‹ La médecine en Chine au XXe siècleChapitre 7 sur 39 · C. — Maladies des reins · texte numérisé non relu

C. — Maladies des reins

Contre les douleurs rénales, on donne, en tisanne, du chiendent, des graines de fenouil, des racines d’acbe, des racines de plantain et des sudorifiques, tels que : graines de gardénia, squine, smilax, pigamon, bardane, sable de mer (fines spores de fougère), stéatite. Nous avons déjà dit que les maladies des reins étaient soignées par l’ingestion de reins de porc et de haricots noirs.

D. — Appareil digestif.

Les stomatites sont graves chez les Asiatiques ; on les soigne par des gargarismes et par de la tisane de rhubarbe, de salpêtre, de chélidoine et de réglisse.

En cas d’indigestion sans vomissements, on donne du poivre, du clou de girofle, du souchet, de l’ail, de l’écorce de magnolia hypoleuca (c’est le quinquina des Chinois).

S'il y a indigestion avec vomissements, petites doses de borax dans de l'eau (les Chinois mettent aussi du borax dans l’eau de cuisson de la viande) ; on donne aussi : chélidoine, thuya, encens, écorce de mandarine, graines de melon. Leur vomitif habituel est la racine de chélidoine.

L'anorexie (manque d’appétit) est combattue par l’écorce de mandarine verte, de magnolia hypoleuca, de pigamon jaune, d’atractylis ovata.

La gastralgie et l'embarras gastrique fébrile trouvent dans la racine de squille — employée en teinture sous le nom de cunao — un remède souverain.

La dyspepsie, parfois tenace, est chassée par l’enveloppe du gésier d’un jeune poulet, la colle de peau d’âne, le coriandre, Tatractylis lancea, la noix muscade, la décoction de bois de Santal. On fait aussi manger de l'orge et des petits haricots germés et, de la sorte, on prend, sans le savoir, des diastases favorables à la digestion. On donne la lessive de terres alcalines, le chlorure de sodium, le carbonate de chaux, le salpêtre.

Pour les flatuosités, on donne l’écorce d’orange, le benjoin.

Contre les aigreurs, on prescrit l’alun, le tussilage, le pachyma cocos recueilli près des pins parasols.

La constipation et U embarras gastrique mettent en branle tout un arsenal de remèdes : rhubarbe et lait de chèvre, extrait de foie de porc, sulfate de soude, poires cuites dans du miel, pruneaux, graines de nelombo, racine d'ache, graines de moutarde blanche, le petclü (racine encore mal déterminée), l'écorce de cardon de Chine, la résine de croton moluccanum, la mercuriale, les os de dragon fossile1.

Contre les coliques, prenez de l’ache, de la cannelle, du lyciet, de la gentiane croisette, de l’aconit, du schizandra.

Contre la diarrhée, de l’eau de riz, du riz gluant cuit, de la gentiane, du pachyma cocos, atractylis, cytise, cardamome, concombres sauvages, noix de galle, bois de camphre, résine de pin chinois, ocre brun, cachou. Si les coliques sont accompagnées de frissons et de vomissements, on fait appel aux grands moyens : le gingembre et le fameux gin-seng, quand l’aconit ne suffit pas. Le gingembre est une scitaminée jouissant de propriétés stomachiques,

1 Ce sont, le plus souvent, des os de grands mammifères ou d'énormes sauriens.

stimulantes, aromatiques et carminatives. Il est estimé bien au-dessous du gin-seng. Celui-ci n’est autre que la racine du panax quinquefolium ; c’est le médicament le plus réputé de l’Extrême-Orient, comme stimulant, tonique, aphrodisiaque, etc. C’est une panacée princière à la portée des riches seuls, car une belle racine coûte 200 piastres (5oo fr.). La racine ressemblerait à des cuisses d’homme et l’on base sur cette comparaison gratuite l’hypothèse de vertus spéciales. Son prix élevé incite naturellement à la falsifier. La meilleure sorte est cueillie en Mandchourie par l’armée impériale et pour la Cour.

11 y a contre la diarrhée et la dysenterie un remède de famille assez curieux : prenez une main de bouddha (citron digité), évidez-le entre les digitations, bourrez les cavités creusées avec 4 grammes de dross (résidu morphiné des fourneaux de pipe à opium, refermez et faites sécher.

Revenons à la dysenterie. Les Chinois en distinguent quatorze variétés, suivant la nature des selles, et ils la traitent au moyen d’infusion de thé frisé, de tisane de plantain d’eau, de gingembre, de dolique, de muscade, de magnolia hypoleuca, de cannelle, d’aristoloche, de brucea sumatrana, d'excréments de chauve-souris et de peau de serpent.

Helminthiase. — Les Chinois distinguent neuf espèces de parasites intestinaux, dont les plus communs sont les lombrics, les tænias et les oxyures. Comme nous, ils prescrivent toujours un purgatif avec un vermifuge ; celui-ci est l'une des plantes ci-après : ptérocarpe jaune (légumineuse), écorce de grenade, racine de grenadier, ail, agrimonia, datura indica, gentiane, fenouil, if, aloès, badiane, fougère, enfin le fruit d’une combretacée (quisqualis indica). Ils emploient aussi le sulfate de fer. Leurs résultats ne sont pas toujours prompts et sûrs, à en juger par la vogue des bonbons de santonine venus d’Europe, que tous les marchands ont en boutique.

