Moyens de remplir l'indication qui précède
Mais, pour que cet air entre et sorte ainsi, il faut faire cesser ou enlever autant que possible les causes matérielles qui, dans une foule de cas, empêchent le gaz atmosphérique de pénétrer dans les poumons :
1° Lorsqu'un homme s'est noyé par une seule immersion et que l'eau introduite dans les voies aériennes n'a pu devenir écumeuse , l'abaissement momentané de la tête pouvant faire écouler cette eau est alors d'une extrême utilité ; il ne convient pas de prolonger cette position, dans la crainte de congestion cérébrale par déclivité (encéphalémie hypostasique).
2° Quand de l'écume est accumulée dans les bronches, ainsi que cela arrive chez les submergés qui ont alternativement plongé et respiré de l'air, ou chez la plupart des agonisants qui meurent avec le râle (hypoxémie aphrosique ou par l'écume bron-
(1) Voir ma thèse latine sur les signes de la mort par submersion (1826), et mon Traité de médecine pratique, dans lequel ces questions ont été expérimentalement traitées.
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chique), l'aspiration de cette écume est d'une immense utilité (1).
L'extraction des corps étrangers introduits dans la trachée, l'évacuation de la membrane accidentelle dans le croup (laryngo-trachéite bien-plastique), sont, dans de tels cas, les principaux moyens de conserver la vie,
(1) Voir mon Mémoire sur l'asphyxie par l'écume bronchique3 dans le procédé opératoire de la percussion médiate.
Des élèves aussi dévoués que studieux, MM. Magnié, Besset, Delfau, Blumenthal et Maurice Raynaud, ont récemment, dans un cas d'angine couenneuse, noblement exposé leur vie en cherchant à aspirer directement par une canule introduite dans une plaie faite au larynx les liquides que contenaient les voies de l'air; c'est là un dévouement qui honore ces messieurs, genre de dévouement dont la plupart des médecins donnent des preuves si fréquentes. — M. Ballet a déjà voulu tenter à l'hôpital de la Pitié, chez un malade atteint de gangrène du poumon et qui périssait d'asphyxie , V aspiration des détritus fétides qui obstruaient les bronches. Il voulait absolument porter sa bouche sur celle de ce malheureux dont la mort était d'ailleurs inévitable. ïl fallut toute mon autorité de chef de service pour empêcher M. Ballet de commettre celte imprudence généreuse qui ne pouvait sauver la vie du malade et qui aurait si fortement mis en péril celle de cet élève. Il y a d'ailleurs des moyens non dangereux pour le médecin d'exécuter l'aspiration dont il s'agit, et ils ont été indiqués dans le Traité de Médecine pratique (articles : Asphyxie par l'écume bronchique, n° 6090 ; Croup, no 6438). Ces moyens consistent dans l'introduction de la canule d'une seringue ou de tout autre corps de pompe dans l'une des narines, pendant que l'autre narine et la bouche seraient parfaitement fermées. Bien entendu qu'en même temps que cette aspiration serait pratiquée, on comprimerait le pharynx en appuyant le larynx dans la direction de la colonne vertébrale. Sans cette précaution, on aspirerait non pas l'écume bronchique, mais les liquides qui se trouveraient dans le tube digestif.
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3* Quand les gaz, les liquides, la graisse, accumulés dans les intestins, le péritoine ou le tissu adipeux du ventre, empêchant le diaphragme de s'abaisser, diminuent, par suite, Famplitude de la poitrine et causent l'hypoxémie, c'est à ces états morbides qu'il faut s'opposer alors que l'on veut soulager les malades, qui appellent asthme les effets de semblables causes (1).
4° Les épanchements dans les plèvres ? qui ne permettent pas l'ampliation des poumons, exigent l'évacuation, par absorption ou par une opération convenable, des liquides contenus dans ces membranes, etc., etc.
Certes, je n'entrerai pas ici dans les détails que comportent d'aussi graves sujets; mais je veux établir que le moyen le plus utile dans les asphyxies ou kypoxémies et en même temps le plus simple, est l'introduction volontaire ou forcée de l'air dans les poumons.
103. Cas remarquable cTasphyxie par les gaz dégagés du charbon en ignition, guéris instantanément par les respirations profondes.
