Corsets et brassières pouvant présenter de l'utilité
Une double brassière, servant à porter les épaules vers le rachis et fixée en arrière, près de la ligne médiane, à une ceinture, est infiniment préférable à un corset quel qu'il soit; mais si la mode, infiniment plus écoutée que la raison, exigeait impérieusement l'usage de ce vêtement, il faudrait au moins le rendre le plus inofTensif possible. A la place de cette tige droite et aplatie faite avec de la baleine ou de l'acier, il serait, par exemple, utile de faire courber une plaque solide de façon à laisser en avant sur le corset, sur l'épigastre, une large ouverture ou se placerait facilement l'estomac alors qu'il serait distendu par la nourriture, par de l'eau ou par des gaz.
J'ai fait fabriquer de tels corsets, qui font, en trèsgrande partie, disparaître les inconvénients attachés
à ce genre de vêtements ; mais il vaudrait mieux encore s'en passer que d'en porter d'une forme quelconque.
On peut tirer quelque parti des brassières, à l'effet de coopérer au redressement de la colonne vertébrale; il suffit^ en effet, de faire porter une de ces brassières sur l'épaule opposée à la flexion, pour que l'action lente et facile à graduçr qu'elle exerce tende à ramener peu à peu le raehis incurvé vers le centre de gravité.
3Q0. Inconvénients de certains vêtements portés par les hommes.
Les vêtements des hommes sont, pour la plupart, disposés d'une manière fort peu conforme à l'accomplissement régulier des fonctions. Il faudrait un volume pour exposer ce qu'il serait utile de dire sur ce sujet. Je me bornerai ici à de simples annotations.
La ceinture du pantalon , très-serrée , gêne les mouvements, refoule (comme le fait le corset pour les femmes) les viscères de bas en haut, tend à augmenter la concavité de la région lombaire en arrière, et, par conséquent, à faire courber davantage les vertèbres dorsales en avant. Joignez à ceci que cette compression du ventre par la ceinture empêche la respiration , due à l'abaissement du diaphragme^ de s'accomplir régulièrement.
Mais c'est surtout la manière dont le pantalon est
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retenu qui influe d'une manière fâcheuse sur la colonne vertébrale.
Si Ton 'porte ce pantalon serré à la taille, dans l'intention de prévenir la chute de ce vêtement, on tombe dans les inconvénients de la ceinture dont il vient d'être parié; si Ton se sert des bretelles ordinaires, il en résulte encore de véritables dangers.
Lors, en effet, que les courroies dont il s'agit sont fixées en avant et à peu près au niveau des mamelons, il arrive que la tête se trouve tiraillée en avant et en bas par le lien antérieur, et que la tendance à la flexion du cou et de la colonne dorsale, due en très-grande partie au poids du cerveau, augmente de toute l'influence qui résulte de la traction que causent sans cesse les bretelles antérieures.
De là un immense inconvénient pour les gens dont les os sont grêles, peu solides, et dont les muscles ne sont pas vigoureux, comme cela a lieu chez les personnes quiontperdu du sang ou qui ont été soumises à d'autres causes d'exténuation.
301. Manière de fixer les bretelles faisant redresser la colonne vertébrale.
Pour prévenir les inconvénients dont il s'agit, pour forcer les épaules à se rapprocher, et pour relever la tête en redressant la colonne dorsale, il suffit tout simplement de déplacer les boutons qui retiennent en
avant les bretelles du pantalon, et de les attacher tout à fait en arrière et près de ceux auxquels sont fixées les extrémités postérieures de ces mêmes bretelles. Une petite courroie en caoutchouc, maintenant rapprochées en arrière les lanières de ces supports, est aussi très-utile pour rapprocher les épaules. Ces remarques, en apparence de si peu d'importance, en ont cependant une tellement grande que les précautions dont il s'agit ont, sur le maintien, une immense influence et concourent infiniment à conserver ou à augmenter la rectitude du tronc, à favoriser le développement de la poitrine, Famplitude de la respiration et Faccomplissement régulier des fonctions. // ny a pas en médecine de petites choses : il n'y a que des gens qui voient petitement les choses.