En 1897, le Dr Matignon, médecin de la Légation de France, à Pékin, présenta une note à l'Académie de Médecine sur l'helminthiase chez les Européens et les Chinois, à Pékin. Il avait reconnu que les oxyures, les tænias et surtout les lombrics, sont très fréquents chez les Chinois. Il suffît de donner de la santonine aux enfants de l’orphelinat de Jen-tzé-tang pour les voir rendre des vers dans la proportion de 95 à 98 pour 100; les adultes en ont autant. Les Chinois administrent, à chaque lune nouvelle, des vermifuges à leurs enfants, parce qu’à ce moment les vers tournent la tête vers le ciel. Chez les Européens, qui vivent à Pékin, les vers ne se voient que dans la proportion de a5 pour 100. Cela s’explique par la différence d’hygiène alimentaire. Le Européens boivent de l’eau filtrée ou de l’eau bouillie et ils font cuire les légumes, tandis que les Chinois absorbent de la mauvaise eau et mangent des légumes et particulièrement des choux non cuits, plus ou moins pollués par l’épandage des matières fécales. M. Matignon a observé, chez les enfants, des selles muqueuses et sanguinolentes, de la toux laryngée et des crises de suffocation causées par des lombrics remontés jusqu’à l'arrière-gorge, d’où il fallait les extraire à l’aide de pinces. Le tænia inerinis est plus commun, à Pékin, chez les Européens que chez les indigènes : 16 fois sur 70 sujets, soit 20 pour 100. Le Dr Matignon les a traités par le vermifuge suivant : pelletiérine, o gr. 3o; tannin, 1 gramme; eau, (>o grammes, et par un purgatif administré demi-heure après. La raison de la plus grande fréquence du tænia chez les Européens est que ceux-ci mangent beaucoup de viande de bœuf ayant des cvsticerques, tandis que les Chinois consomment en quantité du porc et peu de bœuf. Le porc n’est pas ladre et, s'il est habité par des cysticerques, ceux-ci sont tués par la cuisson dans l’huile. Durant les quatre ans que Matignon a passés à Pékin, il n’a pas observé un seul cas d'appendicite ni chez l’indigène, ni chez l’Européen; ce qui prou-

verait que les helminthes ascarides ou tricocéphales n’inoculent pas des microbes dans la muqueuse intestinale, comme le prétend Metchnikoff. La flore microbienne des Chinois végétariens est plus inoffensive que celle des Européens habitués au régime carné. Ils sont moins sujets à la constipation, grâce aux mets grossiers dont ils se nourrissent : riz, choux, patates, millet, navets, ail, etc., qui entretiennent la liberté du ventre. Le pain qu'ils mangent est aussi laxatif, c’est de la brioche faite avec de la farine de maïs ou du froment, une sorte de galette à pâte non levée et cuite à la vapeur.

Affections du foie et de la rate. — Elles sont traitées, en général, avec des racines de pivoine à fleurs blanches, des feuilles et fleurs de basilic crépu. L’hépatite est soignée avec la corne de bouquetin, avec les bourgeons de bambou, la peau d’éléphant. Ils ont systématiquement recours à l’opothérapie, puisque de temps immémorial ils donnent du foie de porc, du foie de bouc en nature ou en extrait dans du vinaigre d'arak. Ils mélangent le fiel de bœuf et le fiel de porc; ces substances opothérapiques ont une efficacité réelle, dit le Dr Régnault. Elles s’administrent en bols de o gr. 5o de bile, 4 Par jour (= 2 grammes), sans édulcorant ; c’est très mauvais à avaler. Le fiel d’ours est re cherché, mais il a le défaut de coûter cher : 2 5 francs la vésicule. Ils emploient également les calculs biliaires des animaux.

La congestion de la rate donne lieu aux prescriptions d’écorce de magnolia hypoleuca, avec addition de graines de nélombo, lorsque l’anémie est accusée.

E. — Affections du système nerveux.

Il serait difficile de s’étendre longuement sur ces affections, attendu que la pathologie et la thérapeutique nerveuses

sont à peine ébauchées en Chine. Voici ce qu’ils prescrivent :

Contre la migraine : du vitex (arbrisseau de la famille des verbénacées), des feuilles de ricin, de l'huile de menthe, en frictions sur les tempes, ou III gouttes dans du thé, du pigamon rouge.

Contre les vertiges : des fleurs de camomille en infusion.

On combat la céphalalgie tenace en faisant manger du cerveau et de la moelle de cerf, des myriapodes grillés et pulvérisés.

La neurasthénie consécutive à des excès est traitée par la corne de cerf prise sur des bêtes vivantes, car si elles n'étaient pas vivantes, le nez ou les dents du malade tomberaient. Le remède est dispendieux, étant donné qu’une belle paire de cornes se paie a5o francs.

L’hypochondrie est traitée par l’écorce de bambou, le glaieul, le sulfate de soude.

Les phobies par le pachyma cocos, l’os de dragon fossile.

