‹ La médecine en Chine au XXe siècleChapitre 17 sur 39 · QUELQUES CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

QUELQUES CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES

Le climat des 18 provinces est, au dire de M. de Courcy, plus sain que celui des autres régions du globe occupant les mêmes latitudes. Les épidémies y seraient plus rares, les étés moins ardents, les hivers moins glacés. Excepté sur les côtes, les variations atmosphériques et thermométriques sont moins brusques. Les printemps sont humides et orageux ; les automnes calmes et sereins. Les oscillations extrêmes de la chaleur vont de 4° degrés centigrades audessus à 12 degrés centigrades au-dessous de zéro. La température des plaines est plus égale, mais elle ne rend pas le pays plus salubre sur les rives des fleuves, particulièrement aux environs de Nankin. Il y a, dans ces régions, des fièvres paludéennes tenaces et graves, du typhus et des maladies cutanées.

Les provinces les plus insalubres sont : le Kouangsi, le Kouangtong et le Yun-nan. Les provinces centrales ont une température plus égale, un climat sain, magnifique, disent les Chinois. Les brises périodiques des parages indiens, appelées moussons , soufflent au printemps et à l’automne sur les côtes de Chine,

La mousson du nord-est commence en octobre et finit en février ; la mousson du sud-ouest commence en avril et finit en octobre. Pendant le mois de mars, la nature est calme ; mais viennent ensuite les orages, les brouillards, les pluies torrentielles. Les parages méridionaux de la Chine sont visités par les ouragans, par des typhons, pendant les mois les plus chauds de l’été. Ces tempêtes coïncident avec une forte et brusque baisse barométrique ; elles soulèvent les flots de la mer avec furie, causant de nombreux sinistres maritimes ; dans les terres, les typhons déterminent d’épouvantables désastres.

En Chine, dit le P. Richard1, il y a deux saisons nettement tranchées : i° celle des vents du nord , avec le froid qui devient de plus en plus rigoureux, à mesure qu’on s’élève au nord ; c’est la saison sèche, la saison des tourbillons de poussière, dans les plaines septentrionales; elle dure de novembre à avril ; i° celle des vents du sud , avec des chaleurs humides et malsaines sur les côtes, moins accablantes et moins nuisibles, quoique plus élevées dans l’intérieur des terres. C’est la saison des pluies, la saison des inondations.

Entre ces deux saisons, se placent un printemps et un automne très courts et caractérisés par la variabilité des vents et de la température ; l’automne est habituellement doux et agréable, fin octobre et moitié novembre.

Le climat delà Chine est, en général, assez sec, excepté dans les provinces du Sé-tchouen, du Yun-nan, du Ivoeitcheou et du Kansou qui sont, dans leurs parties basses, le théâtre de brumes et de pluies fréquentes. Le climat de la Chine est solidaire des variations atmosphériques du haut et vaste plateau de la Mongolie. Lorsque l’éloignement du soleil a refroidi l'air, en hiver, cet air plus lourd se précipite

1 Géographie de l’Empire de Chine, par le Père Richard, Shanghaï, imprimerie de Tou-sé-wè.

des hauteurs pour remplacer l’air chaud dans la Chine située plus bas. A ce courant venant du nord en succède un autre en sens contraire, pendant l'été. Alors, c'est à la surface des sables brûlants de la Mongolie que se trouve un air plus chaud que celui de la Chine relativement refroidie par les pluies, par les rivières et par la mer ; la loi des vases communiquants établit le courant du sud au nord. Les variations caloriques sont, d'après Richard, moins accusées sur les bords de la mer que dans l’intérieur des terres, parce que les eaux de la mer s’échauffent plus lentement que la terre et les sables. Les influences thermométriques et barométriques se combinent avec le phénomène des moussons auquel est soumis le continent asiatique dans son entier. Ces vents périodiques appelés moussons offrent des variations diurnes et nocturnes. D’après l'observatoire de Zi-ka-wei: le vent souffle, en septembre et en mars, de l’ouest, le matin; ensuite du nord et de l’est, le soir, durant la mousson d’hiver. Et pendant la mousson d’été (juin, juillet et août), il souffle au sud à minuit et à l’est au lever du soleil. Durant la saison de transition (mars à mai), une variation progressive conduit d’un régime à l’autre, de telle sorte que le vent tourne dans le sens des aiguilles d’une montre autour du continent. Le mois d’octobre est celui où le vent total est le moins fort et le mois de juillet celui où il est le plus fort. La mousson d’été est celle qui offre cependant le moins de difficulté à la navigation. Les savants et illustres observateurs de Zi-ka-wei estiment que la mousson d'été (vent du sud-ouest) provient de ce que l’air froid se précipite des mers vers les terres consécutivement à l’élévation de la température et aux basses pressions qui régnent sur le continent; et que la mousson d hiver (vent du nord-est) résulte des basses températures et des hautes pressions du continent asiatique, dont l’air froid se précipite vers les mers. Le vent des moussons tourne autour du continent dans le sens des aiguilles d’une montre. C’est dans un sens

opposé (à celui des aiguilles d’une montre) que tournent les terribles cyclones , qui sont une autre particularité météorologique de cet Extrême-Orient. Ces tempêtes tournantes font de grands ravages sur les côtes de Chine. On les explique par une soudaine et plus ou moins grande baisse de la pression atmosphérique, dans une région déterminée. Dans les cyclones du nord, les vents soufflent bien autour de la dépression dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, comme nous l’avons dit; mais il n'en est pas ainsi dans l’hémisphère sud, où ils soufflent dans une direction contraire (comme les aiguilles d’une montre). En outre du mouvement en spirale autour d'un centre, il y a, pour les cyclones, un mouvement de translation d'un lieu à un autre dans une direction variable et avec une vitesse également variable (de 12 à 100 kilomètres à l’heure). Le diamètre des cyclones est parfois très considérable, de 80 à 2.000 kilomètres, ce qui augmente l’étendue de leurs désastres sur les habitations, les récoltes et les humains, sur terre et sur mer. Il y a, en effet, deux espèces de cyclones : on réserve le nom de cyclones continentaux aux tempêtes tournantes des terres et l’on donne à ceux des mers le nom de typhons, a) Les cyclones continentaux proviennent delà Sibérie ou de la Chine occidentale ; ils marchent vers la mer par le nord-est dans la direction du Japon; ils sont surtout redoutables en hiver. Ils sont habituellement suivis de tempêtes dans le Nord et le Nord-Ouest et sur la côte du nord de la Chine. Sur la côte du sud, les cyclones sont renforcés par la mousson nord-est. Les cyclones font de 12 à 100 kilomètres à l’heure, b) Les typhons se forment sur le Pacifique au sud du 20e degré de latitude nord, ils se dirigent vers le nord-ouest, les uns vers l’Indo-Chine et le golfe du Tonkin, les autres vers le nord-nord-est en suivant plus ou moins la Chine ou le Japon. A l’inverse des cyclones qui rugissent en hiver, les typhons sont l’effroi de la saison d’été. Ils s’annoncent par une brusque baisse du baromètre et

par des vents nord-est tournant suivant la loi de la circulation cyclonique ; la marche des typhons peut aller en vitesse jusqu’à 80 kilomètres à l’heure.

