CHAPITRE XVI
maladies bu névraxe ou centre nerveux (névraxies).
Le centre nerveux (cerveau, cervelet, moelle allongée et rachidienne) , ensemble d'organes dont les fonctions si importantes et si variées touchent à la vie elle-même, est susceptible d'un si grand nombre de lésions que, pour indiquer les moyens simples et hygiéniques par lesquels on peut les soulager ou y porter remède, il faudrait consacrer à leur exposition d'innombrables pages. Je me bornerai à établir ici quelques annotations qui se rapporteront aux cas principaux qui les concernent, et surtout à ceux dans lesquels des médications peu compliquées peuvent être utiles.
Avant de parler des affections névraxiques, qu'il me soit permis de dire quelques mots de douleurs de tête qu'on attribue trop fréquemment à l'encéphale lui-même, et auxquelles on a donné, en conséquence, le nom de céphalalgies, de céphalées, etc., tandis qu'elles ont pour siège les nerfs qui, placés sous la peau du front ou le cuir chevelu, ne sont
autres que les branches frontales ou temporales de la cinquième paire, le nerf sous-occipital et ses divisions, etc. (!).
308. Douleurs de tête ou céphalalgies frontales et sus-orbitaires, névralgies sous-occipitales.
Dans le plus grand nombre des cas de douleurs de tête, c'est dans le nerf frontal que le mal existe ; Torganographisme (2) prouve ce fait de la manière la plus évidente. Si Ton presse avec le doigt, ou mieux encore avec un corps mince, les points endoloris, et si Ton marque avec le crayon ceux ou la souffrance est le plus vive, on dessine bientôt la branche nerveuse dont il s'agit, ou les filets qui sont spécialement atteints. On parvient, de celte façon, à tracer, pendant la vie, la disposition anatomique de ces ramifications de la cinquième paire, et Ton peut, en procédant ainsi, tracer la figure entière et les rapports de la plupart des autres nerfs douloureux superficiellement placés.
La névralgie frontale, considérée isolément, est très-rarement due à quelque lésion appréciable du nerf lui-même; mais elle est le symptôme ou l'ex-
(1) Les os du crâne ou leur membrane, les muscles épieraniens, les muscles, la peau elle-même, peuvent être le point de départ des souffrances de la tête , de sorte qu'il faut se donner i,rarde de rapporter au cerveau, comme on le fait trop souvent, toute souffrance aiguë dont la partie supérieure de la tête est le siège.
(2) Mémoire lu à l'Académie des sciences en 1854»
DES PETITS MOYENS
pression de quelque souffrance d'organes ou de nerfs plus ou moins éloignés; de là vient que, pour connaître les moyens de remédier à une céphalalgie frontale, ou mieux à une pentanévralgie, il faut être médecin instruit et versé dans la triple étude de l'anatomie, de la physiologie et de la diagnose. Tel mal de tête, purement névralgique, sera le résultat d'une indigestion ou dyspepsie, et réclamera Femploi de vomitifs ou de purgatifs ; tel autre encore, reparaissant à des heures fixes, coïncide presque constamment avec une augmentation dans le volume de la rate, qui, au lieu de présenter au plcssimétrisme les dimensions de l'état normal (4 centimètres de haut en bas sur 8 d'arrière en avant), en offre cinq, six ou sept dans la première direction, et dix, douze ou quatorze dans la seconde : ici le sulfate de quinine, l'extrait quinoïde ou les douches froides, sur le côté gauche, sont les principaux et je dirai même 'presque les seuls moyens de guérir la céphalalgie,
ïl résulte évidemment de ce qui précède que les maux de tête ne peuvent être traités convenablement qu'après avoir élucidé, au moyen d'un examen attentif, le caractère de la souffrance, son point de départ, les circonstances où se trouve le malade, et qu'en dirigeant une médication appropriée au cas particulier qui se présente. On en peut dire autant des autres douleurs dont la tête est fréquemment le siège.