Et la folie ? Nous verrons plus loin que l'Etat n'en a cure, qu’il n’a jamais eu la pensée d'interner les aliénés ; ils sont ‘ abandonnés à leur triste sort. Habituellement calmes, les fous opiomanes et les épileptiques errent dans les rues, sans causer de scandale ni de dommage. Les médecins les traitent par l’aloès, la réglisse ammoniacale ou par le kinthiap.

Le kinthiap (hoi'resco referens ! ) est le liquide clair qui surnage dans un vase de matières fécales, hermétiquement fermé. Ce liquide a été enfoui durant trois ans dans le sol. Nos vieilles fosses d’aisance en fourniraient, mais il y a des façons moins dégoûtantes de fabriquer l’ammoniaque h

L'épilepsie est traitée par les vers à soie desséchés, la racine de rehmania jaune, l’arum trilobé.

1 On prépare le gaz ammoniac avec un mélange de chlorure d'ammonium, dit sel ammoniac, et de chaux vive; rammoniaque liquide est une dissolution de ce gaz dans l’eau.

Les Chinois connaissent quatre variétés de paralysie : hémiplégie, paraplégie, paralysie d’un membre, paralysie de la langue. Ils signalent un signe précurseur dans l'index ou l’annulaire et ils .traitent ces affections nerveuses par l’acupuncture ; au début, on donne la noix vomique, l’écorce d’aralia palmata, la racine d'érable, les graines de rhus semialatus, par le cinabre natif, Los de tigre, la dépouille de cigale et les frictions à l’huile de muscade.

Contre les contractions de la face, on donne : musc et suc d’anguille de rizière; contre les convulsions, la valériane, le bois de camphre et, s’il s'agit d'un nouveau-né, du sulfure rouge de mercure ; contre le tétanos, les racines de banian (ficus religiosus) ; contre les névralgies, les fleurs d'origan, l’angélique, le conium.

Le coup de chaleur (insolation) est soigné par le pou-yni-ki, préparation compliquée 1 et, si le sujet est plongé dans le coma, on lui fait une potion avec de l’ail écrasé. Très porté au sensualisme, le Chinois s’est ingénié à entretenir et à récupérer ses facultés de jouissance matérielle. Citons leurs médicaments.

Aphrodisiaques : girofle, psoralier, gin-seng, tremble épineux, parmi les végétaux; et, parmi les moyens opothé- * rapiques, les testicules grillés et broyés d’animaux que l'on mélange à l’eau de-vie de riz, les testicules de tigre (très recherchés), le cerveau, la moelle épinière, la corne de cerf, les rognons de chien, les testicules de poulet, voire même, de la semence humaine. Ils usent de mets aphrodi-

1 Pou-yn-i-ki , en voici la formule :

Extrait hydro-alcoolique de rehmania .

Racine d’ache de marais .

de gentiane croisette . . . .

— de dioscorée ........

Ecorce d’orange .

Pigamon rouge .

Réglisse cuite .

Racine de bu plèvre .

16 grammes

i gr. 5o i gr. 5o i gr. 5o o gr. 8o

siaques, tels que : les ailerons de requin, les nids d'hirondelle, les épices de tout genre; la sphœria sinensis, dont on farcit la volaille comme nous faisons avec des truites, les cantharides, etc. On sait la lubricité de ces païens. Leur thérapeutique en sens contraire connaît comme anaphrodisiaques ou antiaphrodisiaques : les racines de nénuphar alba et les graines de nélombo, l'écorce de fusain du Japon, l'ache, le gingembre, le hiou-koéi et le koéi-si, qui contiennent plus ou moins les mêmes drogues. Ils prétendent qu'en mettant du carbonate impur dans le creux d'une main, on arrête les impulsions obscènes. Gela ressemble fort à la suggestion. Ils n'ont pas la moindre hésitation à faire appel, en cas d’insuccès, à la magie médicale et à la sorcellerie, qui est une manière populaire d'hypnotisme.

F. — Maladies dyscràsiques et infectieuses.

Nous reparlerons de la plupart de ces maladies au livre de V Hygiène ; nous nous limiterons ici à la simple indication des moyens qui leur sont opposés par la médecine chinoise.

Rhumatisme. — Le climat humide et les variations brusques de la température rendent fréquentes les affections rhumatismales auxquelles on oppose, à titre préventif comme à titre curatif, l’écorce d’aralia palmata macérée dans de l’arack. Les névralgies et les douleurs musculaires, les arthralgies sont traitées au moyen de l’angélique inégale, de l’écorce de fusain du Japon, du roseau, de la squine, de l'aristoloche noueuse, du cardon du Japon, de l’armoise, de la verveine, du carbonate de chaux cristallisé.

Quanta l'obésité, on se garde de la combattre; elle est fort bien portée, en Chine ; on la favorise même, surtout chez les femmes, en donnant de l’arsenic, du nélombo, de la corne de cerf, du gin-seng.

Variole. — Nous dirons plus loin les ravages qu’elle cause en Extrême-Orient, où, depuis le règne de l’empereur Tchin-song (xe siècle), on s’efforce de la prévenir en variolisant les enfants. Chaque jour, on fait des fumigations autour de l’inoculé, ce qui n’empêche pas les complications les plus désastreuses de survenir. Aussi, les indigènes ontils facilement adopté le vaccin jennérien. Les médecins chinois commencent à vacciner dans les pagodes, à prix fixe ; leur prix est plus élevé à domicile, il varie de i fr. 25 à 7 francs, suivant la fortune ; mais le prix est toujours plus élevé pour les tilles, celles-ci étant considérées comme des objets de luxe. Au Tonkin et en Chine, les médecins français font gratuitement les vaccinations.

