Douleurs de la poitrine dites rhumatismales
Quelques-unes de ces douleurs se dissipent par des moyens d'une grande simplicité, et beaucoup d'entre elles résistent aux médications réputées les plus actives.
D'abord, la plupart des souffrances dans les parois
(\) Etuve sèche, frictions avec la flanelle, lit échauffé, etc., et non pas infusion de bourrache, de sureau, etc.
DES PETITS MOYENS
de la poitrine, souffrances que Ton rapporte, sans raison, au rhumatisme (1), ne sont autre chose que les résultats de Tune des deux lésions suivantes :
1° Des tiraillements ou des déchirures des fibres musculaires qui sont placées entre les côtes; ces accidents surviennent brusquement à l'occasion des quintes de toux, d'efforts, de mouvements mal dirigés, ou d'attitudes mauvaises, telles que celles dans lesquelles la poitrine est fortement courbée en avant. Les principaux et presque les seuls moyens de remédier à ces états morbides sont d'abord le repos absolu et d'éviter, autant que possible, les mouvements, les attitudes, les efforts, la toux, etc., qui ont causé le mal et qui l'entretiennent; on peut joindre à cette médication de fortes frictions, pratiquées sur les points endoloris, avec la flanelle sèche ou imbibée soit d'eau de mélisse et de Cologne, soit de quelque autre substance du même genre.
2° Des névralgies qui ont pour caractère de se manifester dans le trajet des nerfs intercostaux ; difficiles à reconnaître, elles sont souvent les résultats d'une inflammation de la plèvre, et, plus fréquemment encore, de l'extension de névralgies qui ont lieu dans d'autres régions (de celles, par exemple, qui prennent leur point de départ dans les ovaires) ; mais, dans ces cas, le plus ordinairement, de petits moyens, tels que
(1) Si vous demandez à ceux qui parlent si facilement de rhumatismes, ce qu'ils entendent par là, vous verrez bientôt qu'ils ne se comprennent pas eux-mêmes,
ceux qui font le sujet de ce travail (1), sont insuffisants.
Certes, dans les cas précédents, il faut se donner garde de se borner à un examen superficiel ou à des demi-connaissances pour déterminer la nature de la douleur, et ne pas faire comme il est arrivé à un de mes proches parents, camarade d'enfance, lequel vint, de Poitiers, me consulter pour une douleur de poitrine dont il était atteint depuis dix ans. On n'avait même pas examiné le siège du mal ; à peine
eus-je mis à découvert la partie dont H. R se
plaignait, que je vis un énorme et affreux cancer que Ton opéra, d'après mon conseil, ce qui n'empêcha pas mon malheureux cousin de succomber promptement.
(1) Voyez mon Traité de médecine pratique, article sur les névralgies; t. VIII.