Il m'a suffi, dans le cas suivant et dans plusieurs autres du même genre, de faire largement respirer pour remédier presque instantanément aux accidents
(1) Voyez mon Mémoire sur l'asphyxie par suite du refoulement des viscères ou angiaire* aphrosie (n<> 2974), etc. Traité de médecine pratique.
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les plus graves, causés par la respiration de l'acide carbonique.
]Une femme, dans la force de l'âge et d'une bonne constitution, habitait, rueNeuve-des-Mathurins, n° 1, une chambre fort petite, dans laquelle du charbon était depuis quelque temps allumé ; elle tomba presque sans connaissance.
La figure était violacée; des vomissements avaient eu lieu ; le pouls était irrégulier.
Je fis transporter à l'instant cette malheureuse femme dans la cour de la maison ; l'intelligence et la volonté étaient encore conservées, bien qu'à un faible degré.
Je parvins, par des instances réitérées, à lui faire faire coup sur coup plusieurs inspirations , qui , d'abord peu étendues, prirent ensuite bien plus d'énergie.
A la huitième ou dixième de ces inspirations, les mouvements respirateurs prirent beaucoup d'extension, et quelques soupirs très-profonds purent s'accomplir. Pendant qu'ils se succédaient, les accidents cessaient d'une façon si complète que, quelques minutes après, la coloration rosée était revenue à son état normal, et que la malade put continuer de vaquer à ses travaux habituels.
104. État du sang dit inflammatoire, sang couenneux, fièvre inflammatoire, hémi te ouplasthydrémie de la nomenclature (1).
Oter du sang dans la fièvre inflammatoire ou hémite, est souvent faire une chose utile, mais non pas remédier à l'état organique actuel qui consiste en ce qu'une certaine proportion de fibrine se trouve suspendue et non dissoute dans le sérum, ce qui la rend trouble et ce qui est cause que, par le repos, le sang laisse déposer, sur le caillot, une couche fibrineuse grisâtre à laquelle nos bons aïeux, par une comparaison burlesque, ont donné le nom de couenne. Ce qu'il faudrait pouvoir faire, dans de tels cas, ce serait de rendre la fibrine soluble; on a essayé de la soude, de la potasse, etc.; j'ai moi-même tenté de faire respirer de l'ammoniaque, mais les recherches que j'ai faites sur ce sujet sont trop incomplètes pour en parler ici. Jusqu'à présent on ne voit de vraiment indiqué dans l'hémite que des moyens éminemment hygiéniques et d'une grande simplicité, tels que les boissons aqueuses à doses faibles à la fois, mais réitérées; je dis faibles, car j'ai constaté que, si l'on ajoute brusquement, à du sérum trouble séparé du caillot et devant déposer lentement de la couenne, une grande proportion d'eau, tout d'abord la fibrine se précipite en masse et une coagulation prompte a lieu; or, ce fait n'encourage guère à introduire promptement,
(1) Traité de médecine pratique, n° 4044.
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dans les vaisseaux d'un individu atteint d'hémite ou plasthydrémie une'proportion considérable de boissons aqueuses. En portant, au contraire, peu à peu Peau dans les voies circulatoires, on n'aaucun risque à courir et Ton est très-utile aux malades, On peut dire des injections dans le fondement et des bains, une partie de ce qui vient d'être établi pour les boissons aqueuses.
Bien entendu que l'abstinence et le repos sont non moins utiles, dans le cas d'hémite, que les moyens précédents.
105. Affections inflammatoires dans lesquelles l'état couenneux du sang entre comme élément principal ou comme coïncidence, et explique les phénomènes locaux qui ont lieu ultérieurement (rhumatisme articulaire aigu ou hémitoarlhrite), pneumonie aiguë (hémito-pneumonitc), pleurésie aiguë (hemito- pleurite), endocardite^ péricardite (hémitoendocardite, hémito-péricardite, etc).
Dans des cas pareils, l'état couenneux du sang est, dans la théorie que j'ai proposée et admise (1), le point de départ de la plupart des altérations organiques qui surviennent et qui, diverses suivant le siège de la lésion et suivant les fonctions de l'organe affecté, ont ceci de commun, que la couenne ou plutôt la fibrine suspendue dans le sérum est l'agent des phénomènes qui surviennent; exemples: dans l'inflammation du cœur, de sa membrane extérieure, dans celle des plèvres, des articulations, la fibrine se dépose, à
(1) Traité de médecine pratique, nO5 40&0 et suivants.
