‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religionChapitre 18 sur 128 · SÉMÉIOLOGIE DES PASSIO.VS · texte numérisé non relu

SÉMÉIOLOGIE DES PASSIO.VS

plais , souples cl fins , ils annoncent en général un naturel faible cl flexible ; rudes cl crépus, un caractère sauvage, ou tout au moins difficile. La couleur des cheveux aide à déterminer la constitution des individus : on sait que les bilieux les ont ordinairement noirs, et les sanguins , blonds.

Des cheveux noirs, plats, épais et gros, dénotent peu d’esprit, mais de l’assiduité cl l’amour de l’ordre. Des cheveux noirs et minces , implantes sur une tetc mi-chauve, dont le front est elevé et bien voûté, ont souvent fourni la preuve d’un jugement sain et net , mais d’un esprit dénue d’invention et de saillies. Les cheveux roux caractérisent, à ce qu’on assure,

1 homme ou souverainement bon ou souverainement méchant. Dans les signalements de voleurs , les cheveux sont presque toujours marqués brun foncé. Un contraste frappant entre la couleur de la chevelure et celle des sourcils inspire de la méfiance à quelques observateurs.

Front. — Considéré dans sa partie osseuse, le front est la mesure des facultés intellectuelles, et particulièrement de la tournure d’esprit , que l’on trouve analogue chez les personnes qui ont celte partie conformée de la même manière. Est-il proéminent, étroit ou trop allongé , il dénote un esprit faible et borné; perpendiculaire , il annonce du jugement et de la pénétration , mais un cœur de glace; enfin , penché en arrière , il atteste de l’imagination , peu de jugement , et d’autant plus de fougue qu’il est plus déprimé.

Quant à la peau qui recouvre le front , sa teinte, sa tension , son relâchement, ses plis, font connaître les impressions auxquelles nous sommes habituellement sujets. Par exemple, les fronts ridés en long, et surtout à la racine du nez, sont un signe de réflexion et de mélancolie. Les individus dont le muscle occipilo-frontal suit tous les mouvements des yeux et des sourcils ont, comme les singes, le caractère inquiet et égoïste.

Ainsi, en physiognomonie, la partie solide du front indique la mesure interne de nos facultés , et la partie mobile, l’usage que nous en faisons.

Sourcils. — >i Au-dessous du front, dit le philosophe Herdcr, commence sa belle frontière , le sourcil , arc-en-ciel de paix dans sa douceur, arc tendu de la discorde lorsqu'il exprime le courroux. » Les mouvements des sourcils sont, en effet, d’une expression bien significative pendant le jeu des diverses passions, dont ils conservent les traces : c’est ainsi qu’ils s’élèvent dans la fureur, tandis qu’ils s’abaissent dans la haine , la tristesse , le mépris, et pendant les méditations sombres, astucieuses. Si on les considère à l'état de repos, on ne trouvera guère, selon Lavalcr, de penseurs profonds, ni même d’hommes fermes et judicieux, avec des sourcils minces et trèsélevés. Des sourcils doucement arqués s’accordent avec la modestie et la simplicité. Placés en ligne droite et horizontale, ils se rapportent à un caractère mâle et vigoureux. Lorsque leur forme est moitié horizontale, moitié courbée, la force de l’esprit se trouve réunie à une bonté ingénue. Enfin ,

SÉMKIOLOG1E DES PASSIONS. 79

(les sourcils épais et qui ont l’air de s’enflcr annoncent un individu qui s’est livré fréquemment à la colère, comme leur mobilité et leur développementexcessifs signalent un caractère soucieux , et même jaloux.

3 eux. Tandis que les autres traits du visage traduisent plus spécialement tel ou tel genre d'impressions, les yeux expriment la vie dans toutes scs nuances : aussi les a-t-on surnommé les fenêtres, le miroir de lame, la face de la face. Leur grandeur annonce une mélancolie douce ; leur petitesse, la vivacité, la colère même. Fendus en amande , ils dénotent de la tendresse, tandis que leur rondeur est l’indice de la nonchalance et de la stupidité , surtout quand ils sont a demi recouverts par une paupière pesanle. Quant à la couleur , les yeux bleus dénotent ur. caractère plus mou , plus efféminé que ne le font les bruns ou les noirs. Les yeux verdâtres sont souvent un signe de vivacité, d’emportement et de courage. Lorsque la ligne circulaire de la paupière supérieure décrit un plein cintre, c’est la marque d’un bon naturel. Enfin , les individus qui vous regardent en tenant les yeux à moitié fermés annoncent presque toujours plus de ruse et de finesse que de courage et d’énergie.