Le brouillard est une autre condition atmosphérique qu'il faut signaler, parce qu’elle influe sur le climat et qu elle constitue un péril pour la navigation. Il est fréquent, au printemps, à l’embouchure du Fleuve Bleu, il est très rare au cœur de l’été. Il en est ainsi jusqu’au sud du canal de Formose. Mais sur la côte nord de la Chine, le maximum des brouillards est en juillet ; et à Hong-Kong, c’est en mars et avril que le brouillard est le plus épais.

Phares. — Pour diriger les marins, pendant la nuit et à l’époque des brouillards, au milieu des écueils et des basfonds du littoral, rien n’avait été fait jusqu’en 1 854 - Les Chinois se contentaient de lanternes accrochées à des perches de bambou; depuis la date que nous venons d’indiquer, l’inspecteur des douanes a fait établir de nombreux phares, des bateaux-feu, des bouées. On compte actuellement au moins 102 phares, 24 bateaux-feu, 1 1 3 bouées, 109 balises sur les côtes et les cours d’eau de la Chine. Deux de ces phares sont reliés au réseau télégraphique de la Chine et préviennent l’observatoire de Zi-ka-wei de l’approche des cyclones (station de Gütz laff, où six câbles aboutissent).

Le P. Richard a dressé la carte des phares de la côte de Chine. Indépendamment des phares, les navigateurs ont encore pour se guider le vacarme des gongs, les cris déchirants des sirènes à vapeur, le bruit des canons. Le premier phare a été élevé à Tchefou, en 1867 ; bien ayant cette date les Portugais avaient établi un phare à Macao. Aucun des phares de la côte de Chine n’est éclairé à l’électricité, tous brûlent de l’huile végétale, sauf au nord, où l’on emploie du pétrole. Le phare le plus lumineux est celui de Ningpo, il est visible à 48 kilomètres de distance. Le phénomène des marées n’est pas sans influence sur le climat, nous en dirons donc quelques iriots. Deux fois par jour la marée

s’élève et s’abaisse le long des côtes. On sait que ce phénomène est dû à l’attraction combinée du soleil et de la lune sur les eaux qu’elle soulève plus ou moins. L’influence de la lune est prépondérante, ce qui est dû à sa moindre distance. C’est pour ce motif que les marées sont plus fortes peu après la nouvelle et la pleine lune. Les marées ne se font pas sentir partout en même temps ; celles de Hong-Kong devancent d'une heure celles des îles Chusan ; celles de la Corée précèdent de huit heures celles du Chantong et de vingt heures celles du golfe du Tchéli. L'obstacle des îles en retarde la course.

Les marées ont une grande importance pour la navigation. Grâce à elles, beaucoup de rivières deviennent navigables, à une grande distance de leur embouchure. Grâce à elles, les bas-fonds et les barres peuvent être franchis et de gros bateaux peuvent pénétrer dans les ports. Au Foukien, les marées atteignent un maximun de 5 m. 4° et parfois de 7 mètres. Disons-le, en passant, à titre de curiosité, il n’y a qu’une marée par jour sur les côtes du Tonkin.

Climat particulier

de certaines villes et des diverses provinces.

A Pékin, le climat est celui des villes à climat extrême, comme New-York, par exemple. Il y fait froid, en hiver, comme à Stockholm, et chaud, en été, comme à Naples. Pékin est situé au 3 9e degré de latitude nord et au 1 1 4e degré de longitude est de Paris, au même méridien que Naples et Madrid. Quatre mois durant, de novembre à mars, tout gèle, les fleuves et la mer même gèlent ; le thermomètre descend à — 12, — 18 degrés sous zéro en hiver, et il monte à -h- 4° degrés en été ; environ 60 degrés d’écart. Les Pékinois disent : le vent souffle du nord en hiver, du sud en été, de l’est au printemps, de l'ouest en automne ; l'atmosphère est donc sans cesse agitée. La grande sécheresse de l’air

rend le froid pénible, mais elle a l’avantage de tempérer la grande chaleur estivale qui est extrême aux mois de juinjuillet. On a, à Pékin, et dans la région circonvoisine, trente à quarante jours de pluie ou de neige par an, de grandes pluies en juillet et août. En hiver, la transparence de l'atmosphère est merveilleuse. Le fléau, ou tout au moins, le grand ennui de Pékin, c'est la poussière soulevée par le vent du nord, poussière épaisse et jaune : habitations et habitants sont couverts de cette poussière jaune de lœss et autres corpuscules de toute provenance; tout en devient sale à Pékin, et, à dire le vrai, pas ne serait besoin de cette saleté surajoutée à tant d'autres.

Le climat de Tien-tsin ressemble à celui de Pékin. A Shanghaï , qui est bâtie sur l'alluvion et sous le 3ie degré de latitude nord, la chaleur est lourde et accablante l’été ; le froid est rendu pénible, l’hiver, par la brume glaciale qui règne sur la côte. Le thermomètre baisse jusqu'à 4 et 8 degrés sous zéro l'hiver, et monte à -h 36 et 3q degrés l’été. Les variations atmosphériques sont brusques. Aussi les diverses manifestations du rhumatisme, la fièvre intermittente et la phtisie, sont-elles fréquentes à Shanghaï. A Ning-pouo-fou et dans les îles Tchousan , le climat est plus salubre, la chaleur moins étouffante; on y voit quelquefois de la neige.

A Amoy , le temps est remarquablement beau, en été, en automne et en hiver ; il y fait moins chaud qu'à Ningpo et la température y est moins variable. Au printemps, les tempêtes éclatent dans la région avec le retour de la mousson du sud-ouest.

A Canton , à Macao et à Hong-Kong , entre les parallèles 22 et 23, le climat est relativement tempéré : 32 degrés de chaleur en été et quelquefois zéro en hiver, rarement de la neige, rarement aussi le thermomètre monte à 36 ou 38 degrés. L’été est plus suffocant à Canton et à Hong-Kong qu'à Macao.

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Les pluies torrentielles et chaudes font du printemps, au sud de la Chine, une saison malsaine, désagréable et fort débilitante.

Le climat général de la Chine est plutôt assez sec, excepté dans le Se-tchouan et certaines parties du Yunnan, du Koeitcheou, du Kansou et du Chansi, où le ciel est souvent brumeux et pluvieux.

