COMME MOYENS THÉRA.PE0TIQOES
heures , dès <ju*il entendit ouvrir son secrétaire, dans lequel ses enfants avaient besoin de prendre de l’argent pour subvenir aux dépenses de la maladie.
Le colonel ftl***, connu de tout Paris par sa passion pour les médailles, était atteint d’une plcuro-pneumonie compliquée d’une violente encéphalite, avec coma profond. Depuis plusieurs heures il ne donnait presque aucun signe de vie, et tout semblait annoncer sa fin prochaine , lorsque , comme dernière ressource, j imaginai de dire a haute voix quon allait faire bientôt une vente magnifique de médailles. Ce dernier mot était à peine prononcé, que mon antiquaire remue les levres avec rapidité , s efforçant d’articuler son mot favori , médailles. Encouragé par ce premier succès , je répétai distinctement la même phrase , et chaque fois 1 on eût dit qu’une étincelle électrique venait peu à peu redonner le mouvement et la vie à ce corps auparavant insensible. Enfin, grâce à mon artifice , le colonel, ayant entièrement recouvré ses idées, me demanda d’un air inquiet si je savais à quelle époque aurait lieu la vente. Dans quinze jours, répondis-je avec assurance, et j’espère bien que vous pourrez y aller. Cette espérance abrégea de beaucoup la convalescence du malade, qui, ayant connu mon stratagème, se consola , et compléta sa guérison en visitant pour la millième fois les précieuses et innombrables pièces qui garnissent son cher médailler (1).
(1) Quelques années après, je rencontrai le colonel, pâle, défait et tout hors de lui : on venait de le voler ; des malfaiteurs s’étaient introduits dans son cabinet, et avaient enlevé un tiroir entier de médailles. Ce coup fut terrible pour lui; depuis celte époque, sa santé ne s’est jamais entièrement remise. La seule chose qui l’aida à supporter la vie, après un tel malheur, c’est que les imbéciles de voleurs n’avaient pris que des médailles d’or assez communes. Deux pouces plus bas, c’eût été les grands bronzes, les rares; il n’eût pas survécu à leur perte l
DES PASSIONS ET DE LA FOLIE