Ne confondez pas le regard perçant et le regard de feu : le premier, appelé aussi coup d œil d aigle , dénote la vivacité, l’ardeur, l’expansion : il traverse ; le second , au contraire , indique la concentration : il ne perce pas, il attire : c’est un charme qui enivre et séduit, c’est le véritable regard magnétique. Napoléon les possédait tous les deux , et leur a dû une grande partie de sa puissance morale.

NeZ:~. ün nez <îui se recourbc dès le haut de la racine annonce un caractère impérieux, ferme dans ses projets et ardent à les poursuivre : tels sont les nez aquilins, ainsi nommés parce qu’ils se rapprochent de la forme du bec de l’aigle. Les nez presque perpendiculaires sont aussi regardés comme le signe d’une mâle constance.

Un nez dont le dos en ligne courbe présente une grande largeur est une iorme excessivement rare et qui annonce des facultés supérieures.

Un nez fort saillant , joint à une bouche avancée , décèle un grand parleur, un homme présomptueux, téméraire , étourdi , effronté.

Un nez court, avec un méplat au milieu, est l’indice d’une sensualité grossière et de penchants égoïstes.

Des narines petites sont le signe d’un esprit timide, incapable de hasarder la moindre entreprise; lorsqu’elles sont dégagées et vibrantes, elles

annoncent un naturel voluptueux et violent , surtout si le bout est fortement retrousse.

On sait que les anciens regardaient le nez comme le siège de la colère : i- . • ^ aicnlauss> la partie la plus honnête du visage, parce que sa tuméroilDcur trahissent habituellement les écarts de continence cl de

80 SÉMÉIOLOGIE DES PASSIONS.

Bouche. — Eloquente , même jusque dans le silence , la bouche est , après les yeux , la plus expressive de toutes les parties du visage.

Le caractère est en général d’une trempe analogue aux lèvres : ferme , mou ou mobile comme elles. Des lèvres grosses et bien proportionnées présagent de la bonté et de la franchise ; charnues, elles indiquent un penchant prononcé à la sensualité et à la paresse ; rognées, elles inclinent à l’avarice.

Une lèvre supérieure qui déborde un peu est la marque d une bonté affectueuse ; l’avancement de la lèvre inférieure correspond plutôt à une froide bonhomie.

Une lèvre inférieure qui se creuse au milieu dénote un esprit plein d enjouement et de douce malice.

Une bouche resserrée, dont la fente court en ligne droite, et sur laquelle le bord des lèvres ne parait pas , est l’indice du sang-froid et d un esprit appliqué, ami de l’ordre, de l’exactitude et de la propreté. Si elle remonte en même temps vers les commissures, elle suppose un fond de prétention , de vanité, et de frivolité malicieuse.

Une bouche doucement fermée, et dont le dessin est correct, indique un esprit ferme, réfléchi et judicieux.

Une bouche toujours béante est le signe de la sottise.

Toutes les fois qu’à l’ouverture de la bouche les gencives supérieures paraissent en plein , comme chez les Anglais, on peut diagnostiquer beaucoup de flegme et de froideur dans le caractère.

Contre l’opinion des anciens, des dents petites et courtes sont , dans l’âge adulte , l’attribut d’une force extraordinaire , et souvent d’une grande pénétration d’esprit. Petites et rentrantes , elles dénotent de la finesse sans méchanceté, mais pourtant un caractère difficile et vindicatif. De longues dents sont un indice certain de faiblesse et de timidité. Celles qui, très-saillantes, semblent reposer sur la lèvre inférieure , annoncent peu d’énergie, peu d'esprit , mais un caractère caustique et toujours disposé à mordre.

Méfiez-vous des gens qui ont constamment le sourire sur les lèvres , aussi bien que de ceux qui ont la bouche de travers , et dont le rire a quelque chose de forcé : la grâce du sourire est la mesure de la bonté du cœur et de la noblesse des scnlimcnls.