Dans les vallées du Pého et du Hoang-ho (fleuve jaune), le climat est très rude et très sec en hiver ; le thermomètre descend à — 20 degrés dans le Tchéli ; les cours d’eau y demeurent congelés pendant plusieurs mois. Au sud du Kansou et du Chensi, la température est plus douce, mais pluvieuse, nous l’avons déjà dit. Pour se garantir du froid dans les provinces du nord on se sert d’un fourneau appelé kang, sur lequel on couche. Au centre et au sud, ce moyen de chauffage n’est pas nécessaire : on peut se défendre du froid en se couvrant davantage. Quoique très chauds, les étés du Nord ne sont pas malsains, parce que l’air est sec. Le fléau de ces contrées septentrionales, ce sont les tourbillons du vent glacial, chargé de poussière désagréable. Il y en a moins dans le Ngan-hoei et le Kiangsou. Les provinces du Kansou et du Chensi ont une atmosphère très sèche et très froide au nord, mais le climat s’y adoucit au sud en devenant humide, comme dans le bassin du Yangtsé-kiang. Durant de longs mois d’hiver, le Kansou est enseveli sous la neige et la glace, toutes les rivières y sont prises, et les habitants vêtus de peau ne se défendent du froid qu’avec peine. Le vent glacial qui souffle du plateau de la Mongolie est un voisin terrible. En été, la chaleur monte parfois à \o degrés, c’est l’époque de la végétation hâtive et des cultures. Les nuages chargés de pluie qui montent du sud adoucissent à tel point certaines vallées du sud du Kansou qu’on y voit croître les plantes du Midi de la Chine, le pi-po et le plaqueminier, par exemple. Du Kansou, passons au Chensi. Le Chensi est fort différent

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suivant qu’on l'envisage dans sa partie au nord ou au sud des monts Tsin-ting. Dans la partie septentrionale, c’est le climat de la région du Hoang-ho avec ses grands froids secs, ses poussières et ses vents violents; dans la partie méridionale, c’est le climat de Sé-tchouan. Les chaînes de montagne arrêtent les vents du nord et du sud ; de février a octobre, le ciel est nuageux, humide et la température estivale est très élevée. Les froids ne commencent qu’à la lin de novembre et l’on dit que c’est la belle saison.

Au Chansi, le climat est plus rigoureux que dans l’ensemble de la région septentrionale; cela tient à l’altitude moyenne de Chansi. Les neiges couvrent cette province pendant les longs mois d’hiver, où le thermomètre descend à — 20 degrés et au delà. En 1903, le lac près de Tavuenfou est resté gélé jusqu’au mois de mars : le thermomètre était descendu à — 23 degrés.

Dans le Tchéli , où est Pékin, le climat est très chaud en été sur la montagne et dans la plaine ; il est pluvieux surtout dans la plaine, pendant les mois de juillet et d’août. Le froid est si rigoureux, en hiver, que les rivières s’y prennent, dès le milieu de novembre ; il y tombe de la neige, mais elle ne séjourne pas dans la plaine. La grande préocupation de la province c’est la pluie ; l’inégalité de sa chute rend les récoltes incertaines. Le Tchéli souffre fréquemment de la disette et de la famine. Les pluies désirées rendent les chemins impraticables, en été, et, en hiver, les vents secs couvrent le pays d’un nuage de poussière.

Nous pouvons décrire en quelques lignes la constitution géologique des provinces, dont nous venons de parler.

Le Kansou est composé de terrain sablonneux dans sa partie nord ; d’éléments schisteux et granitiques dans ses chaines, qui sont des prolongements du Koen-luen ; à l'est, tout particulièrement, il est recouvert de la terre jaune appelée lœss et qui est très fertile, d’autant que les habi-

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tants (Lantcheoufou, Soutcheou, Ninghia-fou), savent habilement l’irriger.

Les plaines au bas des Tsin-ling sont composées, au Chansi , de terrain quartenaire et de terre jaune ; les monts sont formés de granits, schistes ou grès.

Le Chansi est géologiquement un soubassement calcaire recouvrant une riche couche de houille et recouvert luimême de grès et d‘une couche de terre jaune, qui atteint 600 mètres au nord. Dans la partie sud, les chaînes montagneuses sont faites de granit, de schiste et de porphyre.

La plaine du Tchéli , est constituée par les alluvions des fleuves Hoang-ho et Pé-ho ; on y trouve des lambeaux de lœss vers l’ouest. Ses parties montagneuses sont formées de calcaire de Chine avec des jetées de porphyre et de granit ; le calcaire couvre, au nord, d’abondantes couches de houille.

Au Honan , la terre jaune mêlée aux terres d’alluvion domine, dans la partie nord de cette province. Les monts Founieou, à l'ouest, contiennent du marbre, du grès et du granit; ceux du sud contiennent du granit, du schiste et du gneiss.

Le Honan nous présente un climat qui s’adoucit de plus en plus à mesure qu’on descend vers le Sud, où l’on voit les mêmes produits agricoles que ceux de la vallée du Yang-tsé-kiang. Cependant cette province est affligée, dans sa partie nord, de la même rigueur de froid et des mêmes poussières que les autres provinces septentrionales.

Le Cliantong appartient en partie à la même zone climatérique. Cette province est une ancienne île qui a été reliée au continent par des couches successives d'alluvions. C’est pourquoi les alluvions dominent à l’ouest. Au centre, le gneiss constitue la plus grande partie du sol mêlé de calcaires et d’argiles. A l’est, se voit encore du gneiss, mais il est plus mélangé de granit, de grès et de calcaire, avec des

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couches de basalte et de porphyre, surtout au nord. Le climat, plus doux au sud, est, en général, très sain. La mousson du nord-ouest se fait plus vivement sentir sur la côte du Nord, et celle du sud-est sur la côte du. Sud. Il y pleut surtout en juillet et en août; la neige y tombe parfois en abondance pendant l'hiver, mais elle disparaît presque aussitôt. Les brouillards sont fréquents en juillet, sur la côte. A Tchefou, il tombe, en moyenne, (D5 millimètres de pluie, et millimètres à Tsingtao. Pendant l'hiver, les rochers qui bordent la mer sont parfois recouverts, sur la côte septentrionale, d’une couche de glace qui peut persister plusieurs semaines.

Dans les vallées du Yang-tsé-kiang et du Hoaï-ho , la constitution géologique diffère de celle des vallées du nord. Le lœss, que nous avons trouvé en si grande abondance dans les provinces du Nord, ne se montre plus qu’à l’état d’exception dans le Nganhoei et le Kiangsou. Le terrain dominant dans le centre est le terrain d’alluvions, le terrain calcaire et le grès. Le plateau du Sé-tchouan est entièrement composé de grès rouge. Jadis des lacs beaucoup plus grands que ceux que nous voyons aujourd’hui couvraient les plaines de l’Est, ainsi que les parties basses du Houpé, du Hounan et du Kiangsi. Les nappes d’eau actuelles n'en sont que les restes. Dans la suite des temps, les masses aqueuses usèrent les parties les plus basses des rochers qui les enserraient et leur écoulement par ces brèches laissa ensuite un grand fleuve qui porta leur trop-plein vers l’Océan, c’est le Yangtsé-kiang ou fleuve Bleu. Les anciens lacs ont laissé libres, en se rapetissant, de vastes terrains d’alluvions, ou complètement à sec et alors fertiles, ou encore imprégnés par les eaux et alors formant des marais, qui se transforment de nouveau en lacs aux époques des grandes crues. Lacs et marais reçoivent les eaux en excès et c'est pour ce motif qu'on n’est point obligé d’élever, comme on le fait sur les rives du Hoang-ho, de hautes digues, qui,, lorsqu’elles

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viennent à se rompre, causent de si terribles désastres dans les vallées et les plaines du Nord.

