CHAPITRE XV
.maladies des os et de leur membrane d enveloppe (ostéopathies ou ostéies; pérxostéies).
Loin de vouloir parler ici avec quelque détail des maladies des os et du périoste, mon intention est de faire seulement quelques annotations pratiques sur diverses lésions de ces parties, annotations qui, dans les opinions reçues, sortent du domaine de la médecine proprement dite.
284. Généralités sur les os, sur leur composition, leur consistance
et sur je plessimétrisme de ces organes.
Les os sont formés de deux éléments principaux * 1° leur partie vivante, organisée, leur trame vasculaire, fibro-cellulaire et nerveuse ; 2° les substances crétacées, calcaires, presque complètement constituées par du phosphate de chaux, qui se déposent dans ce parenchyme primitif, lequel s'accroît lui-même par le périoste, ainsi que Ta vu Duhamel du Monceau, et comme Ta si bien démontré M. Flourens dans de magnifiques expériences.
Or, les proportions relatives de l'élément vivant et
de l'élément calcaire varient considérablement l'un par rapport à l'autre, soit dans les divers os, soit dans des régions différentes de chacun d'eux , et elles diffèrent non moins suivant des circonstances organiques nombreuses, en rapport avec les dispositions de l'organisme en général et des os en particulier.
Depuis les travaux de Ribes, on sait que le phosphate de chaux, chez les gens qui avancent en âge, est en proportion relative beaucoup moins considérable que chez l'adulte, fait contraire à tout ce que Ton croyait auparavant.
Dans les circonstances pathologiques, telles que les fractures, les intumescences de l'os ou exostoses, dans les maladies du périoste dites périostoses, les proportions du phosphate de chaux par rapport à la trame organique diminuent sensiblement, et il peut arriver que tantôt ce soit un chiffre moins élevé dans la masse de la substance calcaire qui soit la cause du mal, et que tanôt ce soit la lésion de la trame organique qui donne lieu à cet état organopathique. On ne saurait croire combien est grande .l'importance pratique de ces réfléxions s'appliquant aux fractures (ainsi que l'a prouvé M. le professeur Gosselin), au ramollissement des os (ostéomalaxie ), à leur induration ( ostéosclérosie ou éburnation), aux déviations osseuses liées au ramollissement ( dysorthos-' téies), etc.
Les innombrables modifications survenues normalement ou anormalement dans les proportions du pkos-
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phate calcaire contenu dam les os, doivent inévitablese traduire au doigt et à V oreille par le plessimétrisme de ces parties, et tous les faits, toutes les expérimentations démontrent l'exactitude de cette proposition.
285. Plessimétrisme des divers os; différences très-marquées entre les résultats qu'il donne.
Percutez sur la plaque d'ivoire : le coude-pied , le poignet, les condyles du fémur et du tibia, la rotule; etc., vous verrez tout d'abord que ces os donnent une résistance et une élasticité médiocre au doigt, et produisent à l 'oreille» un son assez obscur. Que si vous explorez ensuite par le plessimétrisme la partie moyenne du fémur, du tibia, du radius, etc., vous constatez que ces organes présentent une grande dureté, une sécheresse, une sonorité extrême, en quelque sorte élastique ; tandis que, si Ton vient à percuter le crâne, il y a, soit par le toucher, soit par l'ouïe, une résistance très-marquée, accompagnée profondément d'un défaut absolu d'élasticité. Ces caractères du plessimétrisme du crâne sont en rapport avec la présence du cerveau, organe mou et situé derrière une plaque osseuse. Les os de la face, du bassin, les vertèbres, etc., donnent aussi des bruits et des impressions acoustiques et tactiles variés.
On peut même affirmer que chaque os produit, par le plessimétrisme, des sensations qui lui sont propres et qui sont composées, d'une part, des résultats de la
structure, de l'épaisseur, etc., de l'os; et, de l'autre, des sons et des impressions tactiles dus au retentissement des parties qui entourent l'organe solide.
Toutes les fois qu'un os augmente de volume, les proportions de sels calcaires qui entrent dans sa composition sont modifiées, tantôt en plus (ce qui est rare), comme il en arrive lors de l'éburnation et des exostoses éburnées (ortéosciérosie, sclérostéocélie), tantôt en moins, ce qui est fréquemment observé : 1° dans les intumescences des jointures (arthromégalies) , réputées ou non rhumatismales , scrofuleuses, etc.; 2° dans les exostoses et les périostoses syphiosiques (célies syphyostéiques et périostéiques) ; 3° dans le ramollissement osseux dit rachitisme (ostéomalaxie). Le plus ordinairement, dans cette dernière lésion, il n'y a pas de tuméfaction. Non-seulement, dans les cas précédents, le phosphate de chaux varie de proportions, mais celle des éléments organiques de la trame vivante est loin de rester la même, et elle est modifiée dans ses principes constituants, dans sa vascularisation, etc. Dans les ostéopathies, il y a donc deux circonstances principales dont il faut tenir compte : l'élément organique et l'élément calcaire.
S86. Augmentation dans les parties liquides des os.
Lorsqu'un os perd de sa consistance, il contient moins de phosphate de chaux, et souvent sa trame organique a également diminué, bien qu'en même
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temps la proportion de liquides séreux ou de graisse puisse avoir augmenté. De ces combinaisons variées entre les diverses quantités relatives des éléments constituants des os, peuvent résulter des augmentations de volume avec diminution de consistance, des ramollissements, des indurations, des tumeurs, etc.
Les considérations générales précédentes sur le plessimétrisme des os et sur les variantes qu'ils peuvent présenter dans leur composition, étaient indispensables pour motiver les annotations thérapiques qui vont suivre.