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la suite de l'hémite, sur les surfaces membraneuses; dans la pneumonite, elle passe difficilement à travers les vaisseaux pulmonaires et y forme des concrétions, etc.
Beaucoup de médecins peuvent très-bien ne pas adopter cette théorie et rapporter encore de tels phénomènes à l'irritation, à la vitalité, etc., mais tous les faits s'accordent avec les opinions que je défends, qui sont fécondes en applications thérapeutiques.
En effet, puisque l'état couenneux du sang joue un rôle si important dans les maladies inflammatoires, il est évident que le traitement applicable à Phémite doit ne différer de celui de la fièvre inflammatoire que sous le rapport de la structure et des fonctions des organes ou les accidents concomitants ou consécutifs à celle-ci ont lieu. Conséquences logiques : l'introduction lente et successive d'une notable proportion d'eau dans les vaisseaux, soit par les boissons, soit par les vapeurs respirées; soit par les injections, etcv et de plus l'abstinence, le repos de la partie malade, moyens simples et hygiéniques par excellence, sont, en général, dans les maladies que nous venons de parler (1), des moyens de pre-
(1) Si l'on ne connaissait l'incroyable manie de parler de ce que l'on n'a même pas lu,' manie qui trouble le cerveau de certaines gens, on ne comprendrait pas comment on a pu prétendre que l'auteur de la théorie précédente, datant de 1833, a été accusé de ne pas tenir compte des maladies générales et de ne s'occuper que des lésions locales. (Voyez le Traité de médecine pratique,, tome I, n<> J3903.)
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mier ordre et qui ne peuvent actuellement être remplacés par des médicaments, quels qu'ils soient.
106. Diminution de la fibrine contenue dans le sang; hypoplastémie, scorbut.
Bien que mes opinions nettement formulées (1) soient que l'état du sang désigné sous le nom absurde de scorbut, consiste dans une diminution de la fibrine du sang, et bien que, dans cette manière de voir, je ne m'explique en rien comment il se fait que les végétaux frais, les herbages, par exemple, remédient promptement à cette anomémie; j'admets, parce que l'expérience Ta absolument démontré, que c'est dans l'usage de ces mêmes moyens que gît le principal et presque l'unique remède de cet état pathologique. Les récits des grands navigateurs tels que Cook, Bougainville, Dumont-Durville, etc., l'expérience des médecins de la marine et de l'armée, la clinique journalière des hôpitaux et de la ville ne permettent pas de révoquer en doute cette grande donnée thérapeutique. Que de fois depuis trente ans n'ai-jepas remédié, dans mon service nosocomial ou dans ma pratique, à des hémorragies parles gencives, par la bouche, par l'intestin, par les poumons, etc., à des taches de sang déposé sous la peau, etc., et cela au moyen des sucs d'herbe donnés à des doses assez fortes. Certes, le perchlorure de fer administré dans
(1) Traité de médecine pratique ,tome 111, nos3911,3912 et suiv.
de tels cas n'est pas inutile ; mais il réussit moins bien que ne le font 200 ou 300 grammes de sucs herbacés (sucs de cresson, de laitue, de chicorée, etc.) ingérés par jour. Les oranges, les citrons, les racines fraîches, etc., sont aussi avantageusement prescrits alors que le malade peut les digérer. Toutes ces médications sont des moyens bien innocents, nullement dangereux, connus depuis longtemps, et qui ne peuvent être remplacés par des agents pharmaceutiques. Non-seulement ils réussissent dans les cas où Fétat du sang dont il est ici question constitue l'affection principale, mais aussi dans les maladies où il se déclare comme coïncidence, comme complication ou comme symptôme consécutif. C'est ainsi que dans les fièvres graves, dans les anciennes splénopathies (maladies de la rate, etc., etc.), j'ai pu, un grand nombre de fois, arrêter en quelques heures des hémorrhagies très-abondantes et très-dangereuses par l'usage des sucs d'herbes et de végétaux frais. Ces hémorrhagies me paraissaient être les résultats de l'état du sang qui, comme je viens de le dire, a été désigné, dans la nomenclature, par le terme hypoplastémie.
107. Diminution plus ou moins considérable du sérum du sang (hypohydrémie de la nomenclature (1). — Traitement du choléra.