Le climat des provinces traversées par le grand fleuve Bleu est un climat moyen. Le thermomètre ne descend guère plus basque — 12 degrés en hiver, mais il monte l'été à-h 4°- L’été est la période des pluies. Le Kiangsou est plus humide que les autres provinces du Centre à cause de sa situation près de la mer et de ses vastes lacs.

Au Setchouan , le climat est également très humide, les brouillards fréquents ; les vents froids chargés de poussière s’arrêtent dans le Nganhoei, mais, en revanche, les moustiques et les chaleurs d’orage y rendent les étés fort pénibles.

Le Setchouan est constitué, dans sa partie orientale, par un ancien lac, dont le fond était du grès. L’immense bassin où s’élève Tcheng- tou-fou, composé de grès rouge et vert, d’une grande épaisseur, est situé entre la rivière Min-kiang et les monts Ta-pa-chan ; il recouvre une faible couche de houille. Tout autour sont rangées en cercle des roches primitives et primaires (gneiss, granit, schiste) qui formaient autrefois les parois et les bords du lac. Ces roches usées par les eaux ont laissé celles-ci s’écouler vers l’est par les parties déclives, où s’est creusé le lit actuel du Yang-tsékiang. Le climat de cette province varie beaucoup suivant qu’on l’étudie sur les parties montagneuses ou sur le plateau dont nous avons parlé. Ce plateau, cette plaine est abritée des vents du nord-ouest, du nord et du nord-est par les chaînes qui la bordent ; aussi l’air y est-il très doux et chargé de brouillards. Chaud et humide, il favorise puissamment la végétation, à ce degré qu’on peut faire trois récoltes par an. Si l’on ne trouve pas de vents violents sur ce plateau abrité, on en trouve plus au nord et aussi dans le Yunnan. Au sud du Yang-tsé-kiang et dans les vallées qui en sont tributaires, le climat est semi-tropical par la chaleur et l’humidité. Les altitudes influant sur le climat, nous allons en indiquer quelques-unes. Il y a trois groupes de

montagnes dans le Setchouan : le premier, au nord-est, comprend le Minchan, le Ta-pa-chan ou Kieoulang, qui ont de i.iSo à 2.5oo mètres ; le deuxième, à l’ouest et au nord-ouest, qui sont les chaînes voisines du Tibet et dont l’altitude oscille entre 5.ooo et 6.000 mètres ; là se trouve le mont Oméï (3. 160 mètres) sur la route de Tatsien-lou à Batang ; le troisième, à l’est, a des altitudes de 2.000 mètres. Quant au plateau Rouge, à la plaine de Tcheng-tou-fou, son altitude varie de 200 à 600 mètres.

Dans la province du Houpé , se trouvent de grands lacs qui sont les résidus du lac immense qui recouvrait jadis cette grande plaine. La partie basse du Houpé est donc faite d’alluvions. Partout ailleurs, sur les rives du Idan-ho, comme à l'ouest, les grès et la pierre calcaire dominent avec des interpolations de schistes, granits, conglomérats, marnes.

Remarquons que deux branches du Koen-luen enserrent, canalisent le Han-ho ; ce sont : le Founieou-chan, le Idoailong-chan et le Hoai-yang-chan ou Mouling, du côté de sa rive gauche, et le Ta-pa-chan ou Kieou-long-chan qui continue le mont Min-chan, du côté de sa rive droite; les altitudes de ces chaînes varient de 2.5oo à 3.5oo. Le reste du Houpé est une immense plaine, dont le niveau est à peine de 3o mètres au-dessus de la mer.

Le climat de la province du Houpé est à peu près le même que celui de Shanghaï avec quelques degrés d’humidité en moins. Mais le Houpé n’a pas le bénéfice de la brise de mer pour rafraîchir l’air ; aussi les nuits y sont-elles pénibles en été, parce qu elles sont presque aussi chaudes que les journées.

Le Hounan nous offre du grès rouge dans sa partie montagneuse. Ce grès, traversé par endroits de pierres calcaires, de conglomérats, de granités, recouvre presque partout d’épaisses couches de charbon de terre. Comme la grande plaine du Houpé, les parties voisines du lac Tong-ting

appartiennent aux terrains d’alluvions laissées par le grand lac sous lequel toute la région était jadis submergée. Le fond du lac Tong-ting est composé de sable micacé ; c'est le même fond pour la rivière Siang-kiang, dont les sables mouvants sont très dangereux.

Le climat du nord de la province du Hounan ressemble à celui du Houpé ; à l'ouest, dans cette partie montagneuse où les roches sont si curieusement découpées, le climat se rapproche de celui du Koeitcheou, climat plus humide qu’au Iloupé. A Yotcheoufou, sur le Tong-ting, le thermomètre a oscillé, en 1902, de — 5 à -f- 35 degrés.

Le Kiangsi a une constitution géologique encore peu connue, sauf dans les environs du lac Poyang ; le Kiangsi est tout un massif de chaînes de montagnes de 4°° h 1.000 mètres d'altitude. Le grès rouge paraît dominer à l’ouest comme au Hounan, il surmonte de riches couches de houille. A l’est, le grès rouge toujours dominant semble être remplacé de plus en plus par le granit et le porphyre. Ici, comme au Hounan, le grès est curieusement découpé, ce qui donne à cette partie du Kiangsi une physionomie pittoresque, un grand charme qui s’ajoute à celui des rivières limpides, des arbres et des arbustes. Le climat du Kiangsi est celui de Hankéou et du Houpé pour les alentours du lac. Quant au climat de la partie méridionale, il se rapproche de celui de Canton ; même similitude pour la flore.

Le Ngan-lioeï a des aspects variés ; il est montagneux au sud, moitié plat et moitié montueux au centre, plaine au nord ; d’où résultent trois zones distinctes par la flore, la faune et la population. Au nord, c’est la continuation de la plaine d’alluvions et de loess, ce sont les prolongements du Koen-luen composé de grès, de marbres et de granit, jusqu’au lac Hongtché.

Au sud, c’est la continuation des montagnes du Foukien et du Tché-kiang avec leur granit, leur calcaire, leur schiste ; es terres d’alluvions dominent dans les vallées et le long du

Yang-tsé-kiang. Le climat du Nganhoeï rappelle celui de la région septentrionale dans la plaine arrosée par les affluents du Hoaï-ho. Dans les parties montagneuses du centre, le froid se fait vivement sentir en hiver, et la neige y entrave parfois les communications. La neige se montre bien quelquefois sur les montagnes du sud, mais le climat y reste cependant plus doux qu'au centre.