J0Ucs. — Les joues sont , en quelque sorte , le fond du tableau , et la surface sur laquelle viennent sc dessiner les autres traits de la physionomie. Les souffrances cl le chagrin les creusent, mais les laissent dans le relâchement ; la rudesse et la bêtise leur impriment des sillons grossiers ; la tempérance et la culture de l’esprit les entrecoupent de traces légères et agréablement ondulées. Certains enfoncements triangulaires fortement dessines sur les joues sont le signe infaillible de l’ambition, de la jalousie et de l’envie, surtout s’ils coïncident avec un teint jaune ou plombé.

Des joues larges et pendantes dénotent la plupart du temps des individus

adonnés à la gourmandise.

SÉMÉIOLOGIE DES PASSIONS. 81

Oreilles. — * La petitesse des oreilles anonce de la vivacité et de l’esprit. Une oreille large et unie, sans aucune rondeur dans les contours, suppose, au contraire, un cerveau excessivement faible. Quand l’ensemble de l’oreille est plat, mou et grossier, il exclut le génie. Enfin, des oreilles fermes et rapprochées de la tête indiquent aussi de l’esprit , et de plus l’amour de l’indépendance.

Menton. — Un menton qui , dans le profil , se trouve en ligne avec la bouche , doit inspirer de la confiance, surtout s’il est garni d’une fossette gracieuse. Reculé, il annonce un caractère efféminé; saillant, il est la marque d’un esprit actif, ferme et délié. Lorsque son avancement est excessif, et qu’il forme ce qu’on appelle un menton de galoche, il est un signe de pusillanimité ou d’avarice.

Quant à la forme, considérée isolément , un menton plat annonce la froideur , un menton pointu la ruse, un menton carré la force et souvent la fougue du caractère.

Sous le rapport de la grosseur , un petit menton dénote la méchanceté , tandis qu’un menton mou, charnu et à plusieurs étages est la marque et l’effet de la sensualité.

Enfin, une forte rainure au milieu du menton signale un homme plein de résolution et de jugement.

Cou. — Un cou bien proportionné est d'un augure favorable pour la solidité du caractère. Epais et court, il décèle la colère; gras, la sottise et la gourmandise; mince et allongé, la timidité et des facultés intellectuelles peu développées. La manière dont le cou supporte la tète ne donne pas des signes moins caractéristiques. La laisse-t-il tomber en avant , cela accuse peu d’énergie et d’amour-propre ; s’il la relève et la porte en arrière, attendez-vous à autant de vanité que de jactance. On a remarqué que les personnes assidues aux pratiques religieuses tiennent en général la tête inclinée sur l’épaule.

Bu dos et des épaules. — Si , par l’effet du rachitisme, les épaules et la colonne vertébrale sont de travers et offrent une gibbosité , la complexion en souffre, il est vrai , mais on a observé que cette conformation favorise la finesse et l’activité de l’esprit , disposé alors à l’exactitude, à l’ordre et à une certaine causticité. On sait que le mouvement d’élévation communiqué à une seule épaule sert ordinairement à exprimer le dédain.

1 oix. — Chaque homme a un timbre de voix qui lui est propre , comme il a une physionomie particulière. Or, le timbre n’est autre chose que la physionomie du son , c est-a-dire la traduction de l’homme intérieur par le son de la voix. Chaque passion a également un son de voix qui la distingue. Ainsi , la colère s annonce par une voix aigre, animée et fréquemment entrecoupée; la crainte, par une voix soumise , incertaine, troublée; l’indignation, par une voix rude, terrible, impétueuse; la douleur, par une voix

82 SÉMÉIOLOGIE DES PASSIONS,

sourde, négligée, gémissante; l’amour, par une voix douce, tendre, entrecoupée de soupirs. Il y a , du reste, autant d’inflexions de voix qu’il y a de nuances de sentiments susceptibles de se combiner; mais son timbre habituel est presque toujours en rapport avec le caractère de chaque individu (1).