Il est un état pathologique des plus graves, dont le sang est le siège, et que les terribles épidémies du
(1) Traité de Médecine pratique, n°« 3873 et 3894.
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choléra n'ont que trop appris à connaître, c'est cet état dans lequel la perte du sérum du sang est porté à ce point, que ce liquide organique, Réduit à ses parties globuleuses et solides, n'est plus qu'une sorte de bouillie épaisse, brunâtre ou même noirâtre, dont la consistance poisseuse est telle qu'il peut à peine circuler et qu'il ne traverse les petits vaisseaux des poumons, des glandes, des membranes, des membres et de la peau qu'avec une extrême difficulté. Ce n'est pas seulement à la suite de l'action du poison cholérique (indoloïose ou poison de la peste de l'Inde) que l'on voit se manifester un tel état du sang; mais il existe encore (comme je l'ai vu à Corbeil avec mon honorable ami M. le docteur Lionet, dans trois cas malheureux), à la suite des selles aqueuses que cause l'empoisonnement par certaines espèces de champignons. On le retrouve encore dans la gastrentérite aiguë, dite choléra sporadique, et dans certains cas où l'émétique donne lieu à d'énormes évacuations liquides par l'estomac et par l'intestin. C'est précisément parce que le sang devient demi-solide et ne circule qu'avec une peine infinie que l'on voit survenir dans ces circonstances une faiblesse extrême des battements du cœur et du pouls, le refroidissement, l'arrêt des sécrétions, et c'est aussi parce que les vaisseaux capillaires sont gorgés de sang épais et noir que les téguments de la face et des membres prennent cette coloration violacée et noirâtre que présentent les malheureux cholériques et les malades
qui sont atteints d'une hypohydrémie due à toute autre cause.
Or, comme la chimie, la physique, l'expérimentation clinique, etc., n'ont en rien fait connaître en quoi consiste le poison cholérique (indoloïose), et que Ton ne connaît pas davantage les agents neutralisants du principe vénéneux des champignons, etc., c'est exclusivement aux moyens d'arrêter le flux séreux qui a lieu par l'intestin, et, plus tard, c'est aux médications par lesquelles on pourrait espérer de rendre au sang le sérum perdu, que l'on peut et, dans des cas pareils, que l'on doit avoir recours. Malheureusement, la thériaque,, le punch, tous les médicaments dits astringents, etc., réussissent à peine, de sorte que les méthodes thérapeutiques sur lesquelles on peut compter davantage, sont les hoissons abondantes, soit alcooliques, soit acidulées, prises à doses réitérées ; car elles ont pour immense avantage de faire rejeter au dehors les substances nuisibles que le tube digestif peut contenir, de pénétrer quelquefois dans le sang et de remplacer le sérum qui fait défaut. Pour remplir cette dernière indication, les boissons contenant de l'albumine de l'œuf peuvent être utiles, et cela, qu'il y ait ou non des vomissements et des selles réitérées; ce sont surtout ces derniers moyens dont l'utilité est grande , tandis que la plupart des médicaments échouent. Les lavements aqueux, les bains de vapeur, les injections d'eau dans les veines, la compression de l'aorte abdominale pour ralentir la congestion
156 DES PETITS MOYENS
stasique de l'intestin, peuvent aussi, dans des cas pareils, avoir quelques avantages.
108. Altération du sang due au mélange avec ce liquide de quelques-uns des éléments ou des liquides formés normalement dans1 l'organisme. — État du sang dans la goutte (oxurémie).
La plupart des médecins instruits, se fondant sur des notions chimiques et sur l'expérience clinique, pensent que la cause des accidents réunis sous le nom de goutte n'est autre que Fexcès dans le sang de l'un des principes constituants de l'urine; je veux dire F acide urique. C'est ce qui nous a conduits, mon ami M. le docteur Galtier-Boissière (1) et moi, à donner à l'état morbide du sang, dans cette série de phénomènes, le nom iïoxurémie (2).
Ce n'est pas que nous ayons compris, sous cette dénomination, les innombrables états pathologiques et secondaires qui, pour les auteurs, constituent ce qu'ils appellent avec le public : la goutte ; nous avons voulu seulement parler de Faffection dite générale, de l'altération du sang, qui est le point de départ des lésions que présentent, dans cette maladie, les jointures, les ligaments, les nerfs, les muscles et les autres organes.
