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Règles pratiques relatives à l'exercice musculaire

Dans les considérations qui précèdent, j'ai souvent parlé pour des cas particuliers de l'exercice et de son utilité; mais il est une importante remarque à faire, au point de vue clinique, sur la manière dont il doit être généralement pratiqué. Cette remarque, la voici :

Dire à un malade, dont les muscles sont exténués ou affaiblis : Prenez de l'exercice, est, sans doute, donner, si ce malade peut l'exécuter, un excellent conseil; mais ce conseil est presque toujours mal interprété. Loin d'en tirer parti, le patient s'en trouve parfois fort mal. Les mouvements continués malgré la fatigue sont plutôt préjudiciables qu utiles. Rappelonsnous que les bestiaux surmenés sont bientôt atteints de fièvres graves, et que les chevaux qui habituellement travaillent outre mesure, bien qu'ils mangent énormément d'avoine, finissent par n'avoir plus que des muscles hypotrophiés et débiles. L'exercice mus-

culaire, pour être utile, doit alterner avec le repos, et c'est le sentiment de lassitude qui exige ce repos, au quel le mouvement doit succéder alors que la fatigue a cessé. C'est en se conformant à cette pratique que, dans bien des cas où il s'agissait de faiblesse des membres à la suite de lésions myéliques anciennes, de cicatrices qui avaient succédé à des hémorrhagies du cerveau, d'hypotrophies musculaires, suites d'un repos trop continu, etc., j'ai vu de nombreux malades présenter un prompt et heureux changement dans le volume de leurs chairs et de leurs membres.

Il est enfin un moyen utile à employer pour augmenter l'action des muscles, pour faire que leur nutrition devienne meilleure, et qu'ils acquièrent de l'énergie : c'est de mettre un léger obstacle à leur action, de sorte qu'ils aient à se contracter activement pour le surmonter. Cette petite manœuvre m'a surtout réussi dans le cas de paralysie des muscles des doigts, causée par les oxydes ou les sels de plomb.

Un médecin distingué pensait qu'un enfant de douze ans était atteint d'une atrophie progressive du muscle opposant du pouce. Ce muscle avait été condamné à une longue inaction par une inflammation de la jointure voisine. Or, ce même muscle prit tout d'abord du volume et de la force, lorsque, d'après mon conseil, on empêcha, à maintes reprises, le pouce d'exécuter le mouvement d'opposition et en n'y cédant qu'après un effort continué.

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