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Altérations du sang (anomémies

Les altérations que le sang peut éprouver sont nombreuses et variées. Les moyens d'y remédier ont le plus souvent d'une grande simplicité. Malheureusement, les médicaments plus ou moins compliqués, et dont plusieurs ont été le résultat d'applications chimiques très- acceptables, réussissent beaucoup moins bien, dans de tels cas, que Ton serait tout d'abord disposé à le croire.

Je vais successivement passer en revue , dans Tordre qui a été établi dans mon Traité de médecine pratique (tome III), les principales anomémies, et rechercher s'il n'est pas de moyens hygiéniques et d'une grande simplicité qui puissent remédier à plusieurs de ces nembreux troubles organiques.

99. Augmentation dans les proportions du sang ou pléthore sanguine (panhypérémie).

Dans un grand nombre de cas où l'augmentation du volume du cœur et du foie, l'amplitude des vaisseaux, la coloration des tissus, etc., doivent faire admettre que les proportions du sang dépassent l'état normal, il n'est pas toujours besoin d'avoir recours à des saignées ou à des médicaments propres à faire évacuer des liquides. Il suffit, si le cas n'est pas pressant et si rien ne fait craindre actuellement des congestions sanguines dans les organes importants à la vie :

1° De diminuer la proportion d'aliments et même d'en priver pendant quelque temps le malade;

2° De faire faire de l'exercice et de choisir comme nourriture des substances peu nutritives, telles que les herbages, les fruits, les viandes blanches, etc.;

3° De faire prendre beaucoup d'exercice au malade;

4° De faire en sorte qu'il reste peu au lit;

5° D'entretenir des selles assez abondantes par quelques purgatifs doux, tels que la rhubarbe en poudre, de petites doses de scammonée, etc.

Dans ces mêmes circonstances, il ne faut pas, pour remédier à la pléthore, pratiquer des saignées alors que l'on s'attend à des hémorrhagies normales (rhémismes), qui, conformément aux lois de l'organisme, doivent se manifester à des époques fixes. Cette proposition est particulièment applicable à la conduite

DES PETITS MOYENS

que Ton doit tenir à l'approche de la période menstruelle.

Il faut encore se rappeler que, dans les cas de pléthore sanguine (panhypérémie) , où survient une hémorrhagie spontanée et abondante, on ne doit pas chercher à arrêter trop tôt la perte de sang, car, portée à un certain degré, elle est souvent utile pour remédier aux accidents qu'éprouve le malade.

160. Défaut de sang (hypémie, anémie) ; excès de sérum dans le sang (hydrémie) ; défaut de coloration du sang en rapport avec la diminution des globules et du fer (hypochalybémie).

Ces états pathologiques^ fâcheux et si fréquents, qui entrent, comme éléments morbides principaux, dans la maladie dite pâles couleurs, chlorose, chloranémie, etc., exigent, dans l'opinion de presque tous les médecins, l'emploi du fer administré de diverses façons et à des doses suffisantes ; mais si Ton donnait exclusivement des préparations ferriques aux personnes qui sont atteintes des symptômes assignés à l'affection dont il s'agit, sans avoir recours en même temps à d'autres médications, j'affirme qu'aucune de ces personnes ne verrait sa santé s'améliorer.

11 en serait ainsi dans les états du sang du même genre que les précédents qui, se déclarant à la suite du ramollissement des tubercules, du cancer, etc., ont reçu le nom de cachexies ; ce n'est pas encore le fer qui, donné seul, pourrait réussir.

Un régime essentiellement réparateur, joint à l'action de la lumière et à un exercice modéré , est, dans de tels cas, le meilleur moyen de guérir les malades , ou de les faire vivre plus longtemps.

A plus forte raison en est-il ainsi dans rhypémie proprement dite (diminution dans les proportions du sang); ce n'est point le quinquina, le quassia amara, les amers de toute sorte et les autres médicaments réputés toniques, ce n'est pas l'alcool ou le fer qui formeront des globules sanguins et qui répareront, de cette façon , les pertes que l'organisme a faites.

C'est avec une alimentation convenable, avec une nourriture choisie et proportionnée, sous le rapport de la qualité comme sous celui de la quantité , à l'état du malade, que l'on rendra ce que Ton est convenu d'appeler les forces.

Seulement , les agents médicamenteux peuvent être utiles en modifiant les organes de façon à activer et à améliorer les fonctions dont le but est l'hématose.

101. Diminution dans l'oxygénation du sang; asphyxie des auteurs; hypoxémie de la nomenclature organo-pathologiquc; l'indication principale est ici de faire respirer spontanément ou artificiellement.

Dire que le principal remède que l'on doit administrer à celui qui respire incomplètement ou qui ne

respire pas l'oxygène de l'air, est de faire que le sang qui circule soit en contact avec ce même oxygène, est une chose si simple qu'au premier abord elle pourrait passer pour une naïveté.

Eh bien ! cette donnée si simple, cette vérité vraie, est loin d'avoir été généralement comprise; et, par exemple, consultez les instructions sur les soins à donner aux strangulés, aux noyés ou aux asphyxiés par les gaz irrespirables ou toxiques, et vous verrez tout d'abord recommander des lavements avec le tabac, les vomitifs, les purgatifs, les frictions avec les liniments alcooliques, etc.; tandis que souvent on notera à peine les principaux moyens de curation, je veux dire :

\° Les grandes inspirations pratiquées coup sur coup et qui sont possibles si le malade consférve assez de force et de volonté pour les exécuter;

2° L'insufflation par le nez et la bouche, en même temps que l'on ferme le pharynx par la compression du larynx sur la colonne vertébrale (1), dans les cas où l'asphyxié a perdu connaissance.

Qu'il s'agisse d'un enfant nouveau-né qui ne respire pas, d'un malheureux qui vient d'être soumis à l'action funeste des gaz dégagés du charbon qui s'allume ou de la braise incandescente, qu'un homme soit soumis à l'influence d'un air privé d'oxygène ou altéré

(l) Le but do cette manœuvre est l'empêcher le gaz insufflé de pénétrer dans le tube digestif.

par des vapeurs délétères, etc., etc., le principal moyen, le seul moyen véritablement actif d'oxygéner le sang, est de faire pénétrer de l'air dans les cellules pulmonaires et de provoquer ensuite son expulsion.

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