On prétend, en général, qu'il est impossible de remédier à la goutte : c'est une grande erreur. Sans
(1) Voyez l'excellent livre de ce médecin sur la goutte.
(2) Ce qui signifie affection qui consiste dans un excès d'acide urique dans le sang.
doute, on De parvient guère à guérir soit les altérations profondes qui se manifestent, par le fait de roxurémie, dans les os, autour des jointures, et les déformations qui en sont les conséquences. C'est seulement par des moyens chirurgicaux, qu'après avoir calmé ou détruit la cause organique primitive, on peut parvenir à en faire disparaître les résultats ou à les pallier; mais, quant à roxurémie elle-même, il suffit de moyens on ne peut pas plus simples et qui sont, en quelque sorte, vulgaires pour la combattre utilement. Ces moyens sont les suivants :
1° La sobriété : ne prendre qu'en de faibles proportions des viandes très-animalisées, du vin généreux, et s'abstenir presque complètement de liqueurs alcooliques.
2° Faire entrer largement dans le régime des substances végétales.
3° Avoir abondamment recours à des boissons aqueuses prises par petites doses à la fois, mais trèsfréquemment réitérées, de façon qu'à la fin du jour on en ait ingéré plusieurs litres.
4° Prendre souvent des bains tièdes prolongés et des injections aqueuses dans l'intestin.
5° Faire usage de bicarbonates alcalins, comme je le fais, en ayant recours à une potion ainsi composée et que j'administre dans plusieurs autres cas : bicarbonate de soude, 10 grammes; eau, 100 grammes; sirop de fleurs d'oranger, 50 grammes. Que l'on fasse choix de cette préparation ou des moyens proposés
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par M. Galtier-Boissière, les effets avantageux qu'ils produisent, alors que leur emploi est continu, ne tardent pas à se manifester. La dose de ces médicaments et le degré de sévérité du régime seront proportionnés à l'acidité de l'urine essayée par le papier de tournesol et à l'intensité des symptômes,
109. Accidents en rapport possible avec la présence du îait ou du moins de quelques-uns de ses matériaux dans le sang (ga.~ lactémie ou galémie).
Une opinion fortement enracinée dans le public, et que la plupart des médecins considèrent comme un ridicule préjugé, est que la pénétration ou la formation, la présence du lait ou au moins de ses matériaux constituants, dans le sang des femmes, lors de la lactation ou à sa suite, devient une source d'accidents aigus ou chroniques des plus graves. J'ai consacré l'article galémie du Traité de médecine pratique à la discussion de cette importante question (n° 4441).
Sans entrer dans les considérations pathologiques de premier ordre que ce sujet comporte, ja me bornerai ici à faire remarquer que les moyens les plus simples sont aussi les seuls qui puissent être utilement employés, soit pour prévenir, soit pour remédier à la résorption du lait et à la galémie, si tant est, comme je le crois très-probable, que l'on doive admettre son existence.
Y a-t-il une drogue, un remède spécifique ? qui
pourraient être raisonnablement proposés pour détruire ce que Ton appellerait, dans un langage incorrect, diathèse ou cachexie laiteuse? Certes, ni le quinquina, ni les dépuratifs, ni les diurétiques, ni les alcalins, ni les acides, ne feront cesser la galérnie et les accidents plus ou moins graves qu'on lui rapporte.
Pour des empiristes prévenus, l'infusion ou la décoction de canne serait peut-être encore un médicament spécifique; mais pour les cliniciens véritables, c'est- à-dire pour les gens de bon sens et d'expérience, une drogue pareille mérite le même degré de confiance que le collier de liège que de bonnes gens placent autour du cou des chiennes qui ont mis bas, et cela dans l'intention de faire passer leur lait !
Pour prévenir les abcès du sein, dus à ce que le lait contenu dans les vaisseaux qui le charrient ne coule pas (poil des gardes-malades, galactopyoïe de la nomenclature), il faut favoriser et même provoquer l'issue du lait par la succion naturelle ou artificielle du mamelon, au besoin par des ventouses, par des pressions, par des frictions sur les vaisseaux où ce même lait s'accumule.