Le traitement de la variole consiste à faire prendre au début le remède tchai-koei quand l’éruption apparaît sur le front; du quatrième au septième jour, on prescrit la poudre chenn-kouncf 1 2 qui contient dix substances. On favorise l’éruption au moyen d'une préparation faite avec la queue, les yeux et les pieds d'un cochon et l’on soigne les complications (variole noire) avec le sang frais du cochon additionné de poudre de dent humaine et avec des tisanes. Ils mettent sur les ulcérations des pustules une pommade composée de miel, de litharge, de silicate de magnésie, de racine de dorstenia. On applique aussi la pommade des trois haricots ou celle de la courge pepon.

L’emplâtre des cinq crapauds est renommé. On le fabrique avec cinq crapauds desséchés et pulvérisés, une pincée de cheveux et 6o grammes de racine de trichosanthe et on lie le tout avec de l'huile de sésame.

Les complications oculaires de la variole sont traitées par

1 Le tchai-koei contient de l'ache, de la pivoine blanche, du buplèvre, de l’origan, de la réglisse torréfiée.

2 Le chenn-koum j contient les poudres de : rehmania, gentiane, pivoine, sophora tomentosa, réglisse, bardane, carthame, lithospermum, erythrorhizon, angélique, corne de bœuf.

diverses potions : angélique, menthe, plantain, plâtre pulvérisé et foie de bouc. Gomme traitement externe, ils emploient une préparation dans laquelle entrent de la cadmie, de lachélidoine, delà corne de bouquetin et de rhinocéros, ou des préparations de borax, de calomel ou de sang dâmguille de rizière.

Les Chinois ont bien constaté que la variole est contagieuse et c’est pour en limiter l'extension qu’ils font des pulvérisations autour du lit du malade et sur lui-même, avec de l’eau-de-vie aromatisée à l'aide de graines de persil. Dans le même but, ils répandent, aux abords de la porte, une poudre composée d’atractyle (espèce de chardon), de nard indien, d’origan, d’armoise, de persil, d’encens et de myrrhe. Les médecins conseillent même de brûler tout ce qui a été souillé pour prévenir la contagion, et de continuer longtemps les fumigations. Celles-ci sont accompagnées de beaucoup de bruit ; la thérapeutique chinoise est un peu cousine de la sorcellerie j elle croit assurer l’efficacité de sa médication parle bruit qui épouvante les esprits malfaiteurs.

Comme prophylaxie médicamenteuse de la variole, on conseille : le coréopsis, l’ache, le sophora, la chélidoine, la pivoine blanche, l’atractylis ovata, la clématite, le gardénia, en boisson, sous forme de décoction ou en poudre.

Rougeole. — Nos confrères célestes n'ignorent pas que cette maladie, quoique bénigne, peut avoir des complications du côté du cœur, du foie et des poumons. Ils prescrivent ma-hoang 1 2 * 4 ou le cheng -ma-ka-kenn -. Ils font faire des pulvérisations dans la rougeole, comme dans la variole,

1 Le ma-hoang est un mélange de gingembre, d'amandes, de réglisse, de cannelle et de racine d’ephedra, en coction.

2 Le cheng-ma-ka-kenn contient: pigamon rouge, racine de pivoine

blanche, haricot tuberculeux (pacliyrrizus angulatus), gingembre cru, réglisse, fleurs d’origan, racine de coréopsis — à parties égales. Les doses varient avec l’âge : 2 à 4 grammes jusqu'à sept ans ; ensuite,

4 à 6 grammes.

avec une décoction de graines de persil. Ils soignent aussi l’angine, la toux, la diarrhée... et les diverses complications de cette fièvre éruptive.

Choléra. — Le Céleste en distingue deux variétés, l'une sèche, l'autre humide; dans la première, la mortalité serait de 20 pour ioo, dans la seconde, de 5opour ioo. On combat les vomissements et la diarrhée à l’aide de racines d’aconit, de bétoine, de sophora, d'atractylis, d’amome , et l'algidité par le gingembre et l’alcool de riz. Enfin, ils ont recours à l’acupuncture — et, pour se préserver du choléra, ils pensent qu’il suffit de porter sur soi un sachet d’asa fœtida.

Peste. — Ce terrible fléau ne rencontre pour toute défense que des purgatifs à la rhubarbe, des sudorifiques (gingembre), des diurétiques (nitrate de potasse), des vomitifs (bétoine) et de la racine de mûrier contre les hémorragies.

Lèpre. — Il y en a partout. On ne sait ni isoler les malades ni les traiter autrement que par le bézoardde bœuf, des laxatifs et des dépuratifs. Ils donnent aussi le chaulmoo-gra et le hoang-nan.

Fièvre typhoïde. — Elle est soignée avec de la rhubarbe, du pachyma cocos.

