‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religionChapitre 32 sur 128 · BANS LE CRIME ET DANS LA PASSION. 1,JD · texte numérisé non relu

BANS LE CRIME ET DANS LA PASSION. 1,JD

Examinons maintenant l’influence qu’exercent sur les condamnes ces dispositions pénales de notre législation. Si nous ouvrons nos annales de la criminalité, nous voyons les différents ministres de la justice qui se sont succédé depuis 1825, formuler tous les mêmes plaintes , déplorer le nombre toujours croissant des récidives, dont le tableau suivant fera connaîlic le chiffre annuel.

TABLEAU des individus jugés depuis 1831 jusqu en 184-0, et qui se trouvaient en état de récidive en matière criminelle ou en matière correctionnelle.

Années.

Récidive en mat. crim.

Récidive en mat. cor.

Total des récidi

En dix années . .

Ainsi qu’on le voit par ce tableau dressé d’après les documents officiels , le rapport des récidives criminelles aux récidives correctionnelles présente bien quelques variations d’une année à l’autre ; mais le chiffre des récidives prises en général augmente annuellement d’une manière effrayante : il a plus que doublé depuis dix ans.

On remarquera que ce tableau ne donne que le chiffre des récidivistes et non celui des récidives, qui est beaucoup plus elevé , certains individus jugés plusieurs fois pendant la même année n’y figurant que pour l’unité. C’est ainsi qu’en 1840, le nombre des récidivistes en matière correctionnelle a été de 11,842 , tandis que celui des récidives s’est élevé à 14,077 , puisque 1,855 de ces prévenus ont été jugés pendant cette même année , deux, trois, quatre et cinq fois, soit par le même tribunal , soit par des tribunaux différents.

C’est dans le département de la Seine que l’on trouve toujours le plus grand nombre de récidivistes jugés plusieurs fois dans le cours d’une année , et ce sont la plupart du temps les ruptures du ban de surveillance qui ont motivé ces nombreuses poursuites contre les mêmes individus.

Le chiffre des délits étant beaucoup plus élevé que celui des crimes, il y a bien plus d individus en étal de récidive parmi les prévenus que parmi les accusés ; mais , en comparant séparément tous les accusés et tous les prévenus en état de récidive appartenant à chacune de ces classes, on trouve, pour les simples prévenus précédemment condamnés , une proportion bien plus faible que pour les accusés qui se trouvaient dans le même cas.

Le nombre des accusés en récidive est, par exemple, au total des accasés jugés en 1840, dans le rapport de 23 sur 100 ; tandis que celui des prévenus récidivistes , dont les antécédents ont pu être constatés, n’est que de 17 sur 100. — Il y avait, cette même année, 172 femmes parmi les accusés récidivistes : ce nombre , rapproché du total des accusés , donne la proportion de 1*2 sur 100, bien inférieure à celle des hommes, qui s’élève à 25, c’est-àdire à plus du double.

Les récidivistes sont toujours un peu moins nombreux parmi les libérés des bagnes que parmi ceux des maisons centrales; mais les premiers sont en général poursuivis pour des faits plus graves ; aussi le résultat des poursuites judiciaires est il plus sévère à leur égard.

11 résulte encore des documents statistiques fournis par le gouvernement , que les récidives sont un peu moins fréquentes parmi les libérés qui ont subi de longues détentions que parmi les autres. — Pour les forçats, les récidives sont aussi moins fréquentes parmi les libérés qui avaient à leur sortie une masse qui excédait 100 francs, que parmi ceux qui , en quittant le bagne, ne possédaient pas celte somme. Quant aux détenus sortant des maisons centrales , l’élévation plus ou moins considérable de leur masse ne paraît pas avoir influé sur leur conduite après la sortie de prison; et, chose déplorable ! les récidives sont un peu plus nombreuses parmi les libérés ayant un certain degré d’instruction que parmi ceux qui ne savaient ni lire ni écrire.

Enfin , il a été constaté que c’est presque toujours dans les premiers mois de leur libération que la plupart des condamnés libérés des bagnes et des maisons centrales qui doivent reprendre leur vie criminelle, se rendent coupables de nouveaux crimes ou de nouveaux délits. Ils commencent par enfreindre leur ban desurveillance, et, après avoir été condamnés pour celte infraction à des peines de courte durée, ils sont poursuivis et jugés pour des vols ou autres crimes encore plus graves. — On a remarqué que les maisons centrales de Poissy et de Melun , qui reçoivent leurs détenus de Paris, offrent toujours un chiffre de récidivistes plus élevé que les autres prisons du royaume. Dans les trois bagnes de Brest , de Rocbefort et de Toulon , ce sont les libérés de ce dernier bagne qui tombent le plus souvent en récidive; mais il faut remarquer que depuis 1828 jusqu’en 1837 , ce bagne est resté affecté aux condamnés à des peines de courte durée ; c’est-à-

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