Le geste, la démarche , Y altitude, sont le langage commun de toutes les nations ; ils accompagnent le discours, et en renforcent l’expression ; ils suppléent à ses imperfections, et en trahissent souvent l’imposture. Les paroles peuvent être ambiguës, la pontomime de la nature ne l’est jamais ; sans cela, comment les enfants et les animaux pourraient-ils la comprendre? Ilien donc de plus siguificatif que le geste , surtout quand il est d’accord avec la voix. Aussi, naturel ou affecté, rapide ou lent , passionné ou froid, grave ou badin, aisé ou roide, monotone ou varié, noble ou bas, Cer ou humble, hardi ou timide, décent ou impudique, caressant ou menaçant , le geste est-il la traduction la plus fidèle de l’homme intérieur par l’homme extérieur. Sans doute, habiles à composer leur visage, certains êtres faux et artificieux peuvent quelquefois donner le change à ceux qui les écoutent; mais si on les étudie dans une nombreuse société où ils ne se croient pas observés, si même, dans le tête-à-tête, on suit avec attention les mouvements du pied , et surtout ceux de la main , il est bien difficile qu’ils ne finissent pas par dévoiler le fond de leur pensée.

On remarque chez beaucoup d’individus une démarche et des attitudes favorites contractées par la force de l'habitude, et qui sont en quelque sorte l’enseigne de leur profession. Ainsi, l’on reconnaît un marin à l’écartement de ses jambes; un maître de danse, à la pointe des pieds qu’il porte délicatement en dehors; le cavalier, au contraire, a cette même pointe des pieds fortement déjetée en dedans, pendant que ses genoux cagneux heurtent l’un contre l’autre. De même, un horloger ne vous regarde guère sans fermer l’œil auquel il fixe sa loupe quand il travaille. Dans la conversation, vous reconnaîtrez un caissier aux mouvements de ses doigts, qui semblent toujours compter des écus. Pour donner plus de force à ses paroles, le peintre dessine des contours dans l’air , tandis que le statuaire, pour se faire mieux comprendre, modèle encore sans s’en apercevoir.

On peut également deviner la profession d'une foule d’individus, à certaines exclamations, et surtout aux locutions techniques qui reviennent sans cesse dans leur conversation.

Main. — Passons maintenant à l’élude de la main , qui est la langue usuelle du sourd-muet. Sa forme indique nos dispositions naturelles; scs mouvements , les nombreux sentiments qui nous affectent.

(1) Voy. l’ouvrage remarquable intitulé : l’Orateur, ou Cours de débit et d’action oratoires, par A. de Roosmalcn; Paris, 1811, in-8°.

SÉMÉIOLOGIE DES PASSIONS. 83

Des doigts longs cl bien effilés ne se rencontrent presque jamais avec un esprit grossier et porté à la luxure; des doigts courts et arrondis annoncent la pesanteur de l’esprit et la paresse. Une main potelée est un signe de sensibilité. Après l’intelligence, la main est l’attribut le plus caractéristique de l’homme. C’est à sa faculté d’opposer le pouce aux autres doigts que nous sommes redevables de tous les arts; sa grande mobilité la rend aussi l’interprète de nos pensées et de nos sentiments ; il n’est aucun de scs mouvements qui ne parle : « Avec la main , dit Montaigne, nous roquerons , nous promettons, appelons, congédions, menaçons, prions, supplions, nions , refusons , interrogeons, admirons , nombrons, confessons , repentons, craignons, vergoignons , doublons, instruisons, commandons, imitons, encourageons, jurons, tesmoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, mesprisons, desfions, despilons , flattons , applaudissons, bénissons, humilions, mocquons , reconcilions, recommandons , exaltons , festoyons , réjouissons, complaignons , attristons, desconforlons, desesperons, estonnons, oserions, taisons, et quoy non ? d’une variation et multiplication , à l’envy de la langue. » ( Essais , liv. 11, ch. 12.)

De l'habillement, et de la mode. — La propreté et la négligence, la fatuité et la simplicité, le bon et le mauvais goût, la coquetterie et la décence , voilà autant de choses qu’on distingue à l'habillement seul. La couleur, la façon , 1 assortiment des vêtements , la manière de les porter, sont encore autant de signes caractéristiques. Par exemple, les individus qui adoptent des vêlements d’une couleur noire ou foncée, dont l’habit est étroit, exactement boutonné, et dont le chapeau est enfoncé sur les yeux , sont pour la plupart d’un caractère peu expansif; tandis que des habits bien étoffes, presque toujours ouverts , et d une couleur plus ou moins vive , annoncent des hommes qui ont en général moins d ordre cl de persévérance , mais plus de franchise et d amabilité que les premiers.