Diphtérie. — Les Drs Yordermann, Régnault et Matignon s’accordent à déclarer que les résultats de leur traitement sont bons. Ce traitement consiste : i° à faire de la révulsion sur le cou, en tordant la peau jusqu’à production d'ecchymose; i° à faire, toutes les deux ou trois heures, à l'aide d'un tube, une insufflation d’un mélange pulvérulent

Composé de . grammes

Perles pulvérisées . i5,44

Calculs biliaires . 3,86

Racine de coptis (renonculacée) . . . . i5,44

Sédiments urinaires . 11,48

grammes

Charbon de pruneaux . 7,72

Ecume d'indigo . 7,72

Camphre raffiné . 7,72

Réglisse . 3,86

Borax . 3,86

Cinabre . . . . . . 1 1 , 58

Acétate de cuivre . ï ,p3

ou bien la poudre :

Bile d’ours carbonisée, musc, tabaschir (concrétions siliceuses), ambre, ptérocarpe, menthe, suie, calculs biliaires de bœuf ou de singe.

Tant qu il y a de la fièvre, on fait prendre de la tisane contenant :

grammes

Bulbes d’arum bouillie dans de la bile . . 57,9

Rhizome d’alpinia (zingiberacée) . . . . 57,9

Capsules de forsythie (oliacée) . . . . 57,9

Tubercules de pachirrhizus trilobus . . . 07,9

Racine de cytise cajan . 77 , 2

Racine de platycodon (campanulacée) . . 77,2

Fleurs de chèvrefeuille . 77 , 2

Ecorce de ptérocarpe . 58.6

Rhizome de coptis . 36,6

Racine de scutellaire (toque) . 36,6

Bulbes d’ovularia . 36,6

Racine de réglisse bouillie dans du miel . 36,6

Dès que la fièvre est tombée, on prescrit une nouvelle

grammes

Fleurs de rehmania chinensis .

Racine de cajan . . . .. .

Racine de toâ-ting-hong ....

Amandria bellidiastrum (candolle?) .

Pousses de bambou .

Fleurs de pyrèthre .

Racine de platycodon .

Le régime alimentaire se compose de : riz, œufs, poissons, tant que dure la fièvre. Quand elle est passée, on ajoute du poulet, dont le gras a été soigneusement enlevé. L’eau est la seule boisson permise.

Le sérum antidiphtérique a détrôné, en Europe, une foule de formules comparables à celles des Chinois. La simplicité de ce traitement inspirera-t-elle confiance à nos confrères célestes, qui semblent aimer les choses compliquées, ce que l’on pourrait appeler les vastes salades de médicaments? Espérons-le.

Paludisme ou malaria. — On lui reconnaît quatre formes d’accès : i° cas avec une sensation de froid seulement : tisane aux huit médicaments, le pavi\ cas avec beaucoup de froid et un peu de chaleur : on donne le tchai-koen 4, en y ajoutant une jujube et trois petits morceaux de gingembre ; 3° cas où le malade n’a que la sensation de chaleur. On lui donne la tisane des six médicaments, le louvi (voir p. 49) avec des feuilles de dichroa febrifuga; 4° cas où le malade souffre surtout de chaleur précédée d’une légère impression de froid. On ordonne le tchaï-vé 2 avec addition d’une jujube et de trois morceaux de gingembre.

Le paludisme chronique est combattu par l'écorce de

1 Le tc.hai-koen contient :

Racine de gentiane croisette du Kouang-sei .

de buplèvre et d’atractylis . . ââ.

Pachyma cocos et racine de toque visqueuse . ââ.

Racine d'arum trilobé bouillie dans du fiel

Réglisse . .

Le tchai-vé est une décoction composée de : Racine de buplèvre et extrait de rehmania ââ.

— d’aclie et de toque visqueuse . ââ.

— de gentiane croisette et de pivoine ââ.

— de livèche du Sutchuen et d’arum trilobé . ââ.

Réglisse .

20 grammes

12 grammes

1 gr. 60

magnolia hypoleuca et de croton moluccanum, par les arsenicaux. L’anémie est traitée par la racine d’ache, par le fromage sec de bufflone, par la tête de morue cuite, par la gélatine de peau d’âne grillée avec de la farine de riz, par la cannelle et par le peroxyde de fer. Toutes ces médications fébrifuges sont vite délaissées par les Chinois, lorsqu’ils peuvent se procurer de la quinine.

Rage. — Ils cautérisent la morsure ou ils la lavent avec une solution d’alun. Ils font aussi l’aspiration du virtus au moyen d'une ventouse. Le procédé est ingénieux, réussit-il aisément? Ils mettent de l’arack (eau-de-vie de riz) dans une bouteille en grès ; au lieu de l’enflammer, ils la font bouillir, puis la transvasent et vite ils appliquent la bouteille dont le refroidissement graduel produit un vide qui aspire le sang. Ils administrent du riz visqueux et des cantharides, de l’infusion de feuilles de bambou ou de résine de sapin pour empêcher les troubles vésicaux cantharidiens. Ils emploient aussi le hoang-nan. Le Dr Legendre, ancien directeur de l’Ecole de Médecine de Tchentou (Su-tchouen), dans son article « l'Explorateur Médecin » (Presse médicale , 17 août 1912), dit que l’on traite la rage par la poudre de cantharides à haute dose, jusqu’à l’hématurie abondante, puisque le flux de sang doit être suffisant pour balayer les chiens minuscules, que la morsure du chien enragé a introduits dans l’organisme.