La plus grande partie de la province voisine du Kiangsou (où est Nankin) n’est qu’alluvions déposées par les deux grands fleuves de la Chine : le Hoang-ho, au nord, et le Yangtsé-kiang, au centre. A cette province il faut distinguer trois parties : celle du nord et celle du centre avec leurs lacs et leurs canaux; celle du sud, un peu montagneuse, avec son inextricable fouillis de lacs, de rivières et de canaux ; c’est la partie la plus fertile, la partie où brillent dans leur gloire et leur fortune Shanghaï, Soutchéou, Hang-tchéou. Le grand canal traverse cette province du nord au sud et en est le trait caractéristique. Le lœss couvre d’assez grandes étendues au nord du fleuve dans les environs de Tchenkiang et de Nanking qui sont sur la même rive droite du fleuve Bleu. Autour de Nanking, il y a de la pierre volcanique, ce qui indique que la région fut autrefois le théâtre de violentes éruptions. C’est le grès ou quartzite, le calcaire, ce sont les conglomérats qui prévalent dans la composition des collines du sud de la province.

Le climat du Kiangsou est similaire, dans les environs de Siu-tchéou-fou, au nord, de celui de la région du Hoangho avec ses hivers rigoureux, avec ses chaleurs sèches, avec son vent glacial inondant de poussière tout le pays. Partout ailleurs, dans le Kiangsou, on a le climat de Shanghaï aux hivers presque doux, aux neiges rares et fugaces. Comme à Shanghaï, on a dans le Kiangsou le vent du nord-ouest en hiver, le vent du sud-est en été, avec une chaleur humide et malsaine ; on a aussi une belle période automnale. La province a sur Shanghaï 1 infério-

rite de ne pas posséder dans la brise de mer un régulateur des oscillations de la température.

Quittons le centre et portons-nous au midi, dans les vallées du Sikiang et des rivières côtières du Foukien et du T ché-kiang .

Toute cette région est essentiellement montagneuse, à l’exception des environs de Canton, région semi-tropicale, où la race Chinoise est en minorité. Au point de vue géologique, le porphyre, le granit, le schiste et le grès sont les roches dominantes dans le Foukien, le Tché-kiang et le Koangtong. Partout ailleurs, de larges lambeaux de calcaire, d’âge secondaire, recouvrent les terrains primitifs et primaires ; à peine laissent-ils émerger par endroits des injections de granit et de porphyre. Le calcaire secondaire, très curieusement fouillé et découpé, comme nous l’avons déjà vu au Hounan et au Kiangsi, donne à la région une physionomie originale et caractéristique. Ici, pas de cette terre jaune composée de sable et de résidus de plantes, pas de ce lœss du nord ni de terre d’alluvions, sauf dans le delta de Sikiang.

Le climat est tropical dans les vallées profondes et dans les régions basses ; il devient doux et moins changeant sur les hauts plateaux du Yun-nan. Dans l'ensemble, il est plus humide dans les provinces méridionales que dans celles du centre et du nord; mais il ne faut pas oublier que dans la même province l’altitude entraîne des variétés correspondantes de climat. Ces généralités posées, voyons les provinces une à une.

Le Yun-nan forme un gigantesque escalier dans sa partie nord-est ; dans sa partie occidentale et méridionale il présente d'immenses sillons que parcourent les fleuves qui vont au Tonkin ou à l’Inde. On partage le Yun-nan en trois segments : le premier est celui du nord-est, voisin du fleuve Bleu, humide et malsain, couvert de pics et de torrents, à peine peuplé ; le second segment est le segment oriental,

large et verdoyante plaine, riche en lacs et en rivières, au ciel pur, à la température douce et agréable; le troisième segment, ou segment occidental, est un massif élevé, aux gorges profondes, aux chaînes de 2.000 à 3. 000 mètres d’altitude, qui sont les prolongements digités des grandes montagnes du Tibet. Géologiquement, le Yun-nan est en grande partie recouvert de terrains de l’époque secondaire, laissant partout à découvert de larges espaces de terrain primaire. Gà et là, se montrent des roches éruptives (granit, diorite, porphyrite). Les éruptions volcaniques ont été considérables autrefois ; on en rencontre des traces. Nous signalons encore la pierre calcaire aux découpures très curieuses, qui domine dans la province. D’innombrables bassins lacustres ont couvert jadis la région; des dépôts d'eau douce les ont comblés en totalité ou en partie ; « ce sont les seules traces d’alluvions modernes, dit Richard, qui nous guident dans les explorations géologiques et climatériques ».

Le climat est différent suivant les hauteurs. Dans le Bas Yunnan, les bouillards régnent en maîtres et les pluies sont journalières : la chaleur intervenant, il en résulte que le climat des vallées doit être classé avec létiquette : tropical,, lourd et malsain. Par contre, le ciel est pur sur les hauts plateaux, la température y est douce et agréable, le maximum thermométrique atteint -f- 28 degrés et le minimum ne descend guère au-dessous de zéro. Du mois de septembre au milieu du mois de mai, c’est la sécheresse ; c'est l'époque où souffle le vent du sud-ouest qui se lève et se couche avec le soleil. La saison des pluies s’étend du i5 mai au mois de septembre.

Koeitcheou. Cette province est une mer de montagnes ; sur dix parties, sept sont montagneuses ; les altitudes sont moindres qu’au Yunnan : i.5oo, 2.000, 2.5oo à 3. 000 mètres. Le climat en est encore plus humide et plus malsain. Le Koeitcheou est un vaste plateau de terrains primaires recouverts de couches de terrains secondaires plus ou moins

fouillés, laissant à découvert, en quelques endroits, le terrain primaire. La pierre calcaire y domine. Çà et là, elle est recouverte d'alluvions récentes ; ailleurs, elle est percée par des couches de porphyre et de granit. Très fréquents aussi sont les grès rouges et les schistes.

Dans toute la province du Koeitcheou, le climat est brumeux et humide, mais il l’est plus particulièrement dans les profondes vallées du Sud. En ces régions on ne peut, sur les cinq mois que dure l’hiver, d'octobre à février, compter plus de vingt-cinq jours de beau temps. Le climat est, en effet, très variable ; sa variabilité tient à la position intermédiaire du Koeitcheou, entre le Yunnan, le Koangsi, le Hounan et le Sé-Tchouan et aussi à sa propre configuration. En été, le thermomètre monte rarement à + 3o degrés sur les plateaux ; il descend, en hiver, à — 8 degrés et — io degrés. Les changements de température sont brusques et les brouillards régnent d’octobre à avril.

