Même ouvrage, page 7G
4. Bunel et Tougard : Géographie du département de la Seine-Inférieure, arrondissements de Dieppe et de Neufchàtcl.
b. Acta sanctorum : Februarius, tome II, page 282.
La seconde, spéciale au diocèse de Cologne, devait, pour agir efficacement, être répétée sept fois :
Deus pro cuius aniore B. Apollonia Virgo et Martyr horribiiem excussionem conslanter sustinuit; prœsla, quœsumus, ut omnes qui eius commemorationem fréquentant, a dolore dentium et capitis semper immunes custodias, et post huius exilij œrumnas ad superna gaudia perduccas. Per Dio.
La prière actuelle que le prêtre récite à l’office de sainte Apolline, le 9 février, dans le diocèse de llouen, ne fait allusion ni à la nature du supplice de cette sainte, ni à ses mérites thérapeutiques.
Deus qui inter cetera potentiœ tuæ miracula etiarn in sexu fragili victoriam martyrii contulisti, concédé propilius, ut qui beatæ Apolloniæ, Virginis et Martyris tuæ, natalitia colimus, per ejus ad te exempla gradiamus.
Rien de plus banal.
Fatiguée des prières innombrables que lui ont adressées depuis des siècles nos malheureux aïeux, tous plus ou moins affligés de maux de dents, sainte Apolline serait-elle, avec le temps, devenue sourde aux supplications des fidèles? On serait tenté de le croire, car le culte dont elle fut l’objet semble s’être relâché peu à peu.
L’amour de la nouveauté, et peut-être un certain nombre d’insuccès {quel médecin n’en a pas?), lui ont suscité une rivale au XVII® siècle, dans la personne de sainte Philornène, qui guérit saint François de Sales d’un mal de dents. Pauvre sainte Apolline, elle a pu connaître l’inconstance des sentiments des hommes! Dans cette même ville de Rouen, où son culte fut si longtemps en honneur, où son souvenir triomphant revit encore au seuil du portail des Libraires, sa rivale est, paraît-il, â la veille de lui porter un dernier coup. Si nous en croyons un bruit qui est parvenu jusqu’à nous, un pèlerinage à sainte Philornène s’organise actuellement dans une des paroisses de Rouen.
Console-toi de l’ingratitude des hommes, douce et héroïque vierge d’Alexandrie ; au temps de ta puissance, tu n’as connu que la rivalité peu dangereuse d’empiriques maladroits et grossiers ; celle qui cherche à te remplacer dans la faveur publique aura peut-être bien du mal à lutter victorieusement contre leurs habiles successeurs.