Tuberculose. — Elle est moins rare qu’on ne l’a dit. Dans la vallée du Yang-tsé-kiang et dans la riche province du Su-tchouen, plus grande que la France, sur cent malades qui viennent à la consultation, plus de la moitié sont tuberculeux, dit le Dr Legendre. Les Chinois ne distinguent pas les arthrites des ostéites tuberculeuses, ni les adénites mésentériques (carreau), ni les adénopathies cervicales; pour eux, tout cela fait partie des froids, c’est-à-dire des

maladies causées par le froid. Il en est de même du lupus et de la méningite tuberculeuse. Du reste, on ne fait rien pour ces affections. Les observateurs ont noté que l'évolution de la tuberculose pulmonaire est plus rapide qu’en France, non à cause de l’humidité, mais à cause de l'effroyable misère qui règne partout. Même dans ce riche pays du Su-tchouen, des milliers de pauvres diables vivent de courges, l'été , de légumes salés, l’hiver, avec un peu de riz, en toute saison. Leur alimentation est insuffisante et leurs habitations en torchis et en planches avec des baies étroites fermées au moyen de papier ne les protègent ni des excès du froid, ni des excès de la chaleur. Ces maisons sans caves, ni drainage, sont humides et mal éclairées. Leurs habitants y vivent quelquefois i5 sur un espace de \ mètres carrés.

L’encombrement et la promiscuité joints à la saleté innommable des Chinois créent de redoutables fovers de contagion. Les tuberculeux ne sont pas isolés ; ils ignorent les crachoirs, ils crachent partout. Parleurs crachats desséchés, par leurs haillons, après leur mort, ils sèment la tuberculose. Les rites, par respect des morts, défendent de brûler leurs effets. Le Chinois qui porte chemise ne la lave jamais, il ne la change que lorsqu’elle est tombée en loques. Il ne lave que son vêtement extérieur et sa robe de coton.

Outre ces modes de contagion de la tuberculose, il v a celui des fumeries d’opium. L’individu qui fume l’opium salive beaucoup, il laisse donc de la salive sur le bec de la pipe, qu’un autre prendra après lui, sans le laver ; la promiscuité des pipes existant dans les fumeries, on comprend quelle facilité la tuberculose trouve à se propager. D’autre part, le Chinois qui reçoit à sa table a la manie de vous offrir des morceaux de son assiette, ou il a déjà fourragé avec ses baguettes.

Les fumeries d’opium sombres et puantes et l'extension que prend ce vice de l’opiummanie dans toutes les classes de la société sont les agents les plus actifs de la contagion

tuberculeuse, avec l’encombrement des maisons. Il n’est donc pas surprenant que la tuberculose, la scrofule, le rachitisme infectent toutes les classes. « La race chinoise, déclare Legendre, est bien en décadence physique et morale. »

Le médecin chinois s’en tient à l'infusion de feuilles de mûrier; c’est son grand remède. Il en fait absorber des litres et des litres, chaque jour, à ses clients tuberculeux. Le traitement est complété par l’application de petits ronds de papier, de différentes couleurs, qu’on colle aux tempes et qui doivent protéger contre le foung (vent), qu’on accuse d’apporter la maladie. Les riches prennent, en plus, quelques toniques végétaux, ainsi que des phosphates sous forme d'os fossiles, qui jouissent d'une grande réputation. Les pratiques superstitieuses et les incantations ne se comptent pas. Un bonze préside aux manœuvres de sorcellerie, lorsque le client a de la fortune.

Intoxication. — On cite les intoxications par les champignons, parles racines d’aconit et de jatropha (médicinier, euphorbiacé), par les fruits de datura, par l'arsenic, le mercure, etc. On combat les empoisonnements par les minéraux au moyen du cinabre, du king-fenn, du soufre. On emploie aussi l’arack ou de l’eau chargée de plomb, ou bien de l'huile de sésame et de l’arack, à parties égales.

Autres contre-poisons : l’infusion de racines d'aristoloche et de dioscorée du Japon, la macération de luzerne, la pierre aimantée. Dans le cas d’intoxication par le mercure, on fait des fumigations avec le poivre du Su-tchouen.

Alcoolisme. — Les Chinois ont des alcools de riz très impurs qui déterminent une ivresse furieuse. L’ivrognerie est un vice rare chez les Extrême-Orientaux. Ce sont les Européens qui se saoulent en Chine. L’alcoolisme est un gros problème colonial ; il crée une morbidité de 5o pour

looplus élevée chez les Européens1. On doit donc lutter contre ce fléau. Les Anglais le laissent régner aux Indes, dans le but d'avoir la paix par la dégénérescence des indigènes. On a remarqué qu’à l’exception de la rougeole, de la variole, du béribéri, des maladies du cœur et des poumons qui atteignent en plus grand nombre les Asiatiques — les Européens alcoolisants sont plus frappés par le choléra, la dysenterie, la fièvre typhoïde, le rhumatisme, le diabète, les affections de l’estomac, par les congestions et abcès du foie et par les maladies vénériennes. D’une façon générale, l’Européen, même sobre, est plus sensible aux maladies infectieuses que l’Asiatique abstinent.