Nour arrivons au Kouangsi, province montagneuse, désolée, qui pourrait devenir riche, si l’on parvenait à y supprimer le brigandage. Elle est géologiquement la continuation du Koeitcheou avec abaissement d’altitude (5oo à 800 mètres). Mêmes calcaires, grès, schistes, injections de porphyre et de granulite vers le centre ; au nord de Nanningfou, se trouve un assez puissant massif granitique ; à l’est, les argiles abondent. Le climat du Koangsi est tropical au sud, où l’on souffre de chaleurs excessives du mois de mai au mois de septembre ; chaleurs humides qui engendrent beaucoup de maladies. Au nord, le climat est plus tempéré, mais on y souffre des changements brusques de la température et, en plus, le froid y est assez vif, en hiver. Même au sud, sur les cimes qui forment la limite entre le Tongking et le Koangsi, la neige et la glace font parfois des apparitions, mais tout à fait transitoires. Dans les vallées du sud, le thermomètre se tient toujours au-dessus de -4- 3 degrés et il monte parfois jusqu’à 38 et 4° degrés.

Bien qu’en partie tropicale, la province du Kouang toncj jouit, Tliiver, d’un climat sec et presque froid, grâce à la mousson. Ce climat préserve les habitants de la dépression des forces qui provient d une chaleur humide continue. La province n’en produit pas moins les espèces végétales des tropiques qui constituent sa principale richesse.

Au point de vue géologique, la plus grande moitié du Koangtong, surtout au nord-ouest et à l'ouest, présente la même constitution que le Koangsi : des grès et des pierres calcaires avec injections de granit et de porphyre.

Le granit devient la roche dominante à mesure qu’on s’approche des côtes. Le delta formé d’alluvions est limité par des collines de grès rouge reposant sur du granit. Une terre argilo-gréseuse de couleur rouge constitue la presqu île de Leitcheou.

L’ile de Hainan est granitique et schisteuse.

De grandes plaines s’étendent sur le delta du Sikiang et sur les parties basses du Pekiang. A part les lieux bas, la province est montagneuse, avec des sommets de i.5oo à 2.000 mètres.

Très changeant est son climat, suivant que souffle le vent sec du nord-est ou celui du sud-ouest chargé d'humidité. Le premier domine du mois d’octobre au mois d’avril. Les hauts sommets sont moins bien partagés, ils se couvrent de neige parfois. La mousson pluvieuse d’été détermine souvent de dangereuses épidémies.

Macao , nous l’avons dit plus haut, jouit d’une certaine réputation pour son excellent climat, qu’il doit à sa position ainsi faite que la ville est préservée et du froid et des chaleurs humides du delta. Ce n’est pas à dire toutefois qu elle soit exempte de la peste ni du choléra. Hong-Kong est moins bien située que Macao ; elle est souvent ensevelie dans la brume ; mais ni l’une ni l’autre de ces villes n’ont rien à sAnvier en ce qui concerne les typhons qui les

visitent également en causant de terribles ravages. C’est le fléau de toutes les côtes de Chine.

Foukien. Cette province montagneuse est formée de chaînes parallèles (le Tayuling, 1.000 à Tooo mètres) dirigées du sud-ouest au nord-est, paraissant être, comme au Tchékiang, de date moins ancienne que les montagnes du reste de la Chine et se rapprocher beaucoup de la constitution géologique du Japon. Les roches reconnaissent pour origine un puissant soulèvement accompagné au centre d'écoulement de porphyre et de granit. On retrouve encore des grès, ainsi que de la pierre calcaire et du schiste, comme éléments accessoires. En quelques endroits, dans les îles principalement, on rencontre des terrains volcaniques.

Quant au climat, il est semi-tropical dans la partie orientale du Foukien, où le thermomètre descend rarement au-dessous de zéro ; dans la partie occidentale, le climat devient tempéré et même très froid, en hiver.

Au Tché-Kiang , les mont Tayuling divisent le massif montagneux de la province en deux parties différentes. Au nord, c'est la grande plaine, au sud, c’est la montagne avec le Tien-mou-chan (i.5oo mètres) et le Long-tao-chao, avec la rivière Tsien-ton-kiang. Au nord de cette rivière et à l’ouest, se voient les grès, les calcaires, les schistes en quantité prépondérante. Dans la partie orientale, la grande plaine est formée d’alluvions. Au sud de la même rivière, les principales roches sont le porphyre, le granit, avec, çà et là, des calcaires, du grès et quelques traces d’éruptions volcaniques dans les îles Tcheou-Chan (Chousan).

Le climat est semi-tropical au sud de la chaîne du Tayuling ; mais il est moins chaud qu’au Foukien. Au nord du Tayuling, le climat du Tché-Kiang est bien plus tempéré ; moins chaud l’été et plus froid l’hiver. Dans la grande plaine, le climat du Tché-Kiang est celui de Shanghaï, un peu plus chaud pourtant, à cause de la différence de latitude.

Nous en avons fini avec l’étude géologiqueet climatérique les dix-huit provinces de la Chine propre. Passons aux grands pays dépendant de l'Empire-Céleste : Mandchourie, Mongolie, Turkestan, Tibet.

Mandchourie. — Dans sa plus grande partie, la Mandchourie est composée de terrains primitifs et primaires (gneiss, granit, schiste) recouverts, çà et là, de grès, de conglomérats, de pierres calcaires, terrains souvent entrecoupés de roches éruptives. Des volcans éteints, d’immenses nappes de laves, particulièrement dans les régions de l’est et du nord, indiquent que l’activité volcanique y a été considérable, autrefois. Les terrains d’alluvions sont représentés par les grandes plaines du Liao-ho et du Soungari. La Mandchourie est dominée par deux massifs: à l’ouest, par le grand Khin-gan (1.400 à 1.800 mètres); à l’est, parle Tchang-pé-chan ou Chan-alin (2.600 mètres).

Le climat varie beaucoup d’une extrémité à l’autre de la Mandchourie. Extrêmement rigoureux dans sa partie septentrionale, puisque le thermomètre y descend jusqu’à 4° degrés sous zéro, en hiver, et que les fleuves y demeurent gelés d’octobre à mai. Le Dr Matignon a écrit des pages enthousiastes sur les beautés de l’hiver en Mandchourie ; car, pour être chirurgien d’armée, il n’en est pas moins un observateur remarquant tout, en même temps qu’il recueillait les Enseignements médicaux de la guerre russojaponaise 4.

Dans les parties méridionales de la Mandchourie, le climat est plus doux : le thermomètre n’y descend qu’à — 25 degrés, en hiver, et il remonte, en juillet, à -+- 32 degrés et 4- 35 degrés. La variation diurne est parfois considérable, allant, par exemple, de — 17 degrés à -h 1 3 degrés. Une partie des côtes est cerclée par les glaces, durant plusieurs

1 1 vol. in-8, Maloine et éditeurs, 1907.

mois, chaque hiver; cette congélation de la mer n’a pas lieu dans la partie orientale du Liao-tang.

Mongolie. — Ce vaste plateau, qui sépare la Chine de la Sibérie, est une cuvette encadrée de terrasses plus hautes, qui sont le grand Khin-gan et l’In-chan au nord-est, à l’est et au sud-est; l'Ordos et TA-la-Charn, au sud, et l’Altaï, à l'ouest.

