Acta sanctorum: Februarius, tome II, page
du Tout-Puissant le soulagement de leurs propres souffrances. La place d'honneur occupée par sainte Apolline dans la cour des Libraires, entre deux saintes aussi vénérées que la Madeleine, l’amante du Christ, et Geneviève, la patronne de Paris, montre en quelle estime la martyre d’Alexandrie était tenue à Rouen au Moyen-Age. A cette époque, une des portes de notre ville était désignée sous son nom'; elle était voisine d’une chapelle dédiée à cette sainte®. Dans la campagne environnante, on trouvait plusieurs sanctuaires sous le même vocable. Dans le bois d’Ouville-la-Rivière, on montre remplacement d’une ancienne chapelle de Sainte-Apolline ^
Aujourd’hui, encore, il existerait, dans quelques églises de la Haute-Normandie, des pèlerinages à cette sainte contre le mal de dents. MM. les abbés Bunel et Tougard citent, parmi ces lieux de pèlerinage, l’église Saint-Ouen-de-Brachi et les églises de Sauchay-le- Haut et de Quièvrecourt\
Nous ignorons la formule spéciale de prière dont se servaient jadis, dans la région normande, les patients qui préféraient l’intercession de sainte Apolline à l’intervention infiniment plus douloureuse de l’arracheur de dents. Nous avons relevé, par contre, dans les Acta sanctorum, le texte de deux oraisons dont on usait en Allemagne, en pareille circonstance, au Moyen-Age®. Voici la première :
O Sancta Apollonia, per passionem luam impelia nobis remissionem omnium peccatorum, quæ denlibus et ore commissimus per gulam et loquelam, ut liberemur a dolore et slidore dentium hic et in future, et diligendo curdis munditiam, per gratiam labiorum, babeamus amicum Regem Angelorum, amen.
1. La porte Sainte -Apolline était située au haut de la rue des Carmes, entre l’église du couvent de ce nom, actuellement détruite, et la rué de l’Aumône (aujourd’hui des Fossés- Louis -VIIIj. Elle est citée et représentée dans le célèbre manuscrj,t relatif au cours des fontaines de la cille de Rouen de Jacques Le Lieur (1525). 51. Adeline en a donné une très fidèle reproduction. Plus tard, cette porte fut reportée un peu plus haut, au carrefour du Coq, situé au point où la place de la Rougemare coupc la rue Beauvoisine. 11 n’en reste plus aujourd’hui de traces. Consulter Nicétas Périaux : Dictionnaire des rues et places de Rouen, 1870, pages 147, 487 et 488.
2. Cochet ; Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure, page 438.