Ces mêmes moyens sont non moins utiles pour faire que le lait ne soit pas résorbé et ne pénètre pas dans le sang; s'il y était véritablement parvenu, ce serait principalement par des boissons aqueuses administrées à doses réitérées, ce serait par quelques purgatifs propres à faire écouler surtout du sérum du sang
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(purgatifs hydrorrhéiques), que Ton pourrait remédier à l'état pathologique, dit galémie, et à ses conséquences organiques. Ces considérations sont entièrement applicables : à l'encéphalie des femmes en couches, aux accidents broncho-pulmonaires qui se déclarent à la suite de la parturition, et à plusieurs autres états pathologiques qui ont lieu à la suite de la fièvre de lait (galémie à l'état aigu).
110. Bile dans le sasig (jaunisse, ictère; cholémie de la nomenclature).
La théorie des maladies bilieuses, telle que l'avaient comprise Gallien, Stoll et leurs successeurs, dans l'état actuel de la science, n'est guère soutenable, et les opinions qui supposent que la bile occasionne un grand nombre de maladies aiguës ne sont point assez fondées sur l'observation et sur les faits expérimentaux pour supporter une discussion sérieuse.
Il est certain, par exemple, quej dans les cas où cette bile, ou au moins son principe colorant, existe évidemment en grande proportion dans le sang, il n'y a que très-rarement de la fièvre et de ces accidents auxquels on donne généralement le nom de bilieux. Cela est si vrai, que, dans la jaunisse, très-ordinairement les enduits de la langue sont blancs, tandis qu'ils sont jaunes, dit-on, dans les affections bilieuses (1);
(1) M. le docteur Cros a prouvé que la coloration jaune des enduits de la langue était due, non pas à la présence de la bile^ mais bien à une illusion d'optique.
que le pouls, loin d'être fébrile, est ralenti, et qu'enfin les vomissements de matières vertes et amères n'ont pas lieu.
Nous ne nous occuperons point, pour le moment, des causes organiques de la jaunisse ou cholémie, nous y reviendrons à l'occasion de l'étude du foie et de la vésicule biliaire.
Disons cependant, ici, que les boissons à hautes doses et les purgatifs hydrorrhéiques (qui déterminent des évacuations aqueuses) sont les moyens qui conviennent surtout dans la jaunisse, c'est-à-dire dans les cas de bile ayant pénétré dans le sang. (Voyez l'article ckolémie du Traité de médecine pratique, n° 4420.)
111. Altérations du sang par les substances délétères (toxémies).
Une infinité d'agents portés dans la circulation, soit qu'ils se mélangent seulement avec le sang (comme il en arrive pour beaucoup de poisons, tels que les narcotiques, le principe actif des cantharides, etc.), soit qu'ils changent d'une manière évidente la composition moléculaire de ce même sang (comme on le voit pour l'oxyde de carbone, le gaz sulfhydrique, etc.), déterminent dans les organes, par la médiation du liquide nutritif, des troubles variés et souvent extrêmement graves.
Ces agents peuvent être divisés en plusieurs catégories : les uns prennent leur source dans les maté-
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riaux mêmes du corps de l'homme ou dans les productions qui s'y sont formées, tels sont : le pus altéré, la matière tuberculeuse ramollie, les principes solubles du cancer, les liquides et les gaz putrides développés dans les organes en communication avec Fair atmosphérique ; d'autres proviennent des effluves marécageuses (miasmes des marais, éliose de la nomenclature), de virus inconnus dans leur essence, et dont quelques-uns pourraient bien être des animalcules, tels que les virus de la variole ou variose, de la rougeole ou rubiose, de la scarlatine ou scarliose, de la morve ou hippiose; tels encore que les matières septiques ou septiose, les virus de la peste ou niloiose, de la fièvre jaune ou dysiloiose; en un mot, tels que tous les poisons spéciaux épidémiques dits infectieux ou contagieux.
D'autres encore sont constitués par des substances métalliques, par des agents chimiques très-nombreux, qui modifient le sang et l'organisation d'une foule de façons.
J'ai parlé en détail, dans le Traité de médecine pratique (n0s 4655, 4904 et suiv.), des divers états pathologiques auxquels donnent lieu la plupart de ces virus, de ces miasmes, de ces agents chimiques.