Le plateau est formé par l’épanouissement des monts Tien-chan du Turkestan. Il est composé de terrains primaires (gneiss, granit, schiste cristallin, schiste ardoisé). On avait supposé jadis qu’il avait été le fond d’une ancienne mer, pendant la période secondaire et tertiaire ; mais c'est une pure hypothèse; car on n’a trouvé sur le plateau aucune roche de cette époque. Le nom de Han-hai, mer sèche, qu’on a donné au Gobi, ne doit donc pas être pris au sens de mer d’eau, mais plutôt de mer de sable. Sur les chaînes bordières du plateau, sur le versant extérieur par rapport à la Mongolie, s'étendent d’immenses couches de basalte et d’autres roches volcaniques, avec aussi des terrains calcaires et carbonifères.

On trouve partout, dans le Gobi ou désert de la Mongolie, des conglomérats rouges et bruns, des grès, de l’argile, et les fossiles qui s’y rencontrent indiquent que ces roches se sont formées au fond des lacs d’eau douce et non pas au fond d’une mer. Nous ne pouvons décrire ici le relief et l’hydrographie des différentes régions de la Mongolie (nous renvoyons à l'excellente Géographie , de Richard).

Le climat de la Mongolie est très sec et présente de grands écarts de température, non seulement d’une saison à l’autre, mais dans la même journée. Des tourbillons de sable balayent sans cesse le plateau, qui est ainsi toujours couvert de nuages de poussière jaune.

La région du nord-ouest (Khobdo et Ourga, avec des altitudes de 3.ooo à 4- 000 mètres) est particulièrement

froide, à cause de son altitude. La température moyenne annuelle est de 4- b degrés à Ourga ; son minimum est

— 18 degrés, en janvier, et son maximum 4- 26 degrés, en juillet. Les vents secs et froids du nord-ouest y rendent l’hiver encore plus dur. Dans le Gobi, qui est la partie la plus basse formant cuvette (800 à 900 mètres) et dans l’Alachan (1.000 à i.5oo mètres et même 2.000 mètres), le climat devient plus sec encore et plus extrême. Les sables trop avides d’eau ne permettent pas à des rivières de se former. Le thermomètre y descend parfois, en hiver, jusqu’à

— 34 degrés, pour monter, en juillet, jusqu’à 4- 45 degrés.

A Siwantse, au sud-estdu Gobi, la température moyenne

annuelle est de -h 3 degrés; celle de janvier est de

— 17 degrés, celle de juillet de 4- 34 degrés; la plus basse température atteinte est de — 48 degrés.

Au nord de l’Ordos ou Orthous (1.000 à i.5oo mètres), la neige tombe, dès le mois d'octobre, pour ne fondre qu'en avril. La température de — 3o degrés n'y est pas rare et le thermomètre reste parfois, pendant de longues semaines, à une cote plus basse encore. L’écart diurne est souvent considérable, allant, au mois de mars, de — 28 degrés, lorsque le soleil se lève, à 4- 20 degrés, à l’ombre, l'aprèsmidi.

La sécheresse persistante de la Mongolie vient de l'encadrement de montagnes que nous avons énumérées et qui arrêtent les pluies. La Mongolie ne reçoit que des pluies d’orage en été. A Ourga, la moyenne annuelle de pluie est de om. 20; à Siwantze, mieux exposé à la mousson du sudest, elle est de o m. 45.

Turkestan chinois ou Sinkiang. — Nous avons dit que la Mongolie formait une cuvette entourée de montagnes ; le Turkestan forme également un bassin, à 800 et 1 .200 mètres d’altitude, entouré de hautes montagnes, nommées Nan- Chan et Altyn-Tagh au sud, Kara-Korum, massif de Pamir,

et Trans-Alaï, à l’ouest; Tien-Chan, au nord ; Bogdo-Ola Ola (2.000 à 2.5oo mètres), à l’est.

Voici la constitution géologique du Sinkiang : bassins de graviers et de sables entourés de hautes montagnes formées de terrains primitifs et primaires, où le granit, le schiste et les roches cristallines dominent. La mer a-t-elle envahi ces bassins, pendant l’époque secondaire et tertiaire? C’est possible, mais rien ne le prouve. Ce qui parait sûr, c’est que jadis de grands lacs couvrirent une partie de ces bassins, sinon leur totalité ; il en reste encore quelques-uns dans la Dzungarie.

Bien que variant beaucoup d’une extrémité à l’autre, on peut dire, d’une façon générale, que le climat du Turkestan est très sec et caractérisé par de grands écarts. En hiver, tout y est gelé, les rivières et les lacs. C’est à peine s'il pleut ou s'il neige vingt à vingt-cinq jours par an. En janvier, le thermomètre descend à 2.5 degrés sous zéro ; il monte, en été, à -b 3o degrés et -h 35 degrés. Les nuits sont souvent calmes ; c’est au milieu du jour, au printemps spécialement, que s’abattent de furieuses tempêtes de sable. D’ailleurs, en tout temps, l’air est toujours chargé de sable, alors même que l’air semble très pur ; c’est là un des traits carastéritiques de cette contrée. Le sable pénètre partout, jusque dans les vêtements; impossible de s’en garantir.

Tibet ou Si-Tsang. — C’est le massif de montagnes le plus épais de la terre. Au nord-ouest, des plateaux immenses couverts de lacs et de rivières sans issue ; c’est le Tibet inhabité décrit par Bonvalot. Au sud et à l’est, vallées profondes, bien arrosées, où prennent naissance les grands fleuves de l’Hindoustan, de lTndo-Chine et de la Chine : c’est le Tibet habité de Bonvalot.

La constitution géologique du Tibet est assez mal connue. Les terrains primaires semblent dominer au nord. Au sud,

il y a des terrains sédimentaires plus récents ; les terrains secondaires surtout y atteignent un grand développement. Le géologue fait entrer le géant de l’Himalaya parmi les roches de gneiss et de micaschiste pour la masse ; quant aux sommets qui se perdent dans les nues, ce sont des granits qui s’effritent. Au centre du Tibet, l’action volcanique semble avoir été d’une puissance assez grande ; il reste de cette action des sources thermales qui jaillissent jusqu’à 5.3oo mètres d’altitude et donnent, en hiver, le curieux spectacle de geysers gelés. Gabriel Bonvalot et Henri d'Orléans donnent (dans V Asie Inconnue , page 169), la photographie d’un geyser gelé. Plusieurs des nombreuses cavités lacustres du Tibet ont très probablement pour origine l’effondrement d’anciens volcans.

L’altitude moyenne du massif est de 4 .000 à 5. 000 mètres. On lui distingue deux parties : celle (inhabitée) des plateaux avec la chaîne du Koenluen, 6.400 mètres, au nord, se divisant en monts : Karakorum, Altyntagh, Nanchan, Tsoïdam, Prjevalsky, Baian-Kara, etc. ; celle (habitée) des vallées et des torrents, au sud et à l’est ; à elle appartient l’Himalaya avec son pic altier de 8.84o mètres.