Toutes les précautions précédentes prises chez les personnes dont les os sont généralement ou partiellement plus mous qu'ils ne doivent l'être, doivent coïncider avec l'emploi de moyens propres à donner à ces mêmes os le degré de solidité qui leur manque. Or, d'après les considérations précédemment établies, et que je ne crains pas de répéter, à cause de leur utilité, ces moyens sont de deux ordres.
'602. Moyens do rendre aux os leur consistance normale.
Les uns sont appelés à augmenter, autant que possible, la nutrition de la trame organique qui entre dans la structure osseuse, et ils consistent dans une
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nourri turc réparatrice, fortement annualisée, telle que des viandes succulentes, du poisson, des œufs, du laitage, auxquels, pour varier la nourriture, on ajoute quelques végétaux consistant en herbages, fruits très-mûrs, etc., et ce régime réparateur sera secondé, (railleurs, par l'exercice modéré au grand air et à la lumière.
Les autres ont pour but d'augmenter la proportion des sels calcaires indispensables à la solidité des organes osseux, et il est évident que c'est de l'emploi du phosphate de chaux qu'il s'agit ici. Ce sel qui, citez les jeunes sujets, n'a aucun inconvénient, peut être donné, sans qu'il en résulte de danger, à des doses assez fortes, et, par exemple, à celle de 5 à 10 grammes à chaque repas. C'est à l'état de poudre impalpable (porphyrisé) qu'il faut l'administrer, et le lait contenant du riz ou de la fécule, un potage épais, etc., sont les meilleurs excipients pour l'incorporer. À peine s'aperçoit-on de la présence de ce sel dans les aliments, car il est insipide. M. Gobley en a fait faire des pastilles qui n'ont rien de désagréable. Un a longtemps pensé que le phosphate de chaux, étant insoluble, ne devait pas être absorbé dans le tube digestif ou angibrôme. On sait maintenant, à n'en pouvoir douter, que les acides contenus dans l'estomac suffisent pour le dissoudre et pour permettre son introduction dans l'organisme. La chimie le prouve et l'expérience clinique le démontre ; car, trèspeu de jours après l'administration de ce médicament,
EN MÉDECINE ET EN THÉKAPE! TIQUE. 8j$
on constate facilement que les os ramollis deviennent plus durs et plus sonores ; que ceux qui sont tuméfiés par suite de leur ramollissement diminuent de volume; et que les fractures chez les animaux qui prennent des sels phosphato-calcaires se consolident beaucoup plus vite que chez des individus de même âge et de mérne espèce, placés dans des circonstances analogues.
303. Inconvénients du phosphate de chaux chez les vieillards et chez les goutteux.
Le phosphate, le carbonate de chaux, peuvent avoir, chez les gens âgés et chez ceux surtout qui sont disposés à la goutte ou oxurémie , de trèsgrands inconvénients, car de tels individus sont très-sujets à la formation de concrétions dans les parois artérielles, dans la membrane interne du cœur et autour des articulations; et il serait à craindre qu'en leur faisant prendre en abondance des sels calcaires, ceux-ci, loin de se porter sur les os dont la trame cesse d'être constituée pour/ s'en imprégner, ne vinssent à encroûter les vaisseaux, le cœur et les jointures, et ne donnassent lieu à des troubles de circulation, à des ruptures vasculaires dans le cerveau ou ailleurs, à des déformations articulaires, etc. Tout au contraire, chez le jeune enfant, chez la femme qui porte un fœtus dont les os s'endurcissent, l'utilité des sels calcaires, administrés comme aliment^ est évidente, et je crois
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qu'il en est ainsi chez quelques phthisiques dont les tubercules pulmonaires peuvent passer à Fétat d'induration.
