PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE INTERNES
A. — Appareil respiratoire.
Refroidissement. — Si l’on a contracté un refroidissement en sortant par la pluie, ou par le fait de mauvais vents et de variations brusques de la température, on doit prendre la tisane stimulante appelée sanki1.
Si l’amélioration ne se produit pas rapidement, c’est que le principe vital passif est affaibli ; il suffît de le réconforter avec des cordiaux, tels que la cannelle...
Quand il y a de la fièvre, on prescrit de la tisane de graines de dolique ou 2 grammes de poudre de racine de polygala tenuifolia dans une demi-tasse d’eau chaude, ou trois gouttes d'huile de menthe dans du thé.
1 Sanki. Cette décoction se compose de :
Extrait alcoolique de Rehmania .
Lyciet de Chine (fruits) .
Achyranthe du Japon (graines) .
Pachyma cocos .
Fusain du Japon (écorce) .
Pivoine blanche (racines) .
Azaret de Virginie (racines) ou angélique
inégale (racines). . .
Dorsténie de Chine (racines) .
Réglisse torréfiée .
Racine d'aconit préparée .
40 grammes
Laryngite et Angine, Bronchite. — La toux, l'aphonie sont la conséquence d’un mauvais fonctionnement du principe passif. On prescrit contre le mal de gorge les gargarismes au borax et l’on remonte les forces au moyen de préparations de racine d’ache, d'atractylis ovata, de buplèvre, de gentiane, de gingembre, de cannelle.
Contre les sueurs, on fait prendre de la dioscorée, des noyaux de jujubes et de longanier, des fruits de Nelombo (graines de nénuphar, graines de lotus).
Contre la toux, on prescrit la tisane de kinclioéi b Si le kinchoei ne suffît pas, on a ensuite recours au gingembre, à l'opium, à la cannelle, au thuya orientalis, à la cardamome, à la violette, au lis, au tussilage, à l’écaille de tortue brûlée, au lézard desséché, à la bave de crapaud, à la terre de vieux torchis. Les pilules de chan-sou-ouan (bave de crapaud) sont très estimées. Ne faisons pas les dégoûtés; n'avons-nous pas la pâte d’escargots? Et les homéopathes n’emploient-ils pas aussi le crapaud? Le Chinois enrhumé mange des os de poulet, il prend de l’huile de menthe, des graines de navet, des jujubes, des citrouilles, de la racine de mûrier et il se fait poser des moxas au creux de l’estomac.
Pneumonie. — Contre la pneumonie, on prend de la clématite, de l’aristoloche, de la tisane de dioscorée et d’aconit: on combat par la réglisse ammoniacale le délire qui accompagne cette inflammation des poumons. La préparation de réglisse ammoniacale va donner la nausée au
1 Kinclioéi , tisane avec :
Extrait alcoolique de Rehmania . 20 grammes
Racines d’arum trilobatum préparé .... 8 —
Racines d'ache trilobatum préparé .... 8 —
Pachyma cocos . 8 —
Réglisse torréfiée . 4 —
Ecorce de mandarine préparée . 4 —
lecteur. La voici quand même. On met de la réglisse dans le canon d’un bambou, qu on bouche à la cire ; le tube est déposé, durant tout l’automne, dans des fosses d'aisances fréquentées uniquement par des hommes ; on le retire à la fin de l’automne; on le nettoie et l’on a ainsi à sa disposition de la bonne réglisse ammoniacale.
Bronchite Chronique. — On donne le tremble épineux et des poumons de porc.
Phtisie et Hémoptysies. — Le médecin chinois avoue qu’il ne guérit pas la phtisie ; mais il la combat avec des préparations de poumon et de colle de peau d’âne noir bouillie dans de l’arack ou de la farine de riz. La peau d'âne est le plus souvent remplacée par de la peau de buffle. Ce produit gélatineux est certainement efficace contre les hémoptysies. Depuis longtemps les Chinois l’emploient contre les hémorragies. Reconnaissons qu’ils nous ont devancés, car il n’y a que quelques années qu’en Europe nous nous servons de sérum gélatinisé par la voie buccale et par la voie hyopdermique ou rectale. L 'écorce de mandarine est fort employée dans les affections des voies respiratoires. On ne la mange pas telle que; tout d’abord, on la fait griller avec du sel, puis on la fait bouillir avec de l’urine, avec du vinaigre, puis on la sale encore et on la dessèche.
B. — Appareil circulatoire.
Palpitations, Angine de poitrine, etc. — Ils distinguent deux sortes de palpitations : celles qui sont dues à des excès sexuels et celles qui sont la conséquence d'une maladie infectieuse. Contre les premières, on donne des anaphrodisiaques et des reconstituants (graines de nelombo, colle de corne de cerf); contre les secondes, du minium à petites doses.
Myocardites. — L’infusion de tiges de clématite ou la corne de bouquetin sont prescrites dans les inflammations du cœur, de même la racine de chélidoine. Ne sachant pas ausculter, ils vont à l’aveugle.
Ils prescrivent le cumin dans les syncopes et mettent des moxas au creux épigastrique. Dans l’angine de poitrine, c'est à la sépia mélangée à du vinaigre (encre) qu’ils font appel. Aux gens qui présentent de l’enflure (œdème), de l’hydropisie, ils prescrivent la potion de terre de torchis ayant été longtemps exposée au soleil levant. Cette terre lavée et décantée se boit avec du riz. Elle agit comme diurétique par les nitrates qu’elle contient. Ensuite on donne la racine de plantain d’eau ou des graines de convolvulus, le péricarpe de noix d'arec, l’aralia papyrifera ; quelquefois on en vient au cinabre natif pour rétablir l'équilibre entre le cœur et le foie.
Dans les engorgements des vaisseaux (phlébite, congestion), on prescrit le suc de gaillet dit gratteron (rubiacée). Contre les hémorragies , on prescrit : la corne de rhinocéros, la cendre de cheveux, la racine d’aconit, la cannelle, le plantain d'eau, les graines d'achyrante, d’eurvale ferox et le remède de Pavi à huit médicaments L Contre les vomis scments de sang : le ginseng et la tisane de Louvi 2.
Epistaxis. On arrête le saignement de nez avec du sang d’anguille, des tisanes d’ortie blanche et de l’ail appliqué sur les jambes et sous les pieds. On emploie aussi les feuilles de thuya orientalis.
Contre les métrorrhagies , on emploie l’infusion d'ortie blanche, le cachou, le safran et l’os de dragon fossile. Il paraît qu’on trouve toujours de l’os de dragon fossile vrai ou faux.
1 Pavi, remède à huit médicaments : extrait de rehmania, dioscorée, pachyma cocos, plantain d’eau, cornouiller, pivoine-moutan, cannelle, aconit.
2 Louvi , remède à six médicaments : rehmania, pivoine-moutan, dioscorée, cornouiller, pachyma cocos, plantain d’eau.
Les hématuries sont arrêtées au moyen de la tisane de
tiges de clématite, de racines de plantain d'eau, de pachyma cocos, d’oranger noirâtre, de graines de gardénia, de l’écorce de ptérocarpe jaune.
Toniques après une perte de sang. On relève l’organisme en donnant, comme toniques, la gentiane, l'aconit, le gingembre, l’amande de jujube, la graine de nelombo.