Lesage est aussi simple que propre dans son extérieur : il s’habille selon son rang , et ne se pare pas ; il ne suit pas précisément la mode , mais il évite de trop la choquer. Les personnes qui la suivent d’une manière outrée sont, pour la plupart, des gens oisifs, superficiels, sans caractère et de mauvais goût ; l’homme qui affecte de se mettre d’une manière tout à fait opposée a la mode dénote un caractère opiniâtre, caustique, et un esprit qui manque de tact. Quant au suprême bon ton , il est donné par Y industrie à la fatuilé quelle exploite.

Ecriture. Il n’est pas jusqu’à l’écriture qui ne reflète aussi quelque chose du caractère individuel (1) , et même du caractère national. Une pente écriture serrée et rangée avec symétrie annonce une personne amie de 1 ordre et de la régularité. Une écriture lâche cl vacillante, comme celle de

(i) oir ta noie G, h la fin du volume.

84 SÉMÉIOLOGIE DES PASSIONS.

la plupart des femmes, est chez l’homme un signe ordinaire delà faiblesse de l’esprit. On a remarqué que les individus d’un caractère dur et peu liant ont, pour l’ordinaire, une belle écriture. Les poètes et les auteurs écrivent rarement bien : ils veulent, chose impossible , que la plume soit aussi rapide que la pensée , ce qui donne à leurs doigts une espèce de mouvement convulsif dont se ressent leur écriture. Au contraire, les professeurs de calligraphie, les commis subalternes , les gens qui sont obliges d’écrire des choses dénuées d'intérêt , emploient tout le temps nécessaire à tracer avec perfection des caractères dans lesquels ils s’admirent, comme les auteurs , dans la contemplation des beautés qui proviennent de leur esprit.

Tels sont les principaux signes extérieurs que les physiognomonistes croient propres à faire reconnaître les passions et les aptitudes des hommes (1 ). Quant aux sigucs pathognomoniques des passions étudiées dans leurs moments de crise, on les trouvera décrits aux articles consacrés à chacune d’elles, dans la seconde partie de cet ouvrage.

— Vient maintenant la phrénologie, qui soutient que les sens ne sont que des appareils intermédiaires chargés de transmettre les impressions du monde extérieur au cerveau , et par lui a 1 âme; que le cerveau n est point un organe simple, mais une agrégation d’organes différents, ayant des attributs communs, avec des qualités propres et spéciales; que la pensée, ainsi que les passions , a son siège unique dans ce viscère, dont elle subit toutes les modifications; enfin , qu’on peut y classer, y localiser les instincts, les sentiments et les facultés intellectuelles, puisque leur énergie respective coïncide avec le développement plus ou moins considérable de certaines circonvolutions de ce point central du système nerveux. Quant à 1 activité des organes, et, par suite, à la manifestation plus ou moins énergique de nos besoins , elles sont sous la dépendance de la constitution et des influences extérieures, notamment de l’éducation religieuse , qui , dans le plus grand nombre des cas, parvient à leur imprimer une direction utile à l’individu et à la société.

Le fondateur de la physiologie du cerveau , Gall , n’avait vérifie et admis que vingt-sept organes ou instruments de nos diverses facultés (2). On en compte aujourd’hui trente-sept, d apres la nomenclature de scs deux disciples , Spurzheim et Dumoutier.

(1) J’ai lâché de donner ici une analyse fidèle du système de Lavatcr, que j ai complété à l’aide des travaux modernes, notamment avec les deux chapitres que M. Delestre a consacrés au geste et au caractère, dans ses Eludes sur les Passions appliquées aux beaux arts. — Voir, à la tin du volume, la note II, sur la 1 lieone

^ l^Nomenclaturc de Gall : 1 Instinct de la génération ; — 2 amour de la progéniture ; — 5 attachement ; — 4 instinct de la défense de soi-môme; 5 instinct carnassier - — 0 ruse ; — 7 sentiment de la propriété ; — 8 orgueil ou sentiment de l’élévation- - 9 vanité; - 10 circonspection; - 1 1 mémoire des choses, éducabilité; - 12 sens des localités; - 13 mémoire des formes; - 14 mémoire des

Page 1