On comprend que le climat doit varier sur les divers points de cette immense région au relief si varié lui-même, aux altitudes si diverses ; il est même difficile de donner une idée générale du climat autre que celle qu’il est rigoureux partout et qu’il est généralement sain.

Au sud et à l’est, l’influence de la mousson sud-ouest se fait sentir. A l’ouest, cette influence est insensible. Dans l’ouest et dans le nord, le climat est très sec et il ne tombe que très peu de neige. On y a observé les plus grands froids, en décembre, avec — 7 degrés, en moyenne, le matin ; les plus grandes chaleurs viennent en juin avec -f- 11 degrés en moyenne, vers 1 heure de l’après-midi.

La région centrale a, aussi, malgré ses lacs, un climat très sec pendant l’automne, l'hiver et le printemps; la

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pluie y tombe, en abondance, pendant l’été. Au sud, le spectacle change ; ce sont des déluges de pluie, de grêle ou de neige d’un bout de l’année à l'autre.

Au nord, la chaleur est intense, durant l'été, et le froid extrême en hiver. Au mois de mars, la neige est encore très épaisse dans les passes du Tsaïdam.

Il est à remarquer que les grands cours d'eau ne gèlent jamais et que les petits cours d’eau se couvrent, en hiver, d’une mince couche de glace. Ce climat si rigoureux est néanmoins très salubre. Bonvalot l’affirme, au nom de l'expérience, avec tous les géographes. Le climat du Tibet n’offre de dangers que par ses grandes variations.

Arrivé au terme de cette rapide étude du climat et du sol de la Chine, quelles conclusions allons-nous en tirer? Il nous semble préférable de laisser à chacun le soin de le faire.

La diversité du climat dans chaque province, on peut presque dire dans chaque district, implique la diversité de l’hygiène sous le rapport de l’habitation, du vêtement et de l’alimentation. Les principes de l’hygiène étant connus par ailleurs, il suffit d’avoir des notions sur le climat de chaque région pour en régler l’application d’une manière adéquate. Nous nous sommes efforcé d'établir succinctement ces notions. A titre d’exemple d'application, nous donnerons quelques conseils aux Européens qui vont dans les centres commerciaux des côtes de Chine. Ils doivent craindre la dysenterie, les maladies du foie, l’anémie, les fièvres qui frappent les étrangers après un long séjour dans ce climat chaud et humide des côtes et des grands fleuves. Il est conseillé d’habiter des maisons vastes et bien aérées, d’éviter les ardeurs du soleil, d'éviter toutes les causes de refroidissement. Non moins formel est le précepte de se garer de tout excès. L'hygiène du vêtement recommande de porter de la flanelle en tout temps, même et surtout en été. Quant

à l'alimentation, elle doit être légère et fortifiante et la boisson doit être de l’eau bouillie aromatisée de thé, à l’instar des indigènes ; il ne faut boire que de l’eau stérilisée ou tout au moins filtrée et rester toujours sobre en fait de liquides alcooliques. Les Européens s’anémient vite sous ce climat brûlant, par suite des transpirations continuelles et des nuits sans sommeil. « Une molle et fade langueur, disait le marquis de Courcy, envahit progressivement l’organisme. On ne tarde pas à perdre ses forces et ses énergies et à perdre l’appétit ; on maigrit ; on pâlit ; on jaunit. A ce degré de dépression physique, l’Européen n'a plus qu’un moyen de salut, le rapatriement, le retour au pays natal, le plus tôt possible. »

En manière de conclusion de nos aperçus géologiques, je ne peux mieux faire que de formuler une sorte de synthèse de la géologie de la Chine, d’après les travaux des Reclus, Richard, Tiessen, Leroy-Beaulieu, Pinon, Hue, Monnier, Bretschneider, Henry, Franchet, Forbes et Hamsley, David, Swinhoe, Milne-Edwards, Heude, Froc, Raulin, Ratzel, Chevalier et les savants de l’Observatoire de Zi-ka-wei, des Langhans, Madrolle, Bianconi, Oxenham, Bonvalot et d’autres encore.

Synthèse géologique de la Chine.

Pendant toute la période primaire et la première partie de la période secondaire, la Chine resta sous les eaux. Elle émergea ensuite; vinrent alors des plissements, des dislocations de l’écorce terrestre qui creusèrent des fosses profondes, comme celle de la Dzoungarie, par exemple; ou qui firent jaillir des sommets comme ceux de l’Altaï, du Tien-chan, du Koen-luen et du Nan-chan, par exemple, qui se sont élevés jadis bien plus haut qu’ils ne le sont aujourd’hui, ayant été érodés sur leurs cimes par l’action

atmosphérique. Bonvalot a remarquéce travail en parcourant le Turkestan et le Tibet, ainsi que beaucoup d’autres hardis explorateurs.

Dès la première moitié de l’époque secondaire, la constitution géologique de la Chine était à peu près terminée. Son sol ne présente aucune trace de terrains jurassiques et crétacés, terrains qui se formèrent ailleurs, à la lin de l’époque secondaire. Durant l’époque tertiaire et l’époque quaternaire, la Chine se trouvait complètement hors des eaux de la mer et elle ne subit dans la suite que des modifications de relief, sans s’enrichir de nouvelles roches. A la fin de l’époque primaire, de grands dépôts de houille se formèrent dans le Yun-nan, le Koeitcheou, le Honan, le Chensi, le Chansi; de grands lacs baignèrent aussi une partie des terres de la Chine occidentale, dès l’époque secondaire; ces lacs laissèrent en se retirant des grès, espèce de roche si abondante en Chine, au Sé-tchouan et dans toute la région méridionale. Les glaciers, les vents, les gelées, dirigèrent leurs attaques sur les sommets et les torrents entraînèrent des débris qui comblèrent les lacs, changèrent en plaines les collines, réunirent des îles au continent et entre elles, comme au Chantong, et déposèrent au nord ces épaisses couches de terres jaunes très fertiles qu'on appelle lœss. Les actions volcaniques ne paraissent pas avoir été bien intenses ; il y en a des traces aux environs de Nankin, de Pékin, ainsi qu'en Mongolie et au Tibet. Les roches éruptives sont abondantes : le porphyre et le granit sont les principales (au Foukien, surtout).

Le travail de formation géologique de la Chine se continue de nos jours et il est particulièrement actif à l’embouchure des grands fleuves où de nouvelles terres ne cessent de se former, au grand dam de la navigation. La Chine s’abaisse en un plan déclive de l’ouest à Test, c’est-à-dire du Tibet à l’océan Pacifique, d’où la direction des fleuves dans le même sens. Le travail des vents et des sables, l’action du climat

et des eaux, l’action des glaciers se continuent en Chine, comme partout à la surface de notre planète. Une végétation abondante couvrit jadis les hauts sommets de l’Empire du Milieu ; cette végétation enfouie dans les profondeurs du sol a formé la houille, dont l’abondance est telle que la Chine pourrait alimenter de ce précieux combustible tous les continents, durant des siècles.

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