‹ La médecine du bon sensChapitre 37 sur 117 · Idée de la pathogénie des fièvres intermittentes · texte numérisé non relu

Idée de la pathogénie des fièvres intermittentes

Les faits détruisent complètement cette manière de voir. J'ai surabondamment prouvé par des milliers d'observations de toutes sortes que c'est la rate malade qui provoque les accidents fébriles; que le sang, altéré d'abord par le miasme des marais (éliosémie), exerce une action sur cet organe, qui devient malade et le plus souvent se tuméfie; qu'alors ce dernier donne lieu à une névropathie dite accès fébrile, laquelle se renouvelle d'une manière périodique; j'ai démontré par le plessimétrisme et par tous les moyens possibles d'exploration et d'observation :

1° Que la rate saine diminue par l'emploi de la quinine et de l'extrait quinoïde; 2° que cet organe malade est dans le même cas ; 3e qu'il est modifié et augmenté de volumeavant les accès fébriles et pendant leur durée ; 4° que la fièvre persiste tant que la rate est malade; 5° qu'elle ne reparaît plus dès que cet organe est réduit aux quatre centimètres de l'état normal.

D'un autre côté, M. le docteur Fleury, dont les vrais amis de la science déplorent l'éloignement , a démesurément prouvé que la rate et la fièvre se guérissent par les douches froides dirigées sur le côté gauche, douches qui , certes , ne remédient pas aux miasmes des marais , mais à l'affection splénique.

La prétendue cachexie paludéenne (altération du sang par le miasme paludéen) tient si bien à la raa-

DES PETITS MOYENS

ladie de la rate, et si peu à Féliose, qu'elle se déclare à la suite des affections de la rate produites par des causes organiques, telles que les tubercules et les abcès spléniques; qu'elle consiste dans la décoloration des globules du sang (hémosplénémie; leucocythémie de M. Bennett) et qu'elle cesse d'avoir lieu lorsque l'on a guéri la lésion de la rate.

117* Cachexie paludéenne. Moyens curatifs.

(M ne possède donc pas de moyens dirigés contre V altération du sang produite par le miasme des marais, mais on connaît des spécifiques contre V affection splénique.

En dehors des moyens précédents de fetnédier aux fièvres intermittentes, les médications à la fois les plus simples et les plus rationnelles sont : 1° de s'éloigner des pays marécageux et insalubres ; 2° de ne pas s'exposer le soir à l'action des vapeufë qui s'élèvent de la terre; 3° de combattre les frissons par l'élévation de la température et les sueurs par une atmosphère tempérée et par des boissons aqueuses; 4° de chercher à couper les accès par quelques amers, par des douches, etc.; 5° de remédier à l'altération du sang par l'usage de sucs d'herbes., du fer et par une alimentation réparatrice.

118. Syphiosémie (altération du sang par le virus syphilitique, syphiose)* *

11 est une autre toxémie contre laquelle on possède des médicaments d'une extrême utilité ; je

veux parler de celle qui se déclare à la suite des affections syphiosiques. — Ces médicaments sont le mercure, l'iode et quelques autres substances dont je n'ai pas ici à parler. Mais ce qu'il faut dire, c'est que les moyens hygiéniques les plus simples suffisent le plus souvent pour prévenir le mal ou pour en rendre au moins les accidents et les conséquences peu graves. Le premier de tous est une propreté minutieuse, et les faits nombreux qui sont à ma connaissance, des données physiologiques de premier ordre, des inductions analogiques tout aussi graves me conduisent à admettre que le lavage avec l'eau pure, pratiqué de la manière la plus scrupuleuse, soit sur la peau, soit dans le canal de l'urètre, immédiatement après l'action qui est parfois suivie d'écoulements ou d'ulcérations locales, et de phénomènes dits généraux, suffit pour éviter toute contagion.

C'est surtout quand il y a quelques déchirures aux organes exposés à cette contagion que la précaution dont il s'agit est utile.

Pendant la durée des accidents locaux, primitifs ou secondaires, les lotions très-fréquentes sont tout à fait indispensables, et il faut éviter avec le plus grand soin l'action de toutes les circonstances qui peuvent blesser ou irriter les parties malades. — Quant à la syphiosémie, ou maladie constitutionnelle, les boissons aqueuses abondantes, les bains, un régime substantiel, mais non pas trop excitant, sont encore d'une immense utilité, ce qui n'empêché

DES PETITS MOYENS

pas, cependant, d'avoir recours aux médicaments externes dont l'expérience a constaté l'efficacité.

119. Réflexions et conclusions relatives au traitement des altérations du sang, des maladies dites générales, des fièvres, etc.

Que Ton cesse donc, d'après ce qui précède, de médire contre ceux qui veulent étudier avec un soin extrême les désordres matériels et locaux qui sont les résultats terribles de l'action primitive de poisons, de virus, de miasmes, d'ioses que l'on ne connaît pas et surtout contre lesquelles on ne peut opposer que des moyens bien simples et dont l'emploi dirigé par le bon sens est à peu près le même pour chacun d'eux ! Que l'on étudie avec persévérance et avec une véritable instruction les états pathologiques et les symptômes qui, dans des cas pareils, se déclarent consécutivement à ceux-ci et l'on ne sera pas embarrassé dans le choix des médications à employer; si l'on est loin de les guérir toujours, au moins peut-on en atténuer la gravité, en abréger la durée et prévenir les complications dont ils sont la source. Si vous ne pouvez combattre de prime abord ce que vous appelez fièvre typhoïde , au moins vous conserverez fréquemment la vie des malades qui en sont atteints, en couvrant les éruptions de la région sacrée d'une couche de diachylum et de poudre de lycopode qui préviennent la gangrène des ulcérations qui sont la suite de cette éruption ; ainsi en est-il de beaucoup d'autres phénomènes graves qui surviennent pendant

la durée et à la suite de fièvres graves et de tant d'autres maladies dites générales.

// faut considérer comme de ridicules banalités les discours de ces prétendus savants qui, après avoir parlé ou discuté pendant des heures sur les maladies générales, sur les fièvres, sur les épidémies, sur les maladies infectieuses, etc., n'ont rien à dire lorqiï ils arrivent à parler du traitement, si ce n'est que proclamer leur ignorance absolue de ce qu'il convient de faire pour s'y opposer, et d'avouer que l'eau, l'air et le régime sont dans tous ces cas les seuls remèdes auxquels on peut consciencieusement avoir recours.

Page 1