‹ La médecine du bon sensChapitre 88 sur 117 · Moyens simples de redressement des os · texte numérisé non relu

Moyens simples de redressement des os

Les os y dont la dureté semblerait exclure la mollesse, sont très- susceptibles de se modifier dans leur forme et dans leur direction. C'est ainsi que les dents mal rangées, soumises à des pressions fréquentes et médiocrement fortes, pressions convenablement d i ring c es, finissent par se redresser; souvent une mère attentive est parvenue ainsi à régulariser les arcades dentaires plus ou moins difformes que portaient ses enfants. C'est au moyen d'appareils mécaniques que les dentistes habiles parviennent, par une compression continue, à donner aux dents cette régularité de forme tant recherchée. C'est par de semblales procédés que l'habile M. Preterre parvient , avec le temps, à faire supporter des pièces qui remédient parfaitement aux accidents que causent des perforations congénitales ou accidentelles des o,s du palais, etc. En cherchant à redresser un trèsgrand nombre de fois par jour les jambes torses, on finit par les ramener quelquefois mieux que par des bandages à leur disposition naturelle. On agit alors en sens inverse de ces nourrices peu soigneuses qui, portant sans cesse leur enfant sur un bras et

388 DES PETITS MOYENS

du même côté, rendent difformes ses extrémités in férieures.

293. Mouvements permanents et habituels de redressement du tronc empêchant le corps de se courber en avant.

Ce que Ton observe dans le jeune âge a tout aussi bien lieu à une époque même avancée de la vie. La tendance du corps à se courber en avant, tendance qui dépend en très-grande partie : du poids de la tête, de l'hypotrophie des muscles du dos, de la diminution du phosphate de chaux des vertèbres, est combattue avec le plus grand avantage par des mouvements habituels de redressement du tronc. Tel vieillard qui se courbe de plus en plus au grand détriment de ses organes, de leurs fonctions et de ses formes, parviendrait peu à peu à se tenir tout aussi bien qu'auparavant si la volonté persévérante de redresser le rachis, et de rapprocher les épaules en arrière, ne lui faisait pas défaut. Cette gymnastique de tous les moments est plus utile à coup sûr que bien des manœuvres orthopédiques et prévient cet abaissement gradué et successif de la tête, qui, inévitablement suivi d'une déformation des côtes, d'une difficulté dans la dilatatation de la poitrine, dans rabaissement du diaphragme, finit par exposer le vieillard aux affections les plus graves des voies aériennes et par tenir dirigés habituellement vers la terre ses regards que l'intelligence lui recommande d'élever vers le ciel.

Page 1