Scorbut. — Cette maladie par insuffisance alimentaire est très commune en Chine. Comme on ne peut la faire disparaître qu’en éteignant le paupérisme, on se borne à user du manglier comme préservatif.

L’opiummanie. — Nous reprendrons plus loin la grosse question de l’opium. Ici, nous dirons seulement que les médecins chinois ordonnent l’opium contre les douleurs et les névralgies et que de remède cette substance passe à l’état d’excitant indispensable. L'habitude devient si impérieuse que, de degrés en degrés, l’opiomane arrive au gâtisme et à la folie. C'est l’opium qui conduit le Chinois à la démence, et non l’alcool, comme en Europe. Voici les principaux effets mauvais de l’opium : ralentissement de la nutrition, perte du sommeil et de l’appétit, affaiblissement des facultés intellectuelles, perte de la volonté et de la mémoire, démence.

Le Gouvernement chinois s'est opposé d’une façon désespérée à l'introduction de l’opium parles Anglais ; il sait que

1 Fiebig, Die Bedeutung der Alkoholfrage für unsere Colonie, Berlin, 1908.

les conférences au peuple ne l’empêchent pas de tomber dans le vice. Il a provoqué, en 1909, à Shanghaï, la réunion d’une Commission internationale pour la promulgation des décrets impériaux portant réduction de la production de l’opium et défense, à partir de 1 9 1 1 (ier janvier), d’importer et de préparer de la morphine et des seringues à morphine. Cette importation ne sera autorisée que si les médecins et pharmaciens étrangers attestent qu elle est exclusivement destinée h un usage thérapeutique. Cette importation sera frappée d’un impôt de 5 pour 100 et placée sous le contrôle rigoureux des consuls.

Intoxication par les sels d’or et d’argent. — On leur oppose des oignons écrasés, du sang de canard et des doses de mercure.

Intoxication par l’arsenic. — On en détruit l’action toxique, au moyen de préparations de graines de dolique avec du fiel et du sang de cochon, ou bien avec des fleurs de boymia dans de l’huile de sésame. Ils font encore la saignée.

L’empoisonnement par l’aconit est combattu parla racine de coréopsis ; celui des champignons par des fleurs de pépon ; celui des cantharides par des haricots noirs, par les haricots Mungo et la réglisse.

Atriplicisme (de Matignon). — Le Dr Matignon, médecin de la Légation de France à Pékin, a présenté plusieurs notes à l’Académie de Médecine sur cet empoisonnement, auquel il a donné le nom d’atriplicisme. Lavedanfut chargé du rapport à l’Académie, en 1894. En voici le résumé :

Après l'ingestion des jeunes pousses d’arroche, il a observé chez les mendiants de Pékin, comme accidents locaux : engourdissement douloureux, refroidissement, cyanose, démangeaisons des doigts avec œdème dur du dos de la

main remontant jusqu'au coude, et accompagné de douleurs lancinantes. Le tout a l’aspect d’un phlegmon ou d’engelures avec doigts en saucisse. A la face, il y a des gonflements avec des démangeaisons ; l’œdème des paupières, des joues, des lèvres est plutôt pâle et, çà et là, accompagné d'ecchymoses. Exposé au soleil cet œdème se recouvre en plus de bulles et de larges phlyctènes au niveau des points ecchymotiques ; au bout de trois à huit jours, la période aiguë est passée et il reste, à la place des bulles crevées, des ulcérations qui se cicatrisent souvent avec des plissements chéloïdes ; ailleurs, il y a une simple desquamation. Cet empoisonnement est exempt de fièvre et d’albuminurie. Il faut le différencier de l'érythromégalie, de l’asphyxie locale des extrémités, de la pellagre, qui ont une marche moins rapide.

Le Dr Matignon avait attribué à l’arroche cet empoisonnement sans spécifier la variété d’arroche incriminée. On lui a objecté que tous les mangeurs d’arroche ne sont pas malades, qu'un petit nombre d'entre eux seulement sont atteints d’œdème phlycténulaire. Les médecins chinois ne sont pas de son avis ; ils croient que la maladie est causée par un venin sécrété par les petits achnides verdâtres qui se trouvent sur l’arroche. Le Dr Matignon avant reconnu la

justesse de cette observation, M. Lavedan conclut à l’abandon du terme atriplicisme, dès lors que l’arroche n’est pas en cause. et qu’il s’agit d'une dermatite déterminée par des acariens arachnides très communs dans l’Amérique tropicale.

G. — Maladies vénériennes et affections des organes

génito-urinaires .

Syphilis. — La syphilis existait au milieu des populations du Nord de la Chine, surtout parmi les tribus Mon-

goles avant que l’Amérique fût découverte. Tous les médecins s’accordent à dire que la Chine est saturée du virus syphilitique. Ils ont des accidents cutanés analogues à ceux de la lèpre biblique, et cette lèpre se guérit par le traitement spécifique. La race n’en paraît pas débilitée, mais si un Européen est contaminé, cette pseudo-lèpre produit les accidents les plus francs et les plus graves de la vérole classique. La syphilis n'est pas venue aux Chinois par le Sud, c’est-à-dire qu elle ne leur a pas été importée par les Malais, par les Arabes, ni par les Européens. Les livres chinois qui décrivent très clairement la vérole sont antérieurs à la connaissance de cette maladie, en Europe, antérieurs à l’ère chrétienne. Ils décrivent fort bien les ulcérations des organes génitaux, les tumeurs du pli de l’aine, les diverses éruptions et établissent nettement leur transmission par les rapports sexuels. Les médecins chinois connaissent donc bien la vérole ; mais ils n'ont pas compris l’infection de l’organisme par la syphilis et sa transmission héréditaire. Pour eux aussi, les plaques muqueuses sont une suite du. chancre contagieux ; ils ont bien cette notion.

