Maladies de la moelle rachidienne (myélopathies
Lors de l'étude des petits moyens applicables à la curation des lésions dont les os sont susceptibles, j'ai parlé des cas dans lesquels les affections de la colonne vertébrale déterminent des accidents myéliques, et j'ai fait voir (page 384) que, sous l'influence de l'administration du phosphate de chaux, d'un régime convenable et du repos alternant avec un exercice qui ne soit pas porté jusqu'à la fatigue, on arrive le plus souvent à remédier au mal (page 386). Or, ce n'est qu'à l'aide d'une exploration extrêmement attentive et du dessin très-exact tracé au moyen du plessimétrisme et du crayon que Ton parvient à déterminer : si les symptômes observés (1) sont les résultats de la compression que les vertèbres volumineuses ou déviées exercent sur la moelle et sur les nerfs qui en émanent, ou bien s'ils sont produits par une maladie primitive de cette même moelle.
(1) Douleurs dans la région des reins s'étendant aux nerfs sciatiques et aux membres inférieurs; fourmillements, anomestésie ; ( troubles de sensibilité ) se manifestant à la ,plante du pieds puis : paralysie, faiblesse des extrémités inférieures, de la vessie ou du rectum ; contractions spasmodiques, etc.
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360. Notions thérapeutiques relatives aux souffrances de la moelle.
Ce serait un très-grand tort que de tracer ici le traitement de telles affections qui exigent pour être reconnues et combattues avec succès des études profondes et suivies. La seule chose convenable à faire remarquer ici est que, dans les lésions de la moelle quelles qu'elles soient, les principaux moyens à employer consistent dans une médication hygiénique telle que l'ensemble des précautions que voici.
361 . Moyens simples et hygiéniques qui sont utiles et non dangereux dans la curation de la plupart des maladies de la moelle rachidienne.
1° Le repos au lit est le plus souvent, dans le traitement des maladies de la moelle, le premier moyen de curation. Cependant, si Ton ne veut pas qu'il ait parfois des inconvénients, il faut éviter que le malade reste constamment couché sur le dos ; la raison en est que, dans cette attitude, le canal vertébral étant situé à la partie la plus basse, les congestions sanguines, surtout alors qu'elles sont stasiques, y sont plus intenses, et par conséquent plus difficiles à se dissiper. A plus forte raison en est-il ainsi pour les ramollissements et pour les hydromyélies qui peuvent y avoir lieu. Les inflammations mêmes de la moelle ou de ses membranes doivent aussi être influencées d'une manière fâcheuse par une déclivité constante,
il est donc utile de changer fréquemment, alors que cela est possible et qu'Un en résulte pas trop de douleur, la position que les malades atteints de myélies occupent dans leur lit, de les faire placer de temps en temps sur le côté , et cela est d'autant plus indispensable , que Ton peut alors examiner plus facilement la région du siège où se déclarent trop souvent des lésions d'une extrême gravité.
2° Toutes les fois, (en effet, que, sur la peau qui recouvre les parties voisines de l'extrémité inférieure de la colonne vertébrale, on voit survenir, chez les personnes atteintes de maladies de la moelle, des rougeurs, des éruptions, etc., qui sont les résultats de la déclivité, des frottements, de la malpropreté, du défaut de rénovation de l'air, il faut y porter la plus sérieuse attention et les traiter par les moyens précédemment indiqués (p. 47); c'est là un précepte de haute humanité, car si l'on n'agit pas ainsi, il en résulte des ramollissements, des congestions, des inflammations, des ulcérations, des abcès tellement dangereux, qu'ils sont suivis de la gangrène et de la mort.
3° Le repos qui, en général, est si utile dans les cas dont il est ici question, aurait cependant de trèsgraves inconvénients s'il était continuel et absolu; il faut le faire alterner avec l'exercice, qui, encore une fois, ne doit jamais être porté jusqu'à la fatigue ou à la douleur; tout aussitôt que le malade ressent les premières atteintes de cette fatigue, il faut le faire
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remettre au lit. S'il arrive qu'on laisse les membres inférieurs dans une immobilité complète, ils s'hypotrophient par le défaut d'action qu'on leur inflige, et finissent, s'ils ne sont pas déjà frappés d'une anervismie due à la myélopathie, par être atteints de \& paralysie du repos. C'est pour éviter cette conséquence fâcheuse du repos absolu dans les cas dont nous parlons, que j'ai utilisé avec tant de succès l'appareil gymnastique si simple dont j'ai donné déjà la description (p. 372).
4° C'est dans la même série d'idées qu'il faut pratiquer fréquemment sur la région des lombes, sur les fesses, les cuisses et les mollets des frictions avec la main, la flanelle, imbibées ou non de liqueurs aromatiques, et avoir recours au massage des muscles de ces parties, massage qui y active la circulation et y provoque le mouvement.
5° Il faut éviter avec le plus grand soin que l'urine s'accumule dans la vessie, et que les derniers intestins et surtout le rectum se remplissent de scories, et pour cela il faut explorer ces organes de la manière la plus attentive par la palpation et le plessimétrisme, et cela à l'effet de savoir s'ils contiennent ou non des liquides ou des matières ; dans le cas où Ton constate la présence de celles-ci, il est urgent de les évacuer et ne jamais permettre qu'elles y séjournent longtemps. Cette recommandation est une règle pratique que le médecin et les assistants ne doivent jamais oublier.
6° Dans les myélopathies comme dans toutes les
autres affections, il faut avant tout éviter l'action des causes qui leur donnent naissance ou qui les entretiennent , et dans ce nombre sont particulièrement : la station prolongée et fréquemment réitérée; la fatigue extrême et continue; les excès vénériens, et surtout les habitudes vicieuses auxquelles les adolescents et les jeunes gens se livrent ; la spermorrhée nocturne ou diurne; l'usage des liqueurs fermentées et surtout de l'alcool ; Faction des oxydes et des sels de plomb, etc., etc.
Des détails plus étendus sur le traitement des myélopathies me feraient sortir du cadre dans lequel je veux me renfermer; je me bornerai à dire ici que les moyens dont il vient d'être parlé et qui sont éminemment hygiéniques, sont en général infiniment plus utiles que l'emploi de la brucine, de la strychnine et d'autres médicaments dangereux dont on a si souvent usé et abusé.