Je me propose de faire prochainement des recherches sur Fefficacité du phosphate de chaux pour favoriser Findu ration des tubercules. Les faits dont nous allons parler viennent à Fappui de ces idées.
304. Curation des exostoses et des périostos3s (ôstéocélies, périostéocélies).
La mollesse, le peu de sonorité des os au plessimétrisme, alors que ces organes ou leur membrane sont partiellement tuméfiés et malades, m'a conduit à administrer, dans de tels cas, du phosphate de chaux à des doses plus ou moins fortes (de cinq à quinze grammes par jour).
J'ai agi ainsi, même dans des cas où les accidents antérieurs, les états organopathiques coïncidents, me portaient à croire que le syphiose était l'agent primitif qui avait causé le mal.
Chose remarquable : dans presque tous les cas de cette sorte que j'ai eu l'occasion d'observer, une amélioration très-prompte, suivie presque constamment de la guérison, a été obtenue.
Il faut avouer cependant que, dans la plupart de ces faits, j'ai administré, en même temps que le sel phosphato-calcaire, de Fiodure de potassium, et que, dans quelqiies autres, j'ai fait prendre aux malades,
matin et soir, deux ou trois centigrammes de protoiodure d'hydrargyre.
Il n'est pas impossible qu'une partie de l'honneur de cette curation doive être rapportée à l'iode ou au mercure; mais, dans d'autres cas analogues où je n'avais prescrit que du phosphate de chaux, fai encore obtenu des succès.
305. Ulcères des os (elcostéies) ; abcès par congestion (pyoïes elcostéiques) ; mal de Pott (rachisocélie, rachisophymie).
Plusieurs fois j'ai vu des ulcérations superficielles, ayant pour siège des os dénudés ou recouverts de téguments perforés eux-mêmes par des fistules, se cicatriser sous l'influence du phosphate de chaux et de l'iodure de potassium administrés à l'intérieur? et cela tandis que j'avais recours, à l'extérieur, aux applications de teinture d'iode étendu d'eau.
Il en a surtout été ainsi d'une elcosie du sternum observée chez un homme de quarante ans, et présentant un diamètre de près de trois centimètres,
Dix ou douze malades atteints d'abcès par congestion ou symptomatiques, suites d'ulcérations de la surface antérieure des vertèbres, ou de tubercules ramollis du corps de ces os, ont vu, sous l'influence du traitement dont je vais parler, leur santé se rétablir complètement. Les cas de ce genre que je me rappelle le mieux sont les suivants,: 1° l'enfant d'un pharmacien et chimiste distingué, M. Leroy, qui, frappé des résultats du traitement que j'avais prescrit,
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se livra plus tard à des travaux intéressants sur la propriété qu'a l'iode de prévenir la putréfaction du pus; 2° un jeune homme, inutilement traité pendant longtemps pour un abcès, suite d'une carie vertébrale, par un chirurgien du plus haut mérite; 3° une jeune fille dite scroïuleuse, qui eut successivement deux abcès, dont la source était une tumeur ramollie de la colonne vertébrale et une suppuration de l'extrémité inférieure du radius (droit?); 4° un crémier de la rue Sainte-Anae, atteint d'un énorme abcès par congestion; 5° sa belle-sœur, jeune fille atteinte du même mal; 6° un homme de trente ans, qui, entré dans mon service il y a quelques mois, portait une tumeur de la colonne vertébrale aux lombes. Le plessimétrisme fit reconnaître, à droite de cette lésion, une collection purulente que, pendant huit jours, on put suivre dans le côté par l'extension successive de l'espace occupé par la matité. Cette pyoïe étiostéique vint enfin faire saillie, en moins de deux mois, à l'aine. Cet homme guérit parfaitement, etc., etc.