Aucun contrôle médical n’existant chez les filles et les garçons publics, la syphilis se propage en toute liberté ; les Européens en sont les victimes et, chez eux, elle se montre pommée et rebelle.

Les Chinois l’ont toujours traitée par le mercure. Les composés mercuriels, disent-ils, guérissent vite les premiers accidents, mais n’empêchent pas, plus tard, l’apparition de la pourriture (accidents tertiaires).

Si le client veut du mercure, le médecin prend sa guérison à la tâche, en un temps déterminé et moyennant une somme fixée d’avance. Régnault dit que les races asiatiques ont une intolérance spéciale pour les sels d'hydrargyre. Le sublimé leur procure des éruptions formidables. Les composés mercuriels qu'ils emploient sont des calomels impurs ; ils emploient aussi l’oxyde rouge de mercure

en pommade. Leurs doses, qui sont en général trop fortes, leur causent de graves stomatites.

Ils ont aussi un traitement non mercuriel de la syphilis. Il se compose, au début, de tisane de squine et de poudre de perle ou de nacre ; ensuite, de tisane de fleurs de lanicera japonica, puis on applique de la poudre d’écailles de pangolin. On interdit aux syphilitiques l’usage de la viande de bœuf ou de buffle.

Dès que les chancres apparaissent, on les traite avec une pommade ou un mélange pulvérulent de : calomel, sulfure d'arsenic, sulfate de fer, alun, rhubarbe, chélidoine, ptérocarpe jaune.

Le médecin chinois prescrit, à l’intérieur, des pilules de calomel, de sulfure d'arsenic, de cantharides, de coréopsis, d’opium et il fait pratiquer des frictions sur les avant-bras, au niveau du pouls, avec un mélange à base de mercure et d’arsenic. Le traitement est continué encore un mois après la disparition des accidents locaux. En outre, il interdit pendant soixante jours tout rapport sexuel. Le Dr Matignon a remarqué la bénignité relative de la syphilis dans la race jaune et c’est à cette bénignité qu’il attribue la rareté de l'ataxie locomotrice en Chine.

Les bubons sont traités par des onctions d'huile médicamenteuse, par des dépuratifs et des préparations de cantharides. Voici une préparation bizarre : on fait cuire sept cantharides dans la coquille d'un œuf, dont on a extrait le blanc, et l’on mange le jaune imprégné de cantharides. Les végétations, frambœsias^ condylomes sont fort bien décrits et traités au moyen de la poudre de calomel.

Blennorragie. — Elle est connue de toute antiquité. L’empereur Hoang-ty , 2 .687 ans avant Jésus-Christ, a donné une description précise de cette maladie ; il note que le contage, que la maladie même provient des excès sexuels et de l’abus des aliments échauffants. Le Dr Jullien, auteur

d'un excellent traité des maladies vénériennes, serait surpris d’avoir d’aussi vieux prédécesseurs sur ce point d’étiologie. Les Chinois combattent l’uréthrite par l’aloès, les feuilles de bambou, l’écaille de tortue brûlée et pulvérisée, la graine de plantain ; ils prescrivent également le smilax, la réglisse, le gardénia, la morée, l’atractylis.

Les Tonkinois boivent de la tisane de feuilles de draco et d'écorce de ^ao.

On calme la dysurie avec la tisane de noix d’arec fraîche ou avec le silicate hydraté de magnésie. Contre l’écoulement sanguinolent, dit chaudepisse russe, on prescrit l infusion de thuya orientalis et la racine de polygala tenuifolia.

La balanite est soignée avec des décoctions de plantain, de haricots, de clématite. Contre l’orchite, on donne de la tisane faite avec 160 grammes de graines, dites larmes de Job, grillées avec de la terre de vieux murs. Ils donnent également les tisanes des huit et des six médicaments, que

nous avons fait connaître plus haut,

et ils font des appli-

cations ou des lotions sur le périnée.

Aux femmes qui ont

de la leucorrhée, on prescrit les médicaments déjà cités,

à savoir le hiou-koeï et le louvi.

Contre l’hématurie^ on donne une pliquée contenant :

tisane un peu com-

Racine d’atractylis .

20 grammes.

— de pivoine blanche.

— de dioscorée .

id —

— de cardère du Japon

— de pimprenelle .

d’ophiopogon spicatus.

— d’origan de Syrie. .

de réglisse .

— de schizandra .

Dans la polyurie, on fait manger du riz gluant bien cuit,

ou des araignées (Tonkin) ; quatre grosses araignées suffisent.

La rétention d'urine est soignée avec la racine de plantain d’eau et lepachyma cocos.

Lagravelle est traitée parle silicate hydraté de magnésie, par les graines de tribulus terrestres et le dendrobium.

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