‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religionChapitre 48 sur 128 · DE L IVROGNERIE · texte numérisé non relu

DE L IVROGNERIE

comme un intrépide buveur, il lui arriva maintes fois de parier qu'il avalerait un litre d’eau-de-vie sans désemparer, cl il ne perdit jamais à ce jeu. Il apprit alors à faire des armes, passa bientôt maître, et se mit à rançonner les conscrits. Plus d’un coup de fleuret, plus d'une saignée, comme il le disait, furent la suite de ses excès, et malgré cela, sa dégoûtante crapule no fit que s’accroître. Son temps fini, il revint, en 1832, dans ses foyers , où l’ivrognerie lui fit contracter des dettes, qu’il solda en se vendant de nouveau. Deux ans après, dans un moment d’ivresse, il reçut au bras gauche un coup de sabre qui le fil réformer. Depuis lors, il végète dans les cabarets, où il boit en une heure ce qu’il a gagné dans deux journées. Il mange à peine; sa face est d’un rouge cuivreux ; ses yeux semblent sortir de leur orbite; son nez est couvert d’éruption; il est sujet à des attaques d’apoplexie qui forcent à le saigner tous les quinze jours, et il annonce lui-même sa fin prochaine.

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