaud de Naples, Famour est noté pour un douzième parmi les causes d’aliénation mentale.
quels j'ai été appelé depuis vingt ans m’ont offert, à peu de chose près, les mêmes résultats.
Selon M. Marc, l’amour dans lequel prédomine îe sentiment moral peut, surtout quand il est réciproque et malheureux , conduire aux actes les plus répréhensibles, mais dans lesquels une lésion consécutive de la volonté ne saurait être méconnue. Lorsqu’au contraire la passion n’est que matérielle , ni l’excuse , ni l’atténuation ne sauraient être admises, « à moins, dit-il, que des circonstances spéciales ne démontrassent l’existence d’une maladie mentale ou d’une cause physique, par exemple d’une continence forcée, qui aurait influé désavantageusement sur la liberté morale. En conséquence, ajoute ce savant médecin légiste, la série des dispositions pénales relatives au viol, aux attentats aux mœurs, à plus forte raison à des crimes plus atroces encore, sera généralement applicable ici.
«Dans la jalousie, dit encore M. Marc, l’excuse ou l’atténuation deviennent d’autant plus admissibles, que ce sentiment s’exalte plus brusquement, et conduit plus immédiatement à l’exécution d’actes contraires à l’ordre social; car, dans ce cas, la volonté étant plus facilement subjuguée par la vivacité de la passion, elle ne peut plus lutter avec autant de force et de succès contre les déterminations passionnées, que si un intervalle de temps plus considérable eût permis à la réflexion de les combattre. » ( De lu Folie dans ses rapports avec les questions médico-judiciaires.)
L> L 1,'àMOUR.
Traitement.
Traitement préservatif. — II est presque superflu de dire qu’il faut écarter tout ce qui pourrait hâter le développement de ce sentiment que notre civilisation ne rend que trop précoce. Ainsi, l’on soustraira toute espèce de peintures lascives aux regards des adolescents ; on évitera en leur présence les conversations trop libres et même ces demi-mots qui font tant travailler leur jeune imagination. On devra également s’abstenir de les conduire dans les bals ainsi qu’au théâtre, où le danger est quelquefois d’autant plus grand, que la passion y est représentée plus délicate et plus pure. On leur interdira aussi la lecture des romans , qui offrent en général le même danger que les spectacles, et qui ont de plus le grave inconvénient de les dégoûter de leurs études, que la comparaison rend bientôt fastidieuses.
Ce ne sera toutefois que par l’éducation progressive et harmonique des penchants, des sentiments et des facultés intellectuelles, qu’on parviendra, dans le plus grand nombre des cas, â rendre les jeunes gens assez forts pour ne pas céder à cette passion impérieuse contre leur devoir et leur raison.
Traitement curatif. — - En cas d’impossibilité de mariage, on conseillera, ou plutôt on rendra nécessaire une absence longtemps prolongée; un ami, un guide expérimenté, fera faire des voyages à pied , des exercices champêtres poussés jusqu’à la fatigue , afin d’obtenir un profond sommeil, si
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précieux dans cette circonstance. On entraînera le malade à la chasse ; on lui fera fréquenter la société d’hommes vifs, spirituels et enjoués, ou, si son goût pour l’étude est prononcé , on 1 engagera à se livrer à celle des mathématiques, de préférence à la littérature et à la poésie, qui exaltent trop l’imagination. Comme dans le traitement préservatif, on éloignera de lui avec soin tous les stimulants directs de cette passion , les tableaux voluptueux, les récits, les lectures érotiques, la musique, la danse et la valse. Surtout point d’exhortations inutiles, encore moins de ces reproches tardifs qui ne serviraient qu’à exaspérer l’infortuné dont le cœur est blessé. Pîaignez-le plutôt, pleurez avec lui, gagnez sa confiance, gagnez du temps , occupez constamment son attention , puis enfin tâchez d’éveiller en lui quelque sentiment antagoniste , artifice qu’on a vu souvent opérer une diversion favorable et même complètement curative.
Prescrivez en même temps des boissons acidulées, une alimentation légère , rafraîchissante , composée, en grande partie , de viandes blanches, de légumes aqueux et de fruits . Vous aurez soin de défendre le vin, le café, les liqueurs, ainsi que toute espèce d’aromates, le poisson , les œufs , les gelées, le gibier, les champignons, et principalement les truffes, qui paraissent trop exciter les organes sexuels. Par la même raison, en cas de maladie, vous éviterez d’employer les cantharides, 1 aloès , le galbanum, et les médicaments connus sous le nom de stimulants diffusibles , le camphre excepté,
parce qu il donne line autre direction à la sensibilité. Ënlin , en cas de pléthore, vous pourriez joindre à ce régime l’emploi de la saignée générale, ou des applications de sangsues à la nuque, suivies d’affusions froides sur cette région.
Quant au traitement de la jalousie, il différera nécessairement, selon que ce mal aura son principe dans un travers de l’imagination, ou dans la lésion de quelque viscère. Dans le premier cas , on aura recours a tous les moyens moraux capables de calmer les tourments chimériques du malade, tels que les soins les plus assidus, les caresses les plus affectueuses, les distractions de
tous genres prises dans sa seule compagnie. D’une autre part, comme la jalousie naît souvent d’une crainte excessive de son infériorité, ou des blessures de l’amour-propre, ou enfin de la lutte de ces deux sentiments, on devra s’efforcer de montrer au jaloux une préférence exclusive , et saisir adroitement toutes les ocasions de faire valoir la
moindre de ses qualités. J’ai aussi conseillé à une dame, pour guérir la jalousie de son mari, de feindre de son côté une jalousie plus violente. Ce moyen a parfaitement réussi ; mais il a fallu que le rôle fut joué avec la plus grande finesse et pendant plus d’une année. Du reste, çorame la plupart des passions , la jalousie s’use avec le temps , et 1 on voit tous les jours des époux, autrefois jaloux , tomber, après quelques années de mariage, dans un calme qui ne ressemble que trop à l’indifférence.
Dans le cas où la jalousie serait déterminée ou
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entretenue par quelque affection chronique , on prescrirait un traitement approprié à la nature de la maladie , sans toutefois négliger les moyens moraux précédemment recommandés.
Observations .