// y a bien peu d'années encore, tous les cas de ce genre étaient invariablement suivis de la mort. Ni les cautères, ni les moxas, ni les sétons avec lesquels on torturait les malades, n'entravaient en rien la marche réputée inévitable et fatale de la maladie. La pyémie, la paralysie de la moitié inférieure du corps, les escarrhes de la région sacrée, étaient les circonstances qui amenaient le plus fréquemment une terminaison funeste. Maintenant je ne crains pas d'affir-
mer que, sous l'influence de l'ensemble du traitement très-simple dont je vais parler, la plupart des malades dont il est ici question guérissent.
Ainsi que dans les cas de rachisocélie sans abcès, je fais prendre, lors des abcès par congestion, la limaille d'os frais ou le phosphate de chaux, réduits en poudre impalpable et administrés dans du riz au lait ou dans tout autre potage. La dose en est, matin et soir, de trois ou de cinq grammes, en même temps je donne de cinquante centigrammes à un gramme d'iodure de potassium, et cela trois fois par jour. Je fais pratiquer, dans le trajet fistuleux, des injections abondantes et très-réitérées avec l'eau pure, de façon à bien nettoyer l'abcès, dont on a soin d'évacuer le pus, au moyen de pressions et d'une position convenables. Après avoir ainsi lavé les surfaces sur lesquelles le pus stagne, on fait toutes les douze heures, dans les foyers d'où ce même pus est sorti, des injections avec la teinture d'iode étendu de deux fois son poids d'eau ; parfois même il m'est arrivé, pour prévenir la putréfaction des liquides contenus dans les cavités où ils séjournent, de renouveler, à cinq ou six reprises dans la journée, les injections alco-iodiques. Les malades sont en même temps soumis à un régime très-réparateur. Les vins de Bordeaux et même de Malaga ne leur sont pas épargnés. J'y ajoute souvent du vin de quinquina. Loin de condamner ces personnes à un repos absolu, je cherche à leur faire prendre de l'exercice, tout en évitant la moindre fatigue et en faisant
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soutenir les épaules par des béquilles. La propreté et le changement fréquent de position dans le lit, des soins extrêmes pour prévenir les escarrhes (dermo-nécrosies) de la région sacrée (page 45), sont ici des précautions de premier ordre pour conserver la santé et la vie.
306. Emploi du phosphate de chaux dans !es tubercules pulmonaires.
Ce sont les succès que j'ai obtenus par les moyens précédents, dans les cas de maladie de Pott (qui, évidemment, n'étaient autres que des rachisophymies), qui m'ont conduit à tenter, comme je l'ai déjà dit, l'emploi du phosphate de chaux dans les cas de tubercules peu nombreux., et où l'on peut raisonnablement espérer que le mal est susceptible de se terminer par une incrustation calcaire. Les tentatives que j'ai faites à cet égard sont peu nombreuses et trop peu suivies pour que je puisse avoir une opinion positive sur l'efficacité de ce moyen dans le traitement de la pneumophymie ou phthisie pulmonaire.
307. Emploi de la limonade chlorhydrique dans les cas d'incrustations calcaires ayant leur siège dans les vaisseaux et dans le cœur.
C'est encore dans la même série d'idées que j'ai cherché à prévenir et même à guérir des incrustations calcaires survenues dans le cœur ou dans les vaisseaux, par l'emploi d'une limonade légère prise abon-
damment et acidifiée par l'acide chlorhydrique. Cet acide, largement étendu, a, en effet, la propriété de dissoudre, après la mort, les sels des os, et de mettre ainsi à nu leur trame organique. Mon but était, en agissant ainsi, de rendre soluble le phosphate de chaux contenu dans les aliments, et peut-être d'agir utilement sur celui qui se dépose anormalement dans les organes. Il m'a semblé avoir quelquefois réussi dans cette tentative. Il faudrait de nouveaux faits, pour se prononcer sur l'efficacité d'une telle méthode.