Je ne m'étendrai pas sur ces importants sujets dont l'histoire sort complètement du cadre de ce travail; je me bornerai seulement à établir quelques considérations générales, qui feront voir que, dans la plupart des cas précédents, les moyens les plus simples sont
les plus indiqués, et constituent la thérapeutique la plus utile et la moins contestable,
112. Substances toxiques simplement mélangées avec le sang. — Utilité, clans de tels cas, de faire traverser ce liquide par beaucoup d'eau.
Les substances qui altèrent la constitution même du sang, et qui, pour la plupart, sont des éléments ou des composés chimiques, ne pourraient guère être détruits ou rendus inofïensifs que par des corps plus ou moins neutralisants; malheureusement, il faudrait, pour que ceux-ci pussent être avantageusement employés, savoir au juste quel est l'agent vénéneux qui a modifié le sang, quelle est la lésion que cet agent a produite et surtout quelle peut être la substance chimique et non dangereuse qui serait apte à neutraliser le poison ingéré dans la circulation : de telles connaissances sont du domaine de la plus haute médecine et ne rentrent pas dans le cadre de ce travail.
Les substances toxiques qui sont seulement mélangées avec le sang, et qui viennent ensuite à agir sur les organes en y causant des lésions variables sous le rapport de leur gravité peuvent être facilement rejetées au dehors, alors que Ton augmente les proportions d'eau passant par l'appareil circulatoire; on obtient cette augmentation par les boissons données à des doses plus ou moins grandes, par des injections aqueuses administrées dans le rectum, par
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des bains prolongés, par la respiration d'un air saturé d'humidité. Or, ces moyens sont d'une extrême utilité, d'un emploi très-facile, et leur simplicité extrême les met dans les mains de tout le monde ; lors donc qu'il s'agira d'accidents causés par les narcotiques, tels que Popium, la datura, la belladone, le digitale, le hachish, etc., et lorsqu'il surviendra dans le système nerveux des accidents formidables en rapport avec ces poisons, le premier soin, le moyen de premier ordre, sera de faire pénétrer en abondance par les voies qui viennent d'être énumérées des liquides aqueux qui entraînent, par les organes excréteurs, les substances toxiques mélangées avec le sang.
113. Altération du sang* par les liquides formés dans les organes. Indication du même genre que la précédente.
Toutes les fois qu'un agent délétère prenant sa source dans le corps de l'homme, vient à altérer le sang, la première, la principale indication est de tarir cette même source ; c'est ainsi que, dans le cas où du pus altéré provient d'un abcès, dans ceux où de la matière tuberculeuse ramollie existe dans une caverne, dans ceux encore où des matières septiques sont déposées ou accumulées dans des cavités intestinales et sur des surfaces où des vaisseaux sont ouverts, le premier soin doit être de faire évacuer ces agents si graves d'altération du sang. Que de fois ïie m'est-il pas arrivé, en provoquant la sortie du pus
des abcès au moyen d'injections, en déterminant l'expectoration des liquides accumulés dans les cavernes pulmonaires, en évacuant par les irrigations les fèces contenues dans les gros intestins ; ou encore en nettoyant les surfaces vasculaires recouvertes de matières putrides; ou même en momifiant celles-ci, de remédier à la fièvre dite hectique, et aux accidents terribles en rapport avec les altérations du sang, résultant de la septicité (septiose) ! Certes, il serait bien utile d'en agir ainsi relativement à la pénétration dans les vaisseaux de pus altéré, des matières tuberculeuses ou cancéreuses, du septiose, etc. Pour remédier à la présence dans le sang des substances précédentes, on ne connaît guère d'autres médications utiles que les boissons aqueuses ou légèrement alcooliques, à doses réitérées, que l'aération et qu'une alimentation convenable. Rien n'est mieux, sans doute, que d'essayer de remédier à la septicémie par des inspirations de chlore, d'iode, d'alcool, etc., mais, malheureusement, la plupart des tentatives que j'ai faites à cet égard ont été sans résultat saillant.
Il faut exciser ou amputer, dès son apparition , toute tumeur cancéreuse, et même toutes celles dont les caractères encore douteux rendent probable l'existence d'une telle dégénérescence. S'il est possible d'éviter que la lésion terrible dont il s'agit se reproduise, c'est, à coup sûr, en détruisant tout d'abord le mal qui commence et qui, le plus souvent, semble être primitivement local.
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114. Maladies dues à des altérations du sang ( anomémies ) : miasmatiques, contagieuses ou virulentes. Utilité, dans de tels cas, de moyens hygiéniques.
