‹ La médecine en Chine au XXe siècleChapitre 18 sur 39 · HYGIÈNE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE

Hygiène publique, hygiène privée en Chine. — Voirie, habitations, vêtements : parallèle avec l’hygiène au Japon. — Hygiène internationale. Règlements sanitaires internationaux.

Hygiène et Chine ! Hygiène et Pékin ! voilà des mots qui hurlent de se trouver accolés. Pour améliorerlétat sanitaire, il faudrait penser ; or, la Chine ne pense plus ou si elle pense, c’est en délire, comme le prouve la révolution qui l’aerite en ce moment sur sa couche vermoulue. Tout croule en ce pays vétuste ; la Chine actuelle donne l’impression d’une vaste ruine avec, de-ci, de-là, des traces de cratères. Pékin, sa capitale, n’est qu’un grand cloaque sans écoulements, car ses fameux égouts ne fonctionnent plus, excepté en temps de pluie, et alors ils se dégorgent sur la chaussée, où les charrettes et les chevaux ont creusé des rigoles profondes. Pékin est le plus infecte dépotoir qui se puisse rêver, à ce point qu'un mandarin revenant d'Europe à Pékin ne put s’empêcher de dire avec tristesse : « Nous rentrons dans nos latrines. » Il n’y a pas d’abattoir public et isolé; on abat moutons et porcs dans la rue, au milieu des chiens qui barbotent dans l'eau de lavage des boyaux. La banlieue est un vaste cimetière et un non moins vaste champ d'épandage. L’épandage et la poudrette avec leurs

odeurs pénétrantes préviennent qu'on approche de la capitale. »

Ce que le Dr Matignon dit1 en ces termes de Pékin, doit s’appliquer à toutes les villes de la Chine ; en Chine, l’hygiène est inconnue. Le Dr Régnault2 le déclare non moins catégoriquement : maisons basses, étroites, obscures, entassées, rues étroites servant d’égouts, d’urinoirs et de water-closets pour les hommes, de parcs pour les cochons, de mares à purin, où grouillent enfants, porcs et chiens. Les cochons et les chiens dévorent les immondices et ce sont les seuls agents voyers sur lesquels on puisse compter pour le nettoyage des rues.

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