traitement des passions
oll'enséc, mais toujours compatissante, elle dit au criminel : Espère; au juste : Voilà le ciel !
Outre les sacrements qni purifient l’àme , en même temps qu’ils diminuent les souffrances du corps (1), la religion prescrit l’usage journalier de la prière, comme une armure invincible opposée aux attaques continuelles des passions. Je ne sache pas, en effet, de moyen plus propre à dissiper ces dangereux ennemis de notre repos, que cette fréquente communication de l’homme avec son Créateur.
« Quand vous avez prié, dit un de nos grands écrivains, ne sentez-vous pas votre cœur plus léger, et votre âme plus contente?
„La prière rend l’affliction moins douleureuse et la joie plus pure; elle mêle à l’une je ne sais quoi de fortifiant et de doux, et à l'autre un parfum
céleste. v
»Que faites-vous sur la terre, et n’avez-vous rien à demander a celui qui
vous y a mis ?
«Vous êtes un voyageur qui cherche la patrie. Ne marchez point la tête baissée : il faut lever les yeux pour reconnaître sa route.
n Votre patrie, c’est le ciel; et, quand vous regardez le ciel, est-ce qu’en vous il ne se remue rien ? Est-ce que nul désir ne vous presse , ou ce désir est-il mueL?
» U passe quelquefois sur les campagnes un vent qui dessecbe les plantes, et alors on voit leurs tiges flétries pencher vers la terre; mais , humectées par la rosée , elles reprennent leur fraîcheur et relèvent leur tête languis-
»II y a toujours des vents brûlants, qui passent sur 1 âme de 1 homme
et la déssèchent; la prière est la rosée qui la rafraîchit. »
Aux sacrements et à la prière, la religion joint encore le jeune et 1 abs-
/ 1 \ rvst une chose étrange que si peu de médecins emploient la religion comme „,è iaire dans le traitement des maladies! Etccpe.ula.it, quand on connaît l’.m- ^"nSîeïce du mora. sur le physique,!, est facile d’entrevoir de qude res-
nt vivement tourmentée du regret de quitter sitôt la ccUc
toute l’agitation du plus violent désespoir. Le celcbre mtdecir j ‘1 f r«?eHfs,ST»ir»i.e0co,e abréger ta
elle reçoit les sacrements avec : la plus e, 6a“°nts entièrement dissipés
TRAITEMENT DES PASSIONS
tinence, moyens hygiéniques propres à amortir la violence de nos passions; et , dans sa profonde sagesse, elle les prescrit plus longs et plus sévères , précisément à l’époque de l’année où toute la nature est sur le point d’entrer en fermentation. La rigueur de la saison, la misère, une constitution affaiblie par l’âge , la maladie ou le travail , s’opposent-ils à ce que l’on suive le précepte, elle en dispense facilement; mais elle veut que chacun y supplée par une aumône proportionnée à sa fortune. C’est ainsi qu’en combattant deux vices, malheureusement si communs, l’intempérance et l’avarice, elle affaiblit l’impétuosité de la colère et les transports de l’amour, en même temps qu’elle verse le superflu du riche entre les mains du pauvre. Merveilleuse institution, qui fait expirer sur les lèvres de l’indigent le blasphème contre la Providence, et change en bénédictions les fureurs que lui eût inspirées l’enviel Les institutions humaines ont-elles jamais fait preuve d’autant de sollicitude, de prudence et de charité !
Je me garderai toutefois de donner une préférence exclusive à l’un des trois modes de traitement que nous venons d’examiner : j’ai souvent reconnu leur impuissance respective, tandis que j’ai fréquemment observé l’effet salutaire de leur concours. Pourquoi donc ne pas toujours employer contre les passions un ensemble de moyens qui présentent entre eux les plus grands rapports, et qui tendent au même but? La médecine, la législation et la religion , s’occupent en effet de l’homme depuis le berceau jusqu’à la tombe , et toutes trois n’ont en vue que son bonheur : seulement , l’une veut plutôt en faire un individu robuste, l’autre un citoyen paisible, la dernière un homme complètement vertueux. Toutes trois font encore observer leur code par les mêmes motifs, l’intérêt et la crainte (1) ; pour ceux qui le respectent, la santé, l’estime publique, la paix d’une bonne conscience, avantgoùt des joies célestes ; pour ceux qui le violent , la maladie, les punitions des hommes , les châtiments de Dieu. Toutes trois, enfin , ont chacune leur ministre: le médecin , qui soulage; le magistrat, qui punit; le prêtre, qui pardonne.
(1) Le christianisme toutefois ne se contente pas de nous voir observer ses nréceptes par la crainte seule des peines de l’autre vie : il exige que le mobile de toutes nos actions soit 1 amour de Dieu, et du prochain en Dieu.