Quant aux moyens de remédier à l'altération du sang qui résulte actuellement de l'introduction dans ce liquide de divers poisons miasmatiques ou virulents dans le corps de l'homme., il y a des distinctions à faire.
Les maladies contagieuses dites générales ne peuvent être comprises qu'en les rapportant à des altérations primitives du sang produites par quelque iose ou virus ; telles sont la variole, la rougeole, la scarlatine, la morve, le typhus, la peste, la suette, la fièvre jaune, le choléra, etc.
Or, ces maladies, considérées en elles-mêmes et en faisant abstraction des états pathologiques et locaux quelles déterminent, sont produites par des agents tellement inconnus dans leur nature intime, et Ton sait si peu quels sont les moyens de neutraliser ces derniers que, dans l'état actuel de la science, personne de sensé ne songe à employer un traitement spécifique contre de telles individualités morbides. On en peut dire autant de toutes ces affections épidémiques dont on fait tant de bruit, et sur lesquelles on ne cesse de discuter, sans avancer le moins du monde la solutionnes graves questions qui s'y rapportent.
Que les amateurs du bon vieux temps portent aux nues le nom de Sydenham et de ses admira-
teurs ; qu'on discute sur les maladies populaires qui ont régné à différentes époques; qu'on étourdisse les gens avec les mots épidémies, endémies, maladies générales contagieuses ou infectieuses, ou encore avec ces expressions : diathèse, cachexie, etc., etc., mises actuellement si fort à la mode par la fantaisie, il n'en est pas moins certain que, contre les agents producteurs des affections dont nous parlons, il n'y a que des moyens hygiéniques à employer, et qui peuvent ainsi se formuler : respiration d'un air pur, boissons abondantes, aqueuses, acides ou alcooliques suivant les cas; alimentation proportionnée à l'état de l'organisme, exercice ou repos en rapport avec l'ensemble des circonstances que l'on est convenu d'appeler les forces; température variant suivant les climats et les symptômes, et surtout propreté minutieuse, qui préserve les malades de l'action des matières septiques.
115. Altération du sang par Véliose (a) ou miasme des marais (éliosémie).
Il est un agent, un miasme qui, tout méconnu qu'il est dans son essence, semble au premier coup d'œil devoir être combattu avec avantage par un médicament spécial; c'est le miasme des marais, ou éliose, dont je veux parler, et contre lequel on possède, diton, des médicaments spécifiques qui font au moins
(1) ËXo; marais; et de io; miasme.
DES PETITS MOYENS
cesser la fièvre et les névropathies intermittentes auxquelles il donne naissance.
Ces médicaments sont le quinquina et ses principes vraiment actifs (1).
Or, évidemment le miasme des marais agit tout d'abord sur le sang et Ton prétend qu'un état morbide général et spécial, dit cachexie paludéenne, est le résultat de Faction de cette toxémie.
On posséderait donc ainsi un spécifique, un neutralisant direct, contre les miasmes marécageux et leur action.
(1) C'est de la quinine et la cinchonine que je veux ici parler. Il faut désormais ajouter à ces substances le sel marin à hautes doses, proposé par M. Scelle Montdézert, mais qui a l'énorme inconvénient de produire des vomissements ou d'autres accidents gastriques. Il convient surtout de mentionner ici l'extrait d'une plante qui a été soumis à l'Académie impériale de médecine par M. Armand, extrait dont j'étudie avec le plus grand soin depuis trois ans les très -remarquables effets. Ce médicament, aussi bien que la quinine à hautes doses et solubilisée par l'acide sulfurique ou l'alcool, fait presque instantanément (en 30 secondes), après son ingestion dans l'estomac, diminuer de quelques centimètres la rate et prévient le retour de la fièvre produite par Véliose ou miasme des marais. C'est sur plusieurs centaines d'observations recueillies à l'hôpital de la Charité ou dans ma pratique particulière, et sur moi-même, que je me suis assuré du fait. L'extrait quinoïde a été analysé par l'honorable membre de l'Académie M. Bpudet : son avantage extrême est de ne pas donner lieu aux accidents cérébraux, aux étourdissements, aux oscillations nerveuses (névropallies) , que causent les préparations de quinine. De plus, il est un peu moins désagréable à prendre que ne l'est la quinine, et il coûte moins cher.