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JETONS DE LA CORPORATION DES APOTHICAIRES DE ROUEN

R. M. N. — Iconographie médicale, planche G.

LES JETONS DE LA CORPORATION DES APOTHICAIRES, ÉPICIERS, CIRIERS DE ROUEN

L’usage des jetons dans la corporation des apothicaires, épiciers, ciriers de la ville, faubourgs et banlieue de Rouen paraît remonter à la tin du xvii® siècle.

Ces jetons étaient en argent, du module de 30 millimètres environ, du poids de 9 grammes 1/2, et d’une valeur représentative de deux livres, soit environ 10 francs de notre monnaie.

Ils n’étaient pas seulement distribués aux membres présents lors des différentes assemblées de la Communauté ou de la Confrérie, mais encore, et surtout, à l’occasion de la réception d’un nouveau maître dans la corporation apothicaire, épicier ou cirier, pour solder, d’une façon discrète, les honoraires des gardes formant le Jury d’examen.

Le nombre de ces jetons ou jettonsL comme on disait alors, distribués lors d’une réception d’un maître apothicaire, par exemple, était assez considérable pour constituer aux examinateurs, médecins, gardes en charge ou anciens gardes un véritable bénéfice.

Aux réceptions d’apothicaires pour une grande ville, il en était délivré 150 environ et 130 lorsque le candidat avait choisi une petite ville ou un bourg comme lieu d’établissement.

Ces jetons étaient payés par l’aspirant qui les achetait au clerc du bureau de la corporation, sans préjudice des 700 livres qu’il versait après réception à la « boette » de la Communauté, et des 3 ou 6 livres, selon le cas, au bureau des pauvres valides.

Ils avaient également un autre emploi. Lorsqu'un haut fonctionnaire ou un premier magistrat nouvellement promu venait prendre possession de son siège, les membres composant le bureau des différentes corporations avaient coutume, en allant saluer le nouveau personnage, de lui remettre une centaine de jetons neufs. Ils leur

1. Les premiers jetons s’appelèrent d’abord gectoirea, puis gettona ou geton, et jetions.

étaient remis dans de jolies bourses en velours, sur lesquelles étaient brodées les armoiries ou les initiales de celui auquel elles étaient destinées'.

Parmi les quatre jetons que nous reproduisons, il en est un qui fut frappé pour les apothicaires de Paris et dont il porte, du reste, la légende : Lances et pondéra servant, ce jeton fut employé pendant quelque temps par nos apothicaires rouennais.

Quant aux autres, ils n’en firent graver que les revers, les différents coins des avers servant au besoin à toutes les corporations en général.

Le coin du jeton représentant une vipère dressée sur sa queue en face d’un coq et portant comme devise et vigü et prudens, servit en 1756 à frapper une pièce en l’honneur du chirurgien de Louis XV, qui signa les statuts de la corporation des chirurgiens de Rouen en 1751. Ce jeton porte au revers l’inscription suivante :

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