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Propagation au larynx de l'inflammation du nez

Peut-être arrêterait-on l'extension d'une inflammation du nez vers le larynx en modifiant fortement , lors de la rhinite, la portion évasée du pharynx qui sert de conduit à la respiration, et cela au moyen d'un gargarisme, dans lequel le sulfate de zinc entrerait pour un centième, et que Ton aurait le soin de ne pas faire avaler. Pour réussir, il faudrait prolonger durant quelques minutes l'emploi de ce gargarisme et en faire usage plusieurs fois par jour.

77. Maladies du larynx, de la trachée et des bronches (laryngies; trachéies, bronchies). Repos des organes respiratoires dans les affections aiguës du tube aérien ou angiaire.

L'un des moyens les plus puissants de soulager et même de guérir les affections aiguës du larynx, de la trachée et des bronches est en même temps le plus simple. H s'agit seulement, pour obtenir ces résultats, d'éviter que le mal soit entretenu par l'accomplissement des fonctions de ces organes; mais ici, il y a des remarques importantes à faire.

La cavité de l'arbre aérien doit nécessairement et continuellement livrer passage à l'air; sans cela la mort par le manque d'oxygénation du sang est promptement inévitable. On ne peut donc empêcher un malade qui souffre des voies aériennes de respirer

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à chaque instant; mais on doit au moins chercher à modérer cette respiration et à la ralentir autant que possible, en recommandant au patient de garder le repos et d'éviter de se livrer à des exercices violents.

Il ne faudrait pas, cependant, porter trop loin l'application de ce précepte, et souvent les respirations suspi rieuses pratiquées de temps en temps et coup sur coup améliorent sensiblement l'état du tube aérien ; mais il en est plutôt ainsi dans les affections des derniers rameaux bronchiques que lors des souffrances de la trachée et des bronches.

78. Enrouement; danger de parler continuellement à voix basse. Cas remarquables de guérison.

Quant aux fonctions du larynx relatives à la voix et à la parole, le silence absolu présente souvent de l'utilité, mais ce qui n'en a pas, c'est de ne parler qu'à voix basse.

En effet, on conseillerait à tort à une personne atteinte d'enrouement dû à une laryngite médiocrement aiguë, et surtout chronique, d'éviter de former des sons vocaux par le larynx.

Pour la production de la voix basse, il faut un grand effort dans lequel les muscles du larynx agissent presque autant que pour le langage pleinement articulé ; celui-ci fatigue fort peu alors que les poumons remplis d'air font vibrer le tuyau vocal. // arrive ici ce qui a lieu pour le soufflet de l'orgue, qul

donne d'autant plus facilement des sons quil est plus rempli de gaz atmosphérique.

De cette considération résultent des documents utiles pour comprendre l'importance de procédés bien simples, qui suffisent, cependant, soit pour rendre la voix à des gens qui croient Favoir perdue, soit pour améliorer de beaucoup le chant des personnes qui se livrent à cet agréable exercice. — Les faits suivants vont fournir les preuves de ce qui vient d'être dit.

Un riche négociant de Rouen vint, il y a déjà quelques années, me consulter pour une aphonie telle, qu'il ne pouvait émettre le moindre son vocal. Il faisait des efforts pour parler à voix basse, alors que la poitrine contenait peu d'air, et ne parvenait à articuler avec les lèvres et la bouche que des phrases à peine entendues.

Depuis six mois il était dans cet état. J'examinai le pharynx, les voies aériennes, les poumons, etc.; je n'y pus rien constater d'anormal. J'appris alors que ce malade avait été atteint, au début des accidents, d'une laryngo-trachéite aiguë, et qu'on lui avait recommandé avec raison alors, de ne pas parler; mais lorsque le mal devint chronique, notre homme avait continué à ne s'exprimer qu'à voix très-basse, de sorte qu'étant débarrassé de l'affection du larynx, il était resté aphone par habitude. Je lui conseillai alors de faire une respiration suspirieuse, de dilater ses poumons par de l'air, de retenir celui-ci et de

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s'efforcer tout à coup d'émettre, à très-haute voix, une phrase courte, telle que celle-ci : Je voudrais pour tout au monde être guéri. Après quelque hésitation, il fit ce que je lui recommandais, et quelle fut sa surprise et sa joie, quand il proféra, de manière à nous étourdir tous les deux, les paroles que je viens de dire.

Depuis ce temps, il s'exprima comme si jamais il n'avait été aphone, et repartit le lendemain pour Rouen. Le tout au monde, qu'il disait devoir donner, se réduisit à la plus petite pièce d'or alors en usage.

Dans deux autres faits, presque aussi accentués que le précédent, j'ai obtenu à la suite du même traitement des résultats analogues, et bien souvent dans des enrouements (hypophonie) chroniques, j'ai amélioré singulièrement la voix par le même procédé.

79. Utilité des inspirations lentes et profondes, suivies d'expectorations brusques pour expulser les mucosités du larynx, qui ont reçu des chanteurs le nom de chat.

Mais c'est surtout pour le chant que des moyens du même genre que les précédents sont extrêmement utiles ; le sirop d'érisymum, quelques autres préparations, composées en grande partie de sucre et de gomme avec addition d'un peu d'opium, de belladone, etc., constituent la médication employée par bien des gens pour enlever, comme on le dit vulgairement, le chat qui, tout à coup, fait perdre la voix.

Or, ce chat n'est autre chose que quelques muco-

sités épaisses qui viennent se placer clans les organes producteurs des sons et probablement vers les cordes vocales ; ces mucosités, difficiles à se détacher, empêchent les vibrations sonores de se former.

Dans une des représentations à} Iferculanum à laquelle j'assistais, il arriva que le ténor éprouva tout à coup l'accident dont je viens de parler, et plusieurs fois de suite ce malheur se renouvela. Très-impressionnable, M. R... se laissa entraîner par le désespoir; il jeta même à ses pieds la couronne qu'il portait, et s'enfuit éperdu dans la coulisse. J'avais lu récemment mon mémoire à l'Académie des sciences, sur les respirations accélérées et expultrices, et je vis tout d'abord la cause de cette perte de la voix qui pouvait, à un si haut degré, nuire à un grand artiste. Je me fis conduire sur la scène, et je trouvai dans les coulisses M. R... assis et désolé. Il ne me fut pas difficile de lui persuader de faire lentement de trèsprofondes inspirations, suivies d'expirations trèsbrusques, et dirigées vers le larynx, de telle sorte que l'air expulsé par ce mouvement entraînât avec lui les mucosités qui gênaient l'action des cordes vocales.

L'acteur n'avait pas eu trois fois recours à cette pratique, qu'il évacua les liquides visqueux qui oblitéraient en partie la cavité du larynx où la voix se produit. M. R... continua à remplir son rôle. Sans doute il n'a que très-médiocrement compris l'importance du service très-désintéressé que je lui avais

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rendu, car je n'ai pas eu même l'honneur de recevoir une carte de visite de lui.

Il est vrai qu'auprès de M. R... se trouvait un médecin dont les manières et l'expression de physionomie me portent à croire qu'il n'avait pas été trèsbienveillant à l'endroit des conseils que j'avais donnés et qui avaient été si utiles à réminent artiste.

80. Amélioration de la voix et du chant produite par les grandes inspirations suivies de la concentration d'un grand volume d'air dans la poitrine.

Dans plusieurs autres cas, j'ai réussi à faire disparaître, par le même procédé, un enrouement survenu subitement, et bientôt nous verrons que dans les affections des voies de l'air plus profondes, les expirations brusques et expectorantes ontune extrême utilité.

La voix parlée ou chantée est infiniment améliorée et rendue beaucoup plus forte, plus sonore et plus étendue par le procédé suivant, que j'emploie lorsque je veux donner à ma voix, soit une grande énergie, soit un timbre meilleur, ou queje cherche à produire des sons plus graves ou plus aigus, plus pleins et moins rauques, que dans le chant qui m'est naturel. Je fais une inspiration très-profonde et très-complète, et je retiens pendant un certain temps l'air contenu dans la poitrine ainsi distendue ; c'est alors que je m'efforce de produire un grand volume de voix parlée ou chantée. De cette façon, je parviens à dépasser de beaucoup le registre de ma voix. Plusieurs artistes,

notamment M. Roudil , baryton de premier ordre et attaché à l'Opéra, en suivant cette méthode, a donné encore plus de force et d'étendue à son chant. Le tort de beaucoup de gens est de vider trop complètement d'air la poitrine alors qu'ils parlent, et de se fatiguer beaucoup en le faisant; la timidité qui ôte tout à coup la voix à certaines personnes ne parait pas agir autrement qu'en empêchant de respirer suffisamment pour donner les proportions d'air nécessaires à la formation des sons.

81. Utilité d'une voilette pour prévenir les rhumes et les maladies aiguës du poumon.

En général, et malgré l'opinion contraire généralement admise, ce n'est pas le refroidissement de la peau de la poitrine, de la tête ou des pieds qui est la cause ordinaire des rhumes de cerveau [rhinite), du larynx {laryngite), de la trachée et des bronches [trachéo-bronchite ; mais, ainsi qu'il en arrive pour le coryza, c'est bien plutôt l'air froid et humide agissant sur la membrane muqueuse laryngo-bronehique qui produit les accidents dont il s'agit; en effet, on applique tous les jours de la glace sur les diverses parties du corps des malades, sans qu'ils s'enrhument, et il suffit, au contraire, (le sortir par une température basse et pluvieuse pour que les voies de l'air souffrent et que de la toux survienne. Aussi ne peuton assez recommander aux personnes qui sont sujettes aux rhumes et aux affections des voies aériennes

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d'éviter de respirer l'air froid et humide, surtout lorsqu'un moment auparavant elles étaient dans un lieu échauffé. Une bonne précaution est de placer dans de tels cas un mouchoir devant la bouche, ou mieux encore une voilette de gaze ou de tulle, qui produit ici l'office que la lampe de Davy remplit pour les mineurs. C'est surtout pour les jeunes filles qui sortent du bal qu'il est utile d'en agir ainsi.

82. Évacuation des liquides et de l'écume contenus dans le tube aérien.

Presque toujours la cause matérielle de la mort, si longtemps objet de doutes et de discussion pour les médecins, est l'obstruction des cavités que l'air doit traverser par des liquides qui s'y accumulent, et forment souvent une écume qui pénètre au loin et jusque dans les vésicules pulmonaires. L'étude des accidents mortels dont il s'agit a été l'une de celles auxquelles je me suis davantage livré (1). Elle a été pour beaucoup, ainsi que mes recherches sur les pertes de sang, dans les idées qui m'ont conduit à rejeter l'admission de l'unité morbide, ou maladie unitaire, et à porter une immense attention aux états organopathiques existants chez l'homme malade. Il suffit en effet que dans une maladie , n'importe laquelle, un peu de liquide ou d'écume soit déposé dans les divisions

(1) Thèse latine pour l'aggrégation (1826) : Sur les signes de la mort par submersion, — Mémoires: Sur l'insufflation pulmonaire; sur l'asphyxie par l'écume bronchique, — Traité de médecine pratique, nos 5930 et suivants.

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bronchiques pour que, tout d'abord, surviennent des phénomènes plus ou moins graves en rapport avec le défaut d'oxydation du sang, tels que l'accélération du pouls, l'altération des traits, l'état fébrile, etc. Aussitôt que ces accidents surviennent, l'aspect primitif de la maladie change, et il n'y a plus de comparaison à établir entre ce qui avait lieu précédemment et ce qui se passe actuellement.

On conçoit dès lors combien il est important d'avoir à sa disposition des moyens propres* à évacuer les matières